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La Goulette accueille les premiers vacanciers de la diaspora tunisienne

18. Juni 2026 um 09:10

La saison du retour des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) s’ouvre officiellement ce jeudi 18 juin 2026 avec le départ de la première traversée estivale de la Compagnie tunisienne de navigation (CTN) depuis le port de Marseille à destination de La Goulette.

Le ferry Tanit, qui a quitté le port français ce jeudi, transporte à son bord près de 1300 passagers et 660 véhicules. Son arrivée au port de La Goulette est prévue vendredi 19 juin à 10 heures. Marquant ainsi le coup d’envoi de l’opération estivale de retour des membres de la diaspora tunisienne pour les vacances d’été.

La directrice de l’exploitation des navires de transport de passagers à la CTN, Aïda Adouani, a indiqué que l’ensemble des préparatifs nécessaires a été finalisé. Et ce, afin d’assurer les meilleures conditions d’accueil et de transport. Elle a précisé qu’un important dispositif humain a été mobilisé pour accompagner les voyageurs tout au long de leur traversée et leur garantir les services requis.

Une forte affluence attendue cet été

La CTN prévoit une activité particulièrement soutenue durant la saison estivale 2026, portée par l’augmentation du nombre de Tunisiens établis à l’étranger choisissant de passer leurs vacances au pays.

Le ferry Tanit, principal navire affecté à cette mission, dispose d’une capacité d’accueil de 3200 passagers et de 1060 véhicules. Durant la haute saison, quelque 220 marins et agents spécialisés, répartis entre les équipes de navigation, d’hôtellerie et de services, sont mobilisés à bord afin d’assurer le confort des voyageurs.

Le navire offre également plusieurs équipements et prestations destinés à améliorer les conditions de voyage des familles et des passagers effectuant la traversée entre l’Europe et la Tunisie.

Un programme renforcé pour l’été 2026

Le programme estival de la CTN s’étend du 15 juin au 15 septembre 2026. Il comprend 149 traversées maritimes assurées par les ferries Tanit et Carthage, contre 145 traversées durant la même période en 2025.

À la mi-juin, la compagnie avait déjà enregistré près de 150 000 réservations et table sur plus de 200 000 réservations d’ici la fin de la saison.

Pour répondre à la demande croissante, la CTN a porté sa capacité globale à 433 400 passagers et 126 600 véhicules, contre respectivement 422 400 passagers et 123 600 véhicules l’an dernier.

Le programme des traversées prévoit 82 rotations sur la ligne Marseille–Tunisie et 67 sur la ligne Gênes–Tunisie. Il comprend également huit dessertes via le port de Zarzis, dont cinq sur la liaison Marseille–Zarzis, deux sur la ligne Gênes–Zarzis et une traversée Zarzis–Gênes.

À travers ce dispositif renforcé, la compagnie entend faciliter les déplacements des Tunisiens résidant à l’étranger et accompagner l’importante affluence attendue durant les mois d’été.

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Extension de l’aéroport Tunis-Carthage : un choix stratégique qui interroge

Le gouvernement tunisien a officiellement tranché concernant l’avenir de l’Aéroport international de Tunis-Carthage. Il a dévoilé hier son projet d’extension, sans toutefois aborder la nature de son financement.

La décision annoncée officiellement hier en conseil des ministres a clarifié une fois pour toutes les grandes orientations de l’Etat pour ce qui concerne le futur de l’aéroport Tunis-Carthage, première porte d’entrée dans le pays par voie aérienne avec 60 % du trafic tous aéroports confondus.

Il n’y aura donc pas de nouvel aéroport à construire comme cela avait été évoqué, de même que l’option de délocalisation vers l’Aéroport international d’Enfidha-Hammamet n’est de toute évidence plus à l’ordre du jour.

Le schéma retenu est celui d’une extension des infrastructures existantes avec la réalisation d’un nouveau terminal d’une capacité de 11,5 millions de passagers, portant la capacité globale à 18,5 millions (contre une surcapacité de 7,2 de voyageurs actuellement) en plus de la rénovation de l’actuel terminal pour porter sa capacité à 7 millions de passagers.

