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Nos sorties sont gâchées : Tunis est-elle devenue invivable ?

Von: farhat
25. Oktober 2026 um 09:21

A Tunis et dans ses quartiers avoisinants, les conditions de vie sont de plus en plus compliquées, et chacun y va de son grief. A part les travaux interminables et les déchets qui jonchent les trottoirs et attirent chats et chiens errants, les citadins se plaignent du bruit de la circulation et du non-respect des signalisations routières. Le visiteur de la capitale en vue de faire des courses ou d’accomplir une quelconque formalité administrative, soit seul ou accompagné de sa famille, en voiture ou à pied, est surtout hanté par un sentiment d’insécurité. En effet, sa sortie est gâchée au moins par trois choses : les mendiants, les gardiens informels de voitures et les vendeurs à la sauvette.

Les adultes d’aujourd’hui se rappellent encore Tunis d’antan, la capitale d’il y a vingt ou trente ans. C’était une ville où il faisait bon vivre. Les gens se promenaient sur l’Avenue Habib Bourguiba en toute sécurité. Les voitures circulaient sans problème et se garaient sans souci d’être prises au guet-apens par les sabots. Les couples pouvaient déambuler tranquillement sans être toisés de haut en bas par les badauds. Des filles se promenaient toutes seules sans avoir peur d’être agressées ou volées par des bandes d’énergumènes. On pouvait prendre le bus ou le métro sans bousculades et arriver à destination sans être victime de braquage, de vol à l’arraché ou d’attaque de la part de délinquants.

La capitale, défigurée

Aujourd’hui, passez par la rue d’Espagne, la rue Al Jazira et la Place Barcelone, vous ne serez que déçu par les vendeurs à la sauvette qui étalent leurs marchandises sur et tout au long des trottoirs, empêchant ainsi les piétons de se déplacer sans gêne. Là, vous ne serez pas surpris d’entendre de gros mots proférés par ces vendeurs, même quand vous êtes accompagné de vos enfants ou de votre sœur ou femme et vous serez le témoin parfois d’une bagarre qui éclaterait entre les commerçants et les clients. «J’avoue que je n’ai jamais mis les pieds à Tunis, nous a confié Si Mahmoud, 60 ans, habitant d’Hammam-Lif. Tunis s’est tellement enlaidie et dégradée qu’elle est devenue invivable. Pourtant, je suis encore émerveillé par sa beauté d’antan !»

Les automobilistes le remarquent chaque jour et à tout moment de la journée sur la route reliant Tunis à la Marsa : des bandes de mendiants (hommes, enfants, femmes) qui se mobilisent à longueur de journée à proximité des feux de signalisation et aux croisements et qui surgissent de toutes parts pour vous demander l’aumône. D’autres vous proposent d’acheter des papiers-mouchoirs ou d’essuyer votre pare-brise. Et dire qu’ils sont très insistants et souvent agaçants, au cas où ils n’obtiendraient pas d’argent. Tout cela est sans nul doute gênant pour quelqu’un qui, pour se rendre de la Marsa à Tunis ou inversement, doit rencontrer plusieurs fois ces mendiants chaque fois qu’il s’arrête au feu rouge.

Et ces gardiens de voitures informels, souvent des ratés ou des repris de justice que vous rencontrez partout et qui s’occupent de la sécurité de votre voiture moyennant une somme d’argent qu’ils fixent eux-mêmes et que vous ne pouvez jamais leur refuser. Autrement, vous serez accablé d’injures et couvert d’insultes.

«Tunis a vraiment perdu son âme d’antan, nous a déclaré Mohamed, un retraité de la fonction publique, habitant de la banlieue-nord, et depuis que je suis parti à la retraite, il y a plus de cinq ans, je ne me suis jamais rendu à Tunis. Ni les gens ni l’atmosphère ne sont restés les mêmes. Ce n’est plus un plaisir de se promener à Tunis, c’est devenu une ville étouffante, stressante et insupportable !»

Trottoirs squattés et piétons déroutés

Quiconque peut constater que les trottoirs de nos villes sont dans un état lamentable ! Dans nos villes, grandes et petites, les trottoirs, qui sont censés garantir la sécurité et le confort des piétons, sont souvent mal aménagés, occupés illégalement par les terrasses des cafés et envahis par des commerçants informels. On remarque que plus de 50% des trottoirs ne sont pas utilisables par les piétons, ce qui pose un problème de sécurité majeur. De même, la marche sur le trottoir est devenue presque impossible dans plusieurs artères. En effet, plusieurs piétons affirment avoir été victimes d’au moins une chute à cause des trottoirs fissurés et inégaux. Au lieu de se sentir en sécurité en marchant sur le trottoir, les piétons doivent faire attention en permanence au risque de glisser dans un trou ou de se tordre la cheville et de faire une chute terrible.

Cette situation a toujours suscité des critiques assez vives de la part des usagers et même des responsables, mettant l’accent sur l’occupation illégale de ces espaces publics. Si l’État, dit-on, autorise parfois l’usage temporaire de certaines portions de trottoirs par des commerçants, cela doit être sous des conditions strictes visant à garantir la sécurité des piétons. Or même les espaces autorisés par la municipalité sont parfois étendus en s’appropriant quelques mètres carrés de plus. Les conséquences de cette pratique anarchique sont nombreuses et potentiellement dangereuses, particulièrement pour les enfants, les personnes à mobilité réduite et les non-voyants. Tout cela ne peut être que trop gênant pour le citoyen circulant seul ou accompagné de sa famille dans les artères de la capitale.

Hechmi KHALLA1DI

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Sciences humaines et culture : un enjeu de souveraineté intellectuelle

Von: farhat
25. Oktober 2026 um 08:33

Par Ahmed NEMLAGHI

La tenue à Tunis du colloque international «Maghreb global : Histoires croisées et perspectives interdisciplinaires», du 26 au 29 octobre 2026, offre l’occasion de souligner la place des sciences humaines et de la culture dans la construction de la pensée nationale. Dans un monde marqué par les mutations géopolitiques, les tensions identitaires et les recompositions sociales, la connaissance de l’histoire, la valorisation du patrimoine et la liberté de la recherche constituent des leviers essentiels pour comprendre le présent et préparer l’avenir.

Le Maghreb ne peut être appréhendé uniquement à travers ses frontières, ses échanges économiques ou ses relations diplomatiques. Il est aussi une histoire, un espace de circulation des idées, un patrimoine linguistique et culturel, ainsi qu’un ensemble de sociétés façonnées par des rencontres, des ruptures et des expériences communes. C’est cette réalité complexe que le colloque international «Maghreb global : Histoires croisées et perspectives interdisciplinaires» entend explorer, en réunissant des chercheurs autour de la sociologie, de l’histoire, de la littérature et de l’ethnomusicologie.

Organisée du 26 au 29 octobre à Tunis, dans plusieurs institutions universitaires et scientifiques, cette rencontre s’inscrit dans une démarche qui dépasse les frontières disciplinaires. Elle invite à étudier le Maghreb dans ses interactions avec le monde, sans réduire son histoire à une succession d’influences extérieures ni négliger les dynamiques propres à ses sociétés.

Cet événement permet également de rappeler l’importance stratégique des sciences humaines et de la culture dans toute politique de développement qui place l’être humain, son identité et sa capacité de réflexion au centre des préoccupations nationales.

L’histoire, la sociologie, la littérature et les autres disciplines des sciences humaines ne constituent pas un simple complément aux sciences exactes ou aux politiques économiques. Elles permettent de comprendre les mécanismes sociaux, les transformations des mentalités, les rapports de pouvoir, les mobilités humaines et les évolutions culturelles qui façonnent les sociétés.

Le programme du colloque illustre cette richesse. Les échanges consacrés aux circulations intellectuelles et migratoires entre les deux rives de la Méditerranée, aux frontières et aux espaces de transit, aux relations diplomatiques entre le Maghreb et l’Europe avant 1830, ou encore aux mémoires musicales de la région, montrent combien l’histoire du Maghreb est faite d’interactions et de trajectoires multiples.

Les réflexions sur les désenchantements postcoloniaux, la condition des femmes en Tunisie et les nouvelles formes d’engagement culturel sur les réseaux sociaux témoignent, quant à elles, de la volonté d’interroger les réalités contemporaines à partir d’outils scientifiques diversifiés.

Une telle approche permet de mieux saisir les défis actuels. Les migrations, les inégalités, les mutations du travail et les transformations des identités ne peuvent être comprises à travers les seuls indicateurs économiques. Elles nécessitent également une analyse des représentations, des mémoires collectives et des expériences vécues.

En encourageant le dialogue entre les disciplines, la recherche contribue ainsi à éclairer les choix publics et à nourrir une réflexion plus approfondie sur les transformations de la société tunisienne et de son environnement régional.

La culture, une composante de la souveraineté nationale

La politique de souveraineté défendue par le président de la République, Kaïs Saïed, s’inscrit dans une conception de l’indépendance qui ne se limite pas aux dimensions territoriale, politique ou économique. Elle renvoie également à la capacité d’un peuple à connaître son histoire, à préserver son patrimoine et à produire sa propre pensée.

La souveraineté intellectuelle suppose, en effet, que la Tunisie dispose des moyens nécessaires pour étudier ses réalités, valoriser ses ressources culturelles et participer aux débats internationaux sans renoncer à ses spécificités. Elle ne signifie ni le repli ni le refus des échanges avec les chercheurs étrangers. Elle implique plutôt de prendre part à ces échanges sur la base d’une connaissance solide de soi et d’une capacité à dialoguer avec les autres.

Dans cette perspective, les universités, les centres de recherche, les bibliothèques, les institutions culturelles et les espaces de création jouent un rôle essentiel. Ils contribuent à former des citoyens capables de réfléchir, de confronter les idées et de comprendre les enjeux de leur époque.

Il convient toutefois de distinguer les orientations politiques générales des mesures concrètes prises en faveur de la recherche et de la culture. La tenue d’un colloque international à Tunis témoigne du dynamisme de réseaux universitaires et scientifiques, mais ne suffit pas, à elle seule, à établir l’existence d’une politique publique particulière. L’intérêt accordé aux sciences humaines doit également être évalué à l’aune des moyens alloués à la recherche, des conditions de travail des universitaires, de la diffusion des connaissances et de la place effective de la culture dans les politiques publiques.

L’un des intérêts de cette rencontre réside dans la diversité des thèmes abordés. La littérature, la musique, les migrations et les mémoires historiques y sont envisagées comme des éléments vivants, qui continuent d’influencer les sociétés contemporaines.

L’étude des mémoires musicales du Maghreb, par exemple, rappelle que le patrimoine ne se réduit pas aux monuments ou aux archives. Il comprend aussi les traditions orales, les pratiques artistiques, les langues et les expressions populaires qui transmettent une mémoire collective d’une génération à l’autre.

De même, les réflexions sur la condition des femmes, les solidarités transcoloniales ou les formes contemporaines d’engagement culturel invitent à examiner les héritages du passé sans les considérer comme immuables. La connaissance historique devient alors un moyen de mieux comprendre les continuités, mais aussi les ruptures et les évolutions qui traversent les sociétés.

La rencontre culturelle prévue à la librairie Carthage Fahrenheit 451, autour du thème «Méditerranées par-delà les naufrages : la poésie comme horizon hospitalier», prolonge cette démarche. En donnant une place à la poésie et à la création, elle rappelle que la culture peut ouvrir des espaces de dialogue là où les frontières politiques, les conflits et les drames humains tendent à séparer les peuples.

L’art n’efface pas les difficultés du monde, mais il permet de les exprimer, de les questionner et de faire émerger d’autres formes de compréhension.

Faire de la recherche un investissement d’avenir

Pour que les sciences humaines jouent pleinement leur rôle, leur reconnaissance doit s’accompagner d’un soutien durable. Les colloques internationaux favorisent la circulation des idées et la constitution de réseaux scientifiques, mais leurs acquis doivent pouvoir se prolonger au-delà des quelques jours de rencontre.

Cela suppose de renforcer les liens entre universités et centres de recherche, d’encourager les jeunes chercheurs, de faciliter l’accès aux publications scientifiques et de favoriser la diffusion des travaux auprès du grand public. Les résultats de la recherche doivent pouvoir nourrir l’enseignement, éclairer les débats de société et contribuer à l’élaboration de politiques publiques mieux adaptées aux réalités du pays.

La coopération avec des institutions françaises et allemandes ainsi qu’avec des universités étrangères, peut enrichir cette dynamique. Elle offre aux chercheurs tunisiens des possibilités de dialogue, de comparaison et de partage d’expériences. Pour être pleinement bénéfique, cette coopération doit reposer sur la réciprocité, la reconnaissance des compétences locales et la capacité des institutions tunisiennes à définir leurs propres priorités scientifiques.

La culture et la recherche ne sont donc pas des dépenses accessoires, à considérer uniquement lorsque les circonstances économiques le permettent. Elles constituent un investissement dans la formation, l’esprit critique, la cohésion sociale et le rayonnement international de la Tunisie.

Pour une souveraineté qui se nourrit du savoir

Le colloque «Maghreb global» rappelle, par la diversité de ses thèmes et de ses participants, que la compréhension du monde contemporain exige de croiser les regards et de dépasser les approches cloisonnées. En étudiant les circulations humaines, les héritages coloniaux, les pratiques culturelles et les transformations sociales, les chercheurs contribuent à mieux situer le Maghreb dans son histoire et dans les évolutions mondiales.

Pour la Tunisie, l’enjeu est de consolider un environnement dans lequel la recherche, la pensée critique et la création culturelle disposent des moyens de se développer. La souveraineté nationale gagne en profondeur lorsque le pays est capable de produire des connaissances sur lui-même, de préserver la richesse de son patrimoine et de participer activement aux débats intellectuels internationaux.

L’intérêt porté par le président de la République aux questions de souveraineté et d’identité nationale peut trouver, dans la valorisation des sciences humaines et de la culture, un prolongement essentiel. Mais ce prolongement doit se traduire par des politiques concrètes, un soutien aux institutions scientifiques et culturelles ainsi que par une diffusion plus large des savoirs.

Car une nation ne se construit pas seulement par ses infrastructures, ses ressources et ses choix économiques, elle se construit aussi par sa mémoire, sa culture, ses chercheurs et sa capacité à penser librement son avenir. C’est dans cette articulation entre savoir, identité et ouverture sur le monde que la Tunisie peut renforcer durablement son rayonnement intellectuel et culturel.

 

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Accidents scolaires : les cas augmentent d’une année à l’autre 

Von: tmps
24. Oktober 2026 um 08:32

Les accidents au sein de nos établissements scolaires ne cessent d’augmenter d’une année à l’autre. Les données spécifiques aux accidents scolaires en Tunisie ne sont pas directement disponibles dans les résultats immédiats, mais les accidents scolaires peuvent être inclus dans les statistiques plus larges des accidents survenus à l’école ou des accidents de la route impliquant des enfants.

Plusieurs types d’accidents scolaires peuvent avoir lieu et les causes de ces accidents sont multiples. On enregistre chaque année des cas de chute (plus de 50%). Ces chutes surviennent principalement dans la cour de récréation, lors des activités sportives (EPS) ou dans les escaliers. Il y a aussi les chocs et les blessures souvent causés par la manipulation d’objets tranchants ou des collisions involontaires entre élèves. Les actes de violence perpétrés parmi les élèves sont souvent à l’origine d’un préjudice quelconque. Que faire pour arrêter de tels accidents ?

Des accidents et des préjudices 

C’est que les accidents scolaires demeurent toujours un problème préoccupant. En effet, il ne se passe pas un jour sans qu’il y ait des chutes accidentelles lors de la récréation ou pendant les séances d’éducation physique ou encore lors des bousculades à l’entrée, à la sortie ou dans les escaliers. Parfois même, des blessures, des fêlures, des fractures, des entorses, des lésions ou des traumatismes peuvent s’avérer lors d’une dispute qui éclate souvent entre les élèves, à l’intérieur ou devant l’école. D’ailleurs, les actes de violence dans nos établissements ne sont pas à démontrer.

