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CTN : pas de hausse des tarifs depuis 2019

20. Juni 2026 um 09:36

Le président-directeur général de la Compagnie tunisienne de navigation (CTN), Hbib Krimi, a affirmé que l’entreprise n’a procédé à aucune augmentation de ses tarifs de transport maritime depuis 2019. Selon lui, les hausses constatées par certains passagers s’expliquent principalement par l’évolution des taxes et redevances appliquées au secteur, et non par une révision des prix de base pratiqués par la compagnie.

Le responsable a précisé que ces surcoûts concernent notamment les taxes portuaires, les frais de carburant ainsi que les redevances liées aux émissions de dioxyde de carbone. Ces charges, introduites progressivement ces dernières années, résultent d’exigences et de réglementations internationales en matière de transport maritime. Il a ajouté que la CTN intègre ces différents éléments de manière transparente et détaillée dans le prix final affiché sur les billets.

Ces précisions ont été apportées lors d’une séance d’évaluation consacrée au suivi du retour des Tunisiens résidant à l’étranger durant la saison estivale 2026, organisée à l’occasion de l’ouverture de la saison sur le navire « Tanit ». La rencontre s’est tenue en présence de députés de l’Assemblée des représentants du peuple et du Conseil national des régions et des districts, ainsi que de représentants du ministère du Transport, de la CTN, de la police des frontières et des étrangers, de la douane tunisienne, de l’Office des Tunisiens à l’étranger, de l’Office de la marine marchande et des ports, de la Société tunisienne de chargement et de déchargement, en plus de plusieurs journalistes.

Répondant aux critiques relatives au niveau des prix, Hbib Krimi a souligné que la CTN veille à maintenir un niveau de qualité élevé à bord de ses navires « Tanit » et « Carthage », ce qui se répercute inévitablement sur les coûts d’exploitation. Il a rappelé que les traversées maritimes engendrent des dépenses importantes, notamment en carburant, en frais d’accostage, ainsi qu’en services de pilotage et de remorquage des navires.

Concernant la politique commerciale, le dirigeant a indiqué que la compagnie propose plusieurs formules tarifaires préférentielles, dont les offres « Famille », « Jasmin » et « Sidi Bou Saïd ». Ces réductions peuvent atteindre jusqu’à 40 % en cas de réservation anticipée. Des avantages spécifiques sont également accordés aux familles, en particulier celles composées de quatre membres ou plus.

Hbib Krimi a, par ailleurs, encouragé les membres de la diaspora tunisienne à recourir à la réservation anticipée afin de bénéficier des meilleurs tarifs, rappelant que la CTN ouvre ses ventes chaque année au mois de décembre. Il a indiqué que le premier jour d’ouverture des réservations pour la saison en cours a enregistré près de 40 000 transactions, permettant à leurs auteurs de profiter des tarifs promotionnels.

Enfin, dans le cadre de sa stratégie de rapprochement avec les Tunisiens résidant à l’étranger, le responsable a souligné que la CTN dispose actuellement de bureaux à Marseille, Gênes et Paris, afin de renforcer sa présence à l’international et d’améliorer la qualité des services offerts aux passagers.

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Hausse surprise des tarifs des musées en Tunisie : les agences de voyage prises de court

Publiée au Journal officiel à la veille de son entrée en vigueur, la hausse des tarifs d’accès aux musées et sites archéologiques en Tunisie a pris de court les agences de voyage. Liées par des contrats conclus parfois un an à l’avance, elles se retrouvent aujourd’hui contraintes d’en assumer le surcoût.

Ce n’est pas un poisson d’avril bien que la mesure entre en vigueur le 1er avril 2026. Les tarifs d’entrée aux sites archéologiques et musées en Tunisie ont subi une augmentation substantielle. Une décision conjointe du ministère de la Culture et celui des Finances aussi soudaine qu’inattendue parue au Journal officiel le 31 mars et qui a immédiatement suscité la réaction des professionnels du tourisme.

En première ligne, les agences de voyage qui regrettent une mesure prise sans concertation et surtout sans délai d’adaptation. « La plupart des agences tunisiennes qui intègrent les musées et sites dans leurs programmes élaborent leurs offres et signent leurs contrats avec les tour-opérateurs étrangers près d’un an à l’avance », explique un professionnel du secteur.

Conséquence directe : les tarifs étant déjà fixés et commercialisés auprès des clients finaux, les agences se retrouvent aujourd’hui dans l’impossibilité de répercuter la hausse. « Les voyageurs ont réservé sur la base des anciens prix. Le différentiel devra être supporté par les agences tunisiennes », précise-t-il, évoquant un impact financier immédiat.

Une hausse jugée brutale malgré son principe admis

Si le principe d’une revalorisation tarifaire n’est pas contesté, sa mise en œuvre fait débat. « Une augmentation était inévitable, mais elle aurait dû s’accompagner d’une amélioration des services, d’un meilleur entretien des sites et d’une stratégie progressive », estime ce même interlocuteur.

Plus encore, la méthode interroge. « Une décision de cette nature aurait dû être anticipée, étalée dans le temps et surtout concertée avec les fédérations du tourisme et les agences de voyage, qui représentent la principale source de revenus de l’Agence de mise en valeur du patrimoine. Ce n’est pas de la gouvernance, c’est de la précipitation, voire une forme de brutalité », tranche-t-il.

Une réforme tarifaire en deux étapes

La nouvelle grille tarifaire s’applique en deux temps : une première augmentation entrée en vigueur le 1er avril 2026, suivie d’une seconde au 1er janvier 2027.

Les tarifs sont désormais fixés comme suit :
-Catégorie A : 30 DT en 2026, puis 45 DT en 2027
-Catégorie B : 20 DT, puis 30 DT
-Catégorie C : 10 DT
-Catégorie D : 8 DT
-Catégorie E : 5 DT

Un tarif réduit de 1 dinar est maintenu pour les enfants de moins de 12 ans accompagnés ainsi que pour les étudiants individuels.

Le billet combiné donnant accès au Musée national du Bardo et aux sites de Carthage est désormais proposé à 45 dinars en 2026 et 70 dinars en 2027, avec une augmentation annuelle de 5 % à partir de 2028.

Reclassification des sites majeurs à l’horizon 2028

À compter du 1er janvier 2028, plusieurs hauts lieux du patrimoine tunisien, dont Carthage, Kairouan et l’amphithéâtre d’El Jem, seront reclassés en catégorie A, entraînant une nouvelle hausse mécanique des tarifs.

Des mesures d’accompagnement limitées

Des tarifs préférentiels sont maintenus pour les Tunisiens, les résidents étrangers et les visiteurs individuels du Maghreb arabe, avec des prix variant entre 4 et 9 dinars selon les sites.

La gratuité reste applicable le premier dimanche de chaque mois, les jours fériés ainsi que les 18 avril et 18 mai.

Par ailleurs, les agences de voyage pourront bénéficier d’une ristourne de 10 %, à condition d’atteindre un chiffre d’affaires annuel de 20 000 dinars dès 2026, puis 30 000 dinars à partir de 2027.

Au-delà des ajustements tarifaires, c’est donc la question de la gouvernance et de la concertation qui est posée. Dans un secteur où l’anticipation est clé, cette décision « tombée du jour au lendemain » risque de perturber les programmes déjà signés entre les acteurs du tourisme en Tunisie et leurs partenaires internationaux, qu’il s’agisse de tour-opérateurs ou des compagnies de croisières qui élaborent leurs programmes et rendent publics leurs tarifs sur toute une saison, voire même par anticipation sur l’année suivante.

©Destination Tunisie

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