❌

Normale Ansicht

Proposition de loi relative à la régularisation de la situation des puits agricoles non autorisés : le ministère propose des amendements

Von: tmps
14. Oktober 2026 um 10:14

L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a organisé, lundi 12 octobre 2026, une journée d’étude consacrée à la proposition de loi relative à la régularisation de la situation des puits agricoles profonds non autorisés.

À cet effet, le président de la Commission de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et hydrique et de la pêche de l’ARP, Omar Ben Omar, a indiqué que cette proposition de loi vise notamment à faire face à l’ampleur croissante du phénomène des puits agricoles non autorisés.

«En effet, certains agriculteurs se trouvent contraints de recourir au puits non autorisé en raison des difficultés rencontrées pour obtenir les autorisations nécessaires, notamment à cause de la bureaucratie administrative et de la complexité des procédures», a-t-il expliqué.

Le député a souligné qu’à l’issue de cette journée d’étude, la proposition de loi devrait être soumise à la séance plénière.

Il a ainsi rappelé que cette initiative fait suite à l’adoption de l’article 81 de la loi de Finances pour l’année 2025, qui prévoit la régularisation de la situation des puits anarchiques. «Toutefois, cet article n’a pas été mis en application», a-t-il précisé.

Le nombre de puits est passé de 246 en 2010 à plus de 3.000 en 2025 

De son côté, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, représenté par le directeur général des ressources hydrauliques, Issa Hlimi, a révélé, lors de cette journée d’étude, que le nombre de puits est passé de 246 en 2010 à plus de 3.000 en 2025, sans compter les puits qui n’ont pas été recensés.

S’agissant des répercussions négatives des puits anarchiques, il a notamment évoqué, sur les plans économique et social, l’augmentation des coûts de pompage et de l’énergie, les conflits entre les exploitants, ainsi que les difficultés liées au contrôle des volumes d’eau prélevés et à leur répartition équitable.

Sur le plan environnemental, il a mis en garde contre la dégradation des écosystèmes oasiens, le recul de la biodiversité, l’affaissement des sols dans le Sud tunisien et la pollution des ressources en eau.

S’agissant des ressources hydriques, il a indiqué que les puits anarchiques contribuent à la baisse du niveau des nappes souterraines, à l’assèchement des anciens puits de surface et à l’intrusion d’eau salée dans les nappes d’eau douce, notamment dans les zones côtières.

«Le volume des ressources en eaux souterraines renouvelables s’élève à 2,5 milliards de mètres cubes», a-t-il déclaré.

Concernant le cadre juridique régissant les eaux souterraines, le responsable a rappelé que celles-ci constituent un domaine public soumis aux dispositions du Code des eaux. 

«L’exploitation des eaux souterraines nécessite une autorisation préalable du ministre chargé des ressources hydrauliques. Cette autorisation ne confère pas un droit de propriété sur l’eau, mais définit les conditions de son utilisation», a-t-il expliqué.

Il a également précisé que l’administration peut refuser une demande lorsque celle-ci risque de compromettre l’équilibre des ressources hydriques. En cas d’infraction ou de risque pour ces ressources, elle peut ordonner la fermeture ou le comblement du puits ou encore limiter le débit de prélèvement. 

Raccourcir le délai d’application

Il convient de rappeler que la proposition de loi présentée par l’ARP comprend quatre articles définissant les conditions et les modalités de régularisation de la situation des puits agricoles non autorisés.

Le premier article prévoit la régularisation des puits agricoles non autorisés creusés avant le 10 décembre 2024, moyennant le paiement d’une redevance de 3.500 dinars, selon des conditions et des procédures fixées par arrêté du ministre chargé des Ressources hydrauliques. Le texte fixe au 31 décembre 2027 la date limite de dépôt des demandes de régularisation.

Le deuxième article prévoit le rejet systématique des demandes comportant des informations erronées, tandis que le troisième article stipule que la décision de régularisation est annulée en cas de manquement du bénéficiaire à ses obligations. Le quatrième article prévoit l’abrogation des dispositions de l’article 81 de la loi n° 48 de 2024 du 9 décembre 2024, relative à la loi de Finances pour l’année 2025.

Toutefois, lors de la journée d’étude, les représentants du ministère de l’Agriculture ont proposé des amendements à cette proposition de loi.

Le premier amendement vise à étendre le champ de la régularisation aux puits agricoles non autorisés creusés jusqu’au 31 décembre 2024, au lieu du 10 décembre de la même année. 

Par ailleurs, le ministère propose de remplacer la date limite du 31 décembre 2027 par un délai maximal d’un an à compter de la publication de l’arrêté du ministre chargé des ressources hydrauliques pour le dépôt des demandes de régularisation.

Nouha MAINSI



L’article Proposition de loi relative à la régularisation de la situation des puits agricoles non autorisés : le ministère propose des amendements est apparu en premier sur Le Temps News.

Sociétés communautaires : pour une économie de la justice sociale

Von: tmps
14. Oktober 2026 um 09:21

 Par Ahmed NEMLAGHI

Présentées comme un levier de développement régional, de création d’emplois et de valorisation des ressources locales, les sociétés communautaires occupent une place particulière dans la vision économique du président de la République, Kaïs Saïed. Le Conseil ministériel restreint présidé par la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, à la Kasbah, remet au centre du débat les conditions nécessaires pour faire de ce modèle un instrument concret de justice sociale et de développement.

La question économique ne se résume pas à la croissance des indicateurs ou à l’accroissement des investissements, elle renvoie également à la manière dont les richesses sont produites, réparties et mises au service de la collectivité. C’est autour de cette préoccupation que s’inscrit le projet des sociétés communautaires, auquel Kaïs Saïed entend donner une place dans la transformation du modèle de développement tunisien.

En consacrant un conseil ministériel restreint à l’amélioration de leur gouvernance, à la simplification des procédures de création et au renforcement de leur accompagnement, le gouvernement reconnaît que l’avenir de ces structures dépend autant de leur potentiel économique que de la capacité de l’administration à leur offrir un environnement favorable.

Les sociétés communautaires s’inscrivent dans une approche qui entend rapprocher l’activité économique des besoins des territoires et de leurs populations. Leur vocation est de permettre à des personnes réunies autour d’un projet commun de mobiliser les ressources disponibles, de développer une activité productive et de créer des emplois au bénéfice de leur région.

Cette orientation rejoint la conception de Kaïs Saïed selon laquelle le développement doit être davantage ancré dans les réalités locales et contribuer à réduire les disparités entre les régions. Il ne s’agit pas seulement de créer de nouvelles structures économiques, mais de favoriser une participation collective à la production de richesses, en donnant aux populations la possibilité de devenir actrices de leur développement.

Dans cette perspective, les sociétés communautaires peuvent offrir une voie complémentaire aux formes traditionnelles d’entrepreneuriat. Elles sont notamment susceptibles de réunir des compétences, des moyens et des ressources qui, pris isolément, ne permettraient pas toujours de concrétiser un projet viable.

L’enjeu consiste à faire émerger des activités adaptées aux spécificités territoriales : valorisation des produits agricoles, transformation des matières premières, services, artisanat, activités environnementales ou projets liés aux potentialités régionales. Le choix des secteurs doit toutefois répondre à une analyse sérieuse des besoins, des débouchés et des capacités réelles de chaque structure.

La justice sociale par la création de richesses

La justice sociale constitue l’un des fondements politiques mis en avant par le président de la République. Dans cette conception, elle ne saurait se limiter à la redistribution des revenus après la création des richesses. Elle suppose également d’élargir les possibilités de participer à leur production et de permettre aux régions de mieux tirer profit de leurs ressources.

Les sociétés communautaires prennent leur sens dans cette articulation entre activité économique et finalité sociale. En encourageant l’initiative collective, elles sont appelées à contribuer à la création d’emplois, à l’intégration économique des jeunes et à une meilleure valorisation des potentialités locales.

Pour les régions confrontées au chômage, au manque d’investissements ou à l’insuffisance des débouchés, le développement de projets productifs peut représenter une possibilité de diversification économique. Il peut aussi contribuer à limiter la dépendance à l’égard d’activités concentrées dans les grands centres urbains, à condition que les projets disposent des moyens nécessaires pour fonctionner durablement.

La portée sociale de ce modèle ne se mesurera donc pas au seul nombre de sociétés créées. Elle dépendra du nombre d’emplois durables générés, de la qualité des revenus distribués, de la viabilité des activités et de leur capacité à produire des effets positifs sur l’économie locale.

La place accordée aux jeunes dans cette orientation répond à une difficulté persistante : l’écart entre les aspirations professionnelles, les qualifications disponibles et les possibilités d’emploi dans plusieurs régions du pays.

Les sociétés communautaires peuvent ouvrir des perspectives à des porteurs de projets désireux de travailler collectivement à la création d’une activité. Elles peuvent aussi favoriser l’acquisition de compétences pratiques et rapprocher la formation des besoins économiques locaux.

Mais l’initiative ne peut, à elle seule, résoudre le problème du chômage. Pour devenir un véritable outil d’insertion, ce modèle doit s’appuyer sur des projets économiquement viables, une formation adaptée, un accès aux équipements et aux financements ainsi que des débouchés commerciaux identifiés.

C’est dans ce contexte que la recommandation du conseil ministériel visant à mettre en place un dispositif intégré de formation et d’accompagnement revêt une importance particulière. L’appui doit couvrir l’ensemble du parcours : conception du projet, étude de faisabilité, création juridique, gestion, production, commercialisation et développement de l’activité.

Une société communautaire ne peut se consolider durablement sur la seule base de l’enthousiasme de ses fondateurs. Elle a besoin de compétences, d’une organisation rigoureuse et d’une stratégie capable de résister aux contraintes du marché.

Simplifier les procédures et améliorer la gouvernance

Le conseil ministériel restreint a également examiné les difficultés administratives rencontrées par ces entreprises et les moyens d’y remédier. Ce volet est essentiel, car la multiplication des démarches, les délais ou l’absence d’interlocuteurs clairement identifiés peuvent freiner la concrétisation des projets.

La simplification administrative doit permettre aux porteurs de projets de consacrer davantage de temps et de moyens à leur activité productive. Elle suppose des procédures lisibles, une coordination efficace entre les services publics et un accompagnement accessible, notamment dans les régions où l’offre de conseil économique demeure limitée.

Toutefois, l’allègement des formalités ne doit pas se faire au détriment de la transparence ou de la bonne gestion. La gouvernance constitue une condition de crédibilité pour les sociétés communautaires : répartition claire des responsabilités, suivi des ressources, contrôle des dépenses et évaluation régulière des résultats doivent accompagner leur développement.

La recommandation de mettre en place des mécanismes d’évaluation est donc déterminante. Pour mesurer l’efficacité de l’accompagnement public, il faudra pouvoir apprécier les résultats obtenus, repérer les difficultés persistantes et ajuster les dispositifs en fonction des besoins réels des entreprises.

L’une des orientations retenues lors de la réunion consiste à encourager les sociétés communautaires à investir de nouveaux secteurs et marchés porteurs, notamment dans les domaines à forte valeur ajoutée et à dimension stratégique, en cohérence avec le Plan de développement 2026-2030.

Cette démarche est importante pour éviter que les projets ne se limitent à des activités de faible rentabilité ou à des marchés déjà saturés. La valorisation des ressources locales peut produire davantage de bénéfices lorsqu’elle s’accompagne de transformation, d’innovation, d’amélioration de la qualité et d’une véritable stratégie commerciale.

Une production agricole peut, par exemple, gagner en valeur lorsqu’elle est transformée ou commercialisée sous une forme répondant aux attentes du marché. De même, des ressources régionales encore insuffisamment exploitées peuvent soutenir des activités nouvelles, pourvu que les investissements, les compétences et les débouchés soient réunis.

Il ne s’agit pas de disperser les initiatives dans tous les secteurs, mais d’identifier les activités pour lesquelles chaque territoire possède des atouts réels. La réussite du modèle dépendra de cette capacité à concilier ambition sociale et rationalité économique.

De l’ambition politique à la viabilité économique

Le modèle des sociétés communautaires traduit une volonté de faire de l’initiative collective un instrument de développement et de justice sociale. Sa cohérence avec les orientations de Kaïs Saïed tient à cette recherche d’un lien plus direct entre les ressources des régions, la création de richesses.

Mais une ambition politique ne devient une réussite économique que si elle se traduit par des résultats durables. Les entreprises doivent pouvoir accéder aux compétences, aux équipements, au financement et aux marchés indispensables à leur activité. Elles doivent également bénéficier d’un accompagnement qui respecte leur autonomie et leur permette de prendre des décisions adaptées à leur environnement.

L’État a, dans ce processus, un rôle déterminant : simplifier, former, conseiller, faciliter l’accès aux opportunités économiques et évaluer les résultats. Il ne peut cependant se substituer à la viabilité des projets ni à la qualité de leur gestion.

Le défi consiste ainsi à faire des sociétés communautaires des acteurs économiques capables de créer de la valeur, plutôt que de simples structures administratives bénéficiant d’un soutien ponctuel. Leur pérennité sera le meilleur indicateur de leur contribution au développement régional.

En définitive, la portée du projet défendu par Kaïs Saïed se mesurera à sa capacité à transformer l’initiative collective en emplois stables, les ressources locales en richesses durables et la promesse de justice sociale en améliorations tangibles pour les citoyens. La simplification des procédures et le renforcement de l’accompagnement constituent des étapes importantes. La réussite dépendra désormais de la qualité des projets, de leur gouvernance et de leur aptitude à s’inscrire durablement dans l’économie nationale.

 

 

L’article Sociétés communautaires : pour une économie de la justice sociale est apparu en premier sur Le Temps News.

Marché des véhicules électriques : une croissance sur les chapeaux de roue 

Von: tmps
14. Oktober 2026 um 08:32

Longtemps perçu comme une petite niche réservée à une élite ultra-aisée et freiné par des barrières douanières et fiscales dissuasives, le marché de la mobilité électrique en Tunisie connaît un véritable tournant. Le secteur de la mobilité bas carbone accélère à un rythme inédit depuis le début de l’année en cours, transformant profondément le paysage automobile national. Selon les dernières données publiées par la Chambre nationale des concessionnaires et des constructeurs automobiles, les ventes des quatre-roues éco-responsables ont explosé les compteurs. Alors que le marché n’avait enregistré qu’environ 600 véhicules électriques écoulés sur l’ensemble de l’année 2025, la barre des 1.100 unités vendues a été franchie durant les quatre premiers mois de 2026, ce qui confirme l’appétit grandissant des automobilistes tunisiens pour les technologies propres.

«La demande augmente aussi bien pour les véhicules 100% électriques que pour ceux hybrides», a souligné Brahim Debbache, le président de la chambre rattachée à l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA).

Selon lui, la «phase de forte croissance ne fait que commencer». Le syndicat patronal s’attend, en effet, à ce que le nombre de véhicules à faibles émissions qui devraient être commercialisées sur l’ensemble de l’année en cours s’approche de 4.000 unités, avec l’arrivée de nouvelles marques et la hausse des commandes passées auprès des marques ayant déjà pignon sur rue. À ce rythme, l’objectif de 50.000 véhicules électriques vendus par an en 2030 fixé par les autorités devrait être atteint facilement, alors que le secteur des transports représente environ 30% de la consommation finale d’énergie du pays et plus d’un quart de ses émissions de gaz à effet de serre.

Le principal catalyseur de cette dynamique réside incontestablement dans la volonté des pouvoirs publics de verdir le parc automobile tunisien et de renforcer l’efficacité énergétique dans un secteur des transports particulièrement énergivore à l’heure où la facture des carburants pèse lourdement sur les finances publiques. Au premier semestre 2026, les subventions aux carburants ont atteint 2,427 milliards de dinars, représentant 69,62% du total des dépenses de subvention de l’État tunisien.

Le directeur de l’efficacité énergétique dans le secteur du transport à l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), Abdelhamid Gannouni, rappelle que le démarrage en trombe que connaît le secteur de la mobilité électrique est le fruit du renforcement progressif des mesures incitatives adoptées dans les dernières lois de finances. «Les voitures électriques bénéficient actuellement d’une exonération totale des droits de douane, qui ont été ramenés de 30% à 0%. La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) a été abaissée de 19 à 7%, tandis que la taxe de circulation a été réduite de 50%», a-t-il détaillé dans une vidéo publiée récemment par l’agence.

Éliminer deux angles morts pour débloquer le potentiel du secteur

À cela s’ajoute l’adoption d’un nouveau mode de calcul de la puissance fiscale. Auparavant pénalisées par les formules des moteurs thermiques, les voitures électriques sont désormais classées de manière juste, allant de 2 ou 3 chevaux fiscaux jusqu’à 7 CV pour les modèles de plus grande taille. Ces mesures ont provoqué une onde de choc positive sur les grilles des prix des concessionnaires. Une voiture électrique autrefois commercialisée aux alentours de 100.000 dinars s’affiche désormais à près de 58.000 dinars, soit une baisse spectaculaire de plus de 40%, avec des fourchettes tarifaires globales oscillant entre 45.000 et 65.000 dinars pour les citadines.

D’autre part, la levée des freins administratifs, notamment la sortie des voitures électriques du système restrictif des quotas, a permis d’inonder le marché d’une offre beaucoup plus riche et diversifiée. Le nombre de modèles proposés en Tunisie a ainsi grimpé d’une quinzaine il y a deux ans à plus de 60 modèles aujourd’hui.

Le principal frein à une croissance plus rapide du marché réside cependant dans le déficit d’infrastructures. Le déploiement des points de recharge se fait actuellement beaucoup plus rapidement que le virage vers l’électrique, car on a jusqu’ici mis la charrue avant les bœufs.

Le réseau national de bornes demeure embryonnaire et profondément inégalitaire. La grande majorité des stations fonctionnelles se concentre dans le Grand Tunis et les grandes villes situées sur le littoral.

À mesure que le parc grandit, la structuration d’un cadre réglementaire et technique régissant l’activité de recharge publique et privée devient une priorité absolue. Les données de l’ANME révèlent qu’environ 90% des recharges s’effectuent dans la sphère privée (à domicile ou sur le lieu de travail), tandis que 10% seulement se font dans des bornes publiques. Dans ce dernier segment, la recharge rapide en courant continu ne représente que 3% des opérations, démontrant que l’usage quotidien s’appuie d’abord sur une routine de recharge nocturne ou stationnaire.

