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Les milliardaires africains prennent de vitesse les grosses fortunes du Golfe

18. September 2026 um 13:27

168,20 milliards de dollars : c’est la fortune cumulée que totalisent désormais les 24 milliardaires africains, un montant qui dépasse pour la première fois celui de leurs homologues du Moyen-Orient, à 111,80 milliards pour 26 milliardaires. Soit un écart de 56,4 milliards de dollars en faveur du continent.

Le plus frappant, c’est la vitesse à laquelle ce basculement s’est opéré : à peine six mois auront suffi pour que l’écart patrimonial entre les deux régions gonfle de quelque 26 milliards de dollars supplémentaires. Le rapport à l’origine de ces chiffres impute cette accélération à une diversification plus poussée des sources de richesse sur le continent africain, pendant que les fortunes moyen-orientales stagnent davantage.

Dangote, locomotive du continent

Le nom qui revient dans toutes les explications : Aliko Dangote. En l’espace de quelques mois, le patrimoine de l’industriel nigérian est passé de 28,50 à plus de 51 milliards de dollars, une hausse qui le place désormais, à lui seul, devant les deux plus riches milliardaires arabes du Moyen-Orient combinés.

Là où les grandes fortunes du Golfe restent adossées à l’immobilier, la finance, la santé et le secteur bancaire, des piliers fragilisés par les tensions régionales, les patrimoines africains s’appuient davantage sur l’industrie et les matières premières, avec une base entrepreneuriale plus large.

Cette dynamique confirme l’attractivité croissante des filières industrielles africaines pour les capitaux. Pour les investisseurs régionaux, dont les tunisiens, l’essor de figures comme Dangote illustre le potentiel de rendement des paris industriels sur le continent, à l’heure où les marchés du Golfe montrent des signes d’essoufflement.

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Diaspora africaine: 124 milliards de dollars circulent en 10 ans, mais pour quel impact?

17. September 2026 um 12:55

Les transferts d’argent envoyés par les migrants vers l’Afrique ont atteint 124,2 milliards de dollars en 2025, selon le rapport Sending Money Home 2026 du Fonds international de développement agricole (FIDA). En dix ans, ces flux ont bondi de 86%. Le chiffre est important par son volume, mais surtout par ce qu’il révèle sur le rôle économique de la diaspora. Dans plusieurs pays africains, cet argent ne sert plus seulement à couvrir les dépenses des familles. Il peut aussi soutenir l’activité locale, l’investissement et la capacité des ménages à faire face aux difficultés.

Le phénomène accompagne une mobilité africaine qui s’accélère. Le nombre d’émigrants africains a atteint près de 46 millions en 2024, en hausse de 32% en dix ans. Surtout, plus de la moitié vivent dans un autre pays africain. Pour les entreprises, cette donnée ouvre une perspective souvent moins visible. Le marché des transferts ne se limite pas aux corridors entre l’Afrique et l’Europe ou l’Amérique du Nord. Il existe aussi un marché intra-africain, porté par les migrations régionales. Les montants sont cependant très concentrés. L’Égypte a reçu 41,5 milliards de dollars en 2025, devant le Nigeria avec 22,8 milliards et le Maroc avec 13,7 milliards. L’Éthiopie et le Kenya suivent avec 7,1 et 5 milliards de dollars. Ces cinq marchés représentent à eux seuls environ 73% des transferts reçus par l’Afrique.

Pour les PME et les acteurs financiers, cette concentration permet aussi d’identifier des marchés où les besoins liés aux paiements, aux services financiers et à l’accompagnement des bénéficiaires peuvent être importants. Le sujet n’est donc pas uniquement celui de l’argent envoyé. Il concerne toute la chaîne qui permet de le transférer, de le recevoir et éventuellement de le transformer en activité économique.

C’est justement là que subsiste l’un des principaux freins. Envoyer 200 dollars vers l’Afrique coûtait en moyenne 7,2% en 2025 via les services non bancaires. Le coût a baissé depuis 2016, mais reste supérieur à l’objectif international de 3%. Les différences entre régions sont également importantes. Le coût atteint 7,3% en Afrique du Nord, 7,2% en Afrique de l’Est, 9,7% en Afrique centrale et 10,4% en Afrique australe.

