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Dora Milad : « L’hôtellerie doit assumer son rôle dans la transition écologique »

25. September 2026 um 17:26

La Méditerranée se trouve au cœur de nombreuses réflexions sur la préservation de l’environnement et la lutte contre la pollution plastique. C’est ce qui ressort du Forum de la mer de Bizerte, organisé les 24 et 25 septembre 2026.

Durant ces deux journées, les acteurs du secteur touristique, entre autres, ont débattu des moyens de concilier croissance économique, valorisation des ressources maritimes et préservation de l’environnement.

L’objectif est d’instaurer un équilibre entre l’exploitation des ressources maritimes et la protection des écosystèmes. Cette question a été abordée lors de rencontres réunissant experts, professionnels et autres représentants de la société civile. La transition écologique du secteur touristique, notamment l’hôtellerie, a figuré parmi les principaux thèmes débattus.

Rencontrée en marge du forum, Dora Milad, présidente de la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH), a souligné l’engagement de la profession en faveur du tourisme durable. Selon elle, le secteur hôtelier s’est engagé depuis près de dix ans dans la transition écologique, notamment à travers la commission dédiée au tourisme durable.

« Nous sommes convaincus que l’hôtellerie doit assumer son rôle économique et social en sensibilisant l’ensemble des acteurs aux pratiques écoresponsables », a-t-elle déclaré à L’Économiste maghrébin.

Une centrale de tri à Hammam-Sousse

C’est dans ce sens que la présidente de la FTH a annoncé l’ouverture prochaine d’une centrale de collecte et de tri des déchets hôteliers à Hammam Sousse. Ce projet sera réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé réunissant la municipalité, le Centre international des technologies de l’environnement de Tunis (CITET) et la FTH.

La centrale s’inscrit dans le cadre de l’initiative méditerranéenne Tumali (Tourism Marine Litter), qui regroupe la Tunisie, le Maroc et l’Égypte. Elle bénéficiera d’un investissement de 330 000 euros destiné à financer les équipements de collecte et de tri.

« Il convient désormais d’encourager la création d’une véritable filière de revalorisation des déchets et de dupliquer ce modèle dans l’ensemble des stations balnéaires du littoral », ajoutera Mme Milad.

Et ce n’est pas tout. Elle a également évoqué l’utilisation d’un robot destiné au nettoyage des eaux du port d’El-Kantaoui. Financée par le ministère allemand de l’Environnement, cette initiative constitue, selon elle, une action concrète qui mériterait d’être étendue à d’autres sites. « Nous devons renforcer les programmes de coopération et les initiatives philanthropiques, en attendant une mobilisation accrue des investissements publics. Nous ne pouvons plus accueillir de touristes nationaux ou internationaux sans préserver notre environnement et sans sensibiliser l’ensemble des acteurs », a-t-elle insisté.

Vers la réactivation de l’écolabel

La responsable a par ailleurs appelé à la réactivation et à la mise à niveau de l’écolabel tunisien, créé en 2010-2011 conjointement par le CITET et l’Institut national de la normalisation et de la propriété industrielle (INNORPI). Cette actualisation devrait notamment intégrer de nouveaux critères liés à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). La promotion de ce label permettrait, selon Dora Milad, d’accompagner les établissements hôteliers dans leur transition écologique et de les rapprocher de certifications internationales davantage reconnues par la clientèle étrangère.

À cet égard, la convention récemment signée entre l’Office national du tourisme tunisien (ONTT) et le Conseil mondial du tourisme durable (Global Sustainable Tourism Council, GSTC) pourrait offrir un cadre favorable à la modernisation de l’écolabel tunisien et à l’obtention d’une reconnaissance par le GSTC.

Structurer la gestion des déchets

Dora Milad a rappelé que plusieurs établissements hôteliers pratiquent déjà le tri des déchets afin de répondre aux attentes d’une clientèle de plus en plus sensible aux enjeux du développement durable. Toutefois, ces déchets étaient souvent mélangés lors de la collecte municipale.

Le projet pilote de Hammam Sousse vise précisément à remédier à cette situation en structurant la collecte et le tri des déchets hôteliers. Bien que la gestion du dispositif relève actuellement de la municipalité, la FTH entend toutefois suivre activement le projet afin d’en assurer la pérennité et de favoriser son extension à d’autres destinations touristiques.