Une orientation qui, si elle répond de toute évidence à une logique budgétaire évidente, soulève néanmoins plusieurs interrogations de fond.

Une décision avant tout économique ?

Tout porte à croire que le choix retenu repose essentiellement sur des considérations financières et des impératifs de rationalisation des dépenses publiques. L’extension apparaît comme la solution la moins coûteuse à court terme.

Mais cette approche privilégie-t-elle une vision stratégique à long terme ? Certains observateurs estiment que les conséquences des arbitrages actuels risquent d’être reportées sur les générations futures, notamment si le choix arrêté s’avérait inadapté.

Les professionnels du tourisme laissés en marge : Autre point sensible : l’absence de consultation élargie des acteurs du tourisme et du voyage. Les professionnels du secteur, en première ligne avec leurs partenaires internationaux et leurs clients, disposent pourtant d’une lecture fine des tendances du marché, des attentes des compagnies aériennes et de l’évolution des flux touristiques.

Leur expertise aurait pu enrichir le débat stratégique autour d’une consultation appelée à fixer les enjeux de compétitivité de la destination Tunisie.

La question de la gouvernance et de la qualité de service : Au-delà des infrastructures, plusieurs voix s’interrogent sur les méthodes de gestion actuelles au sein de l’aéroport. Les critiques portent notamment sur des processus jugés peu flexibles et insuffisamment orientés vers l’expérience passager.

Sans réforme structurelle de la gouvernance et des pratiques opérationnelles, une extension physique suffira-t-elle à améliorer la qualité de service ?

L’angle mort de la législation aérienne : Peu de débats publics ont également porté sur le cadre réglementaire de l’aviation civile. Or, la législation actuelle impose encore des restrictions notamment sur les droits de trafic, un facteur déterminant dans l’attractivité d’une plateforme aéroportuaire.

Le dossier de l’Open Sky semble par ailleurs avoir été relégué au second plan, alors même qu’une clause prévoit que l’aéroport de Tunis-Carthage bénéficie d’une période de « protection » de cinq ans. Une situation qui continue d’alimenter les interrogations sur la stratégie d’ouverture du ciel tunisien.

Et le rôle de Tunisair dans cette nouvelle configuration ?

La question de l’adaptation de l’aéroport aux besoins spécifiques de la compagnie nationale, Tunisair, demeure également posée. Le futur terminal a-t-il été pensé comme un véritable levier de croissance pour son trafic, avec des infrastructures alignées sur la nature de son réseau et ses ambitions de développement ?

La réponse à cette question sera déterminante pour la compétitivité de la compagnie et, par extension, pour le positionnement régional de Tunis.

Les riverains face à l’augmentation du trafic

Enfin, un point majeur semble peu abordé : l’impact sur les habitants de Tunis et des zones limitrophes. Les quartiers des Berges du Lac, de La Soukra ou encore de l’Ariana, situés dans le périmètre aéroportuaire et sous les axes de servitude aéronautique (couloirs d’approche et de décollage), pourraient voir les nuisances sonores s’intensifier proportionnellement à l’augmentation du mouvement des avions.

Les riverains ont-ils été consultés ? Des mesures d’atténuation sont-elles prévues dans les plans futurs ? L’argument stipulant que les avions sont moins bruyants évoqués par certains est particulièrement maigre.

Une vision à clarifier

L’extension de l’aéroport Tunis-Carthage constitue indéniablement un choix structurant pour l’avenir du transport aérien tunisien. Mais au-delà des chiffres et des capacités annoncées, c’est une vision globale qui est attendue : gouvernance modernisée, cadre réglementaire adapté, intégration des besoins des compagnies, concertation avec les professionnels et prise en compte des impacts environnementaux.

Car un aéroport n’est pas seulement une infrastructure. C’est un outil stratégique au service d’un pays, de son économie et de ses citoyens. Et dans ce dossier, à l’heure où cet article est publié, aucune information n’a filtré sur le budget consacré et sur sa provenance. L’information officielle s’est limitée à indiquer que le projet entre dans le cadre du Plan de développement 2026-2030.

©Destination Tunisie

 

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