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La crise de l’eau pourrait coûter à la Tunisie 6,4 % du PIB d’ici 2050

27. September 2026 um 12:38

La pénurie d’eau risque de devenir l’un des principaux freins structurels à la croissance tunisienne et, en l’absence de mesures adéquates, pourrait réduire le PIB du pays de 6,4 % d’ici 2050. C’est l’alerte lancée par la Banque mondiale (BM) dans son dernier rapport Tunisia Economic Monitor intitulé «Tunisia’s Water Challenge: From Scarcity to Resilience» (Le défi de l’eau en Tunisie : de la pénurie à la résilience).

Ce rapport identifie la sécurité hydrique comme un facteur de plus en plus déterminant pour la croissance, l’emploi et la compétitivité.

Selon l’institution de Washington, la Tunisie ne dispose aujourd’hui que de 380 mètres cubes d’eau douce renouvelable par habitant et par an, un niveau nettement inférieur au seuil international de pénurie d’eau absolue, qui est de 500 mètres cubes.

Le secteur agricole est particulièrement exposé ; il emploie environ 14 % de la population active nationale et jusqu’à la moitié des travailleurs dans les zones rurales. Sans mesures correctives, le stress climatique et le manque d’eau pourraient entraîner la perte d’au moins 30 % des emplois agricoles d’ici le milieu du siècle, avec des répercussions également sur l’agro-industrie, le tourisme et l’industrie.

Le rapport s’inscrit dans un contexte économique toujours marqué par une croissance modérée. Après une hausse de 2,7 % en 2025 et de 2,4 % en rythme annuel au premier semestre de cette année, la BM prévoit une progression du PIB de 2,3 % en 2026 et une croissance moyenne de 2,1 % sur la période 2027-2028. Le taux de chômage a reculé à 14,9 % au deuxième trimestre, mais demeure à 21,6 % chez les femmes.

Pour transformer le «Plan Eau 2050» tunisien en une réponse structurelle, la BM préconise des investissements de l’ordre de 900 millions de dollars par an jusqu’au milieu du siècle, assortis d’une réforme de la gouvernance du secteur, d’une réduction des pertes sur les réseaux, de la réutilisation des eaux usées traitées, de la numérisation et d’une meilleure gestion de l’irrigation.

Le programme RESEau, soutenu par la BM elle-même, devrait générer, lors de sa première phase, environ 4 000 emplois permanents et 13 400 emplois temporaires.

I. B.

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Les USA financent un centre militaire naval tunisien à Bizerte

27. September 2026 um 12:20

Les États-Unis ont attribué à la société turque Biltek Uluslararasi Insaat Limited Sirketi un contrat de 998 000 dollars pour la troisième phase du Maritime Center of Excellence (MCOE), actuellement en construction sur la base navale tunisienne de Bizerte.

Selon l’agence Ansa, l’attribution du marché a été publiée le 22 septembre sur SAM.gov par le Department of the Navy, par l’intermédiaire du Naval Facilities Engineering Systems Command Europe Africa Central (Navfac Euracent).

L’Award Notice ou avis d’attribution, relatif au contrat N33191-26-C-0010, précise que Biltek a remporté le marché à l’issue d’une procédure concurrentielle à prix fixe.

La phase III prévoit une tour d’entraînement à la descente en rappel et aux opérations en hauteur, ainsi qu’une zone d’atterrissage pour hélicoptères. L’appel d’offres inclut également, en option, une installation pour véhicules et embarcations ainsi qu’une rampe de mise à l’eau avec ponton. Ce centre est destiné à l’entraînement des commandos et des forces spéciales navales tunisiennes et s’inscrit dans le cadre des programmes américains de renforcement des capacités des partenaires (Building Partner Capacity).

Washington et Tunis visent également à en faire un pôle régional pour des activités et des exercices multinationaux.

Biltek avait déjà été chargée, en 2024, de réaliser une première tranche du complexe, comprenant une zone d’entraînement au combat rapproché, des champs de tir, un parcours d’obstacles et des installations pour embarcations.

En juin, le ministre de la Défense, Khaled Sehili, avait présenté ce projet comme l’un des moyens de renforcer la capacité opérationnelle des forces navales d’élite ainsi que le rôle de la Tunisie en tant que centre régional de formation militaire.

Ce même mois, le commandant des forces navales américaines en Europe et en Afrique, l’amiral George Wikoff, avait visité le centre en construction à Bizerte.

I. B.

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La Conect met l’accent sur l’investissement et la compétitivité

27. September 2026 um 08:00

C’est dans le cadre feutré de l’hôtel Kasbah de Kairouan que le Conseil d’administration (CA) de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) s’est rassemblé, le samedi 26 septembre 2026, sous la conduite de son dynamique président, Aslan Berjeb. Autour de la table, les figures clés du réseau étaient au rendez-vous : les membres du Bureau exécutif national, le président de la Conect Internationale, le Comité des sages, ainsi que l’ensemble des présidents et délégués des bureaux régionaux et des groupements professionnels de l’organisation patronale.