Pour une entreprise qui propose des services de transfert ou des solutions financières, cette situation montre donc un marché où la réduction des coûts reste un enjeu central. Pour les utilisateurs, chaque point de pourcentage économisé augmente directement la somme qui arrive au bénéficiaire.

La digitalisation peut justement changer une partie de cette équation. En Afrique subsaharienne, plus d’un milliard de comptes de mobile money étaient enregistrés en 2024. Des systèmes comme le PAPSS, le PI-SPI en Afrique de l’Ouest ou le TCIB en Afrique australe cherchent également à faciliter les paiements entre pays africains.

Pour les PME, l’intérêt ne se limite pas aux sociétés spécialisées dans la finance. Une entreprise locale peut aussi avoir intérêt à mieux comprendre comment ses clients utilisent ces fonds. Dans les zones rurales notamment, les transferts représentent un flux économique important. Le rapport estime qu’environ 34% des transferts destinés à l’Afrique, soit 41,9 milliards de dollars, vont vers des zones rurales. En Afrique de l’Est, cette proportion atteint 51%.

Cela peut soutenir des besoins très concrets. Le FIDA cite notamment le cas du Sénégal, où 73% des ménages recevant des transferts avaient adopté des stratégies agricoles de gestion des risques, contre 22% des ménages qui n’en recevaient pas. Au Mali, les transferts peuvent contribuer à l’achat de semences plus résistantes ou d’engrais naturels. Au Kenya, des organisations de la diaspora participent au financement de projets liés aux énergies renouvelables et à l’agriculture résiliente.

Le message du rapport est donc assez clair. La question n’est plus seulement de savoir combien d’argent la diaspora envoie en Afrique. Il faut aussi regarder comment cet argent circule, combien coûte son transfert et ce qu’il permet de financer une fois arrivé.

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IA africaine : Séoul apporte son savoir-faire

16. September 2026 um 16:54

Le 9 septembre 2026 à Séoul, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et l’Institut supérieur coréen des sciences et technologies (KAIST) ont paraphé une lettre d’intention destinée à accélérer la transformation numérique du continent.

La signature a eu lieu en marge de la 8ᵉ Conférence ministérielle KOAFEC, portée côté BAD par Ousmane Fall, directeur du département du Développement de l’industrie et du Commerce, et côté coréen par Seung Hun Han, doyen de l’école d’innovation numérique du KAIST.

Trois ans de coopération ciblée

Sur trois ans, les deux institutions vont travailler ensemble sur trois grands chantiers : bâtir les capacités africaines en intelligence artificielle, accompagner la gouvernance numérique du continent et organiser le transfert de savoir entre chercheurs coréens et africains. Concrètement, cela passera par des travaux conjoints sur les politiques publiques et les jeux de données liés à l’IA, des études stratégiques pour les gouvernements africains, des ateliers techniques et un volet formation destiné aux cadres publics et experts techniques, en capitalisant sur l’expérience du KAIST dans la formation d’ingénieurs à travers le monde. Pour Ousmane Fall, cet accord doit permettre de construire un écosystème numérique africain solide, où les compétences locales pilotent elles-mêmes leur propre transformation portée par l’IA.

Un potentiel économique chiffré

La BAD évalue à 1 000 milliards de dollars l’apport possible de l’IA au PIB africain à l’horizon 2035, soit environ 4 points de croissance supplémentaires, mais ce scénario suppose des investissements simultanés sur cinq fronts : puissance de calcul, données, compétences, confiance numérique et financement. Côté Corée, l’engagement financier est déjà tangible : 132,82 millions de dollars cumulés dans le fonds fiduciaire KOAFEC, qui a soutenu plus de 1 300 start-up africaines à ce jour.

Pour les startups tunisiennes de la tech, ce type de partenariat institutionnel signale l’émergence de nouveaux canaux de financement et de formation liés à l’IA en Afrique, potentiellement mobilisables via les guichets multilatéraux existants entre la Tunisie et la BAD.