La réussite de cette initiative dépendra toutefois de la mise en place d’une filière complète, allant de la collecte au tri, en passant par le recyclage et la revalorisation des déchets.

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Tunisie – Wallonie : un nouveau cap pour la coopération économique et environnementale

25. September 2026 um 10:29

Dans un discours prononcé à l’occasion des Fêtes de la Wallonie et de la Fédération Wallonie‑Bruxelles, le nouvel ambassadeur de Belgique en Tunisie, Jan De Pauw, a mis en avant la profondeur et la diversité du partenariat entre les deux pays, tout en réaffirmant l’attachement de la Belgique au multilatéralisme et à la coopération face aux défis communs.

 

Une fête à portée symbolique et actuelle

Arrivé en Tunisie il y a environ cinq semaines, Jan De Pauw a indiqué que cette intervention constituait l’une de ses premières prises de parole publiques. Il a rappelé que la Fête de la Fédération commémore le soulèvement du peuple belge contre le roi Guillaume Ier des Pays‑Bas, déclenché le 27 septembre 1830 à Bruxelles et ayant conduit à l’indépendance de la Belgique. « C’est assez révolutionnaire ce que nous commémorons ici, ce soir », a‑t‑il relevé, avant d’insister sur la dimension actuelle des valeurs portées par cette célébration : solidarité, innovation, ouverture au monde et créativité.

L’ambassadeur a également souligné la capacité de la Wallonie à conjuguer héritage industriel et excellence scientifique, au service d’un développement durable et inclusif, une approche qui trouve, selon lui, un écho particulier en Tunisie.

Des relations denses et ancrées dans la société

 

Jan De Pauw a décrit des relations belgo‑tunisiennes « profondes et diversifiées », reposant non seulement sur des cadres institutionnels solides, mais aussi sur des échanges humains, académiques, culturels, scientifiques et économiques qui rapprochent quotidiennement les deux sociétés. Il a salué le travail « énorme » de la Délégation générale Wallonie‑Bruxelles à Tunis, jugé essentiel pour entretenir cette dynamique.

À travers la Commission mixte permanente Wallonie‑Bruxelles–Tunisie, la coopération se déploie dans des domaines variés : enseignement supérieur, recherche, culture, gouvernance et développement durable.

L’eau, chantier prioritaire de la coopération

L’ambassadeur a mis en avant le projet consacré à la gestion équilibrée des eaux souterraines en Tunisie, comme illustration concrète de cette coopération. Porté par la Région wallonne, en partenariat avec l’agence belge de coopération au développement) et les institutions tunisiennes concernées. Ce projet vise à renforcer la résilience hydrique face aux effets du changement climatique.

Le comité de lancement est attendu courant octobre, associant administrations publiques, monde académique et opérateurs spécialisés. En mobilisant notamment l’expertise de la Société wallonne des eaux et de ses partenaires tunisiens, il contribuera, estime Jan De Pauw, à renforcer les capacités de gestion et de préservation des ressources en eau.

 

Multilatéralisme et rôle des Belges de Tunisie

S’adressant aux membres du corps diplomatique et aux partenaires internationaux, l’ambassadeur a réaffirmé l’attachement constant de la Belgique au multilatéralisme, au dialogue et à la recherche de solutions concertées aux défis globaux. Tout en rappelant que le ministre belge des Affaires étrangères avait réitéré cette ligne il y a deux jours à New York.

En sa qualité de nouvel ambassadeur, Jan De Pauw a indiqué mesurer « pleinement la qualité de l’héritage » qui lui est confié. « Je m’attacherai à poursuivre le renforcement de nos relations bilatérales et à accompagner les nombreuses initiatives qui rapprochent nos sociétés, dans un esprit de partenariat, de confiance et d’amitié », a‑t‑il promis.

Il a conclu son allocution par un appel à célébrer à la fois la Wallonie, la Fédération Wallonie‑Bruxelles et, avec un clin d’œil, la Flandre, invitée d’honneur des célébrations, avant de lancer : « Vivons l’amitié belgo‑tunisienne.

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Tunisie-Wallonie‑Bruxelles : climat, économie et université au cœur de la programmation 2026

25. September 2026 um 09:28

La Délégation générale Wallonie‑Bruxelles à Tunis a récemment dévoilé sa nouvelle programmation et ses priorités pour 2026, à l’occasion des Fêtes de la Fédération Wallonie‑Bruxelles et de la Wallonie.

