Le président de la République, Kaïs Saïed, a appelé à soutenir les petits oléiculteurs par des financements adaptés et un prix de référence garantissant leurs droits, tout en réclamant une intervention urgente face aux difficultés des producteurs de dattes. Reçu mercredi 21 octobre au palais de Carthage, le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzedine Ben Cheikh, a également été appelé à accélérer la distribution des intrants et à contribuer à la reconstitution du cheptel national.
Oléiculture : financement, prix de référence et stockage
Lors de cette rencontre, le chef de l’État a présenté l’agriculture comme un pilier de la sécurité nationale et de la souveraineté du pays. Il a estimé que la Tunisie dispose de ressources, de traditions agricoles et de compétences scientifiques susceptibles de contribuer à l’autosuffisance alimentaire.
Concernant la campagne oléicole, Kaïs Saïed a insisté sur la nécessité d’accompagner les petits agriculteurs. Il a notamment préconisé l’octroi de crédits avantageux, la mise en place de nouvelles lignes de financement et la fixation d’un prix de référence garantissant les droits des producteurs.
Le président a également appelé à renforcer les capacités de stockage de l’Office national de l’huile et à promouvoir davantage l’huile d’olive tunisienne sur les marchés internationaux.
Ces orientations touchent plusieurs étapes de la filière, du financement de la récolte à la commercialisation, dans un contexte où les conditions de collecte, de stockage et de valorisation influencent directement les revenus des producteurs.
Dattes : une intervention urgente réclamée
Le président de la République a également évoqué les difficultés rencontrées par les producteurs de dattes. Il a dénoncé les pratiques de certains intermédiaires accusés de faire baisser délibérément les prix d’achat des récoltes et demandé une intervention urgente dans cette filière, comme dans les autres secteurs agricoles.
Cette intervention intervient alors que la commercialisation de la production et la rémunération des agriculteurs constituent des enjeux importants pour la campagne des dattes 2026-2027.
Engrais, semences et élevage : les autres priorités
Kaïs Saïed a par ailleurs appelé les commissariats régionaux au développement agricole à renforcer la protection du patrimoine végétal, notamment face aux maladies affectant les oliveraies et à la propagation du charançon rouge du palmier.
Il a également insisté sur la nécessité d’assurer une distribution équitable des engrais dans les délais requis, de garantir la disponibilité des semences et des autres intrants agricoles et de réduire les lenteurs administratives.
Le cheptel national figure également parmi les préoccupations exprimées. Le président a souligné l’urgence de reconstituer les effectifs du cheptel, dont il a relevé la baisse malgré l’existence de l’Office de l’élevage. Il a, dans le même temps, rappelé que plusieurs offices publics avaient progressivement perdu leurs missions.
Enfin, le chef de l’État a appelé à mieux exploiter les capacités des instituts agronomiques spécialisés et à valoriser les résultats de la recherche scientifique ainsi que les thèses universitaires tunisiennes.
L’objectif est de renforcer la production nationale et de réduire la dépendance aux importations alimentaires. Kaïs Saïed a ainsi estimé que la pleine souveraineté nationale ne pouvait être assurée si la population dépendait de l’alimentation importée. Il a également évoqué la perspective d’une Tunisie productrice de richesse et exportatrice, du nord au sud, notamment à travers la création de l’Office Rjim Maatoug pour le développement du Sud et du Sahara.
Dans le monde d’aujourd’hui, encore plus dans celui de demain, la fracture sociale et économique ne sera plus entre prolétaires/capitalistes, cols blancs/cols bleus, riches/pauvres, etc. mais entre ceux/celles qui ont su intégrer cet outil extraordinaire d’analyse et de réflexion qu’est l’IA dans leur environnement professionnel et même familial pour les aider à prendre les bonnes décisions, et ceux/celles qui ne savent pas ou ne veulent pas le faire. Dans cet article l’auteur, économiste de formation, exploite trois algorithmes d’IA différents et indépendants les uns des autres (ChatGPT, Meta.ai et Gemini)pour explorer l’avenir politique de la Tunisie à l’horizon 2029 et apporter un éclairage sur les résultats probables des élections présidentielles prévues à cette date.