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Ce port africain vise le million de conteneurs d’ici 2030

16. September 2026 um 15:56

Conakry Terminal veut franchir un nouveau cap. Le concessionnaire du terminal à conteneurs du Port autonome de Conakry ambitionne désormais de dépasser le million de conteneurs traités, alors que le trafic guinéen a progressé beaucoup plus rapidement que prévu. Pour piloter cette nouvelle phase, Africa Global Logistics (AGL), filiale du groupe MSC, a nommé Édouard Léno directeur général.

Le changement de direction intervient après une forte accélération de l’activité. Conakry Terminal a traité 416 892 EVP en 2025, contre environ 300 000 conteneurs en 2023. En juin 2026, les responsables du Port autonome de Conakry et d’AGL indiquaient que les volumes initialement attendus à l’horizon 2030 avaient déjà été atteints dès 2025. Le terminal prévoit par ailleurs de dépasser 500 000 conteneurs en 2026. La croissance ne se limite pas aux volumes. Le nombre de services maritimes desservant le terminal est passé de trois en 2023 à six en 2026. Cette progression a toutefois mis sous pression les infrastructures et la chaîne logistique autour du port, avec des épisodes de congestion enregistrés en 2025. Les autorités et les opérateurs soulignent ainsi que l’évacuation des conteneurs dépend également des capacités routières, du stockage et des plateformes logistiques situées en dehors du port.

Un programme d’extension déjà engagé

Pour accompagner cette montée en charge, Conakry Terminal indique avoir déjà investi près de 250 millions d’euros dans la modernisation des infrastructures, les équipements de manutention et le développement du port sec de Kagbélén. Un nouveau quai et plus de 20 hectares de terre-pleins sont également prévus. Leur mise en service doit intervenir progressivement entre la fin de 2026 et le début de 2028, avec l’objectif de doubler la capacité actuelle du terminal.

Édouard Léno, qui a occupé plusieurs fonctions de direction au sein d’AGL en Afrique, dont celle de directeur financier régional, prend donc ses fonctions dans un contexte où les capacités portuaires doivent suivre une demande arrivée plus tôt que prévu. Le communiqué d’AGL confirme l’objectif de franchir le million de conteneurs ; lors d’une rencontre avec la presse en août, le nouveau directeur général avait situé cette ambition à l’horizon 2029-2030.

Pour la Guinée, l’enjeu est désormais autant portuaire que logistique : absorber davantage de marchandises suppose de renforcer simultanément les quais, les espaces de stockage et les moyens d’évacuation vers l’intérieur du pays.

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Safaricom : le Kenya annule une cession de 204 milliards de shillings à Vodacom

16. September 2026 um 14:48

La Haute Cour du Kenya a annulé, le 15 septembre 2026, la cession par l’État de 15 % du capital de Safaricom à Vodacom, une opération valorisée à 204,3 milliards de shillings kényans, soit environ 1,6 milliard de dollars. La Cour a ordonné la restitution des actions à l’État. Le gouvernement kényan et Vodacom ont annoncé leur intention de faire appel.

La transaction avait été finalisée le 30 juin, après la levée par la Cour d’appel d’une mesure qui en empêchait temporairement l’exécution. L’opération avait porté la participation de Vodacom dans Safaricom à environ 55 %, tandis que celle de l’État kényan était passée de 35 % à 20 %.

Selon la Haute Cour, la cession avait été réalisée en violation de dispositions constitutionnelles et légales, notamment en matière de participation du public et de transparence. La juridiction a donc considéré la transaction comme invalide et ordonné le retour des 15 % concernés à l’État. Sur le plan financier, il faut distinguer cette cession des autres composantes de l’opération. Les 204,3 milliards de shillings correspondent au prix payé par Vodacom pour les 15 % acquis auprès du gouvernement. En parallèle, Vodacom a acquis auprès de Vodafone un intérêt effectif supplémentaire de 5 % dans Safaricom pour environ 68 milliards de shillings. L’ensemble de l’opération de Vodacom représentait ainsi environ 2,1 milliards de dollars, selon le groupe.

