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Vers un report de la facturation électronique ?

11. Februar 2026 um 10:06

Le passage à la facturation électronique en Tunisie ressemble aujourd’hui à un saut dans l’inconnu pour lequel beaucoup ne sont pas encore équipés. Si l’ambition de moderniser l’économie est louable, la réalité du terrain impose un constat brutal: imposer cette transition à l’ensemble des acteurs économiques, sans distinction de taille ou de moyens, risque de créer un blocage majeur plutôt qu’une accélération numérique.

Réunion de la Commission des finances et du budget de l’ARP sur la révision de la loi de finances 2026.

 

Un choc de réalité au Parlement

Réunie le 9 février 2026, la Commission des finances de l’ARP s’est penchée sur une révision nécessaire de la loi de finances. Le point de friction réside dans l’article 53, qui prévoyait initialement une application généralisée et immédiate de la facture dématérialisée. Face aux députés, les initiateurs du projet de réforme et l’Ordre des experts-comptables ont tiré la sonnette d’alarme sur l’impréparation globale du système; qu’il s’agisse de l’infrastructure numérique nationale ou de l’accompagnement des entreprises.

Le défi insurmontable des petites structures

Le cœur du problème est avant tout structurel. En Tunisie, plus de 80% du tissu économique est composé de très petites entreprises comptant moins de cinq salariés. Pour ces structures, l’adoption d’un tel système ne se résume pas à un simple changement de logiciel, mais représente un investissement financier et technique colossal. Le président de l’Ordre des experts-comptables a d’ailleurs insisté sur le fait que ces petites entités ne possèdent ni les ressources, ni la formation nécessaire pour basculer du jour au lendemain dans le tout-numérique.

Sécurité et souveraineté des données

Au-delà de la logistique, la question de la protection des données reste une zone d’ombre inquiétante. Les spécialistes soulignent un manque de garanties concernant la sécurité, des informations sensibles contenues dans les flux de facturation. Sans un cadre de cybersécurité robuste, cette digitalisation forcée pourrait exposer les entreprises à des risques de fuites ou de piratages, rendant la prudence indispensable avant toute généralisation.

Vers une transition par étapes

Loin de rejeter la modernité, les participants à cette audition prônent simplement le réalisme. L’idée est de s’inspirer des modèles marocain ou égyptien en limitant, dans un premier temps, l’obligation aux grandes entreprises qui possèdent déjà les reins assez solides pour absorber ce changement. Cette approche progressive permettrait de tester les outils et de stabiliser l’infrastructure avant d’inclure les PME.

En attendant que toutes les conditions techniques et organisationnelles soient réunies, la Commission semble s’orienter vers un report de l’application stricte de la loi. La priorité reste la réussite de la stratégie numérique, mais celle-ci ne pourra se faire qu’en s’adaptant à la réalité économique des Tunisiens, et non en la bousculant.

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