Selon les directeurs de ces établissements scolaires, ces accidents peuvent surgir à tout moment. Outre les accidents corporels provoqués volontairement par des actes de violence, il y a ceux qui surviennent intentionnellement à cause d’un manque d’entretien de l’infrastructure de l’école : marches d’escaliers cassées et non réparées, couloirs non dallés, vitres brisées, terrain de sport caillouteux ou tortueux, manque ou insuffisance d’éclairage pendant la sortie à 18h… Parfois, les travaux et les chantiers en cours dans les passages et les couloirs destinés aux élèves peuvent provoquer des accidents chez certains élèves peu attentifs, ainsi que le manque de vigilance des surveillants supposés surveiller les élèves pendant la rentrée et la sortie et lors de la récréation… Quelle que soit l’origine de ces accidents, il y a toujours des préjudices subis par l’élève accidenté. En effet, un accident pourrait perturber la scolarité de l’élève qui se retrouve souvent obligé de rater quelques cours suite à d’éventuelles absences ou aux différentes visites qu’il devrait effectuer à l’hôpital ou à la clinique dans les jours qui suivent l’accident. 

Prise en charge

L’on sait que, lors de son inscription, tout élève ou tout étudiant doit payer une somme d’argent au début de chaque année scolaire ou universitaire, à titre d’assurance pour se prémunir contre d’éventuels accidents. En Tunisie, c’est la MASU (Mutuelle Assurance Scolaire et Universitaire) qui assume la prise en charge des personnes accidentées dans les établissements scolaires et universitaires en leur fournissant les soins et le suivi médical nécessaires. La MASU s’engage à payer tous les frais, à condition que l’accident soit déclaré immédiatement par le chef d’établissement où l’accident a eu lieu. Or, ce n’est pas toujours le cas, car la plupart des élèves accidentés sont soignés dans l’établissement par les moyens du bord si le cas est jugé sans gravité. De même, certains parents, avisés immédiatement par le chef d’établissement, préfèrent prendre leur enfant dont l’état est jugé critique pour le soigner à leurs frais chez un médecin, évitant ainsi les tracasseries des procédures administratives, car ils doivent remplir des formulaires à adresser à la MASU.

En effet, selon le règlement, il est du devoir de tout directeur d’une institution éducative de faire part des cas d’accidents survenus dans un délai de 7 jours à partir de la date d’accident, moyennant un formulaire de «prise en charge d’accident» qu’il doit remplir en trois exemplaires dont une copie est remise aux parents de l’élève accidenté. Ce formulaire comporte tous les renseignements nécessaires sur l’élève assuré et les circonstances de l’accident. Avant de remettre ce formulaire à la MASU, le directeur doit s’assurer qu’il s’agit bien d’un accident scolaire car, à défaut, la mutuelle n’est pas responsable. Le parent a le choix de soigner son enfant dans les hôpitaux publics ou les cliniques privées. Au cas où l’élève accidenté serait soigné à l’hôpital, il est totalement pris en charge, en vertu d’un accord conclu entre la MASU et le ministère de la Santé publique. S‘il est soigné dans un centre médical privé, une facture des frais doit être fournie, mais l’assuré ne prétend pas à une couverture à 100%, vu que la MASU est une mutuelle et non une société d’assurance. Le remboursement se fait donc sur la base des prix effectués dans les hôpitaux et selon un barème bien déterminé. Voilà pourquoi la plupart des parents n’attendent pas que leur enfant soit pris en charge par la MASU. A quoi servent donc les cotisations versées à cette MASU ?

Recours aux assurances privées

Depuis quelques années, certaines sociétés d’assurance proposent aux parents d’élèves des services en matière de couverture des frais de soins en cas d’accidents scolaires ou extrascolaires, moyennant une cotisation annuelle.  Ainsi, pas mal de parents souscrivent une couverture auprès de ces assurances privées pour leurs enfants encore scolarisés qui pourraient être victimes d’un accident lors des activités scolaires ou extrascolaires. Ce genre d’assurance assure une couverture totale aux enfants (au sein de l’enceinte scolaire, devant l’école, sur le chemin de l’école pendant le trajet aller-retour et même lors des excursions organisées par l’école ou l’université. Il est vrai que ces mêmes parents payent plus pour mieux se rassurer sur la prise en charge de leur progéniture en cas d’accident scolaire. Cependant, de telles assurances ne sont pas à la portée de tous, étant donné que la majorité des élèves fréquentent des écoles publiques et appartiennent à des familles modestes sinon défavorisées, si bien que leurs parents se contentent des services, quoique souvent insatisfaisants, de l’assurance étatique MASU.

Hechmi KHALLADI 



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25 Mds de dinars pour les salaires des fonctionnaires en 2027 : un mammouth difficile à dégraisser

Von: tmps
22. Oktober 2026 um 09:21

L’enveloppe consacrée aux rémunérations des fonctionnaires devrait atteindre le seuil de 25 milliards de dinars en 2027, selon le projet de budget pour le prochain exercice. Cette somme colossale illustre à quel point l’administration publique tunisienne s’apparente à un mammouth, dont la taille et le coût obèrent les équilibres macroéconomiques du pays. La Tunisie compte quelque 692.702 agents de l’État pour une population d’environ 12 millions d’habitants. À titre de comparaison, le Maroc voisin, qui abrite une population près de quatre fois plus nombreuse, ne dénombre que 576.062 fonctionnaires. Ce grand déséquilibre met en lumière une «sur-administration» chronique de l’économie tunisienne, où le secteur public a longtemps joué le rôle de principal employeur de substitution face à un secteur privé atone.

L’hypertrophie des effectifs de l’administration se traduit par une facture salariale colossale qui siphonne à elle seule 46% des recettes fiscales totales de l’État (54,280 milliards de dinars en 2027). Les répercussions sur les finances publiques sont directes et alarmantes. Le déficit budgétaire global devrait ainsi s’établir à 14,615 milliards de dinars, ce qui représente près de 7,8% du PIB. Ce ratio place la Tunisie dans une position particulièrement vulnérable comparativement à ses principaux partenaires économiques : le déficit budgétaire moyen observé chez les partenaires européens de la Tunisie tourne autour de 3,5% du PIB, tandis qu’il se limite à 3,6% au Maroc.

Les diagnostics successifs établis par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale depuis la révolution de 2011 pointent invariablement du doigt les effectifs pléthoriques de l’administration, qui absorbent une part léonine des ressources nationales, tout en offrant un rendement administratif souvent jugé insuffisant au regard des moyens colossaux déployés.

La fonction publique comme soupape de paix sociale

Comment en est-on arrivé à une telle situation ? Depuis la chute du régime de Ben Ali en 2011, les rangs de la fonction publique se sont garnis de plusieurs dizaines de milliers de nouveaux fonctionnaires. En l’absence d’un système performant d’indemnisation du chômage et de filets de sécurité sociale robustes, l’embauche massive dans le secteur public a systématiquement été utilisée par les gouvernements successifs comme une soupape de sécurité pour absorber les tensions sur le marché du travail et calmer les contestations sociales explosives. Cette gestion à court terme a cependant fini par montrer ses limites structurelles. Les recrutements massifs post-révolutionnaires, conjugués à des augmentations de salaires parfois extravagantes accordées à certains corps spécifiques, à l’instar des magistrats ou des forces de sécurité, ont propulsé la masse salariale de l’administration à des hauteurs insoutenables, oscillant entre 13% et 14% du PIB. Pour marquer le contraste, les données montrent que la masse salariale de la fonction publique ne représente que 10% du PIB au Maroc et environ 3,2% en Égypte.

L’asphyxie des investissements et des dépenses sociales

La conséquence inévitable de cette domination écrasante de la masse salariale est l’éviction progressive des ressources réservées aux autres composantes essentielles du budget de l’État. Chaque dinar injecté dans le paiement des salaires des fonctionnaires est un dinar soustrait aux investissements publics productifs. Les chantiers de construction d’infrastructures de transport, d’édification d’établissements scolaires et universitaires, de rénovation des structures sanitaires et de financement de la recherche et du développement se trouvent ainsi complètement sacrifiés ou du moins, sévèrement rationnés.

De surcroît, les dépenses sociales pâtissent directement de cette situation. Les subventions allouées aux produits de base, la prise en charge des dépenses de santé des assurés sociaux et les programmes d’accompagnement en faveur des populations vulnérables et des enfants handicapés subissent des arbitrages budgétaires de plus en plus drastiques. L’État tunisien se retrouve ainsi pris en étau entre des dépenses salariales incompressibles et des besoins sociaux croissants.

 Alléger sans sabrer brutalement les effectifs

Conscient de cette impasse, le gouvernement tunisien a engagé une stratégie minutieuse pour reprendre le contrôle de la masse salariale dans le secteur public, sans recourir à des coupes massives et brutales dans les effectifs ni décréter un gel total et aveugle des salaires qui risquerait de paralyser l’administration.

Dans cette optique, le programme général de majorations salariales a été maintenu, mais aucune hausse sectorielle spécifique ne sera accordée durant la période triennale. Cette discipline tarifaire permettra de limiter la progression des dépenses salariales à environ 4,6% par an, soit un net recul par rapport au rythme effréné de plus de 7% par an enregistré durant la décennie 2012-2021.

La stratégie élaborée par l’Exécutif repose également sur un triptyque : la suspension des recrutements non essentiels, l’encouragement au départ volontaire et le redéploiement interne des surplus d’effectifs. Désormais, seuls les secteurs d’utilité vitale et à forte valeur ajoutée bénéficieront d’autorisations d’embauche au compte-gouttes, tandis que les contrats de prestation de service et de sous-traitance à long terme sont suspendus.

Le programme spécifique de mise à la retraite anticipée avant l’âge légal, qui avait été lancé en 2022, a également été reconduit jusqu’au 31 décembre 2027.

Par ailleurs, l’application de l’arrêté n° 387 qui encadre le redéploiement des fonctionnaires entre les différents départements ministériels et établissements publics administratifs se poursuit activement, tout comme l’octroi de congé spécifique pour la création d’entreprise.

Le pari des autorités est de réussir à transformer la fonction publique tunisienne en une machine plus agile, efficiente et soutenable financièrement, sans compromettre la paix sociale. 

Walid KHEFIFI

 

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Financement durable : face au défi de la transformation du système financier 

Von: tmps
22. Oktober 2026 um 08:33

 Par Ahmed NEMLAGHI

La diversification des sources de financement, le développement du marché financier, la couverture des risques naturels et la promotion de l’investissement durable figurent parmi les orientations retenues pour 2027. À travers ces chantiers, l’enjeu est de mieux mobiliser l’épargne nationale, de faciliter l’accès des PME et des nouveaux entrepreneurs aux financements et d’orienter les ressources vers une économie plus résiliente. 

Une démarche qui rejoint les priorités affichées par le président Kaïs Saïed en matière de justice sociale, de développement équilibré et de valorisation des capacités nationales.

Le document du projet de budget économique pour 2027 accorde une place importante à la modernisation du système financier tunisien. Le renforcement du secteur des assurances, la consolidation du système bancaire et la dynamisation du marché financier y apparaissent comme des leviers complémentaires pour répondre aux besoins de financement de l’économie et soutenir l’investissement productif.

Au-delà des mesures techniques envisagées, cette orientation soulève une question fondamentale : comment faire du système financier un instrument au service du développement national, plutôt qu’un mécanisme dont les ressources profiteraient principalement aux acteurs déjà établis ? La réponse passe notamment par une meilleure répartition des possibilités de financement, une gestion plus rigoureuse des risques et une mobilisation de l’épargne au bénéfice des entreprises, des projets productifs et des initiatives porteuses de valeur ajoutée.

Cette ambition rejoint les orientations économiques défendues par Kaïs Saïed, qui insiste sur la nécessité de concilier création de richesses, justice sociale et réduction des disparités régionales. Encore faut-il que les réformes annoncées se traduisent par des mécanismes accessibles, des investissements effectifs et des résultats mesurables.

Un système financier au service de l’économie réelle

L’un des principaux enjeux du programme envisagé pour 2027 réside dans la complémentarité entre les banques, le marché financier et le secteur des assurances. Ces trois composantes ne répondent pas aux mêmes besoins, mais leur coordination peut contribuer à élargir les possibilités de financement offertes aux entreprises et aux porteurs de projets.

Le crédit bancaire demeure une source essentielle de financement en Tunisie. Toutefois, une dépendance excessive à l’égard du secteur bancaire peut limiter les possibilités des entreprises qui ne disposent pas de garanties suffisantes ou dont les projets présentent des risques élevés. Les jeunes entrepreneurs et les petites et moyennes entreprises sont particulièrement concernés.

Le développement du marché financier pourrait leur offrir des possibilités supplémentaires, tandis que les mécanismes de garantie et les instruments d’assurance contribueraient à mieux répartir les risques liés à l’investissement.

Cette diversification ne consiste donc pas simplement à multiplier les instruments financiers. Elle doit permettre de rapprocher les ressources disponibles des besoins réels de l’économie, en favorisant les activités productives, l’innovation, l’emploi et la création de valeur.

Dans cette perspective, la politique économique défendue par Kaïs Saïed accorde une importance particulière à la nécessité de mettre les ressources nationales au service du développement. L’objectif est de renforcer les capacités du pays à financer ses propres priorités, tout en élargissant les possibilités offertes aux acteurs économiques.

L’assurance, un rempart contre les risques naturels

La préparation d’un projet de loi instituant un système de couverture des catastrophes naturelles constitue l’un des chantiers importants annoncés pour 2027. Elle répond à un besoin économique et social : mieux protéger les ménages, les entreprises et les exploitations agricoles contre les conséquences financières des événements naturels.

Les catastrophes peuvent détruire des infrastructures, compromettre des récoltes, interrompre des activités et fragiliser durablement les revenus. Lorsque les mécanismes de couverture sont insuffisants, les pertes pèsent directement sur les victimes et peuvent nécessiter des interventions publiques coûteuses.

La mise en place d’un dispositif adapté permettrait de mieux répartir ces risques et d’améliorer les capacités de reconstruction. Sa réussite dépendra néanmoins de plusieurs conditions : des règles de fonctionnement claires, une répartition équilibrée des responsabilités, des garanties accessibles et une articulation efficace entre les assureurs et les pouvoirs publics.

La poursuite des travaux techniques relatifs à l’assurance agricole revêt, à cet égard, une importance particulière. L’agriculture reste exposée aux aléas climatiques, dont les effets peuvent compromettre les revenus des exploitants et fragiliser l’approvisionnement du marché intérieur.

Une assurance agricole adaptée pourrait contribuer à sécuriser les investissements, à faciliter l’accès au crédit et à renforcer la résilience des exploitations. Elle devrait toutefois tenir compte de la diversité des structures agricoles et des capacités financières des petits exploitants, afin que le coût des garanties ne devienne pas un obstacle supplémentaire.

Ces mesures rejoignent l’enjeu de souveraineté alimentaire régulièrement mis en avant dans les orientations économiques nationales : protéger la production suppose aussi de protéger ceux qui la rendent possible.

Le financement durable, une nouvelle étape à concrétiser

Le financement durable constitue l’un des volets les plus structurants des orientations annoncées. Il ne s’agit plus seulement de financer des entreprises ou des infrastructures, mais de mieux intégrer les conséquences environnementales et sociales des investissements dans les décisions économiques.

Le document prévoit notamment la mise en place d’un système national d’attribution du label «Entreprise verte ou durable» et la création d’un indice de durabilité au sein de la Bourse de Tunis. Ces deux instruments pourraient contribuer à identifier les entreprises engagées dans des démarches responsables et à rendre leurs efforts plus visibles auprès des investisseurs.

Un label crédible permettrait de mieux distinguer les engagements réels des simples déclarations de communication. Pour remplir cette fonction, il devra reposer sur des critères précis, vérifiables et transparents ainsi que sur des procédures de contrôle adaptées. Sans ces garanties, le risque serait de voir la notion de durabilité perdre sa portée et sa crédibilité.

L’indice de durabilité envisagé à la Bourse de Tunis pourrait, de son côté, améliorer l’information disponible sur les entreprises cotées et favoriser la prise en compte de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans les décisions d’investissement.

L’enjeu est de faire de ces instruments des leviers concrets d’orientation de l’épargne vers des activités plus résilientes, moins exposées aux risques environnementaux et davantage attentives aux conséquences sociales de leur développement.

Cette démarche peut s’inscrire dans une conception du développement qui ne réduit pas la performance économique aux seuls résultats financiers à court terme. La création de richesses doit également être appréciée au regard de sa contribution à l’emploi, à l’équilibre territorial, à la protection des ressources naturelles et à l’amélioration des conditions de vie.