Sadok Zerelli *
Comme beaucoup de personnes âgées, il m’arrive souvent de me réveiller vers trois ou quatre heures du matin et de ne pas pouvoir me rendormir. Alors, je prends mon smartphone et je «surfe» comme disent les jeunes, non pas sur les réseaux sociaux tels que Facebook ou TicTok ou Instagram, dont je trouve les informations et vidéos débilitantes, mais en utilisant les outils de l’AI pour apprendre des tas de choses sur le monde et l’histoire de la civilisation humaine mais quelquefois même sur la vie des fourmis ou des abeilles ou des baleines…
Hier matin, j’ai voulu tester la pertinence, la cohérence et la précision des réponses de trois algorithmes d’IA parmi les plus connus (ChatGPT, Meta.ai at Gemini) à une même question posée dans exactement les mêmes termes à chacun d’entre eux : «Selon toi, quelle est la probabilité que Kaïs Saïd gagne les prochaines élections présidentielles de 2029 ?»
En procédant à cet exercice, mon objectif est triple :
a) Tirer profit de la neutralité de ces trois IA puisqu’elles ne votent pas et de leur capacité extraordinaire à recueillir les informations partout où elles existent sur la vie économique, sociale et politique de la Tunisie, les analyser et les structurer dans le cadre d’un raisonnement pour arriver à des estimations auxquelles on peut adhérer ou pas, car «nul n’est prophète», y compris une IA aussi intelligente et puissante soit-elle.
b) Mettre en concurrence la capacité de réflexion et la pertinence d’analyse de trois algorithmes d’IA indépendants, basés sur des bases de données différentes et un fonctionnement totalement diffèrent.
c) M’éclairer sur un sujet qui nous tient tous à cœur, certain(e)s avec inquiétude sur le sort de la démocratie et de l’alternance du pouvoir politique en Tunisie, d’autres avec résignation, d’autres en renouvelant leur confiance dans un seul homme, certes «intègre», mais je fais remarquer en passant qu’il n’est pas le seul à l’être dans ce pays et que nous sommes quelques millions à l’être aussi, mais dont le bilan socio-économique ne peut être qualifié que de catastrophique sur la base des chiffres officiels en termes de réalisation de projets concrets de développement, de taux de croissance économique qui demeure atone, de maîtrise de l’inflation qui dépasse toujours les 5%, de lutte contre le chômage qui reste à 15%, et d’endettement de l’État qui a atteint un record historique de 83,4% du PIB, sans parler de l’isolement diplomatique du pays sur la scène internationale et de son image dégradée dans le monde.
Ceci étant et en vue de respecter l’objectivité et la distance que m’impose mon rôle d’analyste, je reproduirai d’abord l’intégralité des réponses de chacune des trois IA questionnées, afin de permettre aux lecteur (ce)s de juger par eux/elles-mêmes la pertinence et la vraisemblance de chacune des analyses, avant de procéder à un recoupement des résultats et conclure.
I- La réponse de ChatGPT :
À mon avis, la probabilité que Kaïs Saïed soit réélu président de la Tunisie en 2029 est actuellement assez élevée, mais il faut distinguer deux questions : ses chances de remporter le scrutin et la probabilité que l’élection se déroule dans des conditions réellement libres et concurrentielles.
Il n’existe pas, à ma connaissance, de sondage fiable permettant aujourd’hui de calculer précisément ses chances de réélection. Toute estimation chiffrée doit donc être considérée comme une analyse politique, et non comme une prévision scientifique.