L’autre obstacle qui empêche les ventes des véhicules électriques à passer à la vitesse supérieure concerne l’absence d’un service après-vente et le déficit de compétences spécialisées dans la maintenance. Passer du moteur thermique au bloc électrique exige une transformation radicale des compétences. La mécanique traditionnelle cède ici la place à la mécatronique de haute tension, à la gestion électronique avancée et à la manipulation de systèmes de stockage d’énergie complexes. Actuellement, en dehors des ateliers officiels de quelques concessionnaires pionniers, les mécaniciens indépendants et les centres d’entretien de quartier sont totalement dépourvus des formations et des outillages de sécurité requis. En cas de panne complexe ou de sinistre sur le circuit électrique du véhicule, le consommateur se retrouve face à un vide technique inquiétant.

Ce n’est qu’en éliminant ces angles morts qu’on pourrait faire des véhicules hybrides et électriques les rois de la route de demain. 

Walid KHEFIFI

 

L’article Marché des véhicules électriques : une croissance sur les chapeaux de roue  est apparu en premier sur Le Temps News.

Migration clandestine vers l’Italie : les raisons d’une chute spectaculaire des départs depuis la Tunisie

Von: tmps
13. Oktober 2026 um 19:50

La situation de la migration clandestine (ou irrégulière) entre la Tunisie et l’Italie est en train de connaître un tournant majeur en 2026, marqué par une chute spectaculaire des traversées depuis les côtes tunisiennes. Cette dynamique en recul n’est pas fortuite puisqu’elle résulte, avant tout, du renforcement drastique des contrôles sécuritaires et géopolitiques dans la région, aussi bien en Tunisie qu’en Italie.

En se fiant aux données et chiffres récents publiés par les autorités compétentes dans les deux pays, le nombre de prétendants à la migration clandestine est en nette baisse. Ces données officielles compilées en octobre 2026 confirment une tendance amorcée dès 2025. Une chute de plus de 56% des arrivées globales de migrants sur les côtes italiennes au cours des dix premiers mois de 2026. Cette baisse atteint même des proportions historiques de près de 80% pour la seule route tunisienne par rapport aux années records (comme 2023).

L’Algérie donne l’impression de prendre la relève puisqu’elle est en train de supplanter la Tunisie comme point de départ principal au Maghreb, tandis que la Libye a repris la tête des départs de la route de la Méditerranée centrale.

C’est dire que derrière cette baisse globale, les flux migratoires en provenance du Maghreb connaissent des évolutions contrastées : les départs depuis la Tunisie poursuivent leur recul, tandis que ceux en provenance d’Algérie affichent une progression notable.

Cette évolution intervient dans un contexte de durcissement de la politique migratoire de l’Union européenne, marqué notamment par l’accélération des expulsions, le renforcement des contrôles aux frontières et le projet de mise en place de centres de retour dans des pays tiers.

Une forte tendance à la baisse

Selon les chiffres arrêtés au 15 octobre de chaque année et relayés par l’ancien député Majdi Karbai, l’Italie a enregistré 24.092 arrivées de migrants au cours des dix premiers mois de 2026, contre 54.965 durant la même période de 2025 et 54.129 en 2024. Cette baisse de 56,2% sur un an ramène les arrivées à leur niveau le plus bas sur la période considérée depuis 2024.

Le Bangladesh reste le principal pays d’origine des migrants arrivés sur les côtes italiennes, malgré une forte diminution des flux. Le nombre de ressortissants bangladais recensés est ainsi passé de 16.175 en 2025 à 5.794 en 2026.

Toutefois, c’est la recomposition des flux migratoires en provenance d’Afrique du Nord qui retient particulièrement l’attention. Alors que les arrivées depuis la Tunisie poursuivent leur baisse, celles en provenance d’Algérie progressent sensiblement, témoignant d’une évolution des routes migratoires empruntées pour rejoindre la péninsule italienne.

D’après les données présentées par Majdi Karbai, la Tunisie occupait la troisième place parmi les pays d’origine en 2024, avec 7.158 arrivées, soit près de 13% du total. Sa position s’est ensuite dégradée en 2025, année durant laquelle elle est passée à la huitième place avec 1.519 arrivées. Au cours des dix premiers mois de 2026, 1.275 arrivées en provenance de Tunisie ont été recensées.

En deux ans, le nombre d’arrivées depuis la Tunisie a ainsi chuté de 82,2%. Cette baisse confirme le recul marqué de cette route migratoire, longtemps considérée comme l’un des principaux axes de départ vers les côtes italiennes.

Les raisons d’un coup d’arrêt forcé

Le tarissement des flux s’explique principalement par la mise en application des accords passés entre le gouvernement italien de Giorgia Meloni, l’Union européenne et les autorités tunisiennes. Des accords qui ont permis de passer à la vitesse supérieure en termes de contrôle plus serré avec l’entrée en vigueur des actions suivantes :

*externalisation des contrôles : la Garde nationale tunisienne a intensifié ses opérations maritimes et terrestres, bloquant des dizaines de milliers de départs directement depuis ses plages (comme à Sfax, Mahdia ou Kélibia) ; *démantèlement des camps des migrants subsahariens : les autorités tunisiennes ont mené de vastes opérations d’évacuation des camps de fortune (notamment dans la région d’El-Amra), 

*durcissement des règles de retour : le 1er octobre 2026, le Conseil de l’UE a validé de nouvelles directives facilitant le renvoi des personnes sans droit de séjour, ouvrant la voie à la création de «centres de retour» hors-UE, une pratique discutable que la Tunisie cherche toujours à assouplir.

Et si la «harga» touche encore les jeunes Tunisiens qui rêvent toujours d’améliorer leur situation sociale, la majorité des personnes bloquées en Tunisie ou arrivant en Italie par cette route sont originaires d’Afrique subsaharienne (Guinée, Côte d’Ivoire, Mali, Soudan) et d’Asie du Sud (Bangladesh, Pakistan).

D’autres facteurs ont également contribué à cette chute, principalement la coopération entre les autorités tunisiennes et l’Organisation internationale des migrations (OIM), le bras de l’ONU qui organise des «retours volontaires» des migrants vers leur pays d’origine. Grâce à ce travail en commun, ils sont plus de cinq mille migrants sahariens à rentrer dans leurs pays d’origine alors qu’ils planifiaient de rejoindre clandestinement les côtes italiennes.

Parallèlement à ces mesures de plus en plus serrées pour freiner la migration clandestine, l’Italie et la Tunisie tentent de promouvoir des canaux régulés. Le mécanisme italien du «Décret Flussi» organise le recrutement de milliers de travailleurs tunisiens qualifiés (notamment dans l’agriculture et le BTP), bien que les lourdeurs bureaucratiques européennes continuent de pousser certains candidats vers la clandestinité.

Kamel ZAIEM

 

L’article Migration clandestine vers l’Italie : les raisons d’une chute spectaculaire des départs depuis la Tunisie est apparu en premier sur Le Temps News.

Comment faire évoluer l’exercice du pharmacien pour apporter davantage au patient ?

Von: tmps
13. Oktober 2026 um 09:02

Les journées  Pharmaceutiques du CROPA organisées le week end dernier à Korba , qui en sont aujourd’hui à leur 12e édition, constituent un rendez-vous régulier réunissant pharmaciens, universitaires, professionnels de santé et experts autour de problématiques directement liées à la pratique quotidienne et aux transformations de la profession.Dans ce cadre, Dr Yosri Guiras,ancien Président du Conseil Régional de l’Ordre des Pharmaciens de l’Ariana a animé une table ronde intitulée :« Faire évoluer l’officine : clinique, outils numériques, initiatives de terrain »  où comment faire évoluer notre exercice pour apporter davantage au patient ?L’officine est aujourd’hui devenue une véritable petite entreprise. Le pharmacien doit gérer les stocks, les commandes, les ruptures, les tiers payants, l’administratif, les équipes et de nombreuses autres contraintes. Toutes ces missions sont nécessaires, mais elles peuvent progressivement l’éloigner de ce qui constitue l’une de ses principales valeurs ajoutées : la relation avec le patient.

« Notre métier ne peut pas se limiter à : « Donnez-moi votre ordonnance… voici vos médicaments. » Entre ces deux phrases doivent pouvoir trouver leur place une question, une explication, un conseil, la détection d’un problème ou la correction d’une mauvaise utilisation d’un traitement.Cette évolution est d’autant plus importante que, dans de nombreux pays, le métier de pharmacien d’officine s’est considérablement transformé ces dernières années. La pharmacie clinique est progressivement entrée dans l’officine à travers des missions clairement définies : entretiens pharmaceutiques, bilans de médication, accompagnement des patients chroniques, vaccination, dépistage ou encore suivi de l’observance. Dans plusieurs systèmes de santé, ces nouvelles missions sont encadrées par des textes et accompagnées d’une rémunération spécifique du pharmacien pour le service rendu au patient.En Tunisie, cette évolution du cadre réglementaire et du modèle de rémunération reste encore à construire. Les pharmaciens d’officine essaient néanmoins de faire évoluer leur pratique avec les moyens dont ils disposent, en développant des initiatives de terrain et en consacrant davantage de temps au conseil et à l’accompagnement du patient, sans qu’il existe encore de véritable cadre réglementaire pour ces nouvelles missions ni d’honoraires spécifiques permettant de reconnaître le temps et l’expertise qui leur sont consacrés.

C’était aussi l’un des messages de cette table ronde en attendant les évolutions réglementaires nécessaires, la profession ne doit pas rester immobile. Il est possible de commencer à faire évoluer nos pratiques, parfois par des actions simples, tout en souhaitant qu’à terme ces nouvelles missions soient officiellement reconnues, organisées et valorisées.

L’éducation thérapeutique du patient

La table ronde a ainsi exploré plusieurs pistes complémentaires.Pr Fatma Sellami, Professeur Agrégée en Pharmacie Clinique, responsable de l’unité de pharmacie clinique à l’Hôpital Charles Nicolle de Tunis et Secrétaire Générale de la STPC, a montré comment l’éducation thérapeutique et la pharmacie clinique peuvent trouver une traduction concrète à l’officine, notamment à travers des interventions courtes et structurées intégrées à la dispensation.Dr Sarah Ben Hmida, pharmacienne d’officine et Présidente d’IPCRG Tunisia, a présenté l’expérience Asthma Right Care, avec des outils permettant au pharmacien de mieux accompagner le patient asthmatique, d’interroger son utilisation des traitements et de vérifier notamment la bonne utilisation des dispositifs d’inhalation.Dr Olfa Sellami, pharmacienne d’officine et ancienne Présidente du Conseil régional de l’Ordre des pharmaciens de Sfax, Sidi Bouzid et Kasserine, a partagé une initiative directement issue du terrain : la réalisation de fiches-conseils destinées aux patients pour mieux les informer et les accompagner dans différentes situations courantes.

Dr Rym Ben Ayed, pharmacienne, consultante et dirigeante de RySolve Healthcare Consulting, certifiée en intelligence artificielle, a présenté les possibilités offertes par l’intelligence artificielle générative à l’officine, mais également les précautions, les règles de confidentialité, les limites de ces outils et la nécessité absolue de conserver la validation du pharmacien.Ces quatre approches, différentes mais complémentaires, ont finalement convergé vers une même idée : faire évoluer l’officine ne signifie pas nécessairement tout révolutionner. Cela peut commencer par des changements simples dans notre manière de délivrer, d’interroger, de conseiller et d’accompagner nos patients, mais aussi par une meilleure utilisation des nouveaux outils à notre disposition. Le fil conducteur que le modérateur Yosri Guiras a  souhaité donner à l’ensemble de la séance peut d’ailleurs se résumer par cette question :« Qu’est-ce que je peux changer, dès lundi matin, dans mon officine, pour apporter davantage à mon patient ? »C’est probablement là que réside l’enjeu essentiel : redonner de la valeur à la dispensation et remettre le pharmacien là où il apporte le plus de valeur, auprès de son patient ».

 

Kamel Bouaouina

 

L’article Comment faire évoluer l’exercice du pharmacien pour apporter davantage au patient ? est apparu en premier sur Le Temps News.

Les médicaments falsifiés et contrefaits en Tunisie, une menace majeure pour la santé !

Von: tmps
13. Oktober 2026 um 08:30

Le marché des médicaments contrefaits est un danger mondial qui n’épargne pas la Tunisie. Ces produits illicites, souvent inefficaces et même dangereux, mettent en péril la santé des patients et touchent à la confiance dans les systèmes de santé. Ce phénomène prend beaucoup d’ampleur malgré les efforts continus des autorités pour le contrer. Les médicaments falsifiés et contrefaits constituent une crise silencieuse et l’une des plus graves menaces sanitaires et économiques mondiales.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 1 médicament sur 10 circulant dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires est de qualité inférieure ou falsifié, une proportion qui atteint près de 50 % pour les produits achetés sur des pharmacies en ligne non réglementées.La Tunisie, porte d’entrée de l’Afrique et en raison de sa proximité avec l’Europe, est particulièrement vulnérable au trafic de médicaments contrefaits. Bien que des efforts considérables aient été déployés pour renforcer la régulation du marché pharmaceutique, les médicaments contrefaits continuent d’infiltrer les circuits de distribution, notamment dans les zones rurales et les marchés informels (marchés noirs).Les médicaments contrefaits sont souvent produits dans des conditions non hygiéniques et non conformes aux normes sanitaires. Ils sont généralement vendus à des prix plus bas, ce qui attire les populations vulnérables à la recherche de traitements abordables. Cependant, ces produits présentent des risques élevés, car ils peuvent être expirés, contenir des ingrédients inactifs, incorrects ou même toxiques, ce qui entraîne des conséquences graves parfois même fatales sur les patients.

Le commerce parallèle de médicaments 

S’il est impossible d’évaluer avec précision l’ampleur du marché clandestin en raison de sa nature occulte, plusieurs indicateurs témoignent d’une évolution préoccupante. Bien qu’il soit difficile d’évaluer avec précision l’ampleur de ce phénomène en raison de son caractère clandestin, les informations recueillies à travers les opérations de contrôle et les signalements des différents partenaires institutionnels montrent que ce trafic tend à se diversifier, notamment à travers le recours croissant aux plateformes numériques et aux réseaux sociaux

L’Agence observe ainsi une mutation des modes opératoires des trafiquants. Les médicaments et produits de santé illicites ne transitent plus uniquement par les réseaux traditionnels de contrebande. Les réseaux sociaux, les applications de messagerie et les plateformes de commerce électronique sont devenus de véritables vitrines commerciales où les vendeurs promettent des résultats rapides tout en échappant, dans certains cas, aux contrôles.Cette évolution est loin d’être propre en Tunisie. L’Agence nationale du médicament et des produits de Santé (ANMPS) rappelle qu’elle s’inscrit dans une tendance mondiale. Les organisations criminelles exploitent de plus en plus les outils numériques pour commercialiser des médicaments non autorisés, falsifiés ou de provenance inconnue, ne présentant aucune garantie de qualité, de sécurité ou d’efficacité.À l’occasion des 12 Journées Pharmaceutiques du Conseil Régional de l’Ordre des Pharmaciens de l’Ariana (CROPA),

Mehdi Dridi, ancien PDG de la Pharmacie Centrale de Tunisie, est intervenu pour modérer une session scientifique consacrée à la problématique des médicaments de qualité inférieure (substandards) et des médicaments contrefaits / falsifiés. Les échanges avec l’assistance ont porté sur la recrudescence de la circulation de médicaments contrefaits et non conformes aux normes internationales de fabrication, un phénomène qui menace la santé publique et la sécurité sanitaire régionale.L’accent a été mis sur la nécessité d’un contrôle rigoureux de la chaîne d’approvisionnement et sur le rôle central du pharmacien dans la traçabilité et le signalement des produits suspects.La session a souligné l’importance du renforcement du cadre réglementaire et de la collaboration entre les organismes de santé, la Pharmacie Centrale et les pharmaciens d’officine et d’hôpitaux pour garantir la qualité des produits dispensés aux patients.

Dr Sarah Zerei, Assistante hospitalo-universitaire en pharmacologie et cadre supérieur au sein de l’ANMPS (Agence Nationale du Médicament et des Produits de Santé). a indiqué  que « tous les continents sont touchés par la falsification de médicaments . Aucun médicament n’est épargné. .15% des médicaments vendus dans le monde sont falsifiés dont 50% en Afrique et en Asie. Les codes –barres peuvent être copiés et dupliqués sur des emballages  falsifiés. Certains réseaux criminels utilisent l’IA  pour reproduire les emballages authentiques avec une précision redoutable.. L’infrastructure de sérialisation complète  reste très coûteuse pour les PME pharmaceutiques. Les réseaux sociaux, nouveau terrain de jeu des trafiquants«Facebook», «Instagram», «TikTok», «WhatsApp» ou encore certaines plateformes de commerce électronique sont devenus des canaux privilégiés pour la vente illicite de médicaments. Les réseaux sociaux, les applications de messagerie, les sites de commerce électronique et certaines plateformes numériques sont aujourd’hui de plus en plus utilisés pour proposer et vendre des médicaments et produits de santé en dehors des circuits légalement autorisés. Face à ces limites, le rôle de l’ANMPS est important dans la prévention, la détection et la lutte contre les produits sous-standards et falsifiés, ainsi que les évolutions de l’horizon réglementaire tunisien dans ce domaine ».

La santé en danger

Les conséquences de l’utilisation de médicaments contrefaits sont graves. Non seulement ces produits sont inefficaces, mais ils peuvent également causer des effets secondaires nocifs ou mortels. Par exemple, l’utilisation de médicaments contrefaits pour traiter des infections graves peut entraîner des résistances aux antibiotiques, aggravant ainsi le problème de la résistance microbienne.De plus, la présence de ces produits sur le marché  mine la confiance des patients envers le système de santé. Les pharmaciens, souvent le premier contact du patient, se retrouvent dans une position délicate où ils doivent vérifier méticuleusement l’authenticité des médicaments qu’ils vendent tout en rassurant leurs patients.

Les annonces publiées sur Internet mettent souvent en avant des produits présentés comme des solutions rapides pour prendre du poids, maigrir, développer sa masse musculaire, améliorer les performances physiques ou traiter diverses affections.Le problème est que ces produits échappent totalement au circuit pharmaceutique réglementé. Les opérations de saisie relèvent principalement de la police judiciaire, des services des Douanes et des autorités judiciaires.