Pour autant, le financement durable ne pourra se développer par la seule création d’un label ou d’un indice boursier. Il nécessitera une mobilisation coordonnée des banques, des assureurs, des investisseurs, des entreprises et des pouvoirs publics ainsi qu’une information fiable sur les risques et les effets des projets financés.

Le marché financier, un levier encore sous-exploité

Le document consacré au projet de budget économique pour 2027 souligne plusieurs limites du marché financier tunisien, notamment le nombre restreint de sociétés cotées et la prédominance du secteur bancaire dans le financement de l’économie.

Le développement de la Bourse de Tunis apparaît dès lors comme un enjeu stratégique. Un marché plus dynamique pourrait permettre aux entreprises de diversifier leurs ressources, de financer leur croissance et de réduire leur dépendance exclusive au crédit bancaire.

Cela suppose d’améliorer le cadre législatif et réglementaire, d’encourager les entreprises à accéder au marché des capitaux et d’élargir la base des investisseurs. La création d’une plateforme numérique dédiée à l’éducation financière répond également à un besoin important : permettre aux épargnants de mieux comprendre les produits disponibles, leurs avantages, leurs risques et les mécanismes de protection existants.

La confiance constitue ici une condition essentielle. Elle dépend de la transparence des opérations, de la qualité de l’information communiquée aux investisseurs et de l’efficacité du contrôle exercé sur les acteurs du marché.

Le renforcement du marché obligataire, le développement des organismes de placement collectif et la diversification des instruments de financement de l’État et des collectivités locales figurent également parmi les pistes envisagées. Ces mécanismes pourraient élargir les possibilités de mobilisation de l’épargne, à condition de préserver une gestion prudente des ressources et de garantir la soutenabilité des engagements financiers.

Le financement des grands projets et des partenariats public-privé pourrait aussi bénéficier d’un marché financier plus développé. Mais cette évolution exige une évaluation rigoureuse des risques, une répartition transparente des responsabilités et une appréciation précise des retombées économiques et sociales attendues.

La modernisation du système financier passe également par la consolidation du secteur bancaire. Le renforcement du contrôle des établissements, le traitement des créances classées et la restructuration des banques à capitaux mixtes et de la Banque de financement des petites et moyennes entreprises figurent parmi les priorités annoncées.

La gestion des créances classées constitue un enjeu majeur, car l’accumulation de crédits difficiles à recouvrer peut réduire la capacité des banques à accorder de nouveaux financements. Une amélioration de leur situation financière pourrait donc contribuer à réorienter davantage de ressources vers les entreprises viables et les projets productifs.

Le développement des services de la Société tunisienne de garantie (SOTUGAR) est également présenté comme un moyen de soutenir l’investissement. Les garanties peuvent faciliter l’accès au crédit des entreprises qui ne disposent pas de sûretés suffisantes, sans pour autant supprimer la nécessité d’évaluer sérieusement la viabilité des projets.

La réussite de ces réformes dépendra ainsi de l’équilibre entre prudence financière et soutien à l’initiative économique. Il s’agit de préserver la stabilité des établissements tout en évitant que les exigences de financement ne deviennent un obstacle systématique pour les PME et les nouveaux entrepreneurs.

De l’annonce des réformes à leur mise en œuvre

Les orientations retenues pour 2027 dessinent les contours d’un système financier appelé à jouer un rôle plus diversifié dans le développement national. La couverture des catastrophes naturelles, l’assurance agricole, la mobilisation de l’épargne, le renforcement du marché des capitaux et la promotion du financement durable répondent à des besoins complémentaires.

Elles rejoignent plusieurs priorités affichées par Kaïs Saïed : renforcer l’autonomie économique, soutenir les activités productives, mieux prendre en compte les besoins sociaux et favoriser un développement plus équilibré. Toutefois, il convient de distinguer les objectifs annoncés des résultats qui restent à obtenir. La portée de ces orientations dépendra de la concrétisation des projets législatifs, de la qualité de leur mise en œuvre et de l’accessibilité réelle des mécanismes créés.

Le défi sera notamment de veiller à ce que le financement durable ne bénéficie pas uniquement aux grandes entreprises capables de supporter les coûts de mise en conformité, mais qu’il puisse également accompagner les PME, les exploitations agricoles et les initiatives implantées dans les régions moins favorisées.

En définitive, la transformation du système financier ne se mesurera pas seulement à la diversité des instruments disponibles ou au volume de l’épargne mobilisée. Elle devra être appréciée à l’aune de sa capacité à financer une économie productive, à protéger les acteurs contre les risques, à soutenir la transition environnementale et à créer des opportunités durables. C’est à cette condition que la finance pourra devenir un véritable instrument de développement au service de la souveraineté économique et du progrès social.

 

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À Nabeul, au cœur du dépistage du cancer du sein

Von: tmps
21. Oktober 2026 um 10:14

En ce mois d’octobre, l’ensemble des établissements hospitaliers se mobilise autour d’un même message : ensemble, plus forts contre le cancer du sein. Détecté à un stade précoce, il offre de très bonnes chances de guérison et permet souvent des traitements moins lourds.

Autopalpation, examen clinique, mammographie selon l’âge et l’avis du médecin : des gestes simples pour agir à temps. Dans la salle d’attente du service d’imagerie médicale, le silence n’est rompu que par le chuchotement des patientes. À l’occasion d’Octobre Rose, la campagne annuelle de sensibilisation au cancer du sein, elles sont des centaines à attendre leur tour pour une mammographie. Ce lieu transitoire concentre à lui seul l’espoir, l’anxiété et la solidarité féminine. A 13h 00, elles étaient 600 patientes au centre cardiologique de Nabeul.

L’atmosphère : une attente partagée

Les chaises en skaï bleu affichent complet. Sur les visages des femmes de tous âges, le programme de dépistage ciblant principalement les 25 à 70 ans, se lit une palette d’émotions. Certaines regardent fixement le sol, les mains croisées, tandis que d’autres échangent des sourires complices pour désamorcer l’angoisse. L’attente est souvent le moment où la vulnérabilité refait surface : les motifs de leur présence diffèrent, mais l’objectif reste le même, celui de prendre soin de sa santé. Ce lieu transitoire concentre à lui seul l’espoir, l’anxiété et la solidarité féminine.

À tout juste 50 ans, une jeune femme participe à son premier dépistage organisé. «J’ai repoussé l’échéance plusieurs fois par peur d’avoir mal, mais avec toutes les affiches ce mois-ci, je me suis dit que je n’avais plus d’excuses». L’attente est stressante, mais je sais que c’est nécessaire. Plus loin, Fatma affiche un calme olympien. «C’est ma septième mammographie. Je viens tous les deux ans. Pour moi, c’est comme une révision obligatoire. On attend un peu, c’est vrai, car le service est surchargé en octobre, mais la tranquillité d’esprit n’a pas de prix». Dans un coin, deux femmes qui ne se connaissaient pas dix minutes plus tôt partagent leurs expériences et leurs astuces pour ne pas stresser pendant l’examen, illustrant la force des liens éphémères qui se créent dans cette antichambre de la médecine

 Pour Nawel Khadhar, «cette initiative vise à encourager les femmes à recourir régulièrement aux examens médicaux, en vue de favoriser la détection des lésions à un stade précoce et d’améliorer les chances de traitement dans le cadre de la célébration du mois international de sensibilisation au cancer du sein, Octobre rose. Plus la maladie est détectée tôt, plus les possibilités de traitement sont importantes». Tout en mettant l’accent sur le rôle de la sensibilisation pour encourager les femmes à se rendre dans les centres de dépistage, pour effectuer régulièrement des frottis cervico-vaginaux et des mammographies. Un cancer du sein détecté tôt, c’est 90% de chances de guérison. L’examen simple sauve des milliers de vies chaque année, mais encore trop de femmes craignent d’aller se faire dépister. Il y a déjà dans un premier temps certaines patientes qui sont stressées par rapport à l’examen, qui ont peur des éventuels résultats qui peuvent être pathologiques. En Tunisie, 4.500 nouveaux cas de cancer du sein sont enregistrés chaque année. Ce chiffre devrait atteindre environ 6.000 en 2030.

Derrière les portes closes

Derrière les portes closes du cabinet de radiologie, le personnel médical s’active au rythme des technologies modernes pour scruter les tissus mammaires. Actuellement, le taux de participation au dépistage organisé oscille autour de 45% à 48%, un chiffre que nous espérons voir grimper grâce à cette journée de forte affluence. A 13h 00, elles étaient 600 patientes. Alors que la porte s’ouvre et qu’un nom est appelé, une nouvelle patiente se lève. L’attente prend fin, laissant place à un examen rapide qui, dans la grande majorité des cas, apporte le soulagement d’un résultat rassurant. «Je redoutais beaucoup ma première mammographie. En réalité, la compression ne dure que quelques secondes. L’examen complet a duré moins de dix minutes, a indiqué une jeune institutrice. J’avais senti une petite boule dans mon sein. La mammographie a permis de vérifier que ce n’était pas un cancer. Cet examen m’a rassurée et m’a rappelé l’importance du dépistage», a souligné une dame âgée de 55 ans.

«Un cancer du sein détecté tôt, c’est 90% de chances de guérison», affirme Nawel Khadhar. «L’examen simple sauve des milliers de vies chaque année, mais encore trop de femmes craignent d’aller se faire dépister. Il y a déjà dans un premier temps certaines patientes qui sont stressées par rapport à l’examen, qui ont peur des éventuels résultats qui peuvent être pathologiques. Chaque année, le cancer du sein, le cancer le plus fréquent chez la femme en Tunisie, représente environ 30% de l’ensemble des cancers féminins, avec plus de 4.000 nouveaux cas recensés chaque année», dit-elle. Pour sa part, Dr Yosra Bouachir a mis en avant l’importance de la mammographie, qui permet de détecter le cancer du sein à un stade précoce, parfois jusqu’à trois ans avant l’apparition des symptômes. «Cet examen, d’une durée d’environ 20 minutes, contribue à améliorer les chances de guérison, qui dépassent 95% lorsque la maladie est diagnostiquée précocement», a-t-elle expliqué. Elle a également souligné l’importance de réaliser une mammographie chaque année, même pour les jeunes en dehors des périodes de grossesse et d’allaitement, tout en rappelant le rôle de l’auto-examen des seins, qu’il est recommandé d’effectuer une fois par mois, notamment chez les femmes de plus de 40 ans. Le dépistage contribue ainsi à prévenir l’évolution de ces lésions vers un cancer, à diagnostiquer certaines formes de la maladie à un stade précoce, à limiter le recours à des traitements lourds et à réduire l’incidence et la mortalité liées à cette pathologie.

Témoignages

Les témoignages de certaines patientes sont des récits puissants, remplis d’émotion, de courage et d’espoir. Chaque découverte de la maladie, souvent à la suite de la détection d’une grosseur ou d’un symptôme anormal ou encore d’une mammographie, marque un tournant dans la vie de ces femmes. Leurs histoires reflètent la réalité vécue par des milliers de patientes chaque année.  Le nombre de cancers augmente chaque année. «Derrière chaque opération, chaque traitement, il y a une épreuve physique et psychologique intense, mais aussi une réhabilitation progressive, un retour à soi et à la vie. Leur expérience, souvent bouleversante, met en lumière une formidable capacité de résilience. Le partage de leur histoire est un acte profondément émouvant, mais aussi un geste solidaire, qui devient une source d’information, de réconfort et de force pour d’autres femmes en cours de traitement», nous explique Dr Bouachir. Plusieurs femmes ont voulu témoigner au cours de cette journée. Pour moi, disait la première dame, «on a traversé, on a vaincu le cancer. On a passé une colline, maintenant on a le monde à conquérir, un nouveau monde. Je le trouve tellement courageux d’avoir accepté d’être là, juste là aujourd’hui, parler de ça».  Une mammographie de dépistage a changé le cours de sa vie. Aujourd’hui et en pleine forme, une jeune dame raconte son histoire dans l’espoir d’encourager les autres à prioriser le dépistage, à se renseigner sur leurs antécédents familiaux et à prendre leur santé en main. «Aujourd’hui, je suis guérie. Mon parcours m’a rendue plus forte. Je témoigne pour dire que oui, on peut traverser ce combat et s’en sortir», dit-elle

Kamel BOUAOUINA

                                                       

 

 

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L’automne installe ses «pathologies de saison»

Von: tmps
21. Oktober 2026 um 09:21

L’automne est une saison de transition caractérisée par des changements climatiques importants : baisse des températures, augmentation de l’humidité et diminution de la luminosité. Ces changements peuvent favoriser l’apparition ou l’aggravation de certaines pathologies. Avec l’arrivée de l’automne, les premières fraîcheurs arrivent et les premiers maux physiques commencent à apparaître : fatigue, gorge irritée, tête lourde, nez qui coule… Les virus de l’automne sont bel et bien arrivés. Avec leurs effets visibles : yeux rougis, mouchoirs en papier dans les mains et salves d’éternuements et de toux, à la maison, à l’école, dans les transports en commun et dans les lieux publics. Certes, ce rhume qui attaque grands et petits en ces premiers jours d’automne n’a rien de dramatique, mais il peut être très pénible, surtout lorsqu’il a tendance à s’éterniser, notamment pour les enfants qui ne savent pas souvent prendre les précautions nécessaires. 

En effet, en cette période de changements alternatifs de temps, qui devient tantôt froid, tantôt chaud, les enfants changent souvent de vêtements selon la variation des températures tout au long de la journée, provoquant ainsi la propagation du rhume parmi eux. Cette période de l’année qui coïncide avec les premières semaines de la rentrée scolaire peut se révéler parfois particulièrement éprouvante pour les élèves. De même, les premiers cas de la grippe saisonnière apparaissent, ce qui nécessite une vaccination pour se prémunir contre ce virus et son pouvoir infectieux. 

Les maladies infectieuses apparaissent

En automne, les variations de température, d’humidité et de luminosité peuvent provoquer l’apparition de symptômes sur le corps humain, tels que des rhumes ou des infections saisonnières. En effet, les rhumes, causés par des rhinovirus, sont plus fréquents à cette période. C’est pourquoi chaque année, une campagne antigrippe est organisée chez nous pour exhorter les citoyens à se faire vacciner contre cette maladie saisonnière. En effet, cette transition, de l’été vers l’automne, peut entraîner des effets considérables sur nos habitudes de vie, notre santé, notre humeur et notre état psychologique.

En effet, le passage d’une saison à une autre est souvent mal supporté par les gens. Ce changement du temps n’est pas sans conséquence sur l’homme, son organisme, voire son caractère. Avec l’entrée de l’automne et les premières fraîcheurs du temps, la température baisse sensiblement de quelques degrés par rapport aux chaleurs de l’été, le temps devient plus frais et plus humide, c’est pourquoi la plupart des gens sont allergiques à ce changement climatique, d’où l’apparition de troubles sanitaires, de fatigue et de mauvaise humeur.

Fatigue et mauvaise humeur

Selon les spécialistes, avec l’automne, de nombreuses personnes ressentent de la fatigue et une mauvaise humeur. Les changements saisonniers affectent également notre corps et notre rythme biologique, ce qui peut contribuer à ces symptômes négatifs. En fait, en automne, la durée des journées commence à diminuer et certaines personnes peuvent se sentir d’humeur maussade. Il est important de souligner qu’il ne s’agit pas forcément seulement d’une sensation puisque, selon les spécialistes, la lumière du soleil régule des molécules spécifiques responsables de l’équilibre de l’humeur. Scientifiquement parlant, cette sensation de baisse d’énergie qui se manifeste à l’automne est le résultat naturel des changements de température et de luminosité impactant le métabolisme. La désynchronisation entre l’horloge interne et les signaux extérieurs conduit souvent à un manque d’énergie et à une déprime automnale, une perte de motivation.

Précautions à prendre

Pour lutter contre le rhume, nous recommandent les médecins, on peut avant tout l’anticiper. Les élèves sont appelés à conserver une bonne hygiène de vie : une alimentation équilibrée, un cycle de sommeil régulier et suffisant (8 heures par nuit minimum) et une bonne gestion du stress, sans quoi, leur système immunitaire s’affaiblit systématiquement et ils risquent d’attraper un rhume. 