 

Rajae Essefiani, déléguée générale Wallonie‑Bruxelles à Tunis, a rappelé la valeur symbolique de cette célébration, marquée par le dialogue et par ce qui rassemble au sein de la Belgique, notamment avec la Flandre comme invitée d’honneur. Elle a toutefois indiqué que cette fête intervient dans un contexte mondial particulièrement mouvementé, marqué par les conflits, les tensions internationales, les incertitudes économiques et les effets de plus en plus visibles du changement climatique, des défis qui, par nature, ne connaissent pas de frontières.

Dans ce contexte, elle a mis en avant l’illustration concrète de ces défis en Tunisie, où la montée des températures et la canicule de cet été se sont accompagnées de tensions sur l’approvisionnement en électricité et en eau, pesant lourdement sur le quotidien de nombreuses familles. « Nous avons été très sensibles aux difficultés de la population », a-t-elle affirmé. Ajoutant que la Wallonie n’avait pas été épargnée, avec des incendies qui ont touché les Hautes‑Fagnes, brûlant plusieurs milliers d’hectares et atteignant l’un des espaces naturels les plus précieux de la région, qualifié de « joyau du pays » par le roi Philippe. « De part et d’autre de la Méditerranée, le constat est le même : les défis climatiques ne connaissent pas de frontières », insiste Mme Essefiani.

Face à ces enjeux, la déléguée a rappelé que des moyens d’action existent, à travers la recherche, l’innovation, les entreprises, les universités et la coopération internationale. Cet été, le gouvernement wallon a adopté sa nouvelle stratégie « Recherche, innovation et économie » pour la période 2027‑2034, articulée autour de cinq domaines prioritaires :

  • décarbonés (énergie, bâtiment, mobilité durable) ;
  • industrialisés (matériaux, industrie du futur) ;
  • nourrir (alimentation, biosolutions) ;
  • protégés (aéronautique, spatial, défense) ;
  • soignés (santé, nouvelles thérapies).

Cette capacité d’innovation se reflète dans les résultats économiques de la Wallonie, notamment en 2025 : les exportations wallonnes ont atteint près de 63 milliards d’euros, en progression de 13 %, tandis que la région a attiré environ 1,5 milliard d’euros d’investissements étrangers, créant quelque 1 300 emplois directs.

Cette dynamique nourrit directement la relation Wallonie‑Bruxelles–Tunisie. Les Business Days by Wallonia 2026 ont réuni plus de 200 entreprises wallonnes, et le bureau de l’AWEX à Tunis a rencontré une vingtaine d’entreprises tunisiennes, dans l’objectif de transformer cet intérêt en partenariats concrets. Du 6 au 9 décembre 2026, une mission économique sera organisée en Tunisie autour de trois secteurs clés : l’eau, l’énergie et l’environnement, des priorités fortes pour la Tunisie et des domaines d’expertise reconnus des entreprises wallonnes.

La déléguée a également insisté sur le caractère bidirectionnel de cette relation économique. Depuis le lancement, il y a six mois, de la campagne « Investissez en Wallonie », six entreprises tunisiennes ont déposé une demande d’implantation en Wallonie, dont deux sont en cours d’installation.

Elle a par ailleurs salué le partenariat de la Chambre de commerce tuniso‑belgo‑luxembourgeoise ainsi que celui de la CONECT.

Sur le plan académique, Rajae Essefiani a décrit un partenariat « très fort » entre les universités et hautes écoles de part et d’autre de la Méditerranée, avec une cinquantaine de conventions actives et un nombre d’étudiants tunisiens en Fédération Wallonie‑Bruxelles qui a doublé en dix ans. Un réseau des anciens étudiants a été créé en 2024 ; environ 300 à 350 alumni ont déjà été identifiés, parmi lesquels d’anciens ministres, secrétaires d’État, hauts fonctionnaires, managers et artistes. « Ils sont tous invités à rejoindre ce réseau », a-t-elle lancé.

Enfin, concernant la coopération sur les enjeux de société, la déléguée a indiqué vouloir mettre l’accent sur l’importance de renforcer la coopération tuniso-belge.

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