L’enjeu est également important pour les finances publiques. Dans son budget 2026/2027, le Trésor kényan avait prévu que les 204 milliards de shillings attendus de la cession de Safaricom constitueraient, avec les recettes de la privatisation de Kenya Pipeline Company, le capital initial du National Infrastructure Fund (NIF). Ce fonds doit financer des projets de grande ampleur dans les routes, les aéroports, les ports, l’électricité, les technologies de l’information et de la communication ainsi que l’eau et l’irrigation. La décision de la Haute Cour intervient donc alors que la transaction avait déjà été exécutée. Sa portée financière et actionnariale dépendra désormais de la procédure d’appel. Reuters rapporte que le gouvernement kényan entend contester le jugement, tandis que Vodacom a également annoncé son intention de faire appel.

À ce stade, la Haute Cour a ordonné la restitution des 15 % à l’État, mais les modalités concrètes d’une éventuelle inversion financière de l’opération ne sont pas encore établies. Le dossier reste donc ouvert sur le plan judiciaire.

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Les startups tunisiennes de l’agroéquipement et de l’agritech à l’assaut du marché nigérian

16. September 2026 um 09:42

Du 16 au 20 novembre 2026, le Centre de promotion des exportations (Cepex) déploiera, en partenariat avec l’ambassade de Tunisie à Abuja, un dispositif de rencontres B-to-B ciblant les secteurs de l’agriculture et de l’élevage, à l’occasion du salon NIAEXPO au Nigéria.

Le Nigeria a fait de la sécurité et de la souveraineté alimentaires une priorité de politique publique, avec une modernisation accélérée de ses filières agroalimentaires. C’est dans ce contexte que les entreprises tunisiennes sont invitées à se positionner, avec un accent sur trois créneaux: les intrants et équipements agricoles, les solutions numériques et technologies d’élevage dites «agriculture intelligente», ainsi que la nutrition et les médicaments vétérinaires.

Un programme structuré en plusieurs étapes

La première étape de cette initiative consiste en un webinaire de préparation consacré aux spécificités du marché nigérian, avant la présence physique au salon via un stand national collectif. S’ajoutent à cela des rendez-vous B-to-B organisés en amont, ainsi que des visites de terrain et rencontres institutionnelles sur place. Les entreprises tunisiennes du secteur peuvent d’ores et déjà s’inscrire auprès du Cepex pour intégrer la délégation tunisienne.

Pour les PME tunisiennes de l’agroéquipement et de l’agritech, ce type de mission collective réduit sensiblement le coût d’entrée sur un marché aussi vaste que le Nigeria, en mutualisant logistique et visibilité. La dynamique de modernisation agricole nigériane, couplée à une demande croissante en intrants et technologies, ouvre une fenêtre concrète pour des partenariats de distribution ou des joint-ventures, à condition d’anticiper dès maintenant le cadre réglementaire et logistique local.

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Voici les 6 entrepreneurs distingués par la ZLECAf dans 5 pays africains

15. September 2026 um 12:25

La propriété intellectuelle ne se limite pas à protéger une invention ou une création. Elle peut aussi devenir un outil de développement d’une activité, de valorisation de savoir-faire locaux et, à terme, d’accès à un marché continental. C’est le message qui ressort de la première édition de la Journée africaine de la propriété intellectuelle organisée depuis l’adoption du Protocole de la ZLECAf sur les droits de propriété intellectuelle.

Réunis le 12 septembre 2026 à Accra, six innovateurs et entrepreneurs africains ont été distingués par le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine dans deux catégories, “My IP Story” et le “SG Prize”, le Prix du Secrétaire général. Il y a 6 entrepreneurs/innovateurs distingués, issus de 5 pays africains.

Dans la catégorie “My IP Story”, qui met en avant l’utilisation de la propriété intellectuelle dans le développement d’une activité, la médaille d’or a été attribuée à la Nigériane Chioma Rosemary Onyekaba. Autrice, créatrice, éditrice et fondatrice de Beauty & Brains Foundation Printing Press Nigeria, elle s’appuie sur la propriété intellectuelle pour structurer son activité dans les industries créatives et l’édition.