Le principal danger réside dans l’absence de garanties entourant ces médicaments. Leur circulation en dehors des circuits officiels favorise la présence de médicaments falsifiés, contrefaits ou de qualité non garantie, susceptibles de contenir des substances dangereuses, des dosages incorrects ou même ,des principes actifs sous-dosés, inexistants (remplacés par de la farine, du plâtre ou de la craie), ou toxiques (ex. antigel, peinture au plomb, solvants).L’OMS et l’ONUDC estiment que les faux antipaludiques et antibiotiques sont responsables de la mort de plus de 100 000 à 500 000 personnes par an (notamment des jeunes enfants touchés par le paludisme ou des pneumonies sévères en Afrique subsaharienne). L’échec répété d’un traitement contrefait détruit la confiance des patients envers le système de santé formel, la vaccination et le personnel médical.Les conséquences peuvent être multiples : absence d’efficacité thérapeutique, aggravation de la maladie, retard de prise en charge ou apparition d’effets indésirables parfois sévères. À cela s’ajoutent les conditions de transport et de stockage. La rupture de la chaîne du froid, l’exposition à une chaleur excessive, à l’humidité ou à la lumière peuvent altérer la stabilité des médicaments et réduire leur efficacité. Dans certains cas, cette dégradation peut même entraîner la formation de substances potentiellement toxiques.

 Une mobilisation coordonnée contre les circuits illicites

En Tunisie, la lutte contre les médicaments falsifiés et les circuits illégaux de distribution constitue un enjeu majeur de santé publique et de sécurité nationale. Face à la montée du commerce informel, du marché noir et des ventes non régulées sur internet ou les réseaux sociaux, les autorités tunisiennes ont renforcé leur coordination interinstitutionnelle.Mettre fin aux ventes illégales de médicaments est une priorité pour éviter les risques pour les consommateurs et assurer que chaque médicament soit prescrit et délivré de manière sécurisé.Pour contrer ces réseaux informels, la Tunisie s’appuie sur une stratégie multi-acteurs avec le renforcement de la  traçabilité se renforce et le déploiement de dispositifs de contrôle automatisés et de suivi des lots (de la fabrication/importation jusqu’à la dispensation en pharmacie) pour garantir l’intégrité de la chaîne d’approvisionnement.

Sarra Zerei  a également abordé les perspectives de renforcement du système de contrôle et de surveillance, notamment à travers une meilleure coordination entre les différents acteurs concernés, précisant que l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANMPS) a mis en place d’un dispositif officiel permettant aux citoyens et aux professionnels de signaler les médicaments et les produits de santé suspects ou contrefaits présentant un emballage inhabituel, un aspect anormal, des effets inattendus après utilisation, ou ceux vendus en dehors des circuits officiels ou à des prix suspects.Deux catégories sont concernées, en l’occurrence les produits non conformes aux normes, notamment des médicaments autorisés mais ne respectant pas les exigences de qualité, et les produits falsifiés ou contrefaits.Les signalements peuvent être effectués via un formulaire électronique sur le site officiel de l’Agence, par e-mail à l’adresse dpm@rns.tn ou par dépôt d’un dossier auprès du bureau d’ordre du ministère de la SantéLes signalements peuvent être anonymes et la confidentialité des données est garantie.L’Agence invite les citoyens à fournir, dans la mesure du possible, le nom du produit, son dosage, son numéro de lot, sa date d’expiration et des photos de l’emballage.Une attention particulière a été accordée aux opportunités offertes par l’intelligence artificielle (IA), notamment pour renforcer la détection des anomalies, l’analyse des données, la surveillance du marché et l’identification précoce des risques liés aux produits sous-standard et falsifiés. Ceci sans oublier les campagnes d’information incitant les citoyens à s’approvisionner exclusivement auprès du réseau officiel des pharmacies d’officine et des structures de santé publiques/privées agréées.

Dr Thouraya Ennaifer, secrétaire générale du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens de Tunisie (CNOPT), a émis de fermes alertes concernant l’introduction et la prolifération de médicaments contrefaits et issus de circuits parallèles en Tunisie.  Elle a fermement mis en garde contre l’achat de produits de santé sur internet. De nombreux médicaments falsifiés ou non autorisés circulent activement sur les réseaux sociaux en échappant à tout contrôle réglementaire. Ces médicaments entrent illégalement sur le territoire national sans passer par la Pharmacie Centrale de Tunisie. Ils ne subissent donc aucun test de conformité ou de sécurité sanitaire. Le CNOPT rappelle régulièrement que la consommation de ces traitements d’origine inconnue présente des risques mortels ou d’inefficacité thérapeutique grave en raison de dosages incorrects ou de substances toxiques.Elle réaffirme de manière constante que les seules sources d’approvisionnement fiables et totalement sécurisées restent les officines de pharmacie légales et les structures hospitalières agréée

                                            Kamel Bouaouina

L’article Les médicaments falsifiés et contrefaits en Tunisie, une menace majeure pour la santé ! est apparu en premier sur Le Temps News.

Santé mentale : pourquoi les Tunisiens vivent-ils sous une pression permanente ?

Von: farhat
12. Oktober 2026 um 09:27

Entre difficultés économiques, exigences professionnelles, responsabilités familiales et incertitudes face à l’avenir, le stress semble occuper une place grandissante dans le quotidien des Tunisiens. Ce qui pouvait autrefois être considéré comme une réaction passagère à une situation difficile tend, pour certaines personnes, à devenir un état presque permanent. Irritabilité, fatigue persistante, troubles du sommeil, difficultés de concentration ou encore tensions musculaires constituent autant de manifestations d’un mal-être qui peut progressivement affecter la qualité de vie. Derrière ces symptômes, souvent banalisés, se pose une véritable question de santé publique : dans quelle mesure les conditions de vie actuelles favorisent-elles l’installation d’un stress chronique au sein de la société tunisienne ?

La pression économique constitue incontestablement l’un des facteurs susceptibles d’alimenter ce phénomène. Pour de nombreux ménages, la gestion du budget familial représente une préoccupation quotidienne. Les dépenses alimentaires, les frais de transport, les charges liées au logement, à la santé ou encore à la scolarité des enfants imposent des arbitrages parfois difficiles. Cette nécessité de calculer constamment ses dépenses peut entretenir un sentiment d’insécurité financière, même chez des personnes disposant d’un revenu régulier. A cette dimension matérielle s’ajoute une charge mentale souvent invisible. Anticiper les dépenses, organiser la vie familiale, répondre aux obligations professionnelles et gérer les imprévus mobilisent une énergie psychologique considérable. Lorsque ces préoccupations s’accumulent sans véritables périodes de récupération, l’organisme peut rester dans un état d’alerte prolongé.

Quand les préoccupations quotidiennes deviennent une source d’épuisement

Le stress constitue, à l’origine, une réaction naturelle de l’organisme face à une difficulté ou à une menace. Il permet de mobiliser rapidement les ressources nécessaires pour faire face à une situation exigeante. Toutefois, lorsque cette réaction se prolonge dans le temps, elle peut perdre son caractère protecteur et devenir préjudiciable à la santé. Sur le plan physiologique, le stress active notamment des mécanismes hormonaux impliquant le cortisol et l’adrénaline. Si ces réactions sont utiles ponctuellement, leur sollicitation répétée peut perturber plusieurs fonctions de l’organisme. Des troubles digestifs, des maux de tête, des tensions musculaires, une fatigue persistante ou des difficultés d’endormissement peuvent ainsi apparaître ou s’aggraver.

Le monde professionnel représente également une source importante de pression. Entre objectifs à atteindre, exigences de productivité, instabilité de certains emplois et difficultés à concilier vie privée et vie professionnelle, les salariés peuvent éprouver le sentiment de ne jamais disposer de suffisamment de temps pour récupérer. Les personnes sans emploi ne sont pas épargnées. La recherche prolongée d’un travail, les incertitudes financières et le sentiment de ne pas pouvoir construire sereinement son avenir peuvent favoriser l’anxiété et la perte de confiance en soi. Chez les jeunes diplômés, notamment, le décalage entre les aspirations personnelles et les possibilités d’insertion professionnelle peut constituer une source supplémentaire de souffrance psychologique.

Les femmes peuvent, quant à elles, être confrontées à une accumulation de responsabilités lorsque l’activité professionnelle s’ajoute à une part importante des tâches domestiques et familiales. Cette charge mentale, parfois insuffisamment reconnue, peut contribuer à un épuisement progressif. Il serait néanmoins réducteur d’attribuer le stress uniquement aux difficultés économiques ou professionnelles. Les tensions relationnelles, les problèmes de santé, les responsabilités envers les proches et les événements personnels jouent également un rôle important. Chaque individu possède par ailleurs une sensibilité différente face aux situations stressantes, ce qui explique que leurs conséquences puissent varier considérablement d’une personne à l’autre.

Une souffrance psychologique encore trop souvent banalisée

L’une des principales difficultés réside dans la tendance à considérer le stress comme une composante inévitable de la vie moderne. Beaucoup de personnes finissent par s’habituer à vivre dans un état de tension permanent, sans nécessairement identifier les signaux envoyés par leur organisme. Le manque de sommeil, les réveils nocturnes, les palpitations, les douleurs musculaires ou les difficultés de concentration peuvent être attribués à une simple fatigue. Pourtant, lorsque ces manifestations deviennent fréquentes, elles méritent une attention particulière et, si nécessaire, une évaluation médicale.

Le stress chronique peut également favoriser ou aggraver certains problèmes de santé, notamment l’hypertension artérielle, les troubles anxieux et les symptômes dépressifs. Il peut aussi influencer les comportements quotidiens, en encourageant une alimentation déséquilibrée, une consommation excessive de stimulants ou une diminution de l’activité physique. Un autre obstacle concerne le regard porté sur la santé mentale. Malgré une évolution progressive des mentalités, consulter un psychologue ou un psychiatre peut encore susciter des réticences. Certaines personnes craignent d’être jugées, tandis que d’autres estiment devoir surmonter seules leurs difficultés.

Cette banalisation peut retarder la prise en charge et favoriser l’aggravation des symptômes. Or, reconnaître une souffrance psychologique ne signifie pas nécessairement souffrir d’un trouble psychiatrique. Il s’agit avant tout d’identifier une situation qui affecte le bien-être et qui peut nécessiter un accompagnement adapté. L’accès aux soins représente également un enjeu important. Le coût des consultations, la disponibilité des professionnels et les disparités territoriales peuvent compliquer le recours à un suivi psychologique régulier, particulièrement pour les personnes disposant de ressources limitées.

Faire de la prévention une priorité de santé publique

Face à ces difficultés, la prévention du stress ne peut reposer uniquement sur la responsabilité individuelle. Certes, l’activité physique régulière, un sommeil suffisant, une alimentation équilibrée et des moments de détente contribuent à améliorer la capacité de l’organisme à faire face aux tensions quotidiennes. Les techniques de relaxation, les exercices respiratoires ou encore le maintien de relations sociales de qualité peuvent également jouer un rôle bénéfique. Cependant, ces mesures restent parfois insuffisantes lorsque les principales sources de stress sont directement liées aux conditions de vie. Il apparaît donc nécessaire d’intégrer davantage la santé mentale dans les politiques de prévention, mais également dans les environnements professionnels, scolaires et universitaires.

La sensibilisation pourrait notamment permettre de mieux distinguer le stress ponctuel, qui fait partie de l’existence, du stress chronique, susceptible d’entraîner des conséquences durables. Une meilleure information sur les symptômes et les possibilités de prise en charge contribuerait également à réduire les préjugés entourant les consultations psychologiques. Dans les entreprises, l’amélioration des conditions de travail, la prévention de l’épuisement professionnel et une organisation plus respectueuse des temps de repos constituent des pistes importantes. Dans les établissements scolaires, l’apprentissage de la gestion des émotions et la détection précoce des situations de détresse pourraient contribuer à renforcer la prévention dès le plus jeune âge.

En Tunisie, la question de la santé mentale mérite ainsi d’être abordée au-delà de sa seule dimension médicale. Elle renvoie aussi aux réalités économiques, aux rapports sociaux, aux conditions de travail et à la capacité des individus à envisager l’avenir avec sérénité. Si aucune donnée récente ne permet, à elle seule, d’affirmer que l’ensemble de la population tunisienne connaît une augmentation du stress chronique, la multiplication des facteurs de pression dans la vie quotidienne justifie néanmoins une attention accrue à cette problématique. Car derrière une fatigue que l’on considère parfois comme ordinaire peut se cacher une souffrance bien réelle. Et dans une société où les exigences matérielles et personnelles semblent laisser de moins en moins de place au repos, préserver la santé mentale ne devrait plus être perçu comme un luxe, mais comme une composante essentielle du bien-être individuel et collectif.

Leila SELMI

 

L’article Santé mentale : pourquoi les Tunisiens vivent-ils sous une pression permanente ? est apparu en premier sur Le Temps News.

Éducation et culture : le pari sur l’égalité des chances

Von: farhat
12. Oktober 2026 um 08:36

Par Ahmed NEMLAGHI

En plaçant l’éducation au rang des composantes de la sécurité nationale, le président de la République défend une vision dans laquelle l’école, la culture et la justice sociale sont étroitement liées. Son entretien, le 8 octobre à Carthage, avec la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, et Mohamed Ali Boughdiri, secrétaire général du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, remet au premier plan un chantier essentiel : faire du droit à l’éducation une réalité pour tous.

L’éducation ne saurait être réduite à la transmission des connaissances ni la culture cantonnée à une activité réservée à une partie de la société. C’est, en substance, le sens de l’orientation défendue par Kaïs Saïed, qui considère l’école comme un pilier de la construction nationale, de la cohésion sociale et de la préparation des générations futures. La rencontre tenue au palais de Carthage traduit cette approche : l’avenir du système éducatif se joue autant dans les programmes et les méthodes pédagogiques que dans les conditions matérielles d’apprentissage et l’accès à la culture.

En rappelant que l’éducation et l’enseignement font partie intégrante de la sécurité nationale, le chef de l’État leur attribue une portée qui dépasse le cadre scolaire. Il s’agit, dans cette perspective, de former des citoyens capables de comprendre leur environnement, d’exercer leur esprit critique et de participer à la vie collective.

Cette conception repose sur un principe : la solidité d’un pays dépend aussi de la qualité de son système éducatif, de la diffusion du savoir et de la capacité de chaque génération à acquérir les outils nécessaires à son émancipation. La sécurité nationale ne se limite donc pas à ses dimensions traditionnelles. Elle comporte également une dimension humaine, intellectuelle et sociale, dont l’éducation constitue un élément déterminant.

L’inscription du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement dans la Constitution s’inscrit dans cette orientation. Pour Kaïs Saïed, cette consécration institutionnelle traduit la place stratégique accordée à l’éducation dans le projet national. Reste toutefois à donner à cette ambition toute sa portée par des mécanismes de concertation, une vision cohérente et des réformes capables de répondre durablement aux difficultés du secteur.

 

La réussite comme corollaire de l’égalité des chances

L’un des axes majeurs rappelés par le président concerne l’instauration d’un système éducatif national garantissant l’égalité pour tous. Cette ambition renvoie à une question fondamentale : comment assurer à chaque enfant, indépendamment de son milieu social ou de son lieu de résidence, des possibilités comparables d’apprentissage et de réussite ?

L’égalité devant l’éducation ne se résume pas à l’ouverture des portes de l’école. Elle suppose que les élèves disposent de conditions leur permettant de suivre leur scolarité, de développer leurs capacités et de poursuivre leurs études sans être pénalisés par leur situation familiale ou territoriale.

C’est dans ce contexte que prend tout son sens l’appel présidentiel à inculquer, dès la première année du primaire, les principes de liberté, d’émancipation et de justice sociale. L’école est appelée à transmettre des savoirs, mais également à former des citoyens conscients de leurs droits, de leurs responsabilités et de leur place dans la collectivité.

Cette orientation implique de dépasser une conception purement administrative de la démocratisation de l’enseignement. L’enjeu n’est pas seulement de permettre l’accès à l’école, mais de réunir les conditions d’une véritable égalité des chances tout au long du parcours scolaire.

 

Les conditions matérielles, un préalable à la réussite

Le président de la République a également insisté sur la nécessité d’assurer aux élèves le transport, la restauration, l’hébergement dans les internats, les vêtements et les fournitures scolaires, en coordination avec les structures concernées. Ces besoins concrets constituent un volet essentiel de la politique éducative.

Pour les familles confrontées à des difficultés économiques, le coût indirect de la scolarité peut représenter un obstacle important. Les déplacements, les repas et le matériel nécessaire à l’apprentissage pèsent sur les budgets domestiques et peuvent accentuer les inégalités entre élèves.

En mettant ces questions en avant, Kaïs Saïed associe la justice sociale à des réponses qui touchent directement la vie quotidienne des familles. L’objectif affiché est de faire en sorte que les conditions économiques ne déterminent pas, à elles seules, les possibilités de réussite d’un enfant.

Mais cette orientation appelle une mise en œuvre rigoureuse. La disponibilité du transport scolaire, la qualité de la restauration, la capacité d’accueil des internats et l’accès effectif aux fournitures doivent se traduire par des mesures concrètes, suivies et évaluées. C’est à cette échelle que l’ambition de l’égalité des chances pourra être appréciée.

 

La culture, un prolongement naturel de l’école

La place accordée aux clubs culturels dans les établissements scolaires constitue un autre volet significatif de cette vision. En appelant à leur création dans les différentes institutions éducatives, le chef de l’État souligne que l’éducation ne se limite pas aux enseignements dispensés en classe.

La pratique culturelle contribue à l’éveil intellectuel, à la créativité, à l’expression personnelle et à la découverte du patrimoine. Elle peut également favoriser la confiance en soi, le dialogue et le respect des différences. Théâtre, lecture, musique, arts plastiques ou activités patrimoniales offrent autant de possibilités de compléter les apprentissages scolaires.

Le rapprochement entre les secteurs de l’éducation et de la culture prend ici tout son sens. La présence de la ministre des Affaires culturelles à cette rencontre illustre l’importance d’une approche transversale dans laquelle les activités culturelles peuvent accompagner la formation des jeunes et élargir leur accès au savoir.