1\. Ce que nous apprennent les faits : en octobre 2024, Kaïs Saïed a obtenu 90,7 % des suffrages exprimés, mais avec une participation de seulement 28,8 %. Ce résultat ne signifie donc pas que 90 % des Tunisiens le soutiennent.
Sur le plan politique, l’affaiblissement de l’opposition, les poursuites contre des figures politiques et les restrictions des libertés ont réduit la capacité des adversaires du président à lui faire concurrence.
Sur le plan économique et social, les difficultés quotidiennes et le mécontentement s’accumulent. Le 17 octobre 2026, une importante manifestation réunissant des opposants, des représentants de la société civile et des citoyens a dénoncé la gouvernance du pays et la dégradation des conditions de vie.
Ces éléments dessinent un paradoxe : le président conserve un avantage institutionnel considérable, mais sa victoire électorale écrasante ne suffit pas à démontrer une adhésion populaire majoritaire.
2\. Mon estimationpersonnellede ses chances en 2029 : à partir de la situation politique connue au 21 octobre 2026.
Probabilité estimée de réélection : entre 70 à 85 %.
Estimation conditionnelle : Kaïs Saïed se représente et les rapports de force actuels évoluent sans rupture majeure.
Pourquoi ses chances restent élevées :
* Il bénéficie des avantages liés à sa position de président sortant.
* L’opposition reste fragmentée et peine à s’accorder sur une candidature commune.
* Les institutions électorales et le cadre politique actuels ne garantissent pas une compétition équilibrée.
Cette fourchette est un jugement analytique, pas un résultat de sondage. Elle pourrait changer sensiblement d’ici 2029.
3\.Ce qui pourrait faire échouer sa réélection: la grande inconnue est la capacité du mécontentement social à se transformer en mobilisation électorale. Les manifestations du 17 octobre 2026 montrent que la contestation peut réunir des milieux différents, mais elles ne permettent pas, à elles seules, de mesurer le soutien électoral dont dispose le président.
4\. Mon pronostic politique: je distinguerais trois scénarios :
* Scénario 1 — Continuité : l’opposition reste divisée et le cadre institutionnel demeure similaire. La réélection de Kaïs Saïed devient très probable.
* Scénario 2 — Rupture sociale : la crise économique s’aggrave et les contestataires parviennent à se rassembler. Ses chances diminuent.
* Scénario 3 — Ouverture politique : une compétition réellement pluraliste s’organise, avec un candidat alternatif populaire. L’issue devient nettement plus imprévisible.
Mon avis, Sadok : je considère aujourd’hui Kaïs Saïed comme le favori, mais pas comme un vainqueur certain. Le risque pour lui ne vient pas nécessairement d’un parti d’opposition déjà puissant ; il vient de la possibilité que le mécontentement économique, la demande de libertés et le rejet d’un pouvoir trop concentré finissent par converger.
Il reste également une question essentielle : celle des conditions de l’élection. La probabilité qu’un président sortant soit réélu et la légitimité démocratique de cette réélection sont deux choses différentes.
II- La réponse de Meta.ai
Aucun sondage fiable ne permet de donner un chiffre aujourd’hui – on est à 3 ans du scrutin, prévu d’ici octobre 2029.
Ce qu’on peut analyser, c’est le cadre légal et les facteurs qui feront monter ou baisser sa probabilité :
1. Le cadre légal : il est éligible: après sa réélection du 6 octobre 2024 avec 90,69% des voix, la question de 2029 s’est posée. Selon l’interprétation dominante de la Constitution de 2022, le mandat 2024-2029 est considéré comme le premier mandat sous la nouvelle Constitution, ce qui rendrait Kais Saïed éligible pour un nouveau mandat en 2029, alors qu’il avait déjà effectué le mandat 2019-2024.
Certains juristes contestent cette lecture, mais l’instance électorale (Isie) est allée dans ce sens. Juridiquement, la candidature est donc possible.