Le Ghanéen John Wobil a obtenu la médaille d’argent. Ingénieur et cofondateur de Wobil Technologies Limited, il développe des équipements destinés à l’agriculture, dont une batteuse à riz multi-étages et une vanneuse à grains fonctionnant à l’énergie solaire. Ces équipements sont en instance de brevet, avec une approche centrée sur des solutions conçues localement pour répondre aux besoins du secteur agricole.

La médaille de bronze est revenue à l’Ougandaise Grace Akatuha, fondatrice et directrice générale de Kikazi Agri-Products Limited. Son entreprise travaille à la transformation de cultures locales, notamment l’éleusine et le manioc, en farines de qualité. Ici, la propriété intellectuelle accompagne la valorisation de matières premières agricoles et de produits issus du patrimoine alimentaire africain.

La deuxième catégorie, le “SG Prize”, s’intéresse à des réalisations utilisant la propriété intellectuelle dans des domaines à fort impact, notamment la santé, l’agriculture, l’énergie et la durabilité. La médaille d’or a été décernée au Béninois Fade Elisee, ingénieur biomédical et directeur général d’UP ELEC SARL. Il a conçu une table chauffante néonatale fabriquée au Bénin, destinée à améliorer la prise en charge des nouveau-nés. L’innovation illustre l’intérêt de développer des équipements médicaux adaptés aux réalités et aux capacités de production locales. Au Cameroun, Theophile Kamgang Nzeuleu, fondateur de Ticket des Jeunes et concepteur de BioGenix, a reçu la médaille d’argent. Ses travaux portent sur des solutions biotechnologiques et agroécologiques destinées à rendre les systèmes agricoles plus durables et plus résilients face aux effets du changement climatique. Le Nigérian Ejikeme Patrick Nwosu complète le palmarès avec une médaille de bronze. Scientifique et fondateur de Lumos Laboratories Nigeria Limited, il détient sept brevets et développe des technologies permettant de transformer des déchets en énergie propre et en produits utiles. 

Derrière ces six parcours, les secteurs sont différents mais la logique économique est assez proche. Une invention agricole, un équipement médical, une technologie énergétique ou encore une création éditoriale ne peut véritablement changer d’échelle que si elle peut être identifiée, protégée et valorisée. C’est précisément sur ce terrain que la propriété intellectuelle prend une dimension commerciale. L’enjeu est d’autant plus important avec la mise en place progressive du marché unique africain. La ZLECAf ne vise pas uniquement à faciliter la circulation des marchandises. Elle cherche aussi à créer un environnement permettant aux entreprises africaines de développer leurs activités au-delà de leur marché national. Pour les innovateurs, la protection des brevets, des créations et des autres actifs immatériels devient donc une question liée à la capacité à commercialiser leurs solutions sur plusieurs marchés.

  

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Afrique-Chine: le déficit commercial atteint 80 milliards de dollars en 8 mois

14. September 2026 um 12:34

Le commerce entre l’Afrique et la Chine continue de battre des records, sans pour autant réduire le déséquilibre qui caractérise cette relation. Entre janvier et août 2026, le déficit commercial africain vis-à-vis de la Chine s’est établi à 80,07 milliards de dollars, en progression de 34,48% sur un an, selon les données rapportées par l’Agence Ecofin.

Le chiffre mérite d’être regardé au-delà de son montant. Car dans le même temps, les exportations africaines vers la Chine ne reculent pas. Elles ont augmenté de 19%, pour atteindre 96,93 milliards de dollars. Ce qui s’est accéléré davantage, ce sont les ventes chinoises au continent, en hausse de 25,8%, à environ 177 milliards de dollars. Au total, les échanges bilatéraux ont atteint près de 274 milliards de dollars sur huit mois, en hausse de 23,3%.

Le paradoxe apparent est donc celui d’un commerce en forte expansion qui produit, dans le même mouvement, un déficit plus important. Mais ce n’est pas réellement un paradoxe. Les deux économies n’entrent pas dans l’échange avec la même structure productive.

Depuis plusieurs décennies, la Chine a construit une puissance industrielle capable de fournir à des marchés très différents des biens allant des équipements électriques aux véhicules, des machines aux produits électroniques. L’Afrique, elle, reste largement positionnée sur l’exportation de ressources naturelles et de produits peu transformés. Cette spécialisation explique en grande partie pourquoi une hausse des échanges ne produit pas mécaniquement un rapprochement des balances commerciales.