Pour produire des effets durables, cette ambition nécessite toutefois des moyens, des espaces adaptés, un encadrement compétent et une programmation accessible à tous les élèves. Les clubs culturels ne doivent pas rester une simple annonce, ils sont appelés à devenir des lieux vivants d’apprentissage et de participation.

 

De l’orientation politique aux résultats concrets

En revenant sur les précédentes tentatives de réforme du système éducatif, Kaïs Saïed a exprimé des réserves sur leur portée et leurs motivations. Cette appréciation traduit sa volonté affichée de rompre avec des réformes qu’il juge insuffisantes et de privilégier une transformation plus profonde du système national.

Toutefois, la réussite d’une politique éducative ne se mesure pas uniquement à ses principes ou à ses intentions. Elle dépend aussi de la continuité des décisions, de la mobilisation des ressources, de la coordination entre les institutions et de la capacité à associer les acteurs de terrain à la recherche de solutions.

L’enjeu est donc de faire converger les objectifs éducatifs, les politiques sociales et l’action culturelle autour d’une même exigence : offrir à chaque enfant les moyens d’apprendre, de s’épanouir et de construire son avenir.

La rencontre de Carthage remet ainsi en lumière les grandes lignes d’une vision qui lie souveraineté nationale, justice sociale et formation des générations futures. Sa portée dépendra désormais de la traduction de ces orientations en programmes accessibles, en services effectifs et en améliorations mesurables pour les élèves et leurs familles.

Faire de l’éducation un pilier de la sécurité nationale et de la culture un instrument d’émancipation constitue une ambition de long terme. Le véritable défi consiste à transformer ces principes en une égalité des chances vécue au quotidien, dans chaque école et pour chaque élève.

L’article Éducation et culture : le pari sur l’égalité des chances est apparu en premier sur Le Temps News.

Comportements à risque : agir en milieu scolaire

Von: tmps
11. Oktober 2026 um 10:15

La prévention des comportements à risque en milieu scolaire repose sur une approche globale associant l’école, les familles et les partenaires institutionnels pour instaurer un climat bienveillant et sécurisé. L’objectif est  d’apprendre aux élèves à identifier et à gérer leurs émotions, favoriser l’empathie, la communication non violente et la résolution pacifique des conflits, par exemple via des cours d’empathie dès l’école primaire, créer des espaces de parole et d’écoute (heures de vie de classe, forums de sensibilisation, journées dédiées) et instaurer des programmes de soutien positif pour valoriser les bons comportements et désamorcer les tensions.

C’est dans ce cadre que le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Seniors a organisé une belle action intitulée  «Une heure de prévention» de manière simultanée et unifiée dans les différentes régions. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’approche nationale participative visant à prévenir les comportements à risque, en coordination avec les délégations régionales chargées des affaires de la femme et de la famille ainsi que divers partenaires (ministères, organismes publics et associations concernées). Cet événement offrira un espace de rencontre pour les familles et les élèves, favorisant l’écoute, l’accompagnement, le conseil et la sensibilisation, dans le but d’une prévention participative contre les phénomènes et comportements à risque.

Une heure de prévention dans nos écoles

Plusieurs élèves sont exposés à des risques qui peuvent affecter leur santé, leur bien-être et leur réussite éducative. Ces conduites à risque altèrent le bien-être physique et mental et ont des répercussions sur les relations avec autrui : isolement social, violences, conflits, marginalisation… Sur le plan académique, le parcours scolaire et les résultats peuvent être affectés. Comprendre quels sont les facteurs qui influencent les comportements à risque va permettre d’agir de façon cohérente sur un ensemble de déterminants communs. Prédisposants ou protecteurs, ces facteurs vont accroître ou au contraire prévenir la vulnérabilité des enfants ou des jeunes face à ces conduites. Il peut s’agir de caractéristiques personnelles telles que la capacité à faire face aux événements, à nouer des relations. C’est aussi l’environnement proche, comme la qualité des relations au sein de la famille ou les relations avec les pairs. C’est également l’environnement social, en particulier l’école, son mode d’organisation et les valeurs sociales qu’elle défend et véhicule. La prévention en milieu scolaire regroupe l’ensemble des mesures et actions visant à protéger les élèves et le personnel éducatif contre les risques liés à la vie scolaire. C’est dans ce cadre que des séances de prévention des comportements à risque en milieu scolaire reposent sur plusieurs axes éducatifs, partenariaux et pratiques ont été animées hier  par les enseignants et des psychologues à Tunis, Ben Arous, La Manouba, Bizerte, Siliana, Zaghouan, Béja, Nabeul, Sousse, Monastir, Mahdia, Sfax, Kairouan, Sidi Bouzid, Gabès, Gafsa, Tozeur et Tataouine en vue d’apprendre aux élèves à gérer leurs émotions, à résister à la pression des pairs et à renforcer leur esprit critique tout en les sensibilisant aux dangers du numérique, des addictions, des réseaux sociaux et des cyberviolences.  L’école est le lieu par excellence d’ancrage des programmes de promotion de la santé et de prévention des conduites à risque. Ces initiatives de prévention dans nos écoles  permettent aux enfants d’acquérir des compétences favorables à la santé (développement de compétences sociales, émotionnelles et cognitives) en utilisant des méthodes interactives s’inscrivant dans la durée. Ils favorisent la création d’un environnement propice à leur mise en pratique. Ces comportements, qui sont des facteurs de protection vis-à-vis des comportements à risque, sont aussi des vecteurs de réussite à l’école. Les parents ont un rôle à jouer : sensibiliser leurs enfants  aux comportements à risque et  accompagner le développement de leurs enfants, tout en assurant leur sécurité. Il est crucial de consulter un professionnel de la santé mentale lorsqu’un adolescent affiche de manière répétée des comportements préoccupants ou dangereux si les  tentatives pour l’encourager à une conduite plus saine demeurent inefficaces. La prévention des conduites à risque peut commencer dès l’enfance par l’éducation, la communication ouverte et la promotion de comportements sains. Elle s’effectue à la maison et à l’école.

Kamel BOUAOUINA

 

L’article Comportements à risque : agir en milieu scolaire est apparu en premier sur Le Temps News.

Abandon scolaire : la plaie saignante de l’éducation nationale 

Von: tmps
11. Oktober 2026 um 09:20

L’école publique tunisienne, jadis socle de la promotion sociale et symbole de la construction de l’État moderne, affronte aujourd’hui une crise d’une ampleur inédite. Chaque année, près de 100.000 élèves désertent prématurément les salles de classe sans obtenir le moindre diplôme ni la moindre qualification professionnelle. Ce phénomène massif d’abandon ne constitue pas seulement un drame individuel pour des dizaines de milliers de familles, il s’impose comme une véritable hémorragie nationale qui fragilise le tissu socio-économique du pays et alimente l’exclusion sociale. Pourtant, le cadre juridique tunisien est sans équivoque, puisque la Loi d’orientation sur l’éducation stipule formellement que l’éducation proclame l’obligation de l’éducation pour tous les enfants âgés de 6 à 16 ans. Entre le droit théorique et la réalité du terrain, le fossé n’a pourtant jamais été aussi profond. Le dernier recensement général de la population et de l’habitat publié par l’Institut national de la statistique (INS), apporte un éclairage d’une grande précision sur la scolarité des enfants appartenant à la tranche d’âge 6-16 ans. D’après ces données démographiques, si 95,5% des enfants de cette tranche d’âge demeurent globalement intégrés dans le parcours scolaire, 3,5% ont définitivement abandonné l’école et 1% n’y ont tout simplement jamais été inscrits.

L’analyse statistique met en évidence une dynamique de genre bien marquée. La non-scolarisation totale concerne 1,1% des garçons contre 0,9% des filles, mais la fracture s’élargit plus nettement au niveau de l’abandon en cours de route. Le taux de décrochage atteint en effet 4,8% chez les garçons, contre 2,1% seulement chez les filles.

Cependant, l’enseignement majeur du recensement général de la population et de l’habitat réside dans l’accélération brutale de l’abandon au fur et à mesure que l’enfant avance en âge. Alors que le taux d’abandon et de non-scolarisation ne dépasse pas 0,5% chez les enfants de 6 à 11 ans, correspondant au cycle primaire, il monte en flèche pour atteindre 6,5% chez les adolescents âgés de 12 à 16 ans. Selon les classifications internationales, ces jeunes se retrouvent ainsi totalement hors du système de l’enseignement, de la formation professionnelle et de toute prise en charge spécialisée, basculant dans la catégorie très vulnérable connue sous l’acronyme anglais des NEET (Neither in Employment, Education or Training – Ni en emploi, ni en études, ni en formation).

Un taux d’achèvement du cycle secondaire en chute libre

L’amplification du phénomène avec l’âge démontre la nécessité impérieuse de renforcer les mécanismes de maintien et de prévention dans l’enseignement collégial et secondaire, en prêtant une attention particulière aux garçons, qui s’avèrent les plus exposés au décrochage précoce. Cette fracture s’inscrit dans une tendance de longue durée mise en lumière par l’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Études Quantitatives. La déscolarisation a connu une hausse continue au fil des décennies, passant d’environ 26.000 cas par an lors de l’année scolaire 1984/1985 à 57.613 cas en 1994/1995, avant d’atteindre un sommet critique de 100.000 cas par an durant l’année scolaire 2012/2013. Les chiffres institutionnels récents confirment la persistance du problème, avec une moyenne de 90.000 à 100.000 élèves âgés de 6 à 16 ans qui quittent les bancs des écoles chaque année.

Cette déperdition continue impacte directement la finalisation des parcours d’études. L’enquête nationale sur la situation de la mère et de l’enfant en Tunisie, menée par le ministère de l’Économie et de la Planification avec l’appui du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), révèle qu’un peu plus d’un tiers seulement, soit 34,5% des élèves tunisiens, ont réussi à achever le cycle secondaire en 2023, alors qu’ils étaient 48,7% en 2018. En l’espace de cinq ans, le taux d’achèvement du secondaire a ainsi reculé de plus de 14 points.

Cette chute de l’achèvement traduit d’importantes inégalités territoriales et démographiques. Le taux d’achèvement atteint 41,3% en milieu urbain, contre seulement 22,8% en milieu rural. Sur le plan régional, le Grand Tunis affiche le taux le plus élevé avec 45,2%, tandis que le Centre-Ouest avec 22% et le Nord-Ouest avec 26,9% accusent un retard structurel considérable. La meilleure rétention scolaire des filles se confirme également sur ce terrain, puisque 46,8% d’entre elles mènent à terme le cycle secondaire, contre seulement 25,1% chez les garçons.

La pauvreté, principal catalyseur de la déscolarisation

Le décrochage scolaire ne résulte pas d’une décision individuelle isolée, mais bien d’un engrenage où se cumulent précarité économique, isolement géographique et défaillances pédagogiques. Selon une étude menée par le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) auprès d’un échantillon représentatif de 601 enfants dans les gouvernorats de Monastir, Kasserine et Kairouan, 80% des enfants ayant abandonné l’école sont issus de familles défavorisées. Les gouvernorats affichant les taux de décrochage les plus élevés sont d’ailleurs ceux où la pauvreté est la plus prégnante, à l’image de Kairouan, Kasserine et Sidi Bouzid. Face aux difficultés financières du foyer, 50% des enfants interrogés ont déclaré avoir été contraints de travailler pour aider leurs parents, et plus de la moitié avouent être tentés par l’émigration clandestine.

Le niveau d’instruction parental constitue un autre facteur déterminant, puisque 60% des enfants qui décrochent sont nés de parents n’ayant pas fait d’études ou ayant interrompu leur scolarité très tôt. Dans les régions intérieures, l’éloignement géographique des établissements éducatifs aggrave considérablement la situation. D’après l’enquête du FTDES, 78,3% des élèves se rendent à l’école à pied, et parmi eux, 12,6% doivent effectuer une marche quotidienne comprise entre 30 et 60 minutes. Ces trajets pénibles et parfois insécurisés découragent les familles, en particulier pour la scolarisation des jeunes filles dans les régions les plus reculées.

Les répercussions de cet abandon précoce dépassent largement le cadre éducatif et touchent directement l’équilibre social, économique et sécuritaire du pays. Privés de formation et de qualification, les jeunes décrocheurs accèdent très difficilement à l’emploi formel, se trouvent fortement exposés au chômage de longue durée et courent un risque élevé de marginalisation sociale.

Afin de lutter contre ce phénomène, le ministère de l’Éducation et l’UNICEF ont mis en place le programme de l’École de la deuxième chance, pensé pour accompagner les jeunes déscolarisés afin de les réintégrer dans le système d’enseignement formel ou de les orienter vers la formation professionnelle. Toutefois, ce dispositif demeure encore trop restreint, avec seulement cinq centres opérationnels actuellement sur l’ensemble du territoire national.

Walid KHEFIFI

 

L’article Abandon scolaire : la plaie saignante de l’éducation nationale  est apparu en premier sur Le Temps News.

L’unité de l’État : pilier de la vision institutionnelle de Kaïs Saïed

Von: farhat
11. Oktober 2026 um 08:30

Par Ahmed NEMLAGHI

La rencontre tenue, le 8 octobre, au palais de Carthage entre le président de la République, Kaïs Saïed, le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Brahim Bouderbala, et le président du Conseil national des régions et des districts, Imed Derbali, remet au premier plan une question fondamentale, celle de l’unité de l’État et de la complémentarité de ses institutions. À travers cette réunion, le chef de l’État réaffirme une conception selon laquelle les différentes fonctions publiques doivent agir dans le cadre de leurs compétences constitutionnelles, avec pour objectif commun de répondre aux attentes des citoyens et de préserver la cohésion nationale.

Dans le communiqué publié à l’issue de cette rencontre, la présidence de la République insiste sur la complémentarité des rôles entre les différentes fonctions de l’État, chacune dans le cadre des attributions que lui confère la Constitution. Cette formulation résume l’un des axes de la vision institutionnelle défendue par Kaïs Saïed : l’État doit demeurer un ensemble cohérent, capable d’agir dans l’intérêt général, sans que ses différentes composantes perdent de vue leur responsabilité envers les citoyens.

L’unité de l’État ne signifie pas nécessairement la confusion des pouvoirs ni l’effacement des compétences propres à chaque institution. Elle renvoie plutôt à la nécessité d’assurer la cohérence de l’action publique, dans le respect du cadre constitutionnel, afin que les institutions ne deviennent pas des centres d’intérêt concurrents, mais remplissent leurs missions au bénéfice de la collectivité.

La présence conjointe des responsables des deux chambres parlementaires auprès du président de la République revêt, dans ce contexte, une portée institutionnelle particulière. Elle permet d’aborder des projets liés à la situation sociale des citoyens et de souligner l’importance de la coordination entre les institutions chargées de traduire les orientations publiques en textes et en mesures concrètes.

Pour le chef de l’État, l’enjeu consiste à faire en sorte que les mécanismes institutionnels ne constituent pas un obstacle à la réponse aux besoins de la population. La cohérence entre les fonctions de l’État doit ainsi contribuer à accélérer le traitement des préoccupations sociales et à renforcer la capacité des pouvoirs publics à apporter des réponses concrètes.

Le communiqué de Carthage fait explicitement référence aux compétences fixées par la Constitution. Ce rappel est essentiel car l’unité institutionnelle ne peut durablement reposer sur la seule volonté de coopérer entre responsables. Elle nécessite des règles, une répartition des attributions et une responsabilité clairement définie.

Dans la conception défendue par Kaïs Saïed, la Constitution s’apparente au cadre de référence dans lequel chaque institution doit exercer ses missions. L’Assemblée des représentants du peuple et le Conseil national des régions et des districts disposent de leurs propres fonctions, tandis que la présidence de la République exerce les compétences qui lui sont attribuées. La complémentarité suppose donc que chaque institution assume ses responsabilités sans empiéter sur celles des autres.

Cette approche accorde une place importante à la légitimité constitutionnelle des institutions. L’État ne peut fonctionner efficacement si ses organes se trouvent enfermés dans des logiques de confrontation permanente ou si leurs interventions ne débouchent pas sur des décisions suivies d’effets.

Rompre avec les logiques de division

Le président de la République a également évoqué les tentatives de division du pays et les résistances au changement. Selon les termes rapportés par le communiqué, il estime que certains acteurs demeurent attachés à des pratiques du passé et que la conscience historique du peuple tunisien constitue un rempart contre les manœuvres susceptibles d’affaiblir la cohésion nationale.

Cette déclaration s’inscrit dans un discours politique qui présente l’unité nationale comme une condition essentielle de la transformation institutionnelle et sociale. Dans cette lecture, les divergences et les conflits d’intérêt ne doivent pas compromettre la continuité de l’État ni détourner les institutions de leurs missions fondamentales.

La question mérite cependant d’être envisagée dans toute sa portée institutionnelle. L’unité nationale ne se limite pas à l’absence de désaccords. Elle dépend également de la capacité des institutions à traiter les divergences dans le respect du droit, à garantir l’égalité des citoyens et à maintenir des espaces de responsabilité et de contrôle.

Une institution forte n’est donc pas seulement une institution capable de résister aux pressions. C’est aussi une institution dont les décisions sont motivées, dont les compétences sont respectées et dont l’action peut être appréciée à l’aune de ses résultats.

La vision présidentielle met l’accent sur la nécessité de préserver l’État contre les formes de pression ou de chantage susceptibles, selon elle, de compromettre son indépendance. L’enjeu est de faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts particuliers, tout en veillant à ce que les mécanismes de contrôle et de responsabilité fonctionnent dans le cadre du droit.

Parmi les thèmes abordés à Carthage, la reddition des comptes occupe une place centrale. Kaïs Saïed a insisté sur sa légitimité, en prenant soin de la distinguer du règlement de comptes. Cette distinction constitue un élément important de sa conception de l’État : la responsabilité des personnes ayant exercé des fonctions publiques doit être examinée à partir de faits établis et de procédures légales, et non en fonction de considérations personnelles ou politiques.

La reddition des comptes répond à une exigence démocratique et administrative fondamentale. La gestion des ressources publiques, l’exercice de l’autorité et l’utilisation des moyens de l’État doivent pouvoir faire l’objet de vérifications. Les responsabilités doivent être déterminées lorsque des irrégularités sont établies, dans le respect des droits de la défense et des garanties prévues par la loi.