2- Les facteurs qui augmentent la probabilité d’une victoire :
Avantage du sortant : contrôle de l’appareil d’État, visibilité, capacité à fixer l’agenda depuis son coup de force de juillet 2021 où il s’est octroyé les pleins pouvoirs.
Opposition fragmentée : en 2024, les principales figures de l’opposition étaient soit en prison, soit inéligibles, soit appelant au boycott. Si ce schéma se maintient, le vote contestataire se disperse.
Base électorale fidèle : même avec une faible participation, il a conservé un noyau dur qui voit en lui le garant anti-système.
3. Les facteurs qui pourraient la faire baisser
Contexte socio-économique : c’est le facteur cité lui-même comme axe de son second mandat. Inflation, chômage des jeunes, dette et négociations avec le FMI pèsent lourd. Une dégradation forte érode tout président sortant.
Usure du pouvoir : en 2029, il aura 71 ans et 10 ans de pouvoir. L’histoire tunisienne montre que la demande d’alternance revient vite après une période de concentration du pouvoir.
Participation : le taux de participation de 2024 était très bas. Si la participation remonte en 2029, avec une candidature d’union de l’opposition ou d’une nouvelle figure, l’équation change complètement.
Question de la succession : certains analystes parlent déjà d’une architecture politique construite pour permettre une prolongation, ce qui peut mobiliser davantage contre lui.
Alors, quelle probabilité ?
Si on devait résumer à date :
Scénario statu quo (même règles, même opposition divisée, participation faible) : sa probabilité de gagner reste très élevée. Scénario rupture (crise économique majeure + candidat d’union crédible + forte participation) : sa probabilité baisse significativement.
Aujourd’hui, avec les informations publiques, il part favori en tant que sortant éligible, mais à 3 ans, en Tunisie, beaucoup de choses peuvent bouger. Impossible de mettre un % sérieux sans sondages et sans connaître les candidats.
Moi : Indique une probabilité quand même:Ok, si tu veux un chiffre même avec beaucoup d’incertitude, voilà comment je le pose – comme un modèle, pas comme une prédiction certaine.
À 3 ans du scrutin, toute proba est fragile. Mais si on force une estimation aujourd’hui, sur la base de ce qu’on sait :
Si Kais Saïed est candidat en 2029 : Je le mettrais à environ 65% de chances de gagner.
Ce n’est pas 90% comme en 2024, parce que l’usure de 10 ans au pouvoir + le facteur économique vont peser.
Ce n’est pas 50% non plus, parce que l’avantage du sortant en Tunisie sous la Constitution de 2022 est très fort, et qu’il est juridiquement considéré comme éligible pour 2029, le mandat 2024-2029 étant compté comme son premier sous la nouvelle Constitution, avec un scrutin prévu d’ici octobre 2029.
Probabilité globale qu’il soit président après 2029 (candidat + gagne) : Plutôt 55-60%.
Pourquoi moins que 65% ?
90% de chance qu’il se présente s’il le souhaite – le cadre légal le permet.
65% de chance qu’il gagne s’il se présente.
Il reste un 10-15% d’aléas majeurs d’ici là : santé, décision de ne pas se représenter, crise politique ou économique qui change tout, ou changement de règles.
En clair :
>70% : il gagne si l’opposition reste divisée et la participation faible;
∼50% : il y a un candidat d’union crédible et la participation remonte
<40% : grosse crise socio-économique + front uni contre lui;
Ce 65% aujourd’hui est une photo de l’avantage structurel du sortant, pas un soutien. D’ici 2027-2028, ce chiffre bougera énormément en fonction de l’inflation, du chômage et de qui émerge en face.
III- La réponse de Gemini
Donner une probabilité mathématique ou chiffrée pour un scrutin présidentiel prévu en 2029 (à trois ans de distance) n’a aucune base scientifique, car la situation politique, économique ou institutionnelle d’un pays peut évoluer radicalement d’ici là.