Lotfi Sahli

Les échanges se sont ouverts sur un exposé consacré à la Plate-forme nationale de l’investisseur, présenté par Atef Belkadhi Jamoussi, au nom de l’Agence tunisienne de l’investissement (TIA). Saisissant toute l’importance de ce levier, le CA a appuyé chaque mesure propre à alléger le parcours des investisseurs et à accélérer les calendriers.

Dans ce droit fil, il a vivement invité les équipes régionales et sectorielles de la Conect à se faire le relais actif de cet outil auprès du tissu d’entreprises adhérentes.

Par la suite, les membres ont découvert avec attention la feuille de route de la Cité médicale des Aghlabides à Kairouan, dévoilée par Ridha Hentati, président-directeur général du projet. Une initiative chaleureusement saluée par la Conect, qui y voit l’illustration éclatante de l’attractivité de la région et du rôle moteur de l’initiative privée pour façonner des projets structurants au cœur des territoires. Il reste cependant à lever les obstacles, à trouver les financements et à accélérer la réalisation du projet pour qu’il ne reste pas éternellement à l’état de projet.   

Sur le plan institutionnel, le CA a donné son aval au rapport financier et aux états financiers de la Conect pour l’exercice 2025, appuyés par le rapport du commissaire aux comptes. L’assistance s’est aussi penchée sur le bilan d’étape du deuxième trimestre 2026, analysant la feuille de route menée par la Conect centrale, ses maillages régionaux, ses métiers et la Conect Internationale. Cette tribune a permis de tracer les grandes lignes des rendez-vous clés inscrits au calendrier de la fin d’année.

Le référentiel et la gouvernance de la RSE

S’exprimant sur les enjeux d’avenir, Hosn El Woujoud Ben Mustapha a rappelé combien la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) s’impose désormais comme un pilier stratégique pour marier performance globale, pérennité et ancrage territorial. Un cadre qui repose sur 3 dimensions fondamentales : la démarche recherche un équilibre harmonieux entre volet social (santé, égalité, compétences), la  transition environnementale (décarbonation, efficacité énergétique, préservation des ressources) et l’impératif économique associé à la gouvernance (éthique, viabilité, transparence).

Le déploiement opérationnel se concentre sur 4 chapitres d’action : les ressources humaines, l’empreinte environnementale, la loyauté commerciale et l »implication dans la vie locale.

La réussite repose sur l’impulsion d’un Comité de pilotage (Copil) dédié, qui dresse l’état des lieux initial, hiérarchise les urgences, fixe le cap et pilote avec rigueur l’évolution des indicateurs.

Autre sujet brûlant au menu des discussions : l’avenir des bureaux de contrôle technique. Le CA a passé en revue les actions menées par le groupement sectoriel à l’approche de la date couperet du 16 octobre 2026, marquant le risque d’un arrêt total des activités selon le cahier des charges de la profession. Face à ce défi, la Conect a réitéré sa détermination à poursuivre le dialogue pour débloquer la situation et déboucher sur des réponses adaptées aux contraintes du secteur.

Un partenariat économique renforcé avec l’Algérie.

Tourné vers le large, le CA s’est félicité des démarches entreprises par la Conect pour tisser des liens forts à l’international et booster le commerce transfrontalier, tout particulièrement avec les pays voisins. Une dynamique illustrée par la mission économique menée en Algérie par la Conect Internationale du 22 au 24 septembre 2026. Ce déplacement a posé des jalons précieux vers la concrétisation d’un partenariat stratégique ambitieux entre la Tunisie et l’Algérie. L’ambition affichée est claire : transformer les zones frontalières en véritables viviers de création de richesse, en développant des corridors économiques et des projets conjoints et en stimulant l’innovation au service de l’intégration régionale.

L’élaboration du projet de loi de finances pour 2027 s’est imposée au cœur des arbitrages. Les participants ont écouté l’analyse éclairée de Soltane Jebniani, membre du bureau exécutif national, qui a esquissé les pistes de propositions de la Conect à destination des parlementaires, fruit d’une concertation menée sur le terrain avec les structures régionales et sectorielles. À cette occasion, la Conct s’est dite pleinement mobilisée pour nourrir le débat budgétaire 2027, guidée par la volonté de concevoir des réponses équilibrées capable d’allier rigueur des finances publiques et soutien indispensable au financement de l’appareil productif.

Bureaux régionaux et groupements professionnels.

Un panorama complet des activités régionales et des groupements professionnels nationaux a été dressé par leurs présidents respectifs. À cette occasion, un débat sans concession a permis de cibler les freins du secteur et de définir ensemble des solutions concrètes pour surmonter ces obstacles. Dans ce même esprit, les interventions ont exploré les leviers essentiels pour permettre aux entreprises tunisiennes de produire, d’investir sereinement et de soutenir l’emploi.

Au terme d’échanges d’une grande richesse, le CA a réaffirmé l’ambition de la Conect de demeurer cette force de proposition indépendante, lucide et constructive, résolument engagée au service du tissu économique et de la nation.

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