Dans le discours présidentiel, cette exigence est associée à la volonté de rompre avec les pratiques qui auraient permis à certains de bénéficier d’une protection particulière. L’affirmation selon laquelle aucune immunité ni exception ne devrait faire obstacle à l’établissement de la vérité traduit l’objectif annoncé d’une responsabilité applicable à tous.

Pour que cette orientation renforce effectivement la confiance dans les institutions, une condition demeure toutefois essentielle : la reddition des comptes doit être conduite selon des procédures impartiales, transparentes et vérifiables. La présomption d’innocence, l’indépendance de la justice et les droits de chaque personne concernée sont indissociables d’un processus crédible.

 

De la volonté politique aux mesures concrètes

Le président de la République a affirmé que les difficultés ne seraient pas surmontées par les communiqués et les déclarations, mais par des mesures concrètes et rapides. Cette affirmation met en évidence l’un des principaux défis de l’action institutionnelle : transformer les orientations politiques en décisions applicables et en résultats perceptibles.

Les citoyens évaluent l’État à travers leur expérience quotidienne. Ils attendent des réponses à leurs difficultés économiques et sociales, des services publics accessibles, une administration efficace, une législation compréhensible et des décisions exécutées dans des délais raisonnables.

La rencontre entre les trois responsables de l’État prend dès lors son sens au regard des projets sociaux évoqués dans le communiqué. La coordination institutionnelle ne peut constituer une fin en soi. Elle doit permettre de faire avancer les dossiers, de lever les blocages administratifs et de garantir que les décisions prises répondent aux besoins identifiés.

Cette exigence implique également une responsabilité dans le suivi. Les mesures annoncées doivent être accompagnées d’échéances, de mécanismes d’évaluation et d’une répartition claire des tâches entre les administrations et les institutions concernées. Sans ces instruments, le risque demeure de voir les ambitions se heurter aux lenteurs et aux difficultés de mise en œuvre.

Le discours présidentiel insiste précisément sur la nécessité de dépasser les déclarations pour entrer dans une phase d’action. La portée de cet engagement dépendra donc de la capacité des institutions à démontrer, par leurs réalisations, que la coordination annoncée améliore effectivement le fonctionnement de l’État.

Lorsque Kaïs Saïed affirme que l’État ne sera le «butin» de personne, il exprime une conception de la puissance publique fondée sur la permanence des institutions et leur indépendance à l’égard des intérêts particuliers. L’État doit, dans cette perspective, demeurer au service de la collectivité nationale et ne pas devenir l’instrument d’un groupe ou d’un réseau.

Cette conception rejoint la volonté affichée de préserver la souveraineté de la décision publique. Les politiques nationales doivent être déterminées par les besoins du pays et mises en œuvre par des institutions capables d’assumer leurs responsabilités.

Mais la solidité de l’État ne se mesure pas uniquement à sa capacité de résister aux pressions. Elle dépend aussi de la prévisibilité de ses décisions, de la stabilité de ses règles, de la qualité de son administration et de la confiance que les citoyens accordent à ses institutions.

Un État fort est également un État dont les pouvoirs sont exercés dans le respect de la Constitution, dont les décisions peuvent être contrôlées et dont les agents sont tenus de rendre compte de leur action. L’autorité publique et la responsabilité ne sont pas des principes contradictoires : elles se renforcent mutuellement lorsqu’elles s’inscrivent dans un cadre juridique clair.

L’unité de l’État à l’épreuve des attentes sociales

Au-delà des principes constitutionnels, la réunion du 8 octobre renvoie à une préoccupation centrale du discours présidentiel : la situation sociale des citoyens. Le communiqué rappelle que les responsables doivent s’inspirer de la conscience du peuple et partager les souffrances des citoyens en s’attachant à en éliminer les causes.

Cette exigence place la responsabilité sociale au cœur de l’action institutionnelle. Elle signifie que les institutions ne peuvent se limiter à leur fonctionnement interne ou à la production de textes. Elles doivent également prendre en compte les conséquences concrètes de leurs décisions sur les conditions de vie de la population.

La cohérence de l’État se mesure alors à sa capacité à articuler les politiques publiques, à identifier les urgences et à apporter des réponses adaptées aux réalités des différentes régions et catégories sociales.

Le rôle des institutions parlementaires est déterminant dans cette démarche, notamment à travers l’examen des textes et des préoccupations qui leur sont soumis dans le cadre de leurs attributions. La présidence de la République, le gouvernement et les autres institutions concernées doivent, chacun dans son domaine de compétence, contribuer à la mise en œuvre des orientations et au suivi de leurs effets.

Cette complémentarité ne sera pleinement effective que si elle se traduit par des résultats mesurables : amélioration des services, réduction des délais administratifs, meilleure application des lois et traitement plus efficace des difficultés sociales.

La rencontre de Carthage traduit ainsi une volonté présidentielle de placer la cohésion de l’État, le respect des compétences constitutionnelles et la reddition des comptes au cœur de l’action publique. Elle rappelle que les institutions ne peuvent répondre aux attentes de la population que si elles assument leurs missions avec sérieux et coordonnent leurs efforts dans le cadre du droit.

L’unité de l’État ne doit cependant pas rester une formule institutionnelle. Elle doit prendre corps dans le fonctionnement des administrations, la qualité des décisions, l’application effective des lois et la capacité des responsables à rendre compte de leurs résultats.

C’est là que se situe l’enjeu principal de la démarche défendue par Kaïs Saïed : faire de la cohérence institutionnelle un moyen de lutter contre les blocages, de préserver la souveraineté de la décision nationale et de répondre aux revendications sociales.

En définitive, la force de l’État ne réside ni dans la seule fermeté des déclarations ni dans l’affirmation abstraite de son unité. Elle se mesure à sa capacité à agir conformément à la Constitution, à garantir l’égalité devant la loi, à protéger les ressources publiques et à apporter des réponses concrètes aux citoyens.

 

L’article L’unité de l’État : pilier de la vision institutionnelle de Kaïs Saïed est apparu en premier sur Le Temps News.

La liberté d’habiter

Von: S.B.
10. Oktober 2026 um 15:07

Par Slim BEN YOUSSEF

À quoi reconnaît-on la prospérité ? À l’éclat captif des coffres, à l’opulence des greniers, à la certitude des lendemains ? Qui mesure, dans la fortune d’un pays, la part de beauté, de désir et de sprezzatura qui circule sous la peau de ses habitants ? Que faut-il encore faire sien pour avoir toutes les saisons à soi ? Peut-on prospérer sans consumer le temps, soi-même, l’autre ?

Chaque matin, la Tunisie rajuste sa robe, rassemble ses cheveux, ses survivances, quelques rêves épars. Un carré de soleil glisse sur le carrelage, effleure une tasse de café, s’immobilise au bord d’une facture. Dehors, l’ombre d’un grenadier frémit sur un mur. Il y a dans cette lumière une invitation à rester.

Prospérer ?

Être libre d’habiter ses jours sans que la morsure de la survie en altère la grâce.

Aristote discernait dans l’eudaimonia l’âpre justesse d’une vie accomplie. Épicure débusquait ces appétits que l’abondance aiguise. Voltaire, après tant de naufrages, confiait à Candide un jardin à cultiver. Camus, à Tipasa, recevait du soleil la volupté d’exister.

Combien de liberté faut-il à une existence pour qu’elle devienne habitable ?

Assez pour savourer la chair des heures et trouver la paix de s’y attabler.

Tolstoï posait la question autrement : combien de terre faut-il à un homme ? On pouvait s’approprier toute l’étendue dont on aurait fait le tour avant le couchant. Alors on marche, accélère, dévore l’horizon. Chaque arpent attise la faim du suivant. On revient. On s’effondre. Six pieds de terre suffiront à ensevelir cette faim. Toute une journée à agrandir un lieu qu’on n’habitera jamais.

À fleur de terre, la caresse.

Dans Le Bonheur de vivre, Matisse affranchit cette terre du cadastre. Des corps s’y étendent, s’enlacent, dansent, se reposent ; les couleurs conspirent contre la ressemblance. La Tunisie voudrait épouser cette toile, laisser tomber sa robe et ses résiliences. Il faut à la félicité un paysage hospitalier, à la chevelure l’indolence de se dénouer, aux songes assez d’avenir pour prendre racine.

La joie de vivre ? Garder aux secondes ordinaires leur part de fête.

L’accomplissement ? Trouver dans la doublure des heures de quoi devenir.

La liberté ? Rester par désir. Partir par ivresse d’ailleurs. Faire de cette latitude une jouissance commune.

Et l’attachement ?

Jusqu’à l’étreinte. Habiter une patrie avec la délicatesse d’un amour. Y coucher ses phrases, ses insomnies, ses audaces.

Une eurythmie souveraine : la liberté d’aimer sa patrie sans avoir à lui sacrifier son avenir.

L’article La liberté d’habiter est apparu en premier sur Le Temps News.

Administration tunisienne : quand le citoyen doit prendre son courage à deux mains

Von: tmps
10. Oktober 2026 um 10:14

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

Un document à retirer. Un dossier à déposer. Une situation à régulariser. Sur le papier, la démarche paraît simple. On rassemble ses pièces, on réserve une matinée et l’on se présente au service concerné. Pourtant, lorsque les indications restent imprécises ou que les réponses changent d’un interlocuteur à l’autre, une formalité peut prendre une place démesurée dans la journée. On était venu régler un problème. On repart parfois avec une inquiétude supplémentaire : faudra-t-il recommencer ?

C’est sous cet angle que je voudrais regarder l’administration tunisienne. Derrière les procédures, il y a ce qu’elles font vivre aux personnes. L’attente, l’incertitude, la crainte de mal comprendre, le sentiment de déranger ne figurent pas sur les formulaires. Ils accompagnent pourtant certaines démarches et peuvent peser sur la relation du citoyen avec l’État. Une administration n’est pas seulement un ensemble de bureaux. Elle est aussi une expérience humaine, renouvelée chaque fois que quelqu’un demande un renseignement ou tente de faire reconnaître un droit.

Il serait injuste d’en dresser un portrait uniformément sombre. Des agents accueillent correctement, expliquent avec patience et cherchent des solutions dans les limites de leurs fonctions. Des services accomplissent leur mission sans transformer chaque demande en parcours difficile. Mais ces réalités ne doivent pas nous empêcher d’interroger les situations où la relation se dégrade. Pourquoi une institution destinée à servir peut-elle devenir un lieu que l’on aborde avec appréhension ? Et que laisse cette appréhension dans la vie collective lorsqu’elle finit par paraître normale ?

L’incertitude fatigue davantage que l’attente

Attendre n’est pas nécessairement insupportable. On peut accepter qu’un dossier exige une vérification, qu’un service reçoive beaucoup de demandes ou qu’une décision prenne du temps. Ce qui use davantage, c’est de ne pas savoir. Ne pas savoir si l’on se trouve au bon endroit, si les pièces réunies suffiront, si quelqu’un examine réellement la demande ou si le déplacement suivant permettra enfin d’aboutir.

La différence est considérable. Un délai annoncé permet de s’organiser. Une attente sans explication oblige à rester disponible pour une issue inconnue. Le citoyen ne maîtrise plus son effort. Il peut hésiter entre patienter, revenir, téléphoner ou chercher un autre interlocuteur. Chaque tentative ajoute un peu de fatigue, sans nécessairement apporter davantage de clarté.

Cette fatigue n’a pas le même poids pour tout le monde. Une personne qui peut se déplacer facilement ne vit pas la démarche comme celle qui doit demander une autorisation d’absence, trouver un transport ou se faire accompagner. Pour un parent, une matinée perdue peut désorganiser la journée familiale. Pour quelqu’un dont les revenus dépendent du travail quotidien, le déplacement représente davantage qu’un désagrément. Le temps administratif entre ainsi dans des existences dont il ignore souvent les contraintes.

Il y a aussi ceux qui n’osent pas poser de questions. Un formulaire peut sembler évident à la personne qui le traite régulièrement et rester obscur pour celle qui le découvre. Le citoyen hésite, relit, cherche une indication. Une réponse sèche suffit parfois à le convaincre qu’il aurait dû comprendre seul. Il repart alors avec sa difficulté et, plus pénible encore, avec le sentiment d’être incapable.

On peut appliquer une règle fermement sans humilier. On peut refuser une demande tout en prenant le temps d’expliquer pourquoi. L’administration ne doit pas satisfaire toutes les attentes, mais elle devrait permettre à chacun de comprendre ce qui lui arrive. Cette exigence me paraît élémentaire. Elle engage pourtant toute une manière de considérer la personne qui se tient devant le guichet.

Derrière le guichet, quelqu’un se fatigue aussi

Le regard porté sur le citoyen ne suffit pas. Il faut regarder l’agent, lui aussi pris dans une organisation dont il ne décide pas toujours le fonctionnement. Il reçoit les demandes, entend les plaintes et doit parfois justifier un retard qu’il ne maîtrise pas. Pour le public, il représente l’institution. Dans son travail réel, il peut ne disposer que d’une marge de décision très limitée.

Cette position mérite d’être comprise. Un agent peut connaître la solution souhaitable sans avoir l’autorisation de l’appliquer. Il peut devoir expliquer une consigne peu claire, utiliser un outil défaillant ou attendre une validation avant de répondre. S’il reçoit successivement des personnes inquiètes ou irritées, la journée devient éprouvante. Le citoyen voit quelques minutes de son activité ; il n’en connaît pas nécessairement le reste.

À force, une distance peut s’installer. Répondre brièvement, éviter une discussion, se retrancher derrière la procédure deviennent des façons de tenir. Elles peuvent protéger momentanément l’agent, mais elles appauvrissent la relation. Celui qui demande une explication entend alors une fermeture là où l’autre croit simplement préserver son temps ou respecter ses instructions.

Cela n’excuse ni le mépris ni l’abus d’autorité. Comprendre un comportement ne signifie pas l’accepter. Mais réduire chaque difficulté à la mauvaise volonté d’une personne nous dispense trop facilement d’examiner l’organisation qui l’entoure. Une institution peut demander à ses agents d’être disponibles tout en les plaçant dans des conditions qui rendent cette disponibilité difficile.

Le malentendu se construit ainsi des deux côtés. Le citoyen arrive avec les démarches déjà accomplies, les déplacements et les réponses reçues. L’agent ne connaît pas cette histoire. Il voit une nouvelle demande, parfois formulée avec une impatience qu’il juge injustifiée. L’un pense devoir insister pour être entendu, l’autre se prépare à résister à une pression. La conversation commence, mais chacun se défend déjà.

Former à l’accueil peut aider. Encore faut-il écouter les difficultés des personnels, clarifier leurs responsabilités et leur donner les moyens de répondre. Le respect ne se décrète pas uniquement à l’entrée des bureaux. Il dépend aussi de la manière dont une hiérarchie traite ceux qui y travaillent.

Quand la relation personnelle remplace la règle

Face à l’incertitude, chacun cherche un appui. On demande à un proche comment procéder, on se renseigne sur les habitudes du service, on essaie de savoir à qui s’adresser. Cette entraide est souvent légitime. Elle devient préoccupante lorsque connaître quelqu’un paraît plus rassurant que connaître la procédure.

Le changement est discret, mais profond. Le citoyen ne se demande plus seulement quelles pièces fournir. Il cherche la personne capable de faire avancer les choses. Même lorsqu’aucun passe-droit n’est établi, l’impression que les relations comptent davantage que les règles peut suffire à affaiblir la confiance.

Celui qui ne possède aucun contact se sent alors moins armé. Il peut aborder la démarche avec l’idée qu’il devra attendre davantage ou insister plus longtemps. Celui qui dispose d’une relation peut finir par considérer son intervention comme une simple précaution. Pourquoi suivre un chemin incertain lorsqu’un autre semble plus sûr ? C’est précisément cette question qui devrait nous inquiéter.

Il faut distinguer l’accompagnement du favoritisme. Aider une personne âgée à comprendre un dossier, orienter un voisin vers le bon service ou expliquer une formalité relève de la solidarité. Le problème apparaît lorsque cet accompagnement semble nécessaire pour obtenir un traitement normal, ou lorsque la proximité ouvre une possibilité qui reste fermée aux autres.

Une administration doit offrir un cadre commun. Si chacun croit devoir mobiliser ses ressources personnelles pour y trouver sa place, elle risque de prolonger les inégalités au lieu de les contenir. L’assurance, le statut social, la facilité de parole deviennent alors des avantages supplémentaires.

Les agents consciencieux souffrent également de cette situation. Leur travail peut disparaître derrière une réputation générale de lenteur ou de favoritisme. Ils reçoivent une méfiance qu’ils n’ont pas forcément provoquée. Les personnes finissent, une nouvelle fois, par payer pour un fonctionnement insuffisamment lisible.

Réparer les procédures, retrouver la considération

La modernisation devrait partir d’une question très concrète : que doit savoir une personne avant de commencer sa démarche ? Une information claire sur les pièces, les étapes et les délais peut éviter des déplacements et réduire l’inquiétude. Il faut aussi que cette information reste cohérente d’un interlocuteur à l’autre. Rien ne décourage davantage qu’une consigne annulée par la suivante.

Le numérique peut améliorer les choses. Il peut permettre de suivre une demande, de transmettre un document ou d’obtenir un renseignement sans se déplacer. Mais un écran ne corrige pas automatiquement une mauvaise organisation. Un message d’erreur incompréhensible, une demande bloquée ou l’absence de réponse peuvent reproduire à distance l’impuissance ressentie devant un guichet.

Il faut donc penser l’accompagnement. Certaines personnes maîtrisent les outils numériques, d’autres hésitent ou dépendent d’un proche. La facilité offerte aux premières ne devrait pas devenir un obstacle pour les secondes. Le service public garde la responsabilité de rendre la démarche accessible.

Une réclamation devrait également pouvoir être entendue sans être reçue comme une offense. Elle peut signaler une difficulté que les responsables ne perçoivent pas depuis leur position. Encore faut-il lui donner une suite. Inviter à s’exprimer puis laisser la parole sans réponse ne restaure rien.

Je crois que la confiance se reconstruit dans ces moments modestes : une explication donnée jusqu’au bout, un délai respecté, un retard annoncé, une erreur reconnue et corrigée. Le citoyen n’attend pas nécessairement un privilège. Il veut pouvoir prévoir, comprendre et être traité avec considération.