Cependant, si l’on devait évaluer les rapports de force actuels en se basant sur le paysage politique tunisien, les dynamiques à l’œuvre dessinent de grandes tendances :
*Un scénario de reconduction ou de continuité (forte probabilité si l’on regarde le système en place);
*Compte tenu du contrôle institutionnel actuel, de la refonte du système politique et de l’affaiblissement structurel de l’opposition organisée, tout en gardant à l’esprit qu’il exerce déjà un second mandat, le pouvoir en place dispose de leviers considérables. Si Kaïs Saïed venait à se représenter (ou si son camp politique maintenait sa trajectoire), les observateurs s’accordent à dire que la balance pèserait lourdement en sa faveur dans les conditions politiques actuelles.
*L’aléa de l’horizon temporel (forte incertitude) : à un horizon de plusieurs années, de nombreux facteurs imprévisibles (la situation socio-économique, l’inflation, les équilibres sociaux, ou des facteurs liés à la santé et aux choix personnels du président) peuvent complètement rebattre les cartes, rendant toute estimation précise caduque.
Moi : Peux-tu indiquer au moins des fourchettes de probabilité ?
Même en l’absence de sondages officiels ou de modèles prédictifs scientifiques à un horizon aussi lointain (2029), on peut traduire les dynamiques politiques actuelles en «fourchettes de probabilité hypothétiques» basées sur les rapports de force institutionnels et politiques en Tunisie :
1. Scénario de maintien du pouvoir ou de continuité (probabilité estimée :entre 70 % à 85 %).
Ce que cela recouvre : si Kaïs Saïed se représente (ou si son système et son camp politique dictent la transition), les leviers institutionnels actuels (contrôle de l’appareil de l’État, modification de la Constitution, affaiblissement prononcé et morcellement de l’opposition) placent le pouvoir en place dans une position de force écrasante, similaire à celle observée lors de sa réélection en octobre 2024 (où il a obtenu 90,7 % des voix dans un contexte de faible participation).
Pourquoi cette fourchette haute : dans un système hyper-présidentiel où les contre-pouvoirs sont verrouillés, la probabilité de reconduction du statu quo ou d’une transition favorable au régime en place reste structurellement la plus élevée.
2. Scénario d’alternance ou de rupture (probabilité estimée : 15 % à 30 %)
Ce que cela recouvre : une transition politique inattendue, un retrait pour des raisons personnelles ou de santé, ou un basculement soudain de l’opinion publique.
Pourquoi cette fourchette : cette part d’incertitude repose entièrement sur des facteurs exogènes et imprévisibles à longue échéance : une aggravation majeure de la crise socio-économique (inflation, pénuries, chômage), des tensions sociales aiguës ou des pressions extérieures majeures susceptibles de fragiliser l’édifice politique en place d’ici 2029.
Ces fourchettes ne constituent en aucun cas une certitude mathématique, mais elles reflètent le contraste entre la solidité institutionnelle du régime en place et la fragilité inhérente aux équilibres socio-économiques à long terme.
IV- Recoupement des résultats :
En conclusion et selon les trois IA consultées, les chances pour Kais Saïed de garder le pouvoir après 2029 sont au moins de 65% : entre 70 % à 85 % pour Gemini, 65% pour Meta.ai et entre 70 à 85 % pour ChatGPT.
Quant auscénario d’alternance ou d’élection d’un nouveau président, sa probabilité ne dépasse pas 15 % à 30 % selon Gemini.
Ces résultats vont décevoir les opposants à Kais Saïed et tous ceux et celles qui espèrent une alternance du pouvoir à l’horizon de 2029.
On peut certes mettre en doute la fiabilité d’une IA et son «intelligence» même, contester sa capacité à réfléchir par elle-même et créer ses propres pensées et développer ses propres arguments, capacité réservée jusqu’à maintenant aux seuls humains, mais lorsque trois IA arrivent par trois algorithmes différents et indépendants aux mêmes conclusions, c’est que celles-ci sont hautement probables et crédibles et il serait présomptueux voir «idiot» de les ignorer.