En Tunisie, ces maux qu’on appelle dans le milieu médical «pathologies de saison» sont fréquents, surtout en cette période de l’année, notamment parmi les plus jeunes, si bien que les cabinets des généralistes et des pédiatres sont très visités durant cette saison. Cependant, chez certaines familles, ces «maux» sont souvent soignés en recourant aux remèdes traditionnels en absorbant pendant deux ou trois jours quelques tisanes de miel et citron chaud ou en inhalant de l’eucalyptus pour mettre fin au mal. Mais si le mal persiste, il vaudrait mieux consulter un médecin pour écarter toute complication. 

De toute façon, il n’y a pas à s’inquiéter puisque ce mal d’automne n’est pas souvent très nuisible. Alors que les infections bactériennes peuvent être traitées par des antibiotiques, les rhumes sont causés par des virus et disparaissent généralement d’eux-mêmes après 7 à 10 jours. Et c’est pourquoi chez nous, certaines gens n’y prêtent souvent aucune attention. Pourtant, les infections dues au rhume sont très répandues chez nous. On estime que le rhume est l’une des causes principales des journées d’absence au travail ou à l’école et là-dessus, il n’est pas difficile de recevoir un certificat médical de quelques jours chez le médecin, quand bien même on pourrait poursuivre son travail ou ses études tout en étant enrhumé. Ainsi, un simple rhume devient un prétexte à l’absentéisme déjà bien répandu dans nos administrations et nos écoles.

Hechmi KHALLADI 



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Santé numérique : un défi à relever et un levier d’accès équitable aux soins

Von: tmps
21. Oktober 2026 um 08:35

Par Kamel ZAIEM

Lors d’une interview accordée à «HOSPITALS Magazine», le ministre de la Santé a longuement parlé du premier hôpital numérique en Tunisie et ses performances durant une année. Les données et les chiffres qu’il a révélés confirment les progrès de plus en plus évidents dans nos établissements hospitaliers et la mobilisation de l’Etat pour soutenir ce secteur et en faire un des principaux atouts pour permettre au pays d’aller de l’avant et au citoyen de bénéficier des meilleures conditions de soins partout à travers la République.

La mise en place du premier hôpital numérique en Tunisie a permis de connecter 30 établissements hospitaliers au réseau numérique et de réaliser plus de 120 mille interprétations d’examens d’imagerie médicale à distance en une année. C’est le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, qui vient de le révéler dans un entretien accordé à «HOSPITALS Magazine». 

Dans cet entretien accordé au magazine en marge du Congrès international de la santé numérique, le ministre a précisé que le système de santé numérique s’oriente progressivement vers l’élargissement de ses services pour toucher de nouvelles spécialités dont les téléconsultations médicales, la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC), la mammographie, l’anatomie pathologique et l’examen de la rétine.

Il a expliqué que l’interconnexion numérique des hôpitaux permet d’assurer une assistance médicale 24 h/24 et de rapprocher l’expertise médicale des citoyens dans les différentes régions du pays. Ce dispositif contribue ainsi à réduire les déplacements des patients et les délais d’attente, tout en accélérant leur accès au diagnostic et à une expertise médicale spécialisée, a-t-il précisé.

Ferjani a souligné que la valeur de la technologie se mesure également à sa capacité à améliorer le quotidien des citoyens, à faciliter leur accès aux soins et à garantir une prise en charge médicale plus équitable et plus efficace.

Il a ajouté que le recours aux solutions numériques vise aussi à optimiser l’utilisation des ressources humaines et des équipements médicaux disponibles, tout en réduisant les disparités régionales en matière d’accès aux services de santé, de manière à placer l’intérêt et la dignité du patient au cœur du système sanitaire.

Le fait que la publication «HOSPITALS Magazine», qui est une revue anglophone publiée au Liban, spécialisée dans le secteur de la santé au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA), s’y intéresse, cela prouve que cette réalisation est importante et révolutionnaire, d’autant plus que le magazine couvre notamment les avancées médicales et technologiques, les innovations dans le domaine de la santé ainsi que l’évolution des infrastructures hospitalières et de la gestion sanitaire.

D’ailleurs, cet intérêt n’a rien de fortuit. Avec tout ce qui est en train de se réaliser dans le domaine médical, au niveau des soins et du progrès technologique, la Tunisie peut se vanter d’avoir un système honorable en matière de santé, d’autant plus que c’est le Chef de l’Etat en personne qui y veille et qui rappelle en permanence l’importance vitale de ce secteur et sa contribution pour préserver le capital humain du pays.

 

Une détermination inébranlable à remettre le secteur de la santé sur les rails

D’ailleurs, le Président de la République, Kaïs Saïed, l’a rappelé il y a à peine un mois lors d’un entretien avec le ministre de la Santé. Il a indiqué que la santé publique demeure au cœur des priorités de l’Etat, s’agissant d’un «droit naturel de l’être humain», qui doit être garanti à tous les citoyens sur un pied d’égalité.

Le président Kaïs Saïed s’est montré, à l’occasion, satisfait que plusieurs projets aient été réalisés, notamment dans le domaine de l’interprétation à distance des analyses biologiques et des examens d’imagerie médicale. Ces dispositifs permettent, selon lui, de réduire les déplacements des patients et de leurs familles ainsi que les délais d’attente.

Le chef de l’État s’est montré fier de voir de tels progrès réalisés dans un contexte qui appelle à la vigilance avec un système de santé publique qui a été ciblé et détruit par la corruption, les retards et les manigances et sciemment mis à genoux, soulignant que plusieurs projets de haute importance ont accusé des retards injustifiés malgré la disponibilité des crédits nécessaires et ont été intentionnellement bloqués, tout comme les équipements qui y sont associés.

Il a imputé ces entraves à «ceux qui sont impliqués dans la corruption ou dont les cœurs sont malades», estimant qu’ils ne peuvent être amendés que par «une reddition de comptes juste et équitable» pour leurs manœuvres et agissements  désavoués. Le chef de l’Etat s’est enfin dit convaincu que le secteur de la santé ainsi que les autres services publics, «retrouveront leur vitalité,  conformément aux aspirations du peuple tunisien».

Sur un autre plan, le chef de l’État n’a pas manqué, à cette occasion, de saluer les compétences du personnel médical tunisien, notamment les médecins, les professionnels paramédicaux et les agents de santé. Il a souligné que l’intérêt manifesté par plusieurs pays, y compris des pays à la pointe du progrès scientifique, pour recruter des compétences médicales tunisiennes «n’est pas le fruit du hasard». Il a ainsi mis en avant la qualité de la formation médicale tunisienne, qu’il a qualifiée de «niveau mondial» et considérée comme l’une des fiertés du pays. 

Sur la lancée

La santé numérique en Tunisie poursuit plusieurs objectifs concrets. Elle vise d’abord à réduire les déplacements des patients et les délais d’attente. Elle doit également accélérer l’accès à l’expertise médicale.

En parallèle, cette approche permet de mieux utiliser les ressources humaines et les équipements disponibles. Elle contribue ainsi à améliorer l’organisation des établissements de santé et la prise en charge des patients.

D’ailleurs, la transformation numérique ne se limite pas à l’introduction de nouvelles technologies. Elle doit rapprocher les soins des citoyens, réduire les disparités entre les régions et renforcer le droit à la santé pour tous.

A ce propos, il faut rappeler que la Tunisie est en train d’accélérer la transformation numérique de son système de santé public avec l’ambition de parvenir à une numérisation complète de ses hôpitaux d’ici la fin de l’année 2026. Cette stratégie s’inscrit dans une volonté globale de modernisation des services publics, en s’appuyant sur les technologies digitales pour améliorer la qualité des soins.

Le projet repose sur le déploiement progressif de solutions numériques dans les établissements de santé. Plusieurs hôpitaux régionaux sont déjà équipés de dispositifs de télémédecine et de télé-imagerie, permettant d’assurer des consultations à distance et de faciliter le diagnostic.

En parallèle, les autorités développent des plateformes numériques spécialisées, notamment dans des domaines comme l’assistance médicale et la gestion des urgences. Un système d’information unifié, baptisé «One Health», a été programmé afin d’interconnecter les données sanitaires et d’améliorer la coordination entre les acteurs du secteur.

Depuis plusieurs années, la Tunisie s’est engagée sur la voie de la numérisation de son système de santé. Dès 2020, elle reçoit un prêt de 27,3 millions d’euros (environ 31,3 millions $) pour numériser son secteur sanitaire. Depuis lors, les projets dans ce sens se sont enchaînés tels que la création de son premier hôpital numérique en 2025 et le choix de Tunisie Telecom pour mener à bien les projets de numérisation.

À travers cette transformation, le gouvernement tunisien cherche à renforcer l’efficacité du système de santé, à réduire les délais de prise en charge et à améliorer l’accès aux soins, en particulier dans les zones éloignées.

La digitalisation apparaît aussi comme un levier pour optimiser la gestion des ressources hospitalières, qu’il s’agisse du personnel ou des équipements. Elle s’inscrit enfin dans une logique de modernisation globale, où la donnée devient un outil central de pilotage des politiques publiques.

Il s’agit, certes, d’un défi à relever, mais avec l’intérêt accru de l’Etat pour «libérer» le secteur et le remettre sur les rails, nous ne pouvons qu’être optimistes avec l’espoir de voir cette orientation vers le numérique rapporter au secteur et aux citoyens de meilleurs soins et dans de bonnes conditions.

 

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Achats sur les réseaux sociaux : quand le consommateur se retrouve sans recours

Von: tmps
20. Oktober 2026 um 09:22

Les publicités défilent quotidiennement sur Facebook et Instagram, proposant une multitude de produits à des prix souvent attractifs. Articles ménagers, accessoires de cuisine, vêtements, chaussures, produits cosmétiques, gadgets électroniques ou encore objets présentés comme révolutionnaires : les offres se multiplient, accompagnées de vidéos séduisantes et de promesses commerciales parfois difficiles à vérifier. En quelques clics, le consommateur peut passer commande et se faire livrer directement à domicile. Mais derrière cette apparente simplicité se cache une réalité beaucoup moins rassurante.

En Tunisie, une partie de ce commerce réalisé à travers les réseaux sociaux semble évoluer dans une zone grise où l’identité du vendeur, l’origine des marchandises et les possibilités de réclamation demeurent souvent floues. Lorsque le produit livré ne correspond pas à celui présenté dans la publicité, le consommateur peut rapidement se retrouver face à une impasse.

Des publicités séduisantes, mais des vendeurs parfois insaisissables

Le mécanisme est désormais bien rodé. Une publicité apparaît sur le fil d’actualité d’un internaute, généralement accompagnée d’une démonstration vidéo particulièrement convaincante. Le produit semble pratique, innovant et proposé à un tarif accessible. Il suffit alors de remplir un formulaire, d’envoyer un message privé ou de communiquer son numéro de téléphone pour confirmer la commande. Quelques jours plus tard, un livreur se présente au domicile du client, qui règle généralement le montant demandé à la réception. Une partie de ces marchandises peut provenir de Chine ou d’autres marchés étrangers, sans que leur provenance exacte soit toujours clairement indiquée. Mais le problème ne réside pas nécessairement dans le pays de fabrication. Il concerne avant tout l’absence d’informations fiables sur le vendeur, les caractéristiques réelles du produit et les garanties offertes après l’achat. Les images utilisées dans les publicités peuvent être particulièrement valorisantes, tandis que l’article reçu se révèle parfois de qualité médiocre, différent du modèle présenté ou tout simplement inutilisable. Dans le commerce traditionnel, le consommateur dispose généralement d’un interlocuteur identifiable auquel il peut s’adresser en cas de problème. Dans ces transactions réalisées sur les réseaux sociaux, la situation peut être tout autre. Certaines pages commerciales ne mentionnent ni adresse physique, ni raison sociale, ni numéro d’identification de l’entreprise. Les échanges se limitent parfois à une conversation sur Messenger, WhatsApp ou à un simple appel téléphonique. Une fois la commande livrée et payée, obtenir une réponse peut devenir particulièrement compliqué.

Livraison à domicile : une chaîne de responsabilités difficile à identifier

L’intervention des sociétés de livraison ajoute une difficulté supplémentaire. Ces prestataires assurent l’acheminement des commandes et, dans certains cas, l’encaissement des paiements pour le compte des vendeurs. Pourtant, lorsqu’un client découvre que le produit ne correspond pas à ses attentes ou à la description annoncée, il peut se heurter à un véritable jeu de renvoi des responsabilités. Le livreur explique qu’il n’est chargé que du transport, tandis que le vendeur peut devenir injoignable ou refuser toute réclamation. Cette situation soulève plusieurs interrogations. Qui est réellement responsable lorsque le produit livré est défectueux ou différent de celui commandé ? Comment identifier le vendeur lorsque la transaction ne s’accompagne d’aucune facture ni d’aucun document commercial ? À qui le consommateur peut-il s’adresser lorsque la page ayant diffusé la publicité disparaît, change de nom ou cesse simplement de répondre aux messages ?

Il serait néanmoins inexact d’affirmer que ces transactions échappent à toute réglementation. La Tunisie dispose d’un cadre juridique relatif au commerce électronique et à la protection du consommateur. La loi du 9 août 2000 relative aux échanges et au commerce électroniques prévoit notamment des obligations concernant les informations communiquées au consommateur et les transactions à distance. Le véritable enjeu réside donc dans l’application effective de ces dispositions aux ventes effectuées par l’intermédiaire des réseaux sociaux, particulièrement lorsque les vendeurs opèrent de manière informelle ou demeurent difficiles à identifier. La question du contrôle se pose avec d’autant plus d’acuité que ces publicités peuvent toucher quotidiennement un nombre considérable d’utilisateurs. La facilité avec laquelle une page peut promouvoir un produit, recueillir des commandes et organiser leur livraison contraste parfois avec les difficultés auxquelles se heurte un client souhaitant simplement obtenir un remboursement ou retourner un article non conforme.

Une protection du consommateur à renforcer

La comparaison avec les pratiques européennes met en évidence l’importance d’un encadrement effectif. Au sein de l’Union européenne, les achats à distance effectués auprès de professionnels sont soumis à des obligations d’information, à des garanties légales de conformité et, sauf exceptions, à un droit de rétractation de quatorze jours. Le consommateur dispose ainsi de droits clairement définis lorsqu’il souhaite retourner un produit ou contester une livraison non conforme. Même si des difficultés peuvent également survenir dans leur application, ces mécanismes constituent une protection essentielle. En Tunisie, le développement rapide des ventes sur Facebook et Instagram impose de s’interroger sur l’efficacité des dispositifs de contrôle existants. Il ne s’agit évidemment pas de remettre en cause l’ensemble des commerçants qui utilisent les réseaux sociaux pour développer leurs activités. Beaucoup exercent de manière sérieuse et respectent leurs engagements. Le problème concerne surtout les pratiques opaques qui permettent à certains vendeurs de commercialiser des produits sans offrir aux clients des garanties suffisantes. Une meilleure identification des vendeurs, la délivrance systématique de justificatifs d’achat, la transparence des conditions de retour et la mise en place de procédures de réclamation accessibles apparaissent comme des exigences fondamentales. Le rôle des entreprises de livraison mérite également d’être clarifié, notamment concernant les informations permettant d’identifier leurs clients professionnels et les modalités de traitement des litiges. Sans leur attribuer automatiquement la responsabilité de la qualité des marchandises transportées, il paraît légitime de s’interroger sur leur place dans cette chaîne commerciale.

Au-delà des textes juridiques, c’est aussi la question de la surveillance des pratiques commerciales sur les plateformes numériques qui se pose. Les autorités compétentes disposent-elles de moyens suffisants pour identifier les vendeurs qui multiplient les publicités trompeuses ? Les consommateurs connaissent-ils les démarches à entreprendre pour signaler une transaction litigieuse ? Et surtout, ces démarches permettent-elles réellement d’obtenir réparation lorsque le vendeur refuse de coopérer ? A mesure que les réseaux sociaux deviennent de véritables vitrines commerciales, la protection du consommateur ne peut rester en décalage avec l’évolution des habitudes d’achat. Commander un produit en quelques secondes ne devrait pas signifier renoncer à ses droits. Car derrière chaque publicité séduisante et chaque livraison à domicile, il doit exister une responsabilité clairement identifiable. Faute de quoi le commerce numérique risque de devenir, pour certains vendeurs peu scrupuleux, un espace où il est beaucoup plus facile de vendre que de répondre de ses engagements.