L’administration tunisienne gagnerait à regarder cette dimension humaine comme une partie de sa mission. Une personne peut accepter une décision défavorable et repartir sans se sentir diminuée. Elle peut attendre tout en sachant que sa demande compte. C’est cette expérience qu’il faudrait rendre ordinaire. Aller demander son droit ne devrait pas exiger de préparer son courage la veille.

 

L’article Administration tunisienne : quand le citoyen doit prendre son courage à deux mains est apparu en premier sur Le Temps News.

Stress hydrique : l’expert Hussein Rhili plaide pour une refonte du modèle de production agricole

Von: tmps
10. Oktober 2026 um 09:20

Face à une pression de plus en plus importante sur les ressources en eau, la Tunisie se trouve confrontée à la nécessité de revoir ses orientations agricoles. Entre raréfaction des précipitations, diminution des réserves hydriques et besoins croissants en irrigation, le modèle de production actuel soulève des interrogations quant à sa viabilité à long terme. Pour Hussein Rhili, chercheur spécialisé dans le développement et la gestion des ressources en eau, une réorganisation de la carte agricole nationale devient indispensable afin de préserver les ressources disponibles et de mieux anticiper les conséquences du changement climatique. Dans une déclaration accordée à un journal en ligne, l’expert a notamment attiré l’attention sur le poids considérable de l’agriculture dans la consommation nationale d’eau. Selon les chiffres qu’il a avancés, ce secteur absorbe à lui seul 77% des volumes d’eau mobilisés annuellement dans le pays. Une proportion particulièrement importante, d’autant que les superficies agricoles bénéficiant de l’irrigation ne représentent que 8% de l’ensemble des terres consacrées à l’activité agricole.

Cette situation illustre l’importance des besoins hydriques liés aux cultures irriguées et pose, plus largement, la question de l’adéquation entre les ressources naturelles disponibles et les orientations de la production agricole. Toutefois, Hussein Rhili précise que cette prédominance de l’agriculture dans l’utilisation de l’eau ne constitue pas une particularité tunisienne. À l’échelle internationale, les activités agricoles représentent généralement entre 70 et 80% des prélèvements hydriques. La véritable difficulté réside donc moins dans cette proportion que dans la capacité de chaque pays à adapter ses pratiques agricoles à ses propres contraintes climatiques et géographiques.

Une agriculture confrontée aux limites des ressources disponibles

En Tunisie, cette problématique prend une dimension particulière en raison de la vulnérabilité du pays face aux épisodes de sécheresse et à l’irrégularité des précipitations. La diminution des apports pluviométriques, conjuguée aux fluctuations des réserves des barrages, réduit les marges de manœuvre dans la gestion de l’eau et accentue la concurrence entre les différents usages. L’approvisionnement en eau potable, les besoins industriels et les activités agricoles reposent sur des ressources limitées, dont la disponibilité varie considérablement selon les régions et les saisons. Dans ces conditions, maintenir certaines orientations agricoles sans tenir compte de leur consommation hydrique pourrait accentuer les déséquilibres existants.

C’est précisément sur ce point que le chercheur insiste, en appelant à une transformation profonde de l’organisation de la production agricole. Il ne s’agit plus uniquement d’améliorer les techniques d’irrigation ou de rationaliser ponctuellement les quantités utilisées, mais de s’interroger sur la pertinence des cultures pratiquées, leur répartition géographique et leur compatibilité avec les ressources hydriques disponibles. Une telle réflexion suppose notamment de mieux prendre en considération les caractéristiques climatiques de chaque région, les besoins en eau des différentes productions ainsi que leur contribution à l’économie nationale et à la sécurité alimentaire. L’enjeu consiste à parvenir à un équilibre entre les impératifs de production, les revenus des agriculteurs et la préservation d’une ressource naturelle devenue particulièrement précieuse.

Les exportations agricoles au cœur du débat sur l’eau

Parmi les questions soulevées par Hussein Rhili figure également celle des productions agricoles destinées aux marchés étrangers. Si les exportations constituent une source de revenus et contribuent à l’activité économique, elles impliquent aussi une consommation de ressources naturelles qui mérite d’être intégrée dans l’évaluation de leur rentabilité. Le chercheur rappelle ainsi que la commercialisation de produits agricoles à l’étranger représente indirectement un transfert des quantités d’eau nécessaires à leur production. Cette notion, connue sous le nom d’«eau virtuelle», permet de mesurer l’empreinte hydrique des produits alimentaires, depuis leur culture jusqu’à leur commercialisation. Pour illustrer ce phénomène, Hussein Rhili prend l’exemple des agrumes, en estimant qu’une orange exportée correspond à une mobilisation de huit litres d’eau. Cette estimation, avancée par l’expert, met en évidence une dimension souvent peu visible des échanges agricoles : derrière chaque produit commercialisé se trouvent des ressources hydriques utilisées au cours de sa production.

Dans un pays caractérisé par un stress hydrique structurel, cette réalité invite à examiner plus attentivement les choix de spécialisation agricole, notamment lorsque certaines cultures nécessitent des apports en eau importants. Il ne s’agit pas nécessairement de remettre en cause l’ensemble des exportations agricoles, mais plutôt d’évaluer leur intérêt économique au regard de leur coût environnemental et hydrique. La valeur ajoutée des productions, leur capacité à générer des emplois et des recettes, ainsi que leur consommation d’eau constituent autant de paramètres susceptibles d’orienter les décisions futures. Cette approche pourrait également conduire à privilégier, dans certaines régions, des cultures mieux adaptées aux conditions climatiques locales, tout en accompagnant les exploitants dans une éventuelle transition vers des systèmes de production moins exigeants en eau.

Moderniser les réseaux d’irrigation et préparer les cinq prochaines années

Au-delà de la nature des cultures, la question des infrastructures hydrauliques représente un autre défi majeur. Hussein Rhili souligne notamment les pertes enregistrées dans les réseaux destinés à l’irrigation, dont une partie souffre du vieillissement des installations. Les défaillances des conduites, les fuites et les insuffisances d’entretien peuvent entraîner un gaspillage de volumes d’eau pourtant indispensables à la production agricole. Dans un contexte de pénurie, ces pertes constituent une difficulté supplémentaire pour les exploitants comme pour les gestionnaires des ressources hydriques. La réhabilitation des infrastructures apparaît dès lors comme un levier essentiel pour améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau. Elle pourrait s’accompagner d’une modernisation des équipements, d’un meilleur suivi des volumes distribués et d’une généralisation progressive des techniques d’irrigation économes lorsque les conditions techniques et financières le permettent.

Cependant, l’amélioration des réseaux ne saurait, à elle seule, répondre à l’ensemble des défis auxquels l’agriculture tunisienne est confrontée. Une réflexion plus globale sur les orientations productives, les disponibilités régionales en eau et les conséquences du réchauffement climatique demeure nécessaire. Pour Hussein Rhili, les cinq prochaines années devraient ainsi constituer une période déterminante pour engager cette réorganisation. L’objectif serait de construire un modèle agricole davantage adapté aux contraintes hydriques du pays, capable de préserver les ressources tout en maintenant une activité économique essentielle pour de nombreuses régions.

Une telle évolution nécessiterait une coordination entre les politiques agricoles, hydrauliques et environnementales, mais également un accompagnement des agriculteurs, qui demeurent les premiers concernés par les changements envisagés. A terme, la question dépasse largement celle de la seule gestion de l’irrigation. Elle touche directement à la sécurité alimentaire, à la pérennité des exploitations, à l’équilibre économique des territoires ruraux et à la capacité de la Tunisie à faire face aux transformations climatiques. Dans un environnement où chaque ressource hydrique disponible revêt une importance croissante, l’avenir de l’agriculture tunisienne pourrait ainsi dépendre autant des quantités produites que de la manière dont l’eau est utilisée pour les obtenir.

Leila SELMI

 

L’article Stress hydrique : l’expert Hussein Rhili plaide pour une refonte du modèle de production agricole est apparu en premier sur Le Temps News.

Compter sur soi : quand la souveraineté économique commence à produire ses effets

Von: tmps
10. Oktober 2026 um 08:35

 Par Ahmed NEMLAGHI

Pendant longtemps, la question économique tunisienne a été abordée à travers le prisme de la dépendance aux financements extérieurs, de l’endettement et des équilibres budgétaires. Depuis plusieurs années, le président Kaïs Saïed défend une autre orientation : compter davantage sur les capacités propres du pays, renforcer la souveraineté économique, lutter contre la corruption et la spéculation et réorienter les ressources nationales vers l’investissement, la production et la justice sociale.

Les résultats enregistrés récemment dans plusieurs secteurs donnent des éléments permettant d’apprécier cette orientation, même si les défis structurels restent considérables.

La politique économique défendue par le président Kaïs Saïed repose sur une idée devenue centrale dans son discours : la Tunisie doit davantage compter sur ses propres ressources, ses propres compétences et ses propres capacités de production. Le «compter-sur-soi» ne signifie pas, dans cette conception, se fermer au monde ou renoncer aux relations économiques internationales. Il s’agit plutôt de rechercher une plus grande autonomie dans les choix économiques et financiers, afin que les décisions nationales soient déterminées en priorité par les intérêts du pays et les besoins de sa population.

Cette orientation s’inscrit dans une vision plus large de la souveraineté. La souveraineté politique ne pourrait être pleinement exercée, selon cette approche, sans une capacité minimale à maîtriser les grands équilibres économiques, à préserver les ressources publiques et à réduire les formes de dépendance qui fragilisent la décision nationale.

Le gouvernement a d’ailleurs inscrit explicitement cette logique dans les orientations économiques de l’État. Le projet de budget économique pour 2026 met en avant la souveraineté nationale, la confiance dans les propres moyens du pays et la recherche d’un équilibre entre croissance économique et justice sociale. Il prévoit également de développer les ressources propres de l’État, de réduire l’évasion fiscale, d’intégrer progressivement l’économie parallèle et de diversifier les sources de financement.

Le changement de perspective est important. Il ne s’agit plus seulement de rechercher des ressources financières supplémentaires, mais de s’interroger sur la manière dont les richesses nationales sont produites, distribuées et utilisées.

Dans la vision présidentielle, le développement économique doit être étroitement lié à la justice sociale. La croissance n’a de véritable signification que si elle se traduit par davantage d’emploi, une amélioration du pouvoir d’achat, une réduction des disparités régionales et une meilleure qualité des services publics.

Le projet de développement 2026-2030 traduit cette orientation à travers une démarche annoncée comme «ascendante», partant du local vers le régional puis vers le national. L’objectif affiché est de rapprocher les politiques de développement des besoins réels des territoires et de réduire les déséquilibres qui ont longtemps caractérisé la répartition des investissements.

Les premiers résultats comme éléments de réponse

C’est à ce niveau que les données économiques récentes prennent toute leur importance.

Selon les données présentées en juillet 2026 à l’occasion de la remise du rapport annuel de la Banque centrale pour 2025, le PIB tunisien a progressé de 2,5% en 2025, contre 1,6% en 2024. Le chômage est passé de 16,5% en 2024 à 15,2% en 2025, puis à environ 15% au début de 2026 selon les données alors communiquées par le gouvernement. Les investissements directs étrangers ont également progressé d’environ 30% en 2025.

La Banque mondiale fait état, de son côté, d’une croissance de 2,7% en 2025 et de 2,4% sur un an au premier semestre 2026. Elle relève également une baisse du chômage à 14,9% au deuxième trimestre 2026. La croissance récente a notamment été soutenue par la reprise de l’agriculture, des industries mécaniques et électriques et du tourisme.

Ces chiffres ne permettent évidemment pas d’attribuer mécaniquement chaque évolution à une seule décision politique. L’économie dépend d’une multitude de facteurs internes et internationaux. Ils constituent néanmoins des indicateurs importants pour mesurer la trajectoire économique du pays.

La question essentielle est donc de savoir si cette amélioration peut être consolidée et transformée en dynamique durable.

Le principe du «compter-sur-soi» trouve une traduction particulièrement claire dans la volonté de renforcer la production nationale.

La Tunisie dispose d’atouts importants dans l’agriculture, l’agroalimentaire, les industries mécaniques et électriques, le tourisme et les services. L’objectif consiste à mieux valoriser ces ressources afin de créer davantage de valeur ajoutée à l’intérieur du pays.

Le cas de l’huile d’olive constitue à cet égard un exemple significatif. Au cours des dix premiers mois de la campagne 2025-2026, les exportations tunisiennes d’huile d’olive ont atteint 381,2 mille tonnes pour une valeur de 4,78 milliards de dinars, en hausse de 50,8% sur un an.

Au-delà de ce produit emblématique, le défi consiste toutefois à passer progressivement d’une économie fondée sur l’exportation de produits à une économie capable de générer davantage de transformation, d’innovation et de valeur ajoutée.

Lutter contre la corruption pour libérer l’économie

La lutte contre la corruption constitue l’autre pilier de cette orientation.

Dans le discours présidentiel, la corruption n’est pas seulement considérée comme une question morale ou judiciaire. Elle est également présentée comme un obstacle économique. Lorsqu’un marché est faussé, qu’une entreprise obtient un avantage indu, qu’un intermédiaire profite d’une position dominante ou qu’une ressource publique est détournée, ce sont à la fois l’État, l’entreprise honnête et le citoyen qui en subissent les conséquences.

Kaïs Saïed fait régulièrement de la lutte contre la corruption, l’évasion fiscale et les réseaux d’intérêts une composante de sa politique économique. En septembre 2025, il avait notamment insisté sur la nécessité de combattre l’évasion fiscale et les réseaux de corruption, tout en affirmant que les potentialités nationales étaient loin d’être limitées.

Cette approche conduit à considérer la lutte contre la corruption comme un moyen de récupérer des ressources qui pourraient être consacrées au développement.

La même logique concerne la spéculation. La maîtrise des circuits de distribution et la lutte contre les pratiques spéculatives sont présentées comme des conditions nécessaires à la protection du pouvoir d’achat et à la stabilité des marchés.

En février 2026, le président avait appelé à des textes permettant à la fois de préserver le pouvoir d’achat, de freiner la hausse des prix, de lutter contre la spéculation et de réduire les importations non essentielles.

La maîtrise de l’inflation constitue précisément l’un des éléments les plus sensibles pour la population.

Une croissance qui ne s’accompagne pas d’une amélioration du pouvoir d’achat demeure insuffisante du point de vue social. Le gouvernement souligne ainsi l’évolution favorable de plusieurs indicateurs monétaires et financiers.

La Banque mondiale indique que l’inflation moyenne est passée à 5,7% en 2025, après avoir atteint 10,4% en février 2023. L’Institut national de la statistique indiquait pour sa part un taux d’inflation de 5,3% en juin 2026.

Cette évolution doit naturellement être interprétée avec prudence : une baisse de l’inflation ne signifie pas une baisse générale des prix, mais un ralentissement de leur rythme d’augmentation. Pour les ménages, la question demeure donc celle du niveau réel des prix et de l’évolution des revenus.

Le président lui-même place cette dimension au cœur de l’action économique : préserver le pouvoir d’achat constitue, dans sa conception, l’un des critères permettant de mesurer la portée sociale des politiques publiques.

La souveraineté financière comme objectif

Le «compter-sur-soi» comporte également une dimension financière.

La Tunisie reste confrontée à un niveau élevé de dette, à des besoins importants de financement et à un déficit énergétique qui pèse sur les équilibres extérieurs. La Banque mondiale souligne d’ailleurs que les perspectives demeurent exposées aux prix des importations et aux déséquilibres des finances publiques.

La souveraineté financière ne peut donc être considérée comme acquise. Elle constitue plutôt un objectif vers lequel l’action économique cherche à progresser.

Dans cette perspective, l’augmentation des ressources propres, l’amélioration du recouvrement fiscal, la réduction du gaspillage, l’intégration de l’économie informelle et la mobilisation de l’épargne nationale deviennent des instruments essentiels.

Le projet de loi de finances pour 2026 s’inscrit explicitement dans cette logique en mettant l’accent sur la réduction de l’évasion fiscale, l’intégration de l’économie parallèle et la diversification des ressources de financement.

Dire que cette politique «donne ses fruits» suppose toutefois de distinguer les résultats observables de l’interprétation politique qui peut en être faite.

Les indicateurs disponibles montrent effectivement une amélioration de plusieurs variables : reprise de la croissance après une période de faibles performances, baisse du chômage, ralentissement de l’inflation et progression de certaines activités exportatrices. 

Produire, investir, travailler : le triptyque de la nouvelle orientation

Au fond, la politique économique défendue par Kaïs Saïed repose sur un triptyque : produire davantage, investir dans les capacités nationales et garantir que les fruits de la croissance bénéficient plus largement à la population.

Le rôle de l’investissement public est, dans cette conception, déterminant. Les infrastructures, l’énergie, l’eau, les transports, la santé et l’éducation constituent autant de conditions nécessaires au développement du secteur privé.

Dans les orientations du plan 2026-2030, le gouvernement a ainsi inscrit le soutien à l’investissement public, considéré comme un levier susceptible de stimuler l’investissement privé, ainsi que l’appui aux petites et moyennes entreprises et aux entreprises communautaires.

L’enjeu consiste donc à établir un cercle économique vertueux : davantage de production entraîne davantage d’investissement, davantage d’investissement crée davantage d’emplois, davantage d’emplois améliorent les revenus et l’amélioration des revenus soutient à son tour la demande intérieure.

La politique du «compter-sur-soi» n’est donc plus seulement une formule politique. Elle tend à se traduire par des choix budgétaires, des orientations de développement et des politiques destinées à renforcer les ressources propres du pays.

Les premiers indicateurs disponibles montrent une amélioration de plusieurs paramètres économiques. Ils constituent des signes encourageants, sans pour autant effacer les difficultés structurelles : dette, déficit énergétique, faiblesse de l’investissement, chômage encore élevé, disparités régionales et pression persistante sur le pouvoir d’achat.

La véritable réussite consistera désormais à faire de ces premiers résultats une tendance durable.

Car compter sur soi ne signifie pas seulement disposer de ressources nationales. Cela signifie être capable de les mobiliser intelligemment, de les protéger contre la corruption et la spéculation, de les transformer en investissement et en emplois et, surtout, de faire en sorte que la croissance économique retrouve une traduction concrète dans la vie quotidienne des Tunisiens.

C’est à cette condition que la souveraineté économique pourra devenir non seulement un principe politique, mais une réalité mesurable dans la production, l’emploi, le pouvoir d’achat et la qualité de vie.