La question est d’autant plus importante que la Chine n’est plus seulement un partenaire commercial parmi d’autres pour le continent. Elle est devenue un acteur majeur de ses infrastructures, de ses chaînes d’approvisionnement et de ses marchés de consommation. Les entreprises chinoises sont présentes dans les télécommunications, l’automobile, l’énergie, les équipements industriels ou encore les technologies numériques. Pour les économies africaines, cette présence permet d’accéder à des biens et à des équipements à des coûts souvent compétitifs. Elle exerce aussi une pression accrue sur les producteurs locaux.

Le déficit commercial ne doit donc pas être interprété isolément comme une perte. Une partie des importations chinoises correspond à des machines, des équipements ou des intrants susceptibles de soutenir l’investissement et la production africaine. Le problème apparaît lorsque ces importations de biens manufacturés ne s’accompagnent pas d’une progression suffisamment rapide des capacités africaines à exporter des produits transformés.

C’est précisément sur ce terrain que se joue la prochaine étape de la relation sino-africaine. Pékin a d’ailleurs élargi depuis mai 2026 l’accès préférentiel à son marché en supprimant les droits de douane sur certains produits provenant de 53 pays africains. Cette ouverture peut favoriser les exportations africaines, mais elle ne règle pas la question de l’offre.

Pour accroître durablement ses ventes sur le marché chinois, l’Afrique doit pouvoir produire davantage, mais surtout produire différemment. Transformer localement le cacao, le coton, les minerais ou les produits agricoles permettrait de capter une part plus importante de la valeur avant exportation. C’est aussi ce qui donnerait davantage de contenu industriel aux échanges avec la Chine.

 

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En Afrique, la livraison par drone ouvre un nouveau marché… Détails

14. September 2026 um 11:43

La livraison par drone gagne du terrain en Afrique et commence à dépasser le seul secteur de la santé. En Côte d’Ivoire, le gouvernement vient de franchir une nouvelle étape avec l’américain Zipline, en validant un partenariat public-privé portant sur le déploiement d’un réseau de 10 centres de stockage et de distribution de produits médicaux.

Le projet, signé en décembre 2025, sera déployé en deux phases. La première prévoit un centre pilote à Daloa et trois autres sites à Biankouma, San Pedro et Kouto. Six centres supplémentaires sont ensuite prévus dans plusieurs régions, dont le district d’Abidjan. Le dispositif doit notamment faciliter l’acheminement de produits sanguins et d’intrants médicaux vers des établissements difficiles d’accès. Le financement combine un don américain destiné aux infrastructures et une prise en charge des prestations par l’État ivoirien. Cette expérience illustre un modèle qui se développe déjà dans plusieurs pays africains : utiliser des drones pour transporter rapidement de petites quantités de marchandises lorsque le transport terrestre devient trop lent, difficile ou coûteux.

Le prochain marché pourrait être celui du colis commercial. Zipline avait déjà conclu en 2022 un partenariat avec Jumia pour tester la livraison de produits commandés en ligne par drone. Des essais avaient été menés au Ghana, avec l’objectif d’étendre ensuite le dispositif à la Côte d’Ivoire et au Nigeria. L’intérêt est particulièrement marqué pour le dernier kilomètre, qui reste l’un des points faibles de la chaîne logistique africaine. Routes difficiles, congestion urbaine et dispersion des clients peuvent rendre certaines livraisons coûteuses. Dans ce contexte, le drone peut compléter les moyens terrestres plutôt que les remplacer. Le marché potentiel est loin d’être négligeable. Selon Mobility Foresights, la livraison de colis par drone en Afrique pourrait passer de 280 millions de dollars en 2025 à 1,62 milliard de dollars en 2031, soit une croissance annuelle moyenne estimée à 33,4 %. Ces projections reposent notamment sur la progression du commerce électronique et les besoins croissants en solutions de livraison du dernier kilomètre.

