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Et si on réinventait l’avenir du travail autrement !

21. September 2026 um 17:12

Le Tunisia Inclusive Labor Institute (TILI), en partenariat avec la Global Fairness Initiative (GFI), organise une conférence régionale intitulée « From Informality to Inclusion: Shaping the Future of Work and Workers », qui se tiendra le 24 septembre 2026 à Tunis.

Cet événement rassemblera institutions publiques, organisations de travailleurs, acteurs de la société civile, chercheurs, organisations internationales et partenaires de la coopération autour des grandes mutations qui redéfinissent le monde du travail : digitalisation et intelligence artificielle, essor de l’économie des plateformes, changement climatique et transition juste, développement des compétences, protection sociale et formalisation inclusive avec un accent particulier sur les travailleurs de l’économie informelle.

Les axes du débats porteront sur quatre panels :
– Le rôle de la coopération internationale dans la construction d’un avenir du travail inclusif et résilient.
– L’impact de la transformation numérique, de l’intelligence artificielle et de l’économie des plateformes sur le travail et les travailleurs.
– Les enjeux du changement climatique, de la résilience et de la transition juste.
– La formalisation inclusive, en lien avec la future Feuille de route de l’OIT 2027–2032 et le rôle des organisations représentant les travailleurs de l’économie informelle.

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INPD : La Tunisie décroche la moyenne… de justesse !

21. September 2026 um 14:14

Si la Tunisie recevait un bulletin scolaire, la mention serait « peut mieux faire, doit redoubler d’efforts ». Avec une moyenne nationale de 40,8 % sur l’ensemble de ses services essentiels, le pays valide difficilement son année. Recalé en logement et en culture, il peine à rattraper par l’alimentation et les transports. Le nouvel Indice national de performance du développement (INPD) dresse, délégation par délégation, le relevé de notes d’un État qui peine à transformer ses ambitions en résultats tangibles.

Cet indice INPD évalue les performances économiques, sociales et environnementales des secteurs liés aux services fondamentaux et aux droits humains, jusqu’à l’échelle des délégations. Ces données alimenteront prochainement l’application PerfECT, déjà accessible en ligne.

Des écarts importants entre les secteurs

Des secteurs tels que l’alimentation et la finance (56,4 %) et les transports/télécommunications (50,3 %) tirent la moyenne vers le haut. Et ce, sans pour autant traduire une performance satisfaisante. À l’inverse, le logement ou le tourisme obtiennent un score de 26,5%. Tandis que l’instruction et la culture (33,3%) restent les principaux chantiers. Ils sont d’autant plus préoccupants qu’ils touchent des besoins essentiels et des leviers de développement humain.

Les disparités territoriales persistent

Le Grand Tunis (49,4 %) et Nabeul (45,2 %) arrivent en tête du classement territorial, loin devant Sidi Bouzid (33,8 %), Kairouan et Kasserine (34,6 %). Ce sont des écarts anciens que les politiques publiques n’ont pas réussi à résorber depuis 2011.

L’eau : une ressource sous tension

La Tunisie dispose aujourd’hui d’environ 400 m³ d’eau par habitant et par an, contre près de 850 m³ en 1996. Ce qui est bien en dessous du seuil de rareté fixé par la FAO (1 000 m³). Près de la moitié de l’eau d’irrigation serait perdue à cause de réseaux vétustes. Et le taux de raccordement à l’ONAS plafonnait à 64,9 % en 2022.

Des pénuries qui révèlent les fragilités du système

Pain, lait, café, viandes rouges : les pénuries récurrentes persistent malgré le coût élevé de la compensation, dont l’efficacité est évaluée à seulement 13 %. La capacité du système à résister aux crises d’approvisionnement plafonne, elle, autour de 15 % — dans un pays où le droit à l’alimentation n’est pas explicitement consacré par la Constitution.

Un secteur législatif à 35 %

Ce score ne tient pas qu’aux moyens disponibles : l’organisation hémicyclique du débat parlementaire favorise la constitution de majorités plutôt que la recherche de consensus. Ce qui laisse aux acteurs les mieux dotés en ressources une influence disproportionnée sur des dossiers clés (salaire minimum, fiscalité, foncier, crédit).

Au final, l’INPD confirme que la performance publique n’est ni homogène ni figée. Elle est plutôt un outil pour mieux cibler les politiques et mesurer leurs effets, territoire par territoire.

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Hydrocarbures : pas de recul, grève maintenue

21. September 2026 um 12:29

Pas de changement : la grève du transport des hydrocarbures est maintenue les 23 et 24 septembre 2026.

Les transporteurs d’hydrocarbures ont fait connaître leur dernière position : ils réclament notamment l’ouverture de négociations salariales, estimant n’avoir pas bénéficié de leur couverture sociale durant la période concernée. Ils jugent cette situation inacceptable, d’autant que l’accord relatif à ces droits sociaux remonte au 2 mai  2019.

Au cœur de leur mouvement : l’ouverture de négociations salariales et la reconnaissance de droits sociaux dont ils estiment ne pas avoir bénéficié.

Les sociétés de distribution de carburant affirment ne pas pouvoir régler les cotisations de sécurité sociale des employés du transport. La prime prévue par un accord du 2 mai 2019 demeure également impayée, alors que la réunion de négociation devait aboutir à un accord sur ce point.
Dans un communiqué publié le 18 septembre, la Fédération générale du pétrole a rappelé la grève annoncée et dénoncé l’absence de concertation. Elle estime que certaines parties non syndicales contribueraient à entretenir le conflit et à pousser les travailleurs vers la grève.Une situation qui soulève une question simple : combien de temps un accord peut-il rester sans effet avant de devenir une source de conflit ?