 

L’article Compter sur soi : quand la souveraineté économique commence à produire ses effets est apparu en premier sur Le Temps News.

Une rencontre musicale entre la Tunisie et Monaco à la cité de la culture

Von: farhat
09. Oktober 2026 um 09:32
La Fondation Hasdrubal pour la Culture et les Arts Mohamed Amouri organise, sous la direction artistique de Laurent Jost, directeur musical de la Fondation Hasdrubal, et en partenariat avec le Théâtre de l’Opéra de Tunis, un concert exceptionnel le dimanche 25 octobre 2026 à 18h, à la Grande Salle du Théâtre de l’Opéra de Tunis.

 

La musique comme trait d’union entre les cultures

Placée sous le signe de la diversité et du partage, cette soirée réunira des artistes tunisiens et monégasques autour d’une même ambition : faire de la musique un espace de rencontre, de dialogue et de rapprochement entre les cultures.

Le Chœur Tunisien Salammbô, dirigé par Aïda Niati, le ténor tunisien Hassen Doss, accompagné au piano par Emmanuelle Houerbi, ainsi que Les Petits Chanteurs de Monaco, Chœur de la Principauté de Monaco dirigé par Pierre Debat, se retrouveront sur la scène de la Grande Salle pour une programmation faisant dialoguer différents répertoires et sensibilités musicales.

À travers une sélection d’œuvres issues de traditions diverses, le concert mettra à l’honneur l’ouverture, le partage et l’amour, au-delà des langues, des cultures, des générations et des origines.

« La musique sera ainsi envisagée dans ce qu’elle possède de plus universel : sa capacité à rapprocher les êtres, à dépasser les frontières et à créer un dialogue immédiat entre les cultures », souligne Laurent Jost.

Une programmation sous le signe de la diversité

Imaginée par Laurent Jost, la programmation repose sur la rencontre de plusieurs univers musicaux. Le public sera invité à découvrir un parcours faisant dialoguer des esthétiques, des traditions et des sensibilités différentes.

Du répertoire choral aux grandes œuvres vocales, des traditions musicales européennes aux expressions tunisiennes et orientales, les artistes réunis pour cette soirée feront entendre une diversité de langages musicaux qui, loin de s’opposer, se répondent et se complètent.

La diversité sera ainsi au cœur de cette rencontre : diversité des langues, des cultures, des répertoires, des générations et des parcours.

« Une pluralité qui ne cherche pas à effacer les différences, mais au contraire à les faire dialoguer. C’est précisément au sein même de cette diversité que la musique révèle sa vocation la plus profonde : unir », explique Laurent Jost.

Les Petits Chanteurs de Monaco à Tunis

Cette soirée revêtira une dimension particulière avec la participation, pour la première fois au Théâtre de l’Opéra de Tunis, des Petits Chanteurs de Monaco, Chœur de la Principauté de Monaco.

Placée sous le Haut Patronage de S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, cette formation, profondément attachée à la tradition musicale de la Principauté, contribue depuis plusieurs années au rayonnement artistique de Monaco sur les scènes internationales.

Sous la direction de Pierre Debat, Maître de Chapelle de la Cathédrale et du Palais Princier de Monaco et directeur des Petits Chanteurs de Monaco, les jeunes choristes monégasques participeront à une résidence artistique en Tunisie avant de se produire sur la scène du Théâtre de l’Opéra de Tunis.

Leur présence permettra de créer un dialogue inédit entre les traditions chorales monégasque, européenne, tunisienne et orientale.

Le Chœur Tunisien Salammbô, acteur de la scène chorale tunisienne

Figure reconnue de la scène chorale tunisienne, le Chœur Tunisien Salammbô prendra pleinement part à cette rencontre artistique internationale.

Il sera dirigé par Aïda Niati, cheffe de chœurs et pédagogue au sein des Instituts Supérieurs de Musique de Sousse et de Tunis, qui œuvre activement au développement de la pratique chorale en Tunisie.

La participation du Chœur Salammbô permettra notamment de favoriser les échanges entre les jeunes choristes tunisiens et leurs homologues monégasques et d’inscrire cette rencontre dans la dynamique de la scène musicale tunisienne.

Hassen Doss et Emmanuelle Houerbi : voix et piano

Le ténor tunisien Hassen Doss apportera à cette soirée son expérience de la scène lyrique ainsi que sa sensibilité artistique. Il sera accompagné au piano par Emmanuelle Houerbi.

Leur participation enrichira une programmation dans laquelle les voix solistes dialogueront avec la puissance expressive des ensembles choraux, offrant au public une expérience musicale placée sous le signe de la complémentarité.

Des voix différentes, un même langage

Tout au long de la soirée, les formations et les artistes réunis sur scène proposeront un véritable voyage à travers des répertoires et des traditions musicales variés.

La diversité des œuvres répondra ainsi à celle des artistes et des cultures représentées.

« La diversité des langues répondra à celle des cultures et la rencontre des voix répondra à une même aspiration : faire de la musique un langage universel de paix et de partage », souligne Laurent Jost.

Mohamed Sahbi RAMMAH

L’article Une rencontre musicale entre la Tunisie et Monaco à la cité de la culture est apparu en premier sur Le Temps News.

La pêche, c’est un métier pour les femmes aussi !

Von: tmps
09. Oktober 2026 um 09:00

Les femmes jouent un rôle essentiel mais souvent invisible tout au long de la chaîne de valeur du secteur de la pêche, tant en Tunisie qu’à l’échelle internationale. Elles jouent un rôle important dans les nombreuses tâches liées à la pêche Outre les activités nécessaires de la production et de la récolte, elles sont largement impliquées dans tous les travaux qui se déroulent à terre comme la réparation des filets de pêche, le tri, le séchage, la transformation, la vente, la dégustation, la gestion administrative et comptable, etc.  Mais elles restent plus particulièrement impliquées dans les activités spécifiquement côtières et les pêcheries artisanales de taille modeste. 

Etre pêcheur n’est pas facile, et Alia le sait très bien. Il faut se lever tôt le matin, avoir les bons outils, être en tenue adéquate et affronter les vagues. Mais pour Alia, c’est un travail gratifiant. La pêche lui permet de nourrir sa famille et de contribuer à l’économie de son île.Même si la pêche était, pendant longtemps, perçue comme un métier d’homme. C’est  un métier qui peut être exercé par tous, sans distinction de genre ! C’est pourquoi l’’événement    » l « Woman together in fisheries »  organisé  du 5 au 7 octobre 2026 à Tunis en présence  de 80 femmes issues de plus de 10 pays méditerranéens  a appelé  à renforcer le rôle des femmes, leur  leadership et leur autonomisation économique dans le secteur de la pêche et de l’économie bleue ,partager les savoir-faire traditionnels, les expériences et les solutions pour des communautés côtières plus résilientes et structurer un réseau méditerranéen solide entre les femmes.  Organisé par le WWF Afrique du Nord en partenariat avec l’Initiative marine méditerranéenne du WWF (WWF Mediterranean Marine Initiative), cet événement de trois jours a constitué un espace de dialogue, d’échange d’expériences, d’apprentissage mutuel et de réflexion collective sur le rôle et le leadership des femmes dans le secteur de la pêche et au sein des communautés côtières méditerranéennes.

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

La première journée, intitulée « Où en sommes-nous aujourd’hui ? », a été consacrée à un état des lieux de la situation des femmes dans le secteur de la pêche en Tunisie et en Afrique du Nord, mettant en lumière leurs multiples contributions qui vont bien au-delà des activités directement liées à la pêche. Les discussions ont porté sur le rôle des femmes dans la préservation des savoirs et pratiques traditionnels liés à une pêche durable, les activités post-capture, la transformation et la commercialisation des produits de la mer, le développement de coopératives et d’initiatives féminines, la contribution à la gestion des ressources, ainsi que la diversification des moyens de subsistance et l’adaptation au changement climatique. La première journée a également permis d’examiner les principaux défis auxquels les femmes sont toujours confrontées dans le secteur de la pêche maritime, notamment en matière d’accès au financement, aux marchés, aux services, aux compétences et aux opportunités économiques, ainsi que concernant la représentation, la participation et l’influence limitées des femmes au sein des mécanismes de gouvernance du secteur. Les discussions ont souligné l’importance de renforcer l’autonomisation économique des femmes, de soutenir leur participation effective aux processus décisionnels et de mieux reconnaître leur expertise, leurs savoirs et leurs contributions à la durabilité des ressources marines et à la résilience des communautés côtières. Les participantes se sont rendues  à Ghar El Melh pour une visite du port de pêche et des échanges avec des femmes impliquées dans les activités post-capture ainsi qu’avec des membres des coopératives locales. Elles ont identifié notamment les changements prioritaires, les actions concrètes à engager, les acteurs à mobiliser et les premières étapes nécessaires. Les discussions ont porté également sur les possibilités économiques pour les femmes, l’accès aux ressources, leur participation à la gouvernance et la manière dont les savoirs traditionnels peuvent contribuer à l’innovation et à la résilience des communautés côtières.

Le « World Café » (Café du monde) intitulé « Où en sommes-nous aujourd’hui ? »  a offert un espace interactif réunissant les participantes autour de quatre axes majeurs : l’économie bleue, l’autonomisation économique, l’influence et la gouvernance, ainsi que le patrimoine et l’avenir. Cette approche participative a permis aux participantes d’échanger leurs expériences et leurs points de vue sur divers sujets : les domaines où les femmes contribuent à la création de valeur au sein de l’économie bleue ; les obstacles limitant leur capacité à développer des moyens de subsistance plus durables ; les moyens de renforcer leur présence et leur influence dans la prise de décision ; et enfin, les savoirs, compétences et pratiques traditionnelles qu’il convient de préserver et de transmettre aux générations futures.À travers les différentes sessions et discussions, il est apparu essentiel de placer les expériences et les savoirs locaux des femmes au cœur de la réflexion sur l’avenir du secteur de la pêche maritime et des communautés côtières, et de transformer ces expertises en priorités communes, en solutions concrètes et en nouvelles voies de coopération.

L’implication des femmes dans la lutte contre la pollution marine

 Véritable fléau pour l’écosystème marin, la pollution est déplorée par les pêcheuses. Elles sont toutes conscients de l’importance de la préservation de l’environnement pour la pérennité de leurs activités et sont convaincues que la pêche doit être effectuée dans le respect de l’environnement pour assurer une production durable et de qualité..C’est pourquoi la troisième et dernière journée, le 7 octobre, a été consacrée à la pollution plastique, à l’économie circulaire et aux moyens de subsistance des femmes dans les communautés côtières. Les participantes ont pu découvrir différentes approches liées à l’innovation et aux technologies de lutte contre les déchets marins, ainsi que des exemples de transformation des déchets en produits, revenus et nouvelles opportunités économiques.Les échanges ont permis également d’identifier les conditions nécessaires pour développer les solutions locales d’économie circulaire et de mettre en lumière le rôle que les femmes peuvent jouer dans la transformation des communautés côtières.Ainsi,l ‘initiative « Women Together in Fisheries 2026 » souligne que l’autonomisation des femmes, ainsi que le renforcement de leur leadership et de leur participation à la prise de décision, constituent des piliers fondamentaux pour bâtir un secteur de la pêche plus durable, équitable et résilient, et pour garantir un avenir meilleur aux communautés côtières de la région méditerranéenne.

                          Kamel Bouaouina

L’article La pêche, c’est un métier pour les femmes aussi ! est apparu en premier sur Le Temps News.

Sur proposition de l’ARP : vers un durcissement des peines pour les braquages

Von: farhat
08. Oktober 2026 um 10:14

Ce n’est pas la première fois qu’une telle proposition est présentée au ministère de tutelle et il semble, cette fois-ci, que la demande de durcissement des peines pour le délit de braquage va être sérieusement examinée et mise en pratique, à moins que les tergiversations, pour franchir ce pas, l’emportent sur le souhait de tous les citoyens de voir de nouvelles peines, plus dissuasives, arrêter cette hémorragie…

Après quelques initiatives précédentes, en 2021, 2025 et 2026, le Parlement vient de relancer une proposition qui, pour le moment, peine à passer. C’est qu’une proposition de loi visant à durcir les peines contre les «braquages» et les vols avec violence, présentée il y a quelques jours par certains députés, est en cours d’examen à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

C’est le député Fakhreddine Fadhloun qui vient de révéler que les auditions nécessaires à l’examen de la proposition de loi n° 073/2025, relative à la modification de certaines dispositions du Code pénal, ont été achevées. Cette initiative, qu’il porte avec plusieurs autres députés, a désormais pris sa forme finale. Il a indiqué que son renvoi en séance plénière dans les meilleurs délais figurera parmi les priorités dès la rentrée parlementaire.

Le texte en question prévoit des peines pouvant atteindre 20 ans de prison pour certaines formes de vol. Le député estime que l’aggravation des vols avec violence, couramment désignés par le terme «braquages», nécessite de revoir la réponse législative et de renforcer la dissuasion. Dans une déclaration aux médias, il justifie cette démarche par ce qu’il décrit comme «une multiplication des menaces pesant sur l’intégrité physique des citoyens», tout en insistant sur la nécessité de faire avancer le texte vers la séance plénière.

Composée d’un article unique, la proposition de loi prévoit d’abroger les dispositions des articles 261, 262 et 264 du Code pénal et de les remplacer par de nouvelles dispositions. Les sanctions envisagées varient selon les formes de vol et les circonstances auxquelles renvoie chaque article. Le texte ne prévoit donc pas de peine identique pour l’ensemble des vols.

Article 261 : de 15 à 20 ans de prison

Dans sa rédaction proposée, l’article 261 prévoit une peine de 15 à 20 ans de prison pour un vol commis avec l’une des circonstances énumérées aux points 1, 2 et 5 de l’article 260.

Cette peine concerne les situations auxquelles renvoie précisément le texte et ne s’appliquerait pas automatiquement à toutes les infractions de vol.

Article 262 : de 12 à 15 ans de prison

Le nouvel article 262 proposé prévoit une peine allant de 12 à 15 ans de prison lorsque le vol réunit les deux circonstances mentionnées aux points 3 et 4 de l’article 260.

L’application de cette disposition est ainsi liée à la présence conjointe de ces deux circonstances.

Article 264 : cinq ans de prison et une amende

La rédaction proposée pour l’article 264 prévoit 5 ans de prison et une amende de 2.000 dinars pour les vols et soustractions commis en dehors des cas définis par les articles 260 à 263 du Code pénal.

Le député a révélé que la prochaine priorité sera de faire parvenir la proposition en séance plénière. Son intervention ne fixe toutefois pas de date précise pour cet examen.

D’autres propositions similaires ont été «ignorées» 

Pour l’histoire, rappelons qu’il ne s’agit pas d’une première. Au mois de janvier 2021, le bureau de l’Assemblée des représentants du peuple a transmis aux commissions concernées de l’ARP une proposition de loi initiée par un groupe parlementaire portant amendement de nombre d’articles du code de procédures pénales aggravant les peines encourues dans les crimes de «braquages». Les peines proposées allaient jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité sans possibilité de bénéfice de circonstances atténuantes.

La Commission de la législation générale de l’ARP a également tenu, vendredi 13 février 2026, une séance d’audition consacrée à une initiative parlementaire visant à modifier certains articles du Code pénal. Les députés à l’origine de la proposition ont expliqué que le texte s’inscrit dans une démarche de révision de la politique pénale tunisienne face à certains «phénomènes sociaux». Le projet cible précisément les crimes de vol avec violence, communément désignés comme des braquages.

Les initiateurs du texte estiment que la prolifération de ce type d’agressions impose un changement dans l’approche législative, notamment en raison de la «limitation» des peines actuellement prévues pour ce genre de crimes. Ils affirment ainsi que l’objectif est de réduire la propagation de ces délits, en durcissant les sanctions afin qu’elles soient «à la hauteur de la gravité du crime». Cette proposition prévoit l’abrogation des articles 261, 262 et 264 du Code pénal, qui seraient remplacés par de nouvelles dispositions introduisant un plancher de peine fixé à 15 ans de prison, pouvant aller jusqu’à 20 ans, avec une orientation clairement affichée : écarter toute possibilité de réduction de peine.

Les membres de la commission ont salué l’initiative, tout en insistant sur un point : la réponse ne doit pas être uniquement répressive. Plusieurs députés ont ainsi plaidé pour une approche «multidimensionnelle», intégrant également des volets éducatif et culturel. D’autres ont souligné la nécessité de définir clairement, dans la loi, ce que recouvre exactement la notion de braquage, en appelant à un durcissement particulier des peines en cas de récidive.

Or, les représentants du ministère de tutelle ont souligné que la formulation de cette proposition nécessite davantage de précision afin de correspondre à l’intention du législateur telle qu’exposée dans le document de justification des raisons, qui stipule un durcissement des peines.

Ils ont ajouté que la révision de ces articles pourrait nécessiter une réévaluation d’autres sections du code afin d’assurer une cohérence et une harmonisation dans l’ensemble de la législation.

Réagissant aux interventions des représentants du ministère, les initiateurs de la proposition de loi et un grand nombre de députés ont souligné que la gravité du phénomène nécessite une intervention urgente dans une approche juridique visant à durcir les sanctions, en raison des répercussions négatives que ces crimes engendrent, tant pour les victimes que pour l’image de notre pays auprès des touristes, ainsi que pour la stabilité sociale.

D’ailleurs, lors d’une audition tenue par la commission des droits et libertés, des représentants du ministère de l’Intérieur ont fait savoir que les braquages représentent 40% du total des délits enregistrés. 20% des braquages ont lieu dans les quatre gouvernorats du Grand Tunis.

 

Quelles peines à travers le monde ?               

À travers le monde, le braquage (juridiquement qualifié de vol à main armée ou vol qualifié) est considéré comme un crime majeur. Les sanctions varient fortement d’un pays à l’autre selon la sévérité du code pénal, la présence de violence physique et le type d’arme utilisé.

Voici un aperçu des peines encourues dans différentes régions du monde :

France : le vol avec arme (usage ou menace) est un crime passible de 20 ans de réclusion criminelle et de 150.000 euros d’amende. Si le braquage est commis en bande organisée ou s’il s’accompagne de tortures ou d’actes de barbarie, la peine maximale passe à la réclusion criminelle à perpétuité.