Leila SELMI

 

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La demande chute, les prix s’envolent : les paradoxes du marché de l’immobilier 

Von: tmps
20. Oktober 2026 um 08:35

Le marché de l’immobilier tunisien traverse actuellement une zone de turbulences d’une gravité inédite, s’inscrivant dans une crise structurelle à la fois paradoxale et étouffante. D’un côté, la Tunisie affiche une surabondance apparente de logements, avec un parc global qui dépasse le nombre de ménages de près de 800.000 unités. De l’autre, l’accès à la propriété est devenu un parcours du combattant quasi infranchissable, en particulier pour la classe moyenne, qui constitue le socle historique de la stabilité sociale et économique du pays. Face à l’érosion continue du pouvoir d’achat et à une inflation galopante, s’offrir un toit décent relève désormais de l’illusion pour une large frange de la population. 

Cette flambée des prix a engendré une forte régression du volume des ventes, un gonflement des stocks d’invendus, notamment dans le segment du haut standing et une baisse de 80% des investissements et des mises en chantier. Dans le même temps, les prix ont continué à flamber. Selon les données de la plateforme spécialisée Moubawab, le prix moyen des biens immobiliers a bondi de 7% en une seule année, tandis que le marché locatif subissait une pression tout aussi agressive, affichant une hausse moyenne des loyers de 7,5%.

Les tarifs au mètre carré deviennent prohibitifs dans les grands centres urbains et leurs périphéries. Dans le Grand Tunis, le prix moyen général s’établit à 3.691 dinars/m2. Dans les banlieues huppées telles que La Marsa ou les Jardins de Carthage, les prix s’envolent allègrement pour osciller entre 4.700 et 5.400 dinars /m2. Même dans des zones traditionnellement prisées par la classe moyenne, à l’instar de la Cité El Ghazala à l’Ariana, les appartements neufs de haut standing varient entre 2.900 et 3.500 dinars/m², tandis que l’ancien oscille entre 2.378 et 2.778 dinars/m². Les villas indépendantes y dépassent quant à elles régulièrement la barre des 800.000 dinars, sur fond d’une pénurie chronique de terrains à bâtir dont le prix moyen stagne autour de 950 dinars/m², et grimpe même jusqu’à 5.000 ou 5.500 dinars le mètre carré dans les zones les plus tendues.

«Les prix connaissent une hausse ininterrompue, mais les volumes des ventes ont régressé de 80% comparativement aux niveaux enregistrés durant les années précédentes, poussant de nombreux citoyens vers les loyers dont les prix ont également explosé», s’inquiète le président de la Chambre syndicale nationale des promoteurs immobiliers, Hechmi Meliani. 

Fait étonnant : la fameuse loi de l’offre et de la demande ne s’applique pas dans ce contexte. Le principe de cette loi est simple : plus le prix d’un bien augmente, plus les gens qui le produisent cherchent à en vendre ; en revanche, les acheteurs sont moins nombreux ou achètent en moins grande quantité, ce qui entraîne inéluctablement une baisse de prix. C’est que la flambée des prix de la pierre en Tunisie ne relève plus d’une simple fluctuation conjoncturelle tirée par la spéculation ou l’orientation des investisseurs échaudés par la baisse des actions vers la «pierre», mais d’une véritable surchauffe structurelle. 

De nombreux facteurs économiques et financiers interdépendants étranglent l’ensemble de la chaîne de valeur immobilière. Côté offre, les promoteurs font face à une raréfaction chronique des terrains aménagés constructibles, propulsant les coûts fonciers initiaux vers des sommets.

À cela s’ajoutent l’envolée systémique des prix des matériaux de construction sous l’effet direct de la hausse des cours mondiaux de l’aluminium et du cuivre, le coût de la main-d’œuvre qui a triplé depuis 2010, ainsi que l’impact fiscal direct de l’application d’une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 19% sur l’immobilier résidentiel. Ce surcoût est lourdement et inévitablement répercuté sur le consommateur final. 

 

Des réformes coordonnées sont nécessaires 

Côté demande, l’analyse du marché met en lumière un décrochage flagrant et insoutenable entre l’évolution des revenus et celle des prix. Au cours de la dernière décennie, alors que les prix des appartements progressaient à un rythme moyen de 7,1% par an, les salaires n’ont augmenté en moyenne que de 5%, brisant net la capacité d’endettement des ménages.

Le coup de grâce provient des conditions de financement bancaire. Avec un taux directeur de la Banque centrale maintenu à 7%, les taux d’intérêt des crédits au logement oscillent actuellement entre 9% et 12%. De surcroît, les banques limitent rigoureusement la capacité d’endettement à 40% des revenus des salariés et durcissent drastiquement les exigences d’autofinancement. Concrètement, un ménage moyen gagnant 3.000 dinars par mois ne peut prétendre qu’à un crédit lui permettant d’acquérir un bien d’environ 135.000 dinars. Or, à ce prix-là, il est aujourd’hui rigoureusement impossible de trouver un appartement de type S+2, le logement le moins cher du marché oscillant désormais entre 300.000 et 400.000 dinars, voire entre 700.000 et 900.000 dinars pour les biens standards dans les grands centres urbains. 

Face à cette forte déconnexion entre les prix et le pouvoir d’achat des ménages, les professionnels du secteur plaident pour des mesures correctives urgentes. Le président de la Chambre nationale des promoteurs immobiliers dresse un constat sans appel de la situation. 

«Sur les 3.372 promoteurs immobiliers enregistrés en Tunisie, 700 seulement demeurent réellement actifs, les autres luttant pour leur survie dans un environnement économique hostile», révèle-t-il. 

Pour sortir de cette impasse structurelle, le statu quo n’est plus une option. Des réformes profondes, coordonnées entre l’État, la Banque centrale de Tunisie (BCT) et le système bancaire s’avèrent impératives pour réaligner l’offre immobilière sur la réalité des bourses tunisiennes. Les promoteurs immobiliers proposent notamment d’injecter les 380 millions de dinars annuels générés par le Fonds de promotion du logement pour les salariés (FOPROLOS) dans des crédits à taux bonifiés avoisinant les 3%. L’objectif stratégique est de plafonner les mensualités de remboursement entre 15% et 20% de l’ancien loyer de l’acquéreur, permettant ainsi à un salarié aux revenus moyens de devenir propriétaire sans asphyxier son budget familial.

L’intérêt doit également se porter sur le renforcement du mécanisme de la location-accession, qui a été déployé récemment par la Société Nationale Immobilière de Tunisie (SNIT), ainsi que sur le développement de l’offre de logements abordables en imposant aux promoteurs privés la réservation d’un quota minimum de logements économiques et sociaux. Une autre piste consiste à dissocier le foncier du bâti en permettant aux acquéreurs d’acheter uniquement les murs tandis que l’État ou l’Agence Foncière d’Habitation (AFH) conserve la propriété du terrain, ce qui permettrait de faire baisser immédiatement le coût d’acquisition initial de près de 20%. De même, la révision des cadres réglementaires et le déblocage des milliers de biens dont la situation juridique est gelée redonneraient des couleurs à un marché asphyxié. Ce n’est qu’en agissant sur la cherté des intrants et la rigidité du financement que l’on peut éviter que la propriété ne devienne un privilège exclusif réservé aux plus fortunés et parer aux dérives de l’informel et de la construction anarchique.

Walid KHEFIFI

 

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40 MD pour reconstituer le cheptel bovin : l’État prend enfin le taureau par les cornes

Von: farhat
18. Oktober 2026 um 09:21

Le projet de loi de finances 2027 prévoit de nouvelles mesures visant à reconstituer le cheptel bovin et à soutenir les petits éleveurs, afin de mettre fin de manière durable aux pénuries de lait et à la contraction critique de l’offre de viandes rouges, qui menacent l’un des piliers de la sécurité alimentaire nationale. Le texte stipule la révision à la hausse des crédits alloués au programme de reconstitution du cheptel lancé en 2025. La disposition figurant à l’article 32 de la loi de Finances de 2025, qui prévoyait l’allocation de 10 millions de dinars au titre de l’année 2025, a été annulée et remplacée par l’affectation de crédits d’un montant d’environ 40 millions de dinars provenant des ressources du Fonds de développement de la compétitivité dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche. La mise en œuvre de ce programme s’étendra sur une période de quatre ans, du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2030.

La nouvelle enveloppe a été répartie selon deux axes principaux. Il s’agit, en premier lieu, d’un montant de 35 millions de dinars décaissés sous forme de subventions exceptionnelles pour soutenir l’autofinancement des petits éleveurs de bovins, leur permettant ainsi d’obtenir des prêts bancaires sur les ressources propres des banques afin de financer l’acquisition de génisses gestantes. Selon le nouveau texte, cette acquisition concerne les génisses produites dans des centres agréés par le ministère de l’Agriculture et dédiés à l’élevage de génisses de race pure nées localement ou les génisses gestantes importées conformément aux cahiers des charges établis à cet effet.

Un montant de 5 millions de dinars sera d’autre part décaissé sous forme de subvention exceptionnelle directe pour soutenir les petits éleveurs dans le domaine du financement de l’élevage des génisses gestantes et des vaches primipares de race pure, dans le cadre du même programme de reconstitution et de préservation du cheptel.

Dans le même contexte, l’article 36 du projet de loi de finances 2027 clarifie le champ d’application de l’avantage fiscal relatif à l’alimentation des veaux. La mention du produit «poudre de lait écrémé destinée à l’alimentation des veaux», figurant dans l’article 80 de la loi de Finances pour 2026, a été remplacée par une formulation plus large, à savoir «préparations utilisées pour l’alimentation des animaux».

 

Un déclin estimé entre 20 à 35%

 L’objectif de cette modification est d’élargir la base des produits bénéficiant de l’avantage fiscal pour inclure diverses préparations d’aliments d’allaitement complémentaires pour veaux, contribuant ainsi à la réduction des coûts d’élevage et encourageant les éleveurs à préserver le cheptel.

Le cheptel bovin tunisien connaît depuis plusieurs années un déclin ininterrompu, qui a été à l’origine de pénuries récurrentes de produits laitiers et d’une flambée des prix des viandes rouges. Le cheptel bovin national a subi une contraction estimée entre 20% et 35% depuis 2019, qui trouve en grande partie son origine dans la succession de plusieurs années de sècheresse et de raréfaction des ressources hydriques. Outre ces aléas climatiques, la filière des viandes rouges a subi les contrecoups de l’envolée des coûts des intrants consécutive aux tensions géopolitiques internationales et à la hausse des tarifs du transport maritime. La hausse excessive des prix des aliments pour bétail a fragilisé l’équilibre financier des petites et moyennes exploitations. Criblés de dettes et largement déficitaires, de nombreux éleveurs ont fini par jeter l’éponge et par liquider massivement leurs troupeaux, dont les femelles reproductrices.

Le même réflexe de survie a touché les élevages ovins, causant une chute d’environ 60% de la production des viandes rouges comparativement aux niveaux des années 80 du siècle dernier, selon la Chambre syndicale nationale des bouchers, rattachée à l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA).

Les professionnels de la filière estiment cependant que d’autres mesures doivent être prises pour donner du sang neuf au secteur. Il s’agit notamment de la mise en place d’un recensement national précis et numérisé des cheptels ovin et bovin pour adapter les quotas d’approvisionnement et garantir un ciblage efficace pour les aides de l’État et l’adoption de sanctions plus sévères en ce qui concerne l’abattage précoce des génisses et des agnelles ainsi que l’abattage anarchique hors des structures réglementées, afin de préserver le renouvellement naturel et la base productive des troupeaux.

Walid KHEFIFI

 

 

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Le droit des peuples, socle de la diplomatie tunisienne : une position constante face à l’épreuve du Moyen-Orient

Von: farhat
18. Oktober 2026 um 08:33

Par Ahmed NEMLAGHI

La déclaration de l’ambassadeur et représentant permanent de la Tunisie auprès de l’Organisation des Nations unies à New York, Nabil Ammar, devant le Conseil de sécurité s’inscrit dans une ligne diplomatique régulièrement réaffirmée par le président de la république, Kaïs Saïed : le droit du peuple palestinien à disposer de lui-même ne peut être effacé par la force, le temps ou les rapports de puissance. La Tunisie défend l’établissement d’un État palestinien indépendant et pleinement souverain sur l’ensemble du territoire palestinien, avec Al-Qods pour capitale. Cette position a été réitérée à plusieurs reprises par le chef de l’État et par les représentants de la diplomatie tunisienne.

Pour Kaïs Saïed, la question palestinienne ne saurait être réduite à une succession de négociations, de cessez-le-feu provisoires ou d’arrangements sécuritaires. Elle renvoie à une exigence de justice : reconnaître au peuple palestinien ses droits nationaux et mettre fin aux conditions qui empêchent leur exercice effectif.

Cette approche explique la place accordée, dans le discours tunisien, à la condamnation des violences contre les civils, aux déplacements forcés et à l’appropriation des terres palestiniennes. Elle s’accompagne du refus de toute solution qui conduirait à faire supporter aux Palestiniens le prix d’un règlement élaboré sans garantie de leurs droits.

La portée politique de cette position réside dans la distinction qu’elle établit entre une accalmie militaire et une paix durable. Un cessez-le-feu peut réduire les pertes humaines et permettre l’acheminement de l’aide, mais il ne résout pas, à lui seul, la question des droits nationaux, du territoire et de l’autodétermination. Pour Tunis, la recherche de la paix doit donc s’accompagner d’une réponse politique à ces questions fondamentales.

L’intervention de Nabil Ammar insiste sur la contradiction entre la poursuite des opérations militaires et les principes du droit international ainsi que de la Charte des Nations unies. Elle met en cause l’incapacité de la communauté internationale à garantir les droits du peuple palestinien, malgré les appels répétés à la cessation des violences.

Cette critique rejoint l’un des axes de la diplomatie défendue par Kaïs Saïed : les règles internationales ne peuvent avoir de véritable portée si leur application dépend de la puissance des États concernés ou de leurs alliances. La crédibilité du système multilatéral repose sur la cohérence entre les principes proclamés et les actes accomplis.

La question palestinienne devient ainsi un test pour les Nations unies. Si la protection des civils, le respect de la souveraineté des peuples et le règlement pacifique des différends constituent des principes fondamentaux, leur efficacité dépend de la capacité des institutions internationales à agir lorsqu’ils sont gravement mis à l’épreuve.

Dans cette perspective, l’appel tunisien à révéler les crimes commis, à les condamner et à assurer réparation aux victimes ne relève pas uniquement d’une démarche mémorielle ou morale. Il renvoie également à la nécessité de préserver les mécanismes de responsabilité et de justice. La reconnaissance des souffrances ne saurait remplacer l’établissement des faits, pas plus que la condamnation politique ne peut se substituer aux procédures juridiques compétentes.

La position tunisienne souligne ainsi que la paix ne peut être durable si elle repose sur l’effacement des victimes ou sur l’absence de responsabilité. Elle suppose que les violations soient examinées conformément au droit applicable et que les victimes puissent obtenir justice.

L’expérience tunisienne du colonialisme comme référence

Nabil Ammar a également rappelé que l’histoire tunisienne, marquée par le colonialisme, la violence et l’humiliation, renforce la détermination du pays à défendre les droits des Palestiniens. Cette référence historique constitue un élément important de la lecture que Kaïs Saïed fait des relations internationales.

L’expérience de la lutte pour l’indépendance nourrit une conception selon laquelle aucun peuple ne devrait être privé de son droit à choisir librement son avenir. Elle confère à la solidarité avec les Palestiniens une dimension historique et politique, tout en inscrivant la position tunisienne dans une réflexion plus large sur la liberté des peuples et le refus de la domination.

Cette référence ne signifie pas que les situations historiques soient identiques. Elle exprime plutôt une conviction : l’indépendance territoriale et politique ne peut être considérée comme pleinement accomplie tant que d’autres peuples restent privés de leurs droits fondamentaux.