 

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70 ans après l’indépendance, « la malédiction de la géographie » est toujours là

21. September 2026 um 12:11
Faouzi Abderrahmane
Faouzi Abderrahmane

Depuis 1956, nous parlons d’une « Tunisie unifiée ». Mais qu’en est-il réellement ? Derrière les chiffres, que révèle la réalité du terrain ? Faouzi Abderrahmane, ancien ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, dresse un bilan économique via sa page officielle Facebook.

Il part du constat suivant concernant le tissu industriel : 85 % des entreprises industrielles et 87,5 % de la main-d’œuvre industrielle se concentrent dans seulement 13 gouvernorats côtiers. Quant à l’indice de développement régional 2024, il s’établit à 5,39 pour  Tunis, contre 1,36 pour Kasserine, soit près de quatre fois moins.

L’investissement privé est quatre fois moins important à l’intérieur du pays, malgré un investissement public par habitant plus élevé dans l’ouest de la Tunisie. En matière d’investissement direct étranger (2025), 64 % du total des investissements étrangers (hors énergie) sont dirigés vers la seule région du Grand Tunis et sa périphérie.

Le chômage par région montre des écarts marqués : Tataouine arrive systématiquement en tête (32 %), suivie de Gafsa (28,2 %) et de Kebili (25,8 %), contre Monastir (6,6 %) et Sfax (9,8 %). Mais l’essentiel ici n’est pas le chiffre en lui-même, mais ce qu’il révèle : Tunis même (19,5 %) et Ben Arous (18,4 %) enregistrent un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale. « Ce n’est pas une contradiction avec la « malédiction de la géographie », mais une confirmation plus profonde de celle-ci : les grandes villes elles-mêmes sont entourées de ceintures de quartiers populaires (comme El Tadamoun, Douar Hicher et certaines parties de Ben Arous et de la Manouba) dont les indicateurs sont tout à fait similaires à ceux de l’intérieur du pays. La malédiction de la géographie ne se limite pas à l’opposition entre l’Est et l’Ouest ; elle se répète au sein même de l’Est, entre le centre-ville et sa périphérie », explique-t-il. 

Quant au taux de pauvreté (2021), il est de 4,7 % dans le Grand Tunis contre 37 % dans le Centre-Ouest, soit près de huit fois plus.

Par ailleurs, l’analphabétisme serait en hausse. Il est d’environ 10 % à Tunis et à Ben Arous. Tandis qu’à Jendouba et à Kasserine, il dépasse les 25–28 %.

L’économie informelle, quant à elle, dépasse les 50 % à Mahdia, à Sidi Bouzid, à Kairouan et à Médenine. Du côté de la croissance démographique, alors que le taux national affiche une croissance annuelle de 0,87 %, les gouvernorats du Kef et de Siliana connaissent une croissance démographique négative, traduisant un véritable recul de la population.

Au baccalauréat 2024, Sfax arrive en tête, tandis que Kasserine et Gafsa ferment la marche (29,87 % et 28,82 %). L’écart est moins marqué que dans d’autres domaines (près de deux fois plus important), mais il reste bien réel et récurrent depuis des décennies.

Concernant les hôpitaux universitaires, les neuf hôpitaux universitaires historiques sont tous situés dans des villes de l’est du pays. Un premier correctif partiel ? Une décision prise il y a quelques jours à peine, le 31 juillet 2026, confère pour la première fois le statut d’hôpital universitaire à l’hôpital de Jendouba ainsi qu’à certains services de Kasserine et de Kébili.

En matière d’hébergements touristiques, plus de 51 % des 895 établissements se trouvent dans trois régions touristiques côtières seulement ; le reste se répartit principalement sur d’autres zones côtières, avec une présence quasi inexistante de l’intérieur du pays dans l’ensemble du secteur.

Tout cela nous amène à dire que l’histoire se répète et ne change pas : entre 1956 et 2011, 80 % à 90 % des crédits de développement ont été alloués à la Tunisie orientale; contre seulement 10 % à 20 % à la Tunisie occidentale. Aujourd’hui, les gouvernorats du nord-est et du littoral attirent plus de 70 % des investissements privés déclarés. Tandis que la part cumulée de plusieurs gouvernorats de l’intérieur ne dépasse pas 15 % du total des investissements nationaux. Ce chiffre est inchangé depuis des décennies.

Sept décennies d’indépendance, quatre programmes de développement successifs, un système politique qui a radicalement changé à plusieurs reprises  et la seule constante qui n’ait jamais varié est cette concentration de la richesse à l’est. Mieux encore, cette concentration se reproduit à plus petite échelle au sein des grandes villes, entre leur centre et leurs banlieues populaires.

En guise de conclusion, Faouzi Abderrahmane souligne que « la Tunisie n’a pas besoin d’une énième réforme partielle. Elle a besoin d’être reconstruite à partir de ses fondements,  selon un modèle de développement entièrement nouveau, et non d’un simple rafistolage d’un modèle qui a prouvé son échec répété au cours de sept décennies entières : un modèle à deux vitesses, ou deux modèles pour un seul pays ».

Et voici l’une des amères ironies avérées : « seules les prisons restent les plus équitables en termes de répartition géographique avec 30 établissements pénitentiaires répartis dans 22 des 24 gouvernorats. « L’État qui n’a pas réussi à construire un hôpital dans chaque région a réussi à construire une prison dans presque chaque région » conclut Faouzi Abderrahmane. 

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