Suisse : les tribunaux appliquent des sanctions sévères pour les gros casses. Par exemple, lors du retentissant braquage d’un convoi de fonds commis en Suisse, les auteurs ont été condamnés à des peines allant de 7 à 20 ans de prison ferme.

Canada : le vol qualifié est passible d’emprisonnement à perpétuité. La loi prévoit des peines minimales obligatoires strictes si une arme à feu est impliquée : 4 à 5 ans minimum pour une première infraction, et 7 ans minimum en cas de récidive.

États-Unis : le système américain est particulièrement sévère. Un braquage fédéral classique peut valoir jusqu’à 20 ou 25 ans de prison. Cependant, en raison du principe de l’accumulation des peines (chaque chef d’accusation s’additionne), les peines peuvent exploser. Certains braqueurs multirécidivistes ou particulièrement violents ont ainsi écopé de condamnations historiques de plus de 100 ou 200 ans de prison.

Chine : le vol avec violence ou à main armée y est sévèrement réprimé par le Code pénal. Les peines planchers commencent généralement à 10 ans d’emprisonnement, mais le verdict peut aller jusqu’à la prison à perpétuité ou la peine de mort si le braquage a causé des blessures graves, la mort ou s’il visait des institutions spécifiques (comme des banques).

Kamel ZAIEM

L’article Sur proposition de l’ARP : vers un durcissement des peines pour les braquages est apparu en premier sur Le Temps News.

Recrutement public :  le lourd héritage des passe-droits

Von: farhat
08. Oktober 2026 um 09:20

Pendant des années, des milliers de diplômés tunisiens ont attendu leur chance, multiplié les concours, déposé des dossiers et espéré intégrer la fonction publique. Pour une partie d’entre eux, cette attente s’est transformée en chômage de longue durée, avec le sentiment que les années d’études et les qualifications acquises ne suffisaient pas toujours pour accéder à un poste. La question revient aujourd’hui au premier plan avec la préparation de la mise en œuvre de la loi n°18 de 2025, consacrée au recrutement exceptionnel des diplômés de l’enseignement supérieur restés longtemps sans emploi. Le dossier a été abordé au plus haut niveau de l’État.

Lors d’une réunion tenue le 5 octobre au palais de Carthage avec la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, et le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, le Président de la République, Kaïs Saïed, s’est penché sur l’avancement des mécanismes devant permettre l’application du nouveau dispositif. Au-delà de la question du recrutement des diplômés concernés, cette réunion remet surtout en lumière un problème beaucoup plus ancien : l’égalité d’accès à l’emploi public et les dysfonctionnements qui ont pu, au fil des années, fausser les règles du jeu.

Des années d’attente et un profond sentiment d’injustice

Le chômage des diplômés constitue depuis longtemps l’un des paradoxes du marché de l’emploi. L’université devait représenter un moyen d’améliorer les perspectives professionnelles et sociales. Pourtant, pour de nombreux jeunes, l’obtention d’un diplôme a été suivie d’une longue période d’inactivité ou d’emplois sans rapport avec leur formation. Plus les années passent, plus le retour vers le marché du travail devient difficile. Un diplômé qui reste cinq, dix ans ou davantage sans emploi voit progressivement son diplôme perdre de sa valeur sur le marché. Il se retrouve également en concurrence avec des générations plus jeunes qui viennent d’achever leurs études. Le chômage de longue durée finit ainsi par créer sa propre mécanique d’exclusion.

À cette difficulté économique s’ajoute une frustration particulière lorsque les personnes concernées estiment que les recrutements n’ont pas toujours reposé sur des critères transparents. La Présidence a notamment évoqué des irrégularités liées aux qualifications présentées lors de certaines embauches ainsi que des situations dans lesquelles les compétences universitaires normalement requises n’auraient pas été respectées. La question dépasse donc le simple nombre de postes disponibles. Elle touche directement à la confiance dans les institutions et dans les procédures de sélection. Lorsqu’un diplômé estime que ses chances ne dépendent plus de sa formation, de ses compétences ou de critères clairement établis, c’est la notion même de mérite qui se trouve fragilisée.

Quand les réseaux prennent le dessus sur les compétences

Le problème devient encore plus sensible lorsque les relations personnelles, les appartenances ou les réseaux d’influence interviennent dans l’accès à l’emploi. Dans un contexte marqué par la rareté des postes publics et par un chômage élevé, chaque recrutement effectué en dehors de règles équitables peut signifier qu’un autre candidat, pourtant qualifié, reste sur le bord du chemin. C’est précisément cette dimension que le Chef de l’État a mise en avant en considérant que certains chômeurs de longue durée ont subi les conséquences de pratiques qui les ont écartés de possibilités auxquelles ils auraient normalement pu prétendre.

Ces dérives ont également un coût pour l’administration. Recruter une personne qui ne possède pas les qualifications nécessaires ne constitue pas seulement une injustice envers les autres candidats. Cela peut aussi affecter la qualité du service public. Une administration efficace suppose que les postes soient occupés en fonction des compétences nécessaires et des besoins réels des structures concernées. S’y ajoute la question des finances publiques. Les recrutements injustifiés, les avantages accordés sans fondement ou la création de situations privilégiées pèsent finalement sur le budget de l’État. Dans un pays confronté à des marges financières limitées, la masse salariale publique ne peut être considérée indépendamment de l’efficacité des recrutements.

Réparer les injustices sans créer de nouvelles inégalités

La loi n°18 de 2025 entend apporter une réponse à une catégorie particulièrement vulnérable : les diplômés qui sont restés durablement sans emploi. Son application représente donc une étape très attendue par des personnes qui considèrent avoir payé pendant des années le prix des déséquilibres du marché du travail et, parfois, de procédures de recrutement contestables. Mais le défi sera désormais de garantir que le mécanisme exceptionnel lui-même repose sur des critères précis, vérifiables et transparents. Corriger les injustices du passé ne peut fonctionner que si les nouvelles procédures évitent de reproduire les mêmes travers. Il faudra notamment concilier la situation sociale des chômeurs de longue durée avec les besoins effectifs des administrations et des établissements publics. Le recrutement ne peut constituer une réponse durable que lorsque les profils correspondent aux postes à pourvoir et que l’intégration professionnelle permet réellement de renforcer les services publics.

Cette réforme pose finalement une question qui dépasse largement le sort des seuls diplômés concernés : comment restaurer la confiance dans le recrutement public ? Pour les nouvelles générations qui sortent aujourd’hui de l’université, la réponse sera déterminante. Elles doivent pouvoir être convaincues que leurs études, leurs compétences et leurs efforts restent les principaux critères permettant d’accéder à un emploi. L’enjeu n’est donc pas seulement de donner aujourd’hui une chance à ceux qui attendent depuis des années. Il est aussi de mettre fin à une culture du passe-droit qui, lorsqu’elle s’installe, produit une double perte : elle prive des citoyens qualifiés de leurs perspectives professionnelles et prive l’État des compétences dont il a besoin.

Leila SELMI

 

L’article Recrutement public :  le lourd héritage des passe-droits est apparu en premier sur Le Temps News.

Emploi et dignité :  le chômage, une injustice à réparer

Von: farhat
08. Oktober 2026 um 08:35

Par Ahmed NEMLAGHI

La réunion tenue au palais de Carthage autour de l’application de la loi n°18 de 2025 sur le recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur en chômage de longue durée remet au premier plan une question sociale centrale, celle de l’accès à l’emploi dans des conditions équitables. Dans la lecture développée par le Président de la République, Kaïs Saïed, le chômage de longue durée ne relève pas d’un choix individuel, mais d’un système marqué par les inégalités d’accès, les privilèges et des pratiques ayant privé certains diplômés de leur droit à une véritable chance.

L’emploi n’est pas seulement une question économique. Dans une société où le travail demeure intimement lié à l’autonomie, à la dignité et à la reconnaissance sociale, l’accès à un emploi constitue également une question de justice. C’est précisément sous cet angle que le Président de la République Kaïs Saïed aborde la problématique du chômage des diplômés de l’enseignement supérieur.

La réunion tenue au palais de Carthage avec la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, et le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaouad, consacrée à l’application de la loi n°18 de 2025, intervient dans un contexte où le recrutement des diplômés en chômage de longue durée est présenté comme une étape de la politique publique destinée à répondre à une situation accumulée depuis plusieurs années.

Le texte présidentiel insiste sur une idée fondamentale : le jeune diplômé privé durablement d’emploi n’est pas nécessairement responsable de sa situation. Dans les propos rapportés par la présidence, Kaïs Saïed affirme que le chômage ne résulte pas d’un choix volontaire des personnes concernées, mais de pratiques et de mécanismes qui auraient, au fil des décennies, favorisé certains au détriment de ceux qui remplissaient les conditions requises.

Cette lecture place donc le problème du chômage dans une perspective de justice sociale.

Pour de nombreux diplômés, le passage de l’université à la vie professionnelle représente depuis longtemps une période d’incertitude. Obtenir un diplôme ne garantit pas automatiquement un emploi, particulièrement lorsque le marché du travail ne crée pas suffisamment de postes correspondant aux qualifications disponibles.

Mais le problème évoqué par le Chef de l’Etat dépasse la seule inadéquation entre l’offre et la demande de travail.

Kaïs Saïed a dénoncé, lors de cette réunion, des pratiques anciennes qu’il considère comme ayant contribué à dénaturer les mécanismes de recrutement. Il a notamment évoqué des recrutements fondés sur des diplômes falsifiés ou sur des qualifications insuffisantes, ainsi que l’utilisation de l’appartenance à telle ou telle partie comme un «diplôme» permettant d’accéder à un emploi.

Ces propos renvoient à une question essentielle, celle de l’égalité devant l’accès à la fonction publique.

Dans une conception fondée sur le mérite et l’égalité des chances, le diplôme, les compétences et l’aptitude doivent constituer les principaux critères permettant de prétendre à un emploi. Lorsque d’autres considérations prennent le dessus, le recrutement cesse d’être seulement une procédure administrative, il devient un problème de justice.

Le diplômé qui a consacré des années à ses études peut alors avoir le sentiment que ses efforts ne suffisent pas. Celui qui ne dispose ni de relations ni de réseaux d’influence peut se retrouver durablement écarté, malgré ses qualifications.

 

Le chômage comme injustice sociale

La notion de chômage est souvent abordée à travers les statistiques : nombre de demandeurs d’emploi, taux de chômage, nombre de diplômés sans emploi, durée moyenne de recherche d’un poste. Ces indicateurs sont indispensables, mais ils ne rendent pas entièrement compte de la dimension humaine du phénomène.

Derrière chaque demandeur d’emploi se trouve un parcours. Il y a des années d’études, des sacrifices familiaux, des attentes, parfois des concours passés à plusieurs reprises et l’espoir de pouvoir enfin accéder à une autonomie financière.

Le chômage prolongé produit également des conséquences qui dépassent le revenu. Il peut retarder l’installation familiale, accroître la dépendance à l’égard des parents et fragiliser le sentiment d’utilité sociale. Pour les jeunes diplômés, la répétition des refus peut progressivement transformer une difficulté économique en sentiment d’exclusion.

C’est pourquoi la lecture présidentielle du chômage comme injustice mérite d’être replacée dans le cadre plus large de la dignité.

Le droit au travail ne signifie évidemment pas que l’État puisse garantir immédiatement un poste à chaque diplômé. Il implique cependant que l’accès à l’emploi public, lorsqu’il est ouvert, obéisse à des règles équitables et transparentes et que les politiques économiques créent les conditions permettant au secteur privé de générer lui aussi des emplois.

La loi n°18 de 2025 constitue, dans ce cadre, une réponse spécifique à la situation des diplômés de l’enseignement supérieur confrontés à un chômage de longue durée. Sa mise en œuvre constitue désormais l’enjeu central.

Toute politique de recrutement exceptionnelle soulève toutefois une question essentielle : comment réparer une situation d’injustice tout en garantissant l’égalité entre les différentes catégories de demandeurs d’emploi ?

La réponse passe nécessairement par des critères objectifs, transparents et vérifiables. L’objectif affiché est de permettre aux diplômés concernés de bénéficier d’une possibilité d’accès à l’emploi public.

 

La fin des privilèges comme principe de recrutement

Dans son intervention, Kaïs Saïed établit un lien direct entre les privilèges dont certains auraient bénéficié dans le passé et la situation actuelle de nombreux chômeurs. Ces pratiques ont contribué à la dilapidation des deniers publics et à la privation de postes pour ceux qui remplissaient les conditions requises.

Cette affirmation renvoie à l’un des axes récurrents de son discours politique : la nécessité de rompre avec les mécanismes de favoritisme et de rétablir une relation plus directe entre le mérite et l’accès aux responsabilités.

Dans cette perspective, la question de l’emploi devient aussi une question de bonne gouvernance.

Un État qui recrute sur la base de critères transparents protège non seulement les candidats, mais également l’administration. Il s’assure que les compétences nécessaires sont présentes et que les ressources publiques sont utilisées conformément à l’intérêt général.

À l’inverse, lorsqu’un recrutement est effectué pour des considérations étrangères aux qualifications requises, le coût est supporté par l’ensemble de la collectivité.

La conséquence n’est donc pas seulement individuelle, elle est institutionnelle et financière.

Le recrutement d’une personne qui ne possède pas les qualifications nécessaires peut entraîner une perte d’efficacité administrative, tandis que l’exclusion d’une personne compétente représente une perte de potentiel humain.

La lutte contre ces pratiques est ainsi indissociable d’une politique de modernisation de l’administration.

La référence à la dignité nationale dans les propos du Chef de l’Etat donne à la question de l’emploi une dimension particulière.

Pour un diplômé, l’emploi constitue aussi l’aboutissement logique d’un parcours de formation. Lorsque des années d’études débouchent sur une longue période d’inactivité, le sentiment d’injustice peut devenir particulièrement fort.

La politique évoquée par le Président Kaïs Saïed entend précisément replacer la dignité au centre de cette problématique.

Le travail doit permettre à l’individu de vivre de son effort et de participer pleinement à la vie économique et sociale. Il ne doit pas dépendre de relations personnelles ou d’appartenances particulières.

 

Du recrutement public à une politique globale de l’emploi

La question demeure cependant plus large que celle du recrutement dans la fonction publique.

La Tunisie ne pourra répondre durablement au chômage des diplômés par les seuls recrutements publics. L’État doit également favoriser la création d’emplois dans le secteur privé, soutenir l’investissement, développer l’entrepreneuriat, renforcer la formation professionnelle et améliorer l’adéquation entre les formations universitaires et les besoins de l’économie.

L’enjeu est de passer progressivement d’une logique dans laquelle le diplôme constitue principalement une attente d’emploi public à une logique dans laquelle la qualification devient un véritable capital professionnel.

La formation professionnelle peut jouer ici un rôle majeur. Elle doit permettre aux jeunes d’acquérir des compétences directement valorisables, tout en accompagnant les mutations technologiques et économiques.

De même, les politiques d’investissement doivent accorder une attention particulière aux régions intérieures, où les opportunités d’emploi restent souvent moins nombreuses que dans les grands pôles économiques.

L’équité territoriale constitue ainsi une dimension essentielle de l’équité devant l’emploi.

L’État peut agir sur les règles, les recrutements publics, les dispositifs d’accompagnement et les politiques de formation. Mais la création durable d’emplois dépend également de la capacité de l’économie à produire de nouvelles activités.

Le véritable défi consiste donc à articuler politique sociale et politique économique.

Il ne suffit pas de lutter contre le chômage, il faut créer les conditions permettant de réduire durablement ses causes. Cela suppose un environnement favorable à l’investissement, des entreprises capables de se développer, un accès plus fluide au financement et une administration plus efficace.

Dans cette perspective, le recrutement des diplômés de longue durée doit être considéré comme une mesure de réparation et d’accompagnement, mais non comme l’unique réponse au problème structurel du chômage.

La dignité par le travail passe également par la création de perspectives économiques durables.

La réunion de Carthage intervient à un moment où le débat passe du principe à l’application. Le Chef de l’Etat a demandé à la Cheffe du gouvernement et au ministre de l’Emploi de présenter l’état d’avancement de la mise en œuvre de la loi.

Cette étape est essentielle.

Les diplômés concernés attendent désormais des décisions concrètes. Une politique publique ne peut être évaluée uniquement à partir des déclarations qui accompagnent son lancement. Elle doit l’être à partir de ses résultats : combien de personnes seront recrutées ? Selon quel calendrier ? Dans quelles administrations ? Selon quels critères ? Avec quel accompagnement ?

La transparence de ces étapes sera déterminante pour maintenir la confiance des bénéficiaires et éviter les contestations.

 

Une conception du travail fondée sur la justice

À travers ses déclarations, le Président Kaïs Saïed présente donc le dossier du chômage des diplômés comme une question qui dépasse les seuls chiffres de l’emploi. Il le relie à la justice sociale, à la lutte contre les privilèges, à la protection des deniers publics et à la dignité.

Dans cette lecture, le chômeur de longue durée n’est pas simplement un demandeur d’emploi parmi d’autres. Il peut être considéré comme la victime d’un déséquilibre ancien entre les qualifications, les possibilités d’accès et les pratiques de recrutement.

La loi n°18 de 2025 apparaît alors comme un instrument destiné à apporter une réponse spécifique à cette catégorie. Mais sa portée réelle dépendra de son application.

L’objectif d’un accès équitable à l’emploi ne pourra être durablement atteint que si la réforme s’accompagne d’une transformation plus profonde des mécanismes de recrutement et de création d’emplois. Le mérite doit pouvoir devenir une réalité concrète et non seulement un principe proclamé.

Il faudra également veiller à ce que la recherche de justice pour les diplômés de longue durée s’inscrive dans une politique globale permettant aux nouvelles générations d’accéder elles aussi à des perspectives professionnelles sans devoir attendre des années.

Au fond, la question posée est celle de la place que la société accorde au travail. Un emploi n’est pas seulement un salaire versé à la fin du mois. Il représente une autonomie, une responsabilité, une participation à la vie collective et, pour beaucoup, une condition essentielle de la dignité.

C’est pourquoi le chômage prolongé peut être vécu comme une injustice lorsqu’il résulte non seulement des difficultés économiques, mais aussi de mécanismes de sélection perçus comme inéquitables.

 

L’article Emploi et dignité :  le chômage, une injustice à réparer est apparu en premier sur Le Temps News.

❌