Certes, comme l’indiquent les trois IA qui se montrent très prudentes dans leurs estimations, les élections présidentielles sont prévues dans trois ans et d’ici là beaucoup d’événements peuvent se produire, y compris une explosion sociale identique ou même plus grave que celle de 2011 ou une aggravation de l’impact des guerres en Ukraine ou dans le Golfe, voire même une troisième guerre mondiale qui viendrait bouleverser toutes les données géopolitiques, mais ignorer ces prédictions de l’IA dans l’action politique serait à mon avis «suicidaire».
*Ėconomiste universitaire et consultant international.
Le président de la République, Kais Saïed, a reçu, mercredi, au palais de Carthage, le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzedine Ben Cheikh, a indiqué un communiqué de la présidence de la République.
D’emblée, le chef de l’Etat a affirmé que l’agriculture constitue un pilier essentiel de la sécurité nationale et de la souveraineté du pays.
La Tunisie, a-t-il ajouté, regorge de richesses, de traditions ancestrales et de compétences capables de lui permettre d’atteindre son autosuffisance.
Le président Saïed a à cet égard appelé à tirer profit des instituts agronomiques spécialisés, fondés il y a plus d’un siècle et pionniers à l’échelle africaine, mettant l’accent sur la nécessité de valoriser les résultats de la recherche scientifique et les thèses universitaires devenues des références internationales dans le domaine.
Concernant la campagne oléicole, le président a demandé de soutenir les petits agriculteurs à travers l’octroi de crédits avantageux, de nouvelles lignes de financement et un prix de référence garantissant leurs droits.
Il a également préconisé le renforcement de la capacité de stockage de l’Office national de l’huile et la promotion de l’huile d’olive tunisienne sur les marchés mondiaux.
Tout en évoquant les difficultés rencontrées par les producteurs de dattes, le chef de l’Etat a dénoncé les pratiques des intermédiaires qui réduisent délibérément les prix d’achat des récoltes.
Il a à ce propos réclamé une intervention urgente dans ce secteur comme dans les autres filières agricoles.
S’adressant aux commissariats régionaux du développement agricole, le chef de l’Etat les a pressées de d’oeuvrer à renforcer la protection du patrimoine végétal, notamment, face aux maladies qui touchent les oliveraies et à la propagation du charançon rouge du palmier.
Le président a par ailleurs appelé à garantir une distribution équitable des engrais dans les délais, loin de la lenteur administrative, et à assurer la disponibilité des semences et des intrants au moment opportun.
Tout en rappelant que plusieurs offices publics ont perdu leurs missions jusqu’à quasiment disparaître, le président de la République a souligné l’urgence de reconstituer le cheptel national dont les effectifs ont chuté malgré l’existence de l’Office de l’élevage.
Pour le chef de l’Etat, la Tunisie dispose de tous les atouts pour atteindre son autosuffisance alimentaire, estimant « qu’il ne peut y avoir de pleine souveraineté nationale si le peuple dépend de l’alimentation importée ».
Il a à ce titre appelé à la conjugaison des efforts et à la bonne exploitation des richesses disponibles afin de faire de la Tunisie « un pays vert du nord au sud », capable de devenir exportateur et producteur de richesse, notamment, après la création de l’Office Rjim Maatoug pour le développement du Sud et du Sahara.
Dans son essai ‘‘La Nation Arabe et la Démocratie’’ (Vérone Éditions, Paris, le 14 janvier 2026, 186 pages), Stéphane Parédé revient sur les rapports entre identité arabe, pensée islamique, justice sociale et démocratie. De la pensée de Rifa’a al-Tahtawi à Michel ‘Aflaq, des mobilisations de 2011 à la Tunisie et au Maroc, l’auteur cherche les continuités intellectuelles et politiques qui permettraient de penser autrement l’avenir démocratique du monde arabe.