Le discours présidentiel relie également cette question à la souveraineté nationale. Dans cette perspective, la Tunisie entend défendre ses choix diplomatiques sans se soumettre aux pressions extérieures, tout en maintenant sa participation aux institutions internationales et en plaidant pour le respect des principes qui les fondent.

La souveraineté ne signifie donc pas le retrait de la scène internationale. Elle suppose, au contraire, la capacité de prendre part aux débats mondiaux, de défendre une position nationale et de rechercher des convergences avec d’autres États sans renoncer à ses principes.

 

Arrêter les opérations militaires et construire une paix durable

En appelant à l’arrêt de toutes les opérations militaires au Moyen-Orient, la Tunisie inscrit la question palestinienne dans une préoccupation régionale plus large. La multiplication des fronts et l’escalade des tensions exposent les populations civiles à des risques supplémentaires et font peser la menace d’une extension des conflits.

Cette position souligne la nécessité de privilégier les voies politiques et diplomatiques. Elle ne dissocie toutefois pas la désescalade régionale du règlement de la question palestinienne. Une paix qui ignorerait les droits du peuple palestinien risquerait de laisser intactes les causes profondes de l’instabilité.

Les chiffres évoqués par Nabil Ammar donnent la mesure de l’urgence humanitaire. Selon son intervention, 1.394 Palestiniens auraient été tués depuis l’annonce du cessez-le-feu en octobre 2025, tandis que le bilan total dépasserait 73.900 morts depuis le début de la guerre. Ces chiffres, attribués au diplomate tunisien, illustrent la gravité de la situation telle que la Tunisie la présente devant le Conseil de sécurité.

L’arrêt des opérations militaires doit, dans ce contexte, aller de pair avec la protection des civils, l’accès durable à l’aide humanitaire et la reconstruction des territoires dévastés. Il doit également ouvrir la voie à un processus politique qui ne réduise pas la paix à une simple suspension des combats.

La diplomatie tunisienne affirme ainsi son soutien aux initiatives susceptibles de mettre fin aux violences et de contribuer au rétablissement de la sécurité régionale. La difficulté reste celle de leur traduction en résultats concrets, dans un contexte où les divergences internationales et les rapports de force entravent la recherche d’un règlement.

 

De la solidarité politique à l’efficacité diplomatique

La constance de la position tunisienne constitue un marqueur de la politique étrangère de Kaïs Saïed. Mais la défense d’une cause sur la scène internationale pose également la question des moyens diplomatiques permettant de faire progresser les objectifs annoncés.

La Tunisie peut contribuer à cette dynamique en poursuivant son action au sein des Nations unies, en renforçant la coordination avec les pays arabes et africains et en soutenant les initiatives conformes au droit international. La diversification des partenariats et le dialogue avec les acteurs internationaux peuvent également servir la recherche d’un consensus en faveur de la protection des civils et de l’exercice des droits palestiniens.

L’enjeu est de transformer la fermeté du discours en capacité d’action : mobiliser les soutiens, favoriser les démarches multilatérales, défendre l’accès humanitaire et maintenir au centre des négociations la question des droits nationaux palestiniens.

Cette exigence ne dépend pas de la seule Tunisie. Elle engage l’ensemble des États qui affirment leur attachement au droit international et à la paix. Elle implique aussi de distinguer les déclarations de principe des résultats effectivement obtenus.

En définitive, l’intervention de Nabil Ammar traduit la volonté de Tunis de maintenir la Palestine au cœur de son action diplomatique et de rappeler que la paix ne saurait être durable sans justice. La ligne défendue par Kaïs Saïed repose sur une idée centrale : les droits d’un peuple ne peuvent être annulés par la force ni devenir une variable d’ajustement des équilibres géopolitiques.

La portée de cette politique se mesurera à sa capacité à contribuer, avec les autres acteurs internationaux, à la cessation des violences, à la protection des populations et à l’émergence d’une solution garantissant aux Palestiniens leurs droits nationaux. Car la crédibilité du droit international, tout comme la perspective d’une paix durable au Moyen-Orient, dépend de la possibilité de faire de ces principes une réalité.

 

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Loi de Finances 2027 : la dignité du citoyen au cœur des priorités

Von: farhat
16. Oktober 2026 um 08:36

Justice sociale, allègement de la pression fiscale, réponse aux besoins essentiels et soutien à l’investissement : à travers les orientations annoncées pour la loi de Finances 2027, le président de la République entend faire du budget de l’État un instrument au service du citoyen, de la réduction des inégalités et du développement national. Reste à traduire ces ambitions en mesures concrètes, capables d’améliorer durablement les conditions de vie des Tunisiens.

La préparation de la loi de Finances 2027 s’inscrit dans une orientation que le président de la République, Kaïs Saïed, présente comme une rupture avec les approches économiques qui, selon lui, ont privilégié les équilibres comptables au détriment des besoins réels de la population. Lors du Conseil des ministres du 13 octobre 2026, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de placer les attentes des citoyens au centre des choix budgétaires, en accordant une attention particulière à la justice sociale, à la fiscalité, à l’investissement et aux exigences du développement.

Derrière ces orientations se dessine une conception du rôle de l’État : celui-ci ne doit pas se limiter à gérer les ressources publiques et à veiller aux grands équilibres financiers. Il lui revient également de garantir les conditions d’une vie digne, de réduire les disparités et de faire en sorte que les richesses nationales profitent à l’ensemble de la population.

La loi de Finances 2027 est ainsi appelée à traduire cette ambition dans les choix fiscaux, les dépenses publiques et les priorités économiques. Pour les Tunisiens, l’enjeu est de savoir dans quelle mesure ces engagements se répercuteront sur leur pouvoir d’achat, leur emploi et leur accès aux services essentiels.

La première promesse portée par le discours présidentiel est celle d’une plus grande justice sociale. Elle repose sur l’idée que les décisions budgétaires doivent tenir compte des difficultés quotidiennes des ménages, notamment ceux dont les revenus sont les plus modestes et qui subissent directement la hausse du coût de la vie.

Dans cette perspective, la loi de Finances ne saurait être considérée comme un simple document technique destiné à déterminer les recettes et les dépenses de l’État. Elle constitue un choix de société, puisqu’elle définit les catégories qui contribuent au financement des politiques publiques, celles qui en bénéficient et les secteurs auxquels les moyens disponibles sont affectés.

L’objectif affiché est de mieux répartir les charges et les ressources, en veillant à ce que les catégories les plus fragiles ne supportent pas une part disproportionnée de l’effort national. Cette orientation implique de porter une attention particulière aux salaires, aux pensions, à l’emploi, aux mécanismes de protection sociale et aux services publics dont dépend une large partie de la population.

La justice sociale ne peut cependant se réduire à des déclarations de principe. Elle suppose des mesures budgétaires cohérentes, des ressources suffisantes et des mécanismes de suivi permettant de vérifier que les décisions prises bénéficient effectivement aux citoyens auxquels elles sont destinées.

Alléger la pression fiscale et préserver les ressources de l’État

La fiscalité constitue un autre enjeu majeur de la loi de Finances 2027. Pour de nombreux Tunisiens, la pression fiscale pèse sur les revenus et limite la capacité des ménages à faire face aux dépenses courantes. Les entreprises, notamment les petites et moyennes structures, doivent également composer avec des charges susceptibles de freiner leur activité, leurs investissements et leurs perspectives de recrutement.

L’orientation présidentielle invite ainsi à rechercher une fiscalité plus équitable, mieux adaptée aux capacités contributives et davantage tournée vers la mobilisation des ressources là où elles échappent encore à la collectivité.

Une telle démarche suppose de lutter contre l’évasion fiscale, de réduire les circuits informels et de renforcer le respect des obligations fiscales. L’enjeu est de ne pas faire reposer l’essentiel du financement public sur les contribuables déjà soumis à l’impôt, alors que d’autres activités peuvent échapper, en partie ou en totalité, à leurs obligations.

L’élargissement de l’assiette fiscale et l’amélioration du recouvrement pourraient contribuer à dégager des ressources supplémentaires sans multiplier mécaniquement les prélèvements sur les mêmes catégories. Ils exigent toutefois une administration fiscale plus efficace, des procédures plus lisibles et des garanties de traitement équitable.

L’allègement de la pression fiscale ne peut, de son côté, être dissocié de la situation des finances publiques. L’État doit disposer des moyens nécessaires pour financer les services collectifs, honorer ses engagements et soutenir les politiques sociales. La difficulté consiste donc à concilier deux impératifs : réduire les charges injustement ressenties par les citoyens et préserver les ressources indispensables à l’action publique.

La promesse sera d’autant plus crédible que les mesures retenues préciseront clairement les catégories concernées, les allègements envisagés et les modalités de compensation des recettes éventuellement perdues.

 

L’investissement, condition de la création de richesses et d’emplois

La justice sociale ne peut durablement reposer sur la seule redistribution des ressources existantes. Elle dépend également de la capacité de l’économie à créer des richesses, à développer les activités productives et à offrir des emplois stables.

C’est pourquoi la loi de Finances 2027 est appelée à accorder une place importante à l’investissement. L’objectif consiste à encourager les initiatives économiques, à faciliter la création et le développement des entreprises et à améliorer les conditions dans lesquelles les investisseurs peuvent concrétiser leurs projets.

Pour les petites et moyennes entreprises, qui constituent un élément essentiel du tissu économique national, la simplification des procédures, la prévisibilité des règles et l’accès au financement représentent des conditions déterminantes. Un environnement économique plus favorable pourrait soutenir la production, favoriser l’innovation et renforcer la capacité des entreprises à recruter.

Cette orientation concerne également les régions qui disposent de ressources humaines, agricoles, industrielles ou touristiques insuffisamment valorisées. Le développement ne peut rester concentré dans les zones déjà les mieux équipées. Il doit permettre aux territoires de mobiliser leurs propres potentialités, de diversifier leurs activités et de retenir leurs compétences.

L’investissement doit ainsi être envisagé non seulement sous l’angle de la croissance, mais aussi au regard de ses effets sociaux : nombre et qualité des emplois créés, amélioration des revenus, dynamisation des régions et réduction des inégalités territoriales.

Encore faut-il que les orientations budgétaires soient accompagnées de mécanismes efficaces. Les incitations financières, à elles seules, ne suffisent pas si les obstacles administratifs persistent, que les projets demeurent difficiles à financer ou que les infrastructures nécessaires font défaut.

L’une des exigences qui se dégagent des orientations présidentielles est la nécessité de rapprocher les politiques publiques des besoins concrets de la population. Les disparités entre les régions demeurent un défi majeur, qu’il s’agisse de l’accès aux soins, de la qualité des établissements scolaires, des transports, de l’approvisionnement en eau ou de la disponibilité des infrastructures.

La loi de Finances constitue, à cet égard, un instrument déterminant. La répartition des investissements publics et le financement des équipements collectifs peuvent contribuer à corriger les déséquilibres territoriaux, à condition que les crédits annoncés se traduisent par des projets réalisés et des services effectivement améliorés.

Les citoyens attendent des réponses tangibles : des établissements de santé capables de répondre à leurs besoins, des écoles disposant des moyens nécessaires, des routes et des transports adaptés, ainsi que des perspectives d’emploi pour les jeunes. Ces attentes ne relèvent pas de revendications secondaires. Elles touchent directement à l’égalité des chances et à la confiance dans les institutions.

La priorité accordée aux régions défavorisées doit donc se mesurer à l’aune des résultats obtenus. Il ne suffit pas d’inscrire des crédits dans un budget, encore faut-il garantir leur utilisation dans les délais, la bonne exécution des projets et la transparence dans la gestion des fonds publics.

Cette exigence renvoie également à la responsabilité de l’administration. Les décisions budgétaires ne produisent leurs effets que si les structures chargées de les mettre en œuvre disposent des moyens nécessaires et assument pleinement leurs missions.

 

Le citoyen au-delà des chiffres

Au cœur des orientations annoncées, figure une idée essentielle : les indicateurs économiques ne prennent tout leur sens qu’à travers leurs conséquences sur la vie des citoyens. La croissance, les recettes fiscales, les dépenses publiques et les équilibres budgétaires sont indispensables à l’évaluation de la situation économique, mais ils ne suffisent pas à rendre compte du vécu des ménages.

Pour une famille, la réussite d’une politique économique se mesure aussi à sa capacité à couvrir ses dépenses, à accéder aux soins, à assurer la scolarité de ses enfants et à envisager l’avenir avec davantage de sécurité. Pour un jeune diplômé, elle se traduit par la possibilité de trouver un emploi correspondant à ses compétences. Pour un entrepreneur, elle dépend de la capacité à développer son activité dans un cadre stable et prévisible.

La loi de Finances 2027 devra donc être appréciée au regard de ses effets concrets. Les mesures annoncées permettront-elles de soulager les ménages ? Contribueront-elles à réduire les inégalités ? Favoriseraient-elles l’investissement productif et l’emploi ? Les régions les moins développées bénéficieront-elles de moyens à la hauteur de leurs besoins ?

Ces questions sont déterminantes, car elles permettent de distinguer les objectifs affichés des résultats effectivement obtenus.

À travers les orientations présentées pour la loi de Finances 2027, Kaïs Saïed entend réaffirmer une conception de l’action publique fondée sur la souveraineté nationale, la justice sociale et la responsabilité de l’État envers les citoyens. La fiscalité, l’investissement et la répartition des ressources sont appelés à servir une même ambition : faire du développement économique un moyen d’améliorer les conditions de vie et non une finalité détachée des réalités sociales.

Cette ambition comporte néanmoins une exigence essentielle : la mise en œuvre. La justice fiscale doit se traduire par une répartition plus équitable des charges ; le soutien à l’investissement doit produire des emplois et des activités durables ; la solidarité nationale doit se concrétiser par des services publics accessibles et une réduction mesurable des disparités régionales.

Le budget de 2027 sera ainsi évalué moins à la portée des déclarations qui l’accompagnent qu’à la cohérence des mesures adoptées et aux résultats obtenus. Pour les Tunisiens, la promesse centrale demeure celle d’un État qui protège, investit et répartit plus équitablement les ressources collectives.

C’est dans la vie quotidienne, dans le pouvoir d’achat, dans l’accès aux services essentiels et dans les perspectives offertes aux jeunes que se mesurera, en définitive, la portée réelle de cette loi de Finances.

 

 

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Assurance maladie : les cliniques privées alertent sur l’explosion des impayés de la CNAM 

Von: tmps
15. Oktober 2026 um 10:13

La discorde s’immisce jour après jour dans les relations entre la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) et les prestataires de soins privés. Après les pharmaciens d’officine, les médecins de libre pratique, les biologistes et les fabricants de dispositifs médicaux, les cliniques privées montent aujourd’hui au créneau pour dénoncer une situation financière intenable liée à l’accumulation des impayés de la CNAM.

«Les dettes de la Caisse nationale d’assurance maladie envers les cliniques privées ne cessent de gonfler. Elles dépassent aujourd’hui 200 millions de dinars et mettent nos trésoreries sous une pression sans précédent», s’est alarmé le président de la Chambre syndicale nationale des cliniques privées, Boubaker Zakhama, dans une déclaration accordée au «Temps».

«La caisse a cessé de verser le moindre millime aux cliniques privées depuis plus de huit mois. Cette rupture unilatérale et prolongée des paiements commence à faire ses premières victimes concrètes sur le terrain : une clinique privée a dû mettre la clé sous la porte ces derniers jours, tandis que la grande majorité de ses consœurs naviguent dangereusement à vue, et se trouvent au bord de la faillite pure et simple», a-t-il révélé.

Pourtant, ces établissements de soins se trouvent pris dans un étau paradoxal. D’un côté, ils ont l’obligation légale et éthique de prendre en charge les patients couverts par la CNAM, garantissant ainsi l’accès aux soins pour tous les citoyens sans discrimination. De l’autre, ils doivent faire face à un mur de contraintes financières insurmontables. Boubaker Zakhama souligne à ce titre le contraste saisissant et injuste de la situation. «Alors que la CNAM a fermé complètement le robinet des paiements, l’administration fiscale et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) se montrent d’une rigueur inflexible. Elles n’accordent aucune clémence ni délai lorsqu’il s’agit de recouvrer les impôts ou la part patronale des cotisations sociales, aggravant davantage la lente agonie financière des cliniques privées», s’est-il offusqué.