Un marché encore sous contraintes

Le développement commercial des drones reste toutefois conditionné par plusieurs facteurs. Leur capacité de charge limite leur intérêt pour les marchandises lourdes, tandis que les conditions météorologiques peuvent perturber les opérations. À cela s’ajoutent les investissements nécessaires dans les appareils, les infrastructures, les logiciels et la maintenance. La réglementation constitue également un enjeu majeur, notamment pour les vols au-delà de la ligne de vue du pilote. L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) prévoit à ce titre des exigences spécifiques en matière de sécurité, d’autorisation et de gestion de l’espace aérien. Le scénario le plus crédible n’est donc pas celui d’une disparition des camions ou des motos au profit des drones. Les deux modèles pourraient plutôt fonctionner ensemble : le transport terrestre pour les volumes importants et les drones pour certains trajets urgents, difficiles d’accès ou particulièrement sensibles au facteur temps. Pour les opérateurs logistiques et les acteurs du e-commerce, l’enjeu est désormais de déterminer où cette technologie apporte un véritable avantage économique. En Afrique, le drone pourrait ainsi passer progressivement du statut d’outil spécialisé à celui de maillon complémentaire de la chaîne logistique.

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Libye: 2,5 milliards de dollars pour un complexe sidérurgique à Benghazi

12. September 2026 um 13:02

Un projet industriel d’envergure devrait mobiliser environ 2,5 milliards de dollars d’investissement dans l’est de la Libye. Développé à Benghazi par la coentreprise turco-libyenne Tosyali Sulb Steel Industries, le complexe devrait démarrer sa production commerciale début 2028. Il s’agit d’un nouvel investissement du groupe sidérurgique turc Tosyali Holding, déjà présent en Turquie, en Algérie, au Sénégal, en Angola et en Espagne.

Le site sera principalement consacré à la production de fer de réduction directe (DRI), un intrant utilisé dans la fabrication de l’acier et pouvant être produit à partir de gaz naturel, avec une empreinte carbone inférieure à celle des procédés sidérurgiques traditionnels reposant sur le charbon. La capacité totale visée est de 8,1 millions de tonnes par an, dont environ 2,7 millions de tonnes pour la première phase.

Selon Ahmed Gadalla, président de Tosyali Sulb, près de 90 % de la production devraient être exportés, tandis que le complexe produira également des barres d’armature et des tubes destinés au marché libyen.

La localisation de Benghazi, sur la côte méditerranéenne, constitue un atout pour desservir les marchés européens et africains. Le projet s’inscrit également dans la transformation de la sidérurgie mondiale vers des procédés moins carbonés, alors que les exigences environnementales se renforcent notamment sur le marché européen.

Les accords d’approvisionnement en gaz nécessaires à la première phase ont été finalisés et une centrale électrique dédiée est en cours de construction pour répondre à une partie des besoins énergétiques du complexe. Le projet, annoncé pour la première fois en 2024, associe le sidérurgiste turc Tosyali Holding à la Libya United Steel Company for Iron and Steel Industry (SULB).

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Global Attractiveness Index (GAI): la Tunisie fait mieux que plusieurs poids lourds africains

11. September 2026 um 16:16

Avec un score de 22,8 points contre 17,1 l’année précédente, la Tunisie décroche la 105e place sur 146 économies dans l’édition 2026 du Global Attractiveness Index (GAI). Il s’agit d’un bond de douze rangs par rapport à sa 117e position de 2025.

Conçu par The European House – Ambrosetti et validé chaque année par un audit statistique de la Commission européenne, l’outil ausculte près de 150 économies mondiales à travers quatre grands piliers – ouverture, innovation, efficacité et dotations – auxquels s’ajoutent, depuis 2022, des indicateurs de dynamisme et de durabilité.

Un retard persistant face aux voisins maghrébins

Malgré cette avancée, l’écart avec les deux principales économies de la région reste marqué: le Maroc (84e, 28,7 points) et l’Algérie (85e, 28,6 points) devancent toujours largement la Tunisie, avec un fossé de vingt places. La Tunisie fait toutefois mieux que plusieurs poids lourds africains comme le Nigeria, le Ghana ou le Kenya, tout en restant derrière l’Égypte et Maurice.