Djamal Guettala
Une carte du monde arabe, des mains levées : la couverture de ‘‘La Nation Arabe et la Démocratie’’ annonce d’emblée un ouvrage consacré aux aspirations collectives d’un espace politique et culturel longtemps traversé par les contradictions entre modernité, identité, religion et pouvoir.
En quatrième de couverture, une question donne la clé de lecture : «Pourquoi dissocier le panarabisme du panislamisme ?» Une formulation qui pourrait laisser croire que tout le livre repose sur la recherche de similitudes entre deux grandes traditions politiques. Mais la lecture de l’ouvrage conduit à un ensemble plus vaste de préoccupations : la justice sociale, la démocratie, la place des femmes et surtout l’espoir suscité par les soulèvements populaires de 2011.
Stéphane Parédé revendique une démarche militante. Ancien directeur du PCN-Jeunesse, il se présente comme engagé pour la cause arabe, la jeunesse européenne et panafricaine, contre le racisme et pour la justice sociale. La dédicace à Frantz Fanon inscrit d’emblée l’ouvrage dans une tradition intellectuelle où les questions de domination, d’émancipation et de souveraineté occupent une place centrale.
Al-Tahtawi, avant Aflaq : une réflexion ancienne sur la démocratie
L’un des éléments importants du livre est la place accordée à Rifa’a al-Tahtawi, précurseur de la pensée réformatrice arabe au XIXe siècle.
Cette référence permet à Parédé de déplacer le débat. La démocratie et les notions qui lui sont associées ne seraient pas nécessairement des concepts importés et étrangers à la pensée arabe. L’auteur cherche au contraire à montrer l’existence, dans l’histoire intellectuelle arabe, d’une réflexion ancienne sur la réforme, l’éducation, la citoyenneté et l’organisation de la société.
Cette perspective précède de plusieurs décennies la naissance du nationalisme arabe moderne. Elle permet aussi de comprendre pourquoi l’auteur refuse de réduire l’histoire politique arabe à une opposition simpliste entre tradition et modernité.
Michel ‘Aflaq apparaît ensuite comme l’une des figures centrales de cette histoire.
Le fondateur idéologique du Baas défendait un nationalisme arabe associé à une conception particulière du socialisme. Pour Aflaq, rappelle Parédé, le socialisme arabe ne devait pas être une reproduction du marxisme. La nation reposait sur une histoire, une langue et une culture communes.
Mais le parcours du Baas constitue également, dans le livre, une histoire de la déception. Le projet initial aurait été progressivement éloigné de ses ambitions par les pratiques du pouvoir.
Cette tension entre l’idéal politique et sa traduction institutionnelle constitue l’un des fils rouges de l’essai.
2011 : l’espoir démocratique face aux réalités du pouvoir
Le véritable cœur politique du livre se trouve peut-être dans son retour sur les soulèvements arabes de 2011.
L’auteur ne présente pas le Printemps arabe comme une parenthèse définitivement refermée. Il y voit plutôt un moment historique qui a fait apparaître, avec une force nouvelle, des aspirations longtemps contenues : dignité, liberté, justice sociale et participation politique.
L’Égypte occupe une place importante dans cette démonstration. Stéphane Parédé revient sur l’héritage de Nasser, les transformations sociales engagées après la révolution de 1952 et la confrontation avec les Frères musulmans.
L’élection de Mohamed Morsi en 2012, puis son renversement en 2013, illustrent les difficultés d’une transition au cours de laquelle les différentes forces politiques et institutionnelles ne sont pas parvenues à établir un nouvel équilibre durable.
Le cas du Bahreïn constitue un autre chapitre significatif. Parédé revient sur la mobilisation populaire de 2011 et sur sa répression, donnant notamment une place aux témoignages de militantes comme Maryam al-Khawaja.