Pour comprendre l’origine de cette crise systémique, il faut remonter à l’année 2015. À cette époque, un choix stratégique gouvernemental a consisté à réorienter une part substantielle des cotisations sociales encaissées par la CNAM vers la CNSS et la CNRPS. L’objectif affiché était de combler les déficits de ces deux caisses de sécurité sociale et d’assurer le versement des pensions de retraite. Toutefois, cette décision a provoqué une saignée de liquidités au sein de l’organisme chargé de gérer le régime national d’assurance maladie, compromettant durablement sa capacité à honorer ses engagements vis-à-vis des prestataires de soins.

Le dernier rapport publié par le ministère des Finances sur les entreprises publiques au début de 2024 révélait déjà l’ampleur de la crise de liquidités qui touche la CNAM : les dettes cumulées de la CNSS et de la CNRPS envers cette caisse atteignaient la somme colossale de 8,787 milliards de dinars à la clôture de 2022. Un chiffre qui a inexorablement enflé au cours des dernières années.

Une réaction en chaîne qui ébranle l’ensemble de l’édifice sanitaire

Cette carence chronique en liquidités engendre une réaction en chaîne dévastatrice qui ébranle l’ensemble de l’édifice sanitaire national. Faute de percevoir leurs créances, les différents maillons de la chaîne, qu’il s’agisse de la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT), des fournisseurs de matériel médical ou des laboratoires pharmaceutiques, s’enlisent dans des impayés croissants.

L’onde de choc n’épargne aucun intervenant du secteur libéral. Début septembre, la Chambre syndicale nationale des entreprises de dispositifs et équipements médicaux exprimait déjà sa vive inquiétude face aux tensions de trésorerie asphyxiantes, mettant en garde contre le risque imminent d’une pénurie généralisée de matériel dans les structures publiques. Du côté de la médecine libérale, le Syndicat tunisien des médecins libéraux (STML) avait sonné la mobilisation depuis l’été dernier pour dénoncer l’allongement intenable des délais de règlement dans le cadre du système du tiers payant. Les créances des médecins de première ligne ont ainsi atteint près de 80 millions de dinars, plongeant les praticiens dans une crise de liquidité aiguë.

Le constat est rigoureusement identique chez les biologistes du secteur privé. Ces derniers réclament depuis des mois le règlement immédiat d’arriérés affichant des retards de cinq à six mois. Pour le syndicat des biologistes, cette situation constitue une entorse manifeste à la convention sectorielle, plaçant les laboratoires dans l’incapacité absolue de s’acquitter de leurs obligations fiscales et sociales, tout en menaçant la sécurité et la qualité des prestations offertes aux malades. Même son de cloche chez les pharmaciens d’officine, qui ont brandi à plusieurs reprises la menace de suspendre le tiers payant avant d’aboutir à des compromis de dernière minute.

Face à cette détérioration généralisée, les tentatives de «rafistolage» menées ces dernières années par les autorités compétentes peinent à inverser la tendance. Si le gouvernement avait injecté, fin 2025, un financement exceptionnel de 290 millions de dinars pour soulager la trésorerie des hôpitaux publics et apurer une partie des dettes de la Pharmacie centrale, ces mesures conjoncturelles restent insuffisantes face à l’ampleur du déficit structurel des caisses sociales. Pour les professionnels de santé, l’unique issue salvatrice réside dans la réforme de l’ensemble des régimes de protection sociale (régimes de retraite, régime d’assurance maladie, allocations familiales, etc.) pour restaurer les équilibres financiers de la CNSS et de la CNRPS.

«La situation financière déplorable de la CNAM n’est que le miroir réfléchissant des défaillances du système national de protection sociale. Aucune solution ne sera durable si l’on ne s’attaque pas aux vraies racines du mal», conclut Boubaker Zakhama.

Walid KHEFIFI

 

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Devoirs à domicile :quand les inégalités sociales s’invitent dans la réussite scolaire

Von: tmps
15. Oktober 2026 um 09:22

Dans les foyers tunisiens, la journée scolaire ne s’achève pas toujours à la sortie des classes. Une fois rentrés à la maison, les élèves doivent souvent reprendre leurs cahiers, réviser leurs leçons, terminer des exercices ou préparer les évaluations du lendemain. Une routine devenue tellement ordinaire qu’elle semble indissociable de la réussite scolaire. Pourtant, derrière cette pratique se cache une réalité bien plus complexe. Tous les enfants ne disposent pas des mêmes conditions pour travailler à domicile, ni du même accompagnement familial.

Entre les parents qui peuvent consacrer plusieurs heures au suivi scolaire de leurs enfants et ceux qui, faute de temps, de moyens ou de connaissances, peinent à les aider, les devoirs à la maison risquent de devenir un facteur supplémentaire d’inégalités. En Tunisie, où la réussite scolaire demeure une préoccupation majeure pour les familles, cette question mérite une attention particulière. Car si l’école est censée offrir à tous les élèves les mêmes chances d’apprendre et de progresser, une partie du travail demandé en dehors de la classe repose sur des ressources qui varient considérablement d’un foyer à l’autre.

Quand la réussite scolaire dépend aussi du milieu familial

Sur le papier, les devoirs à domicile poursuivent un objectif pédagogique légitime. Ils permettent de consolider les acquis, de développer l’autonomie de l’élève et de l’habituer à un travail régulier. Mais leur efficacité dépend largement des conditions dans lesquelles ils sont réalisés. Dans certaines familles, les enfants bénéficient d’un environnement favorable. Ils disposent d’un espace calme, de fournitures adaptées, d’une connexion Internet et, surtout, de parents capables de les accompagner. Ces derniers peuvent expliquer une consigne, corriger un exercice ou aider à surmonter une difficulté. Lorsque cela ne suffit pas, le recours à un enseignant particulier constitue une solution supplémentaire. A l’inverse, d’autres élèves doivent composer avec des conditions beaucoup moins favorables. Dans les logements exigus, où plusieurs membres d’une même famille partagent les mêmes espaces, trouver un endroit tranquille pour étudier peut relever du défi. À cela s’ajoutent parfois l’absence d’équipements numériques, les contraintes financières ou l’indisponibilité des parents.

Les différences ne sont pas uniquement économiques. Le niveau d’instruction des parents joue également un rôle déterminant. Une mère ou un père ayant poursuivi des études supérieures pourra généralement accompagner plus facilement son enfant dans certaines matières qu’un parent dont le parcours scolaire a été interrompu précocement. Cette situation ne traduit évidemment pas un manque d’intérêt pour l’éducation, mais révèle les limites d’un système qui suppose implicitement que chaque famille possède les compétences nécessaires pour prolonger le travail de l’enseignant. La question devient encore plus sensible lorsque les devoirs exigent des explications qui n’ont pas été suffisamment assimilées en classe. L’élève qui dispose d’une aide extérieure pourra surmonter l’obstacle, tandis que celui qui travaille seul risque d’accumuler les incompréhensions. Progressivement, les écarts se creusent, non pas nécessairement en raison de différences de capacités, mais parce que les possibilités d’accompagnement ne sont pas les mêmes.

Les cours particuliers, une réponse qui accentue les disparités

Cette réalité contribue à expliquer la place importante qu’occupent les cours particuliers dans le paysage éducatif tunisien. Pour de nombreuses familles, ils ne représentent plus seulement un soutien destiné aux élèves en difficulté, mais un moyen de suivre le rythme des programmes, de préparer les examens et de préserver les chances de réussite. Le phénomène soulève cependant une contradiction fondamentale. Lorsque la maîtrise des connaissances dépend de plus en plus d’un accompagnement payant, l’égalité des chances promise par l’enseignement public se trouve fragilisée. Les familles disposant de revenus confortables peuvent multiplier les séances de soutien dans différentes matières. D’autres doivent effectuer des sacrifices financiers pour offrir à leurs enfants quelques heures supplémentaires d’apprentissage. Quant aux ménages les plus modestes, ils peuvent être contraints d’y renoncer complètement.

Dans un contexte marqué par la pression sur le pouvoir d’achat, les dépenses éducatives constituent ainsi une charge supplémentaire pour les parents. Les frais de transport, les fournitures scolaires, les équipements et les cours particuliers viennent alourdir un budget familial déjà sollicité par les dépenses essentielles. Cette situation peut également nourrir une forme de compétition scolaire précoce. Dès les premières années de l’enseignement, certains enfants suivent un rythme particulièrement chargé, alternant journées de classe, devoirs à domicile et séances de soutien. Le temps consacré au repos, au jeu et aux activités personnelles se réduit, alors même que ces moments participent pleinement à leur développement. Il serait toutefois réducteur de considérer que tous les devoirs à domicile sont inutiles ou que les cours particuliers constituent systématiquement un problème. Des exercices adaptés, raisonnables et réalisables de manière autonome peuvent favoriser l’apprentissage. La difficulté apparaît lorsque le travail demandé dépasse les capacités de l’élève à le réaliser seul et transfère aux familles une responsabilité pédagogique qu’elles ne sont pas toutes en mesure d’assumer.

Repenser les devoirs pour garantir l’égalité des chances

Face à ces disparités, une interrogation s’impose : l’école doit-elle continuer à faire dépendre une partie de la réussite des élèves de leur environnement familial ? La question ne consiste pas nécessairement à supprimer tous les devoirs, mais plutôt à réfléchir à leur nature, à leur volume et à leur finalité. Un exercice destiné à vérifier la compréhension d’une leçon ne devrait pas nécessiter systématiquement l’intervention d’un adulte ou d’un professeur particulier. De même, le travail à domicile devrait rester proportionné à l’âge de l’enfant et au temps dont il dispose après sa journée scolaire. Une meilleure organisation du travail personnel au sein des établissements pourrait constituer une piste de réflexion. Des séances d’étude encadrées, des dispositifs de soutien gratuits et une attention particulière aux élèves rencontrant des difficultés permettraient de limiter la dépendance à l’accompagnement familial. Cette réflexion renvoie également aux conditions d’enseignement. Lorsque les classes sont chargées, que les programmes sont denses et que les enseignants disposent de peu de temps pour accompagner individuellement les élèves, une partie des difficultés peut se retrouver reportée sur le travail à domicile. Réduire les inégalités suppose donc aussi de renforcer les moyens permettant aux enfants de comprendre et d’assimiler les connaissances pendant les heures de classe. Il importe par ailleurs de distinguer l’implication des parents de leur capacité à enseigner. Encourager un enfant, s’intéresser à ses résultats, valoriser ses efforts et maintenir un dialogue avec ses enseignants constituent des formes essentielles d’accompagnement. En revanche, demander implicitement aux familles de réexpliquer quotidiennement les cours revient à leur attribuer une mission pour laquelle elles ne disposent pas nécessairement du temps ou des compétences requis. L’enjeu dépasse finalement la seule question des devoirs. Il touche à la fonction même de l’école publique, dont l’une des missions fondamentales consiste à réduire les inégalités de départ plutôt qu’à les reproduire.

En Tunisie, où l’éducation a longtemps représenté un puissant levier de promotion sociale, cette problématique prend une dimension particulière. La réussite d’un enfant ne devrait pas être conditionnée par le revenu de ses parents, leur niveau d’instruction ou leur disponibilité après une journée de travail. Les devoirs à la maison peuvent contribuer à l’apprentissage, mais ils ne doivent pas devenir un mécanisme de sélection sociale invisible. Car lorsque deux élèves quittent la même salle de classe avec les mêmes exercices, ils ne rentrent pas nécessairement chez eux avec les mêmes possibilités de les réussir. Et c’est précisément dans cet écart, souvent ignoré, que peut commencer une partie des inégalités scolaires.

Leila SELMI

 

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Investissement : entre dynamisme économique et justice sociale

Von: tmps
15. Oktober 2026 um 08:35

 Par Ahmed NEMLAGHI

Réformes législatives, simplification administrative, modernisation des infrastructures et ouverture sur les partenaires étrangers : la politique de dynamisation de l’investissement engagée sous la présidence de Kaïs Saïed s’inscrit dans une ambition plus large de transformation du modèle de développement. L’objectif affiché est de libérer l’initiative économique, de stimuler l’investissement productif et de créer des emplois, sans renoncer au rôle social de l’État ni à l’exigence d’un développement plus équilibré entre les régions.

L’investissement constitue l’un des principaux leviers de la croissance, de la création d’emplois et de la modernisation de l’économie. Mais, dans la vision économique défendue par le président de la République, il ne saurait être considéré comme une fin en soi. Sa finalité doit également être appréciée à l’aune de sa contribution à la justice sociale, à la valorisation des ressources nationales et à l’amélioration des conditions de vie des citoyens.

Cette approche se reflète dans les orientations du Plan de développement 2026-2030, qui associe stimulation de l’investissement, développement des secteurs à forte valeur ajoutée, réduction des disparités territoriales et consolidation de la dimension sociale de l’État.

Le climat des affaires représente un enjeu majeur pour la capacité de la Tunisie à attirer les capitaux, encourager l’entrepreneuriat et renforcer la compétitivité de ses entreprises. Les lourdeurs administratives, la multiplication des procédures et les délais d’autorisation peuvent freiner les initiatives et renchérir le coût des projets.

La volonté de réviser le cadre législatif de l’investissement s’inscrit dans cette problématique. Le 31 décembre 2025, un conseil ministériel restreint a examiné un nouveau projet de loi sur l’investissement, présenté comme un instrument destiné à accompagner l’évolution de l’économie et à soutenir un modèle de développement fondé sur la justice sociale et l’équité.

Cette orientation prolonge les efforts engagés pour améliorer l’environnement des entreprises, notamment à travers la loi n° 2019-47 du 29 mai 2019 relative à l’amélioration du climat des affaires. Ce texte met notamment l’accent sur la simplification de la création d’entreprises, l’accès au financement, le partenariat public-privé et la gouvernance des sociétés.

L’enjeu est désormais de faire évoluer le cadre juridique en fonction des besoins des investisseurs et des réalités économiques. Simplifier ne signifie pas supprimer les règles nécessaires à la transparence ou à la protection de l’intérêt général. Il s’agit plutôt de rendre les démarches plus lisibles, de réduire les délais injustifiés et de garantir une application cohérente des textes.

Une réforme efficace doit ainsi offrir aux investisseurs une visibilité suffisante sur les procédures, les obligations et les conditions de réalisation de leurs projets. La stabilité et la prévisibilité du cadre réglementaire constituent des éléments déterminants dans les décisions d’investissement à long terme.

Une administration plus efficace et plus accessible

La simplification administrative est indissociable de la modernisation de l’État. La digitalisation des services, la circulation des informations entre les administrations et la réduction des formalités redondantes peuvent faciliter les démarches des entreprises et améliorer la qualité du service public.

Pour les petites et moyennes entreprises, qui disposent souvent de moyens humains et financiers limités, la complexité administrative peut représenter une charge particulièrement lourde. Des procédures plus simples et des interlocuteurs clairement identifiés peuvent leur permettre de consacrer davantage de ressources à la production, à l’innovation et au développement commercial.

La transformation numérique doit toutefois s’accompagner d’une amélioration réelle du fonctionnement administratif. Une procédure dématérialisée qui reproduit les mêmes lenteurs qu’une démarche papier ne résout pas le problème de fond. La modernisation suppose donc de revoir les circuits de décision, de responsabiliser les structures concernées et d’évaluer les délais de traitement.

L’objectif est de construire une relation plus efficace entre l’État et les opérateurs économiques, dans laquelle la puissance publique facilite les initiatives conformes à la loi tout en veillant au respect des règles et à la protection de l’intérêt collectif.

L’attractivité économique ne se mesure pas uniquement au volume des capitaux mobilisés, elle dépend également de la nature des projets financés, de leur capacité à créer de la valeur et de leur contribution à l’emploi.

La politique défendue par Kaïs Saïed accorde une place importante à l’investissement productif, à l’innovation et aux activités à forte valeur ajoutée. Cette orientation vise à renforcer les capacités de l’économie nationale, à améliorer sa compétitivité et à favoriser la création d’emplois décents, notamment pour les jeunes et les diplômés de l’enseignement supérieur.

La question essentielle consiste à rapprocher les investissements des besoins réels de l’économie. Les projets doivent contribuer à élargir les capacités de production, à développer les compétences, à réduire certaines dépendances extérieures et à ouvrir de nouveaux débouchés aux entreprises tunisiennes.

