La croissance de la Tunisie en 2026 sera de 2,1%
Le Fonds monétaire international (FMI) maintient ses prévisions de croissance pour la Tunisie à 2,1% en 2026, par rapport aux projections établies en octobre 2025, avant la guerre.
Dans sa mise à jour des Perspectives économiques régionales, avril 2026 Moyen-Orient et Asie centrale, publiée jeudi 16 avril, le Fonds souligne cependant que l’économie tunisienne reste exposée aux chocs sur les matières premières et aux tensions sur les prix de l’énergie, avec une croissance attendue à 1,6% en 2027.
De façon globale, le FMI rappelle que la croissance dans les économies émergentes importatrices de pétrole de la région MENAP (Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan) est sensible aux chocs sur les prix de l’énergie, qui peuvent peser sur la production, raviver les pressions inflationnistes et dégrader les équilibres extérieurs et budgétaires.
L’institution financière internationale estime ainsi que le solde budgétaire de la Tunisie pourrait se détériorer d’environ 0,5 point de pourcentage, sous l’effet de la hausse de la facture énergétique et des pressions sur les finances publiques.
Dans ce contexte, le FMI a mis en garde contre des tensions potentielles sur le taux de change et une fragilisation des emprunteurs, susceptibles d’accroître le risque de crédit, notamment dans des secteurs clés comme le tourisme, le commerce et le transport.
Lors d’un point de presse tenu le 16 courant, le directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, Jihad Azour, a évoqué des perturbations majeures des flux énergétiques mondiaux, avec des pertes estimées à environ 13 millions de barils de pétrole par jour et près de 3,5 millions de barils équivalent gaz, ainsi qu’une forte volatilité des prix.
Il a rappelé que le pétrole brut Brent a dépassé les 100 dollars le baril, atteignant un pic à 118 dollars, tandis que les prix du gaz en Europe ont bondi d’environ 60 %.
Il a appelé à une « agilité maîtrisée » des politiques économiques, recommandant des mesures ciblées et temporaires pour protéger les populations vulnérables, tout en évitant un creusement des déficits publics, ainsi que le maintien de politiques monétaires restrictives face aux pressions inflationnistes et un renforcement de la surveillance des risques financiers, notamment de liquidité et de change.
Enfin, Azour a estimé que ce type de choc met en évidence la nécessité de renforcer la résilience économique à travers la diversification des routes commerciales et l’intégration régionale, afin d’améliorer la capacité d’absorption des économies face aux perturbations futures.
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