À travers cet épisode, l’auteur pose une question géopolitique : pourquoi certaines mobilisations démocratiques ont-elles suscité davantage d’attention internationale que d’autres ?
Le livre ne sépare donc jamais complètement la question démocratique des rapports de force régionaux et internationaux.
La femme, non pas en marge mais au centre
Autre dimension importante de l’essai : la place accordée aux femmes. De Fatima al-Fihriya à Tawakkul Karman, en passant par les militantes engagées dans les mouvements de contestation contemporains, Stéphane Parédé cherche à restituer aux femmes une place centrale dans l’histoire politique et intellectuelle du monde arabe.
Cette approche est loin d’être secondaire. Elle rejoint l’une des idées fortes du livre : aucune transformation démocratique ne peut être pensée uniquement à travers les institutions, les partis ou les dirigeants.
La démocratie implique aussi une transformation de la société. La participation des femmes, l’accès à l’éducation, les libertés publiques et la justice sociale appartiennent ainsi au même ensemble de questions.
C’est ici que la réflexion de Parédé dépasse la seule opposition entre panarabisme et panislamisme. Son véritable sujet devient progressivement celui des conditions sociales et politiques nécessaires à l’exercice de la citoyenneté.
Maroc et Tunisie : les textes face à la réalité politique
Le Maroc constitue, dans la dernière partie du livre, une expérience particulière. L’auteur revient notamment sur la réforme de la Moudawana et sur la Constitution de 2011, adoptée dans le contexte des mobilisations du mouvement du 20 février.
La Tunisie occupe évidemment une place singulière. Berceau du Printemps arabe, elle représente l’expérience qui avait suscité les plus grands espoirs démocratiques après la chute de Ben Ali. Stéphane Parédé revient sur l’expérience d’Ennahdha, son discours autour de la citoyenneté, des libertés et des droits de l’homme, mais aussi sur la profondeur historique du pays, qu’il relie notamment à Carthage.
Son analyse invite surtout à regarder le décalage qui peut apparaître entre les principes proclamés dans les textes et leur application dans la vie politique.
Cette question est particulièrement sensible dans la Tunisie contemporaine. Après la Constitution de 2014, l’évolution institutionnelle engagée depuis le 25 juillet 2021 a profondément modifié l’équilibre des pouvoirs. Le président Kaïs Saïed avait alors suspendu les travaux de l’Assemblée des représentants du peuple et annoncé des mesures exceptionnelles ; une nouvelle Constitution a ensuite été adoptée par référendum en juillet 2022.
Pour Parédé, cette évolution pose la question de la continuité de l’espoir démocratique né en 2011. Son analyse reste inscrite dans une conviction : les aspirations exprimées lors des soulèvements ne disparaissent pas nécessairement avec les revers institutionnels.
Un essai militant, mais surtout une invitation au débat
‘‘La Nation Arabe et la Démocratie’’ n’est pas un ouvrage académique froidement détaché de son sujet. Stéphane Parédé assume ses engagements et propose une lecture située de l’histoire politique arabe.
Son intérêt réside précisément dans les questions qu’il met en circulation : peut-on dissocier démocratie et justice sociale ? La pensée démocratique est-elle réellement étrangère à l’histoire arabe ? Comment comprendre les rapports entre nationalisme arabe, référence islamique et citoyenneté ? Et que reste-t-il de l’espoir démocratique porté par les mouvements de 2011 ?
La lecture du livre montre aussi que la question dépasse largement l’opposition entre deux courants idéologiques. De Tahtawi à Aflaq, des militantes du Printemps arabe aux expériences tunisienne et marocaine, Parédé cherche une continuité dans les aspirations à la dignité, à la justice et à la participation politique.
Quinze ans après 2011, le débat reste ouvert. Et c’est peut-être là que réside l’une des principales raisons de lire cet essai : non pour y trouver une réponse définitive à la question démocratique arabe, mais pour confronter ses thèses à une histoire encore en mouvement.