Cette progression n’est pas isolée: la Tunisie avait déjà grimpé de 27 places dans l’Energy Transition Index du Forum économique mondial (62e en 2025, contre 89e l’année précédente), confirmant une dynamique d’amélioration progressive sur plusieurs baromètres internationaux de compétitivité.

Ce faisceau d’indices convergents constitue un argument commercial pour les autorités cherchant à attirer des capitaux à forte valeur ajoutée. Reste à transformer ces signaux statistiques en réformes concrètes – innovation, efficacité institutionnelle, cadre réglementaire – pour espérer combler l’écart persistant avec les économies maghrébines voisines.

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Pôles d’innovation 2026: la Tunisie absente du top 100, un seul pays africain représenté

11. September 2026 um 15:04

La Tunisie ne figure pas parmi les 100 principaux pôles d’innovation recensés en 2026 par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Dans ce classement qui mesure les concentrations géographiques d’inventeurs, de chercheurs et d’investissements en capital-risque, un seul cluster africain apparaît. Il s’agit du Caire, classé 86e à l’échelle mondiale.

Le constat est d’autant plus notable que le classement de l’OMPI ne cherche pas simplement à mesurer la capacité d’innovation d’un pays. Il identifie les territoires où se concentrent les activités qui alimentent les écosystèmes d’innovation, à partir notamment des demandes internationales de brevets, des publications scientifiques et des opérations de capital-risque. La présence ou l’absence d’un pays dans ce top 100 doit donc être lue à travers cette logique de concentration géographique.

À l’échelle mondiale, les écarts sont considérables. Le classement 2026 est dominé par Shenzhen-Hong Kong-Guangzhou, suivi de Tokyo-Yokohama et de San Jose-San Francisco. Séoul et Pékin complètent le top 5. La Chine compte à elle seule 25 clusters parmi les 100 premiers, devant les États-Unis avec 20.

Pour l’Afrique, la situation est beaucoup plus limitée. Le Caire est le seul cluster du continent à franchir le seuil du top 100, avec une 86e position. L’Égypte dispose ainsi d’un pôle suffisamment dense pour apparaître dans ce classement mondial, alors qu’aucun cluster tunisien n’y est recensé.

Cette absence ne signifie toutefois pas que la Tunisie est exclue du Global Innovation Index dans son ensemble. Le classement des clusters constitue un indicateur distinct, centré sur la concentration territoriale de l’innovation. Il ne doit donc pas être confondu avec le classement général des économies du GII.

Reste que le signal est intéressant pour la Tunisie. Dans une économie où plusieurs pôles universitaires, technologiques et industriels existent, aucun territoire ne rassemble encore suffisamment de brevets internationaux, de publications scientifiques et de financements privés pour apparaître parmi les 100 principaux clusters mondiaux recensés par l’OMPI.

 

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Next Wave Fund : Google et Kickstarter à la recherche des prochaines pépites tech africaines

11. September 2026 um 13:58

Le programme Next Wave Fund a ouvert les candidatures pour les jeunes entreprises technologiques africaines, avec une échéance fixée au 30 septembre.

Porté conjointement par Google et Kickstarter, le dispositif cible en priorité les projets liés au matériel, aux logiciels et au jeu vidéo, trois familles de produits jugées particulièrement adaptées au financement participatif.

Un accompagnement qui va au-delà du chèque

Au-delà des 10 000 dollars promis à chaque projet retenu sous forme d’engagement de financement, c’est tout un écosystème de soutien qui s’active autour des lauréats.

Grow with Google met à disposition ses coachs pour des ateliers pratiques, complétés par un accès gratuit au certificat professionnel Google AI, de quoi armer les fondateurs sur les compétences numériques les plus demandées du moment.

Kickstarter, de son côté, mobilise son équipe Design & Technology pour affiner le positionnement des campagnes avant leur lancement, et ouvre les portes de sa communauté d’entrepreneurs aux nouveaux inscrits.

Les projets qui tirent le mieux leur épingle du jeu pourront ensuite viser un accélérateur Google pour poursuivre leur croissance. Les candidatures doivent être déposées directement sur la plateforme Kickstarter dédiée à cette initiative.

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