Les petites et moyennes entreprises occupent, à cet égard, une place importante. Leur développement peut favoriser la diversification du tissu économique et soutenir l’emploi dans des secteurs variés. Mais leur croissance nécessite un meilleur accès au financement, un accompagnement technique et juridique ainsi qu’un environnement dans lequel l’initiative est encouragée sans être entravée par des obstacles disproportionnés.

Les sociétés communautaires s’inscrivent également dans cette recherche d’un développement plus ancré dans les territoires. En valorisant les ressources locales et en favorisant l’initiative collective, elles peuvent contribuer à créer des activités économiques là où les investissements traditionnels demeurent insuffisants. Leur réussite dépendra néanmoins de leur gouvernance, de leur viabilité et de leur capacité à accéder aux marchés.

Le développement régional, une priorité stratégique

L’un des défis structurels de l’économie tunisienne réside dans les écarts de développement entre les régions. La concentration des infrastructures, des activités et des opportunités dans certains pôles limite les possibilités d’emploi et d’initiative dans d’autres territoires.

Le Plan de développement 2026-2030 entend répondre à cette situation en accordant une attention particulière aux régions les moins développées, à l’amélioration des infrastructures et à la qualité des services de base. Il prévoit également de soutenir l’émergence de nouveaux pôles de croissance et de renforcer l’attractivité territoriale.

Cette orientation est déterminante pour la politique d’investissement. Les entreprises ne choisissent pas leur implantation sur la seule base des incitations financières. Elles tiennent également compte de l’état des routes, de la disponibilité de l’eau et de l’énergie, de l’accès aux marchés, des compétences disponibles et de la qualité des services publics.

L’investissement public peut alors jouer un rôle d’entraînement, en créant les conditions nécessaires à l’implantation d’activités privées. Cette complémentarité ne signifie pas que l’État doit se substituer aux entreprises, mais qu’il peut réduire les obstacles structurels qui empêchent certains territoires de valoriser leur potentiel.

L’approche ascendante retenue pour l’élaboration du Plan 2026-2030, à partir des propositions des conseils locaux, régionaux et de districts, vise par ailleurs à rapprocher la planification des besoins exprimés sur le terrain.  Son efficacité dépendra de la capacité à transformer ces propositions en projets financés, réalisables et suivis dans le temps.

La diplomatie économique constitue un autre levier de la dynamisation de l’investissement. Les relations avec les partenaires étrangers peuvent favoriser les échanges commerciaux, les transferts de compétences, l’accès aux marchés et la mobilisation de capitaux destinés à des projets productifs.

Dans cette perspective, la recherche d’investissements étrangers peut contribuer à renforcer les capacités industrielles et technologiques du pays. Elle suppose toutefois une stratégie qui identifie les secteurs prioritaires, favorise les partenariats créateurs de valeur et veille à ce que les retombées économiques bénéficient effectivement à l’économie nationale.

Cette ouverture doit être conciliée avec la souveraineté économique défendue par Kaïs Saïed. L’objectif n’est pas de s’isoler des échanges internationaux, mais de rechercher des coopérations qui répondent aux priorités nationales et renforcent les capacités du pays. Les partenariats extérieurs peuvent être utiles lorsqu’ils favorisent la production, l’emploi, la formation et le transfert de savoir-faire.

L’attractivité de la Tunisie dépendra donc autant de la qualité de ses relations économiques que de la crédibilité de son environnement juridique, de la disponibilité des infrastructures et de la capacité de ses institutions à accompagner les projets.

Croissance et État social : une articulation décisive

La politique d’investissement défendue par le président de la République pose une question centrale : comment concilier l’encouragement de l’activité économique avec la protection sociale et une répartition plus équitable des richesses ?

Dans les orientations gouvernementales, l’État social demeure une dimension stratégique du modèle de développement. La croissance est appelée à soutenir l’emploi, à renforcer les systèmes de protection sociale et à améliorer l’accès aux services essentiels. Le Plan 2026-2030 entend ainsi rapprocher les objectifs économiques des impératifs sociaux et territoriaux.

Cet équilibre ne peut toutefois reposer sur les seules déclarations de principe. Il exige des investissements capables de produire des emplois durables, une gestion rigoureuse des ressources publiques et une évaluation des effets des politiques engagées. Il suppose également que les entreprises évoluent dans un cadre prévisible, respectueux des droits des investisseurs comme de ceux des travailleurs.

Le défi est donc double : créer davantage de richesses et veiller à ce que leur production contribue à l’amélioration des conditions de vie. La justice sociale ne s’oppose pas nécessairement à la compétitivité, elle peut au contraire en renforcer les fondements lorsque l’investissement développe les compétences, réduit les inégalités territoriales et ouvre de nouvelles possibilités économiques.

La stratégie de dynamisation de l’investissement s’articule autour de plusieurs leviers complémentaires : réforme du cadre juridique, simplification administrative, modernisation des infrastructures, soutien à l’investissement productif et ouverture sur les partenaires internationaux. Elle s’inscrit dans une conception du développement qui entend associer croissance, souveraineté économique et justice sociale.

Sa réussite se mesurera cependant à des résultats concrets : des projets effectivement réalisés, des entreprises renforcées, des emplois durables créés et des régions qui bénéficient davantage de l’activité économique. La qualité de l’accompagnement administratif, la stabilité des règles et l’évaluation des réformes seront essentielles pour atteindre ces objectifs.

Au fond, l’enjeu de la politique d’investissement portée par Kaïs Saïed est de faire de l’initiative économique un instrument de développement collectif. L’État est appelé à faciliter la création de richesses et à préparer les conditions de l’investissement, tout en préservant sa responsabilité sociale. C’est dans la capacité à faire converger ces deux exigences, dynamisme économique et justice sociale, que se jouera la portée du modèle de développement recherché.



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Sociétés communautaires : pour une économie de la justice sociale

Von: tmps
14. Oktober 2026 um 09:21

 Par Ahmed NEMLAGHI

Présentées comme un levier de développement régional, de création d’emplois et de valorisation des ressources locales, les sociétés communautaires occupent une place particulière dans la vision économique du président de la République, Kaïs Saïed. Le Conseil ministériel restreint présidé par la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, à la Kasbah, remet au centre du débat les conditions nécessaires pour faire de ce modèle un instrument concret de justice sociale et de développement.

La question économique ne se résume pas à la croissance des indicateurs ou à l’accroissement des investissements, elle renvoie également à la manière dont les richesses sont produites, réparties et mises au service de la collectivité. C’est autour de cette préoccupation que s’inscrit le projet des sociétés communautaires, auquel Kaïs Saïed entend donner une place dans la transformation du modèle de développement tunisien.

En consacrant un conseil ministériel restreint à l’amélioration de leur gouvernance, à la simplification des procédures de création et au renforcement de leur accompagnement, le gouvernement reconnaît que l’avenir de ces structures dépend autant de leur potentiel économique que de la capacité de l’administration à leur offrir un environnement favorable.

Les sociétés communautaires s’inscrivent dans une approche qui entend rapprocher l’activité économique des besoins des territoires et de leurs populations. Leur vocation est de permettre à des personnes réunies autour d’un projet commun de mobiliser les ressources disponibles, de développer une activité productive et de créer des emplois au bénéfice de leur région.

Cette orientation rejoint la conception de Kaïs Saïed selon laquelle le développement doit être davantage ancré dans les réalités locales et contribuer à réduire les disparités entre les régions. Il ne s’agit pas seulement de créer de nouvelles structures économiques, mais de favoriser une participation collective à la production de richesses, en donnant aux populations la possibilité de devenir actrices de leur développement.

Dans cette perspective, les sociétés communautaires peuvent offrir une voie complémentaire aux formes traditionnelles d’entrepreneuriat. Elles sont notamment susceptibles de réunir des compétences, des moyens et des ressources qui, pris isolément, ne permettraient pas toujours de concrétiser un projet viable.

L’enjeu consiste à faire émerger des activités adaptées aux spécificités territoriales : valorisation des produits agricoles, transformation des matières premières, services, artisanat, activités environnementales ou projets liés aux potentialités régionales. Le choix des secteurs doit toutefois répondre à une analyse sérieuse des besoins, des débouchés et des capacités réelles de chaque structure.

La justice sociale par la création de richesses

La justice sociale constitue l’un des fondements politiques mis en avant par le président de la République. Dans cette conception, elle ne saurait se limiter à la redistribution des revenus après la création des richesses. Elle suppose également d’élargir les possibilités de participer à leur production et de permettre aux régions de mieux tirer profit de leurs ressources.

Les sociétés communautaires prennent leur sens dans cette articulation entre activité économique et finalité sociale. En encourageant l’initiative collective, elles sont appelées à contribuer à la création d’emplois, à l’intégration économique des jeunes et à une meilleure valorisation des potentialités locales.

Pour les régions confrontées au chômage, au manque d’investissements ou à l’insuffisance des débouchés, le développement de projets productifs peut représenter une possibilité de diversification économique. Il peut aussi contribuer à limiter la dépendance à l’égard d’activités concentrées dans les grands centres urbains, à condition que les projets disposent des moyens nécessaires pour fonctionner durablement.

La portée sociale de ce modèle ne se mesurera donc pas au seul nombre de sociétés créées. Elle dépendra du nombre d’emplois durables générés, de la qualité des revenus distribués, de la viabilité des activités et de leur capacité à produire des effets positifs sur l’économie locale.

La place accordée aux jeunes dans cette orientation répond à une difficulté persistante : l’écart entre les aspirations professionnelles, les qualifications disponibles et les possibilités d’emploi dans plusieurs régions du pays.

Les sociétés communautaires peuvent ouvrir des perspectives à des porteurs de projets désireux de travailler collectivement à la création d’une activité. Elles peuvent aussi favoriser l’acquisition de compétences pratiques et rapprocher la formation des besoins économiques locaux.

Mais l’initiative ne peut, à elle seule, résoudre le problème du chômage. Pour devenir un véritable outil d’insertion, ce modèle doit s’appuyer sur des projets économiquement viables, une formation adaptée, un accès aux équipements et aux financements ainsi que des débouchés commerciaux identifiés.

C’est dans ce contexte que la recommandation du conseil ministériel visant à mettre en place un dispositif intégré de formation et d’accompagnement revêt une importance particulière. L’appui doit couvrir l’ensemble du parcours : conception du projet, étude de faisabilité, création juridique, gestion, production, commercialisation et développement de l’activité.

Une société communautaire ne peut se consolider durablement sur la seule base de l’enthousiasme de ses fondateurs. Elle a besoin de compétences, d’une organisation rigoureuse et d’une stratégie capable de résister aux contraintes du marché.

Simplifier les procédures et améliorer la gouvernance

Le conseil ministériel restreint a également examiné les difficultés administratives rencontrées par ces entreprises et les moyens d’y remédier. Ce volet est essentiel, car la multiplication des démarches, les délais ou l’absence d’interlocuteurs clairement identifiés peuvent freiner la concrétisation des projets.

La simplification administrative doit permettre aux porteurs de projets de consacrer davantage de temps et de moyens à leur activité productive. Elle suppose des procédures lisibles, une coordination efficace entre les services publics et un accompagnement accessible, notamment dans les régions où l’offre de conseil économique demeure limitée.

Toutefois, l’allègement des formalités ne doit pas se faire au détriment de la transparence ou de la bonne gestion. La gouvernance constitue une condition de crédibilité pour les sociétés communautaires : répartition claire des responsabilités, suivi des ressources, contrôle des dépenses et évaluation régulière des résultats doivent accompagner leur développement.

La recommandation de mettre en place des mécanismes d’évaluation est donc déterminante. Pour mesurer l’efficacité de l’accompagnement public, il faudra pouvoir apprécier les résultats obtenus, repérer les difficultés persistantes et ajuster les dispositifs en fonction des besoins réels des entreprises.

L’une des orientations retenues lors de la réunion consiste à encourager les sociétés communautaires à investir de nouveaux secteurs et marchés porteurs, notamment dans les domaines à forte valeur ajoutée et à dimension stratégique, en cohérence avec le Plan de développement 2026-2030.

Cette démarche est importante pour éviter que les projets ne se limitent à des activités de faible rentabilité ou à des marchés déjà saturés. La valorisation des ressources locales peut produire davantage de bénéfices lorsqu’elle s’accompagne de transformation, d’innovation, d’amélioration de la qualité et d’une véritable stratégie commerciale.

Une production agricole peut, par exemple, gagner en valeur lorsqu’elle est transformée ou commercialisée sous une forme répondant aux attentes du marché. De même, des ressources régionales encore insuffisamment exploitées peuvent soutenir des activités nouvelles, pourvu que les investissements, les compétences et les débouchés soient réunis.

Il ne s’agit pas de disperser les initiatives dans tous les secteurs, mais d’identifier les activités pour lesquelles chaque territoire possède des atouts réels. La réussite du modèle dépendra de cette capacité à concilier ambition sociale et rationalité économique.

De l’ambition politique à la viabilité économique

Le modèle des sociétés communautaires traduit une volonté de faire de l’initiative collective un instrument de développement et de justice sociale. Sa cohérence avec les orientations de Kaïs Saïed tient à cette recherche d’un lien plus direct entre les ressources des régions, la création de richesses.

Mais une ambition politique ne devient une réussite économique que si elle se traduit par des résultats durables. Les entreprises doivent pouvoir accéder aux compétences, aux équipements, au financement et aux marchés indispensables à leur activité. Elles doivent également bénéficier d’un accompagnement qui respecte leur autonomie et leur permette de prendre des décisions adaptées à leur environnement.

L’État a, dans ce processus, un rôle déterminant : simplifier, former, conseiller, faciliter l’accès aux opportunités économiques et évaluer les résultats. Il ne peut cependant se substituer à la viabilité des projets ni à la qualité de leur gestion.

Le défi consiste ainsi à faire des sociétés communautaires des acteurs économiques capables de créer de la valeur, plutôt que de simples structures administratives bénéficiant d’un soutien ponctuel. Leur pérennité sera le meilleur indicateur de leur contribution au développement régional.

En définitive, la portée du projet défendu par Kaïs Saïed se mesurera à sa capacité à transformer l’initiative collective en emplois stables, les ressources locales en richesses durables et la promesse de justice sociale en améliorations tangibles pour les citoyens. La simplification des procédures et le renforcement de l’accompagnement constituent des étapes importantes. La réussite dépendra désormais de la qualité des projets, de leur gouvernance et de leur aptitude à s’inscrire durablement dans l’économie nationale.

 

 

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Marché des véhicules électriques : une croissance sur les chapeaux de roue 

Von: tmps
14. Oktober 2026 um 08:32

Longtemps perçu comme une petite niche réservée à une élite ultra-aisée et freiné par des barrières douanières et fiscales dissuasives, le marché de la mobilité électrique en Tunisie connaît un véritable tournant. Le secteur de la mobilité bas carbone accélère à un rythme inédit depuis le début de l’année en cours, transformant profondément le paysage automobile national. Selon les dernières données publiées par la Chambre nationale des concessionnaires et des constructeurs automobiles, les ventes des quatre-roues éco-responsables ont explosé les compteurs. Alors que le marché n’avait enregistré qu’environ 600 véhicules électriques écoulés sur l’ensemble de l’année 2025, la barre des 1.100 unités vendues a été franchie durant les quatre premiers mois de 2026, ce qui confirme l’appétit grandissant des automobilistes tunisiens pour les technologies propres.

«La demande augmente aussi bien pour les véhicules 100% électriques que pour ceux hybrides», a souligné Brahim Debbache, le président de la chambre rattachée à l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA).

Selon lui, la «phase de forte croissance ne fait que commencer». Le syndicat patronal s’attend, en effet, à ce que le nombre de véhicules à faibles émissions qui devraient être commercialisées sur l’ensemble de l’année en cours s’approche de 4.000 unités, avec l’arrivée de nouvelles marques et la hausse des commandes passées auprès des marques ayant déjà pignon sur rue. À ce rythme, l’objectif de 50.000 véhicules électriques vendus par an en 2030 fixé par les autorités devrait être atteint facilement, alors que le secteur des transports représente environ 30% de la consommation finale d’énergie du pays et plus d’un quart de ses émissions de gaz à effet de serre.

Le principal catalyseur de cette dynamique réside incontestablement dans la volonté des pouvoirs publics de verdir le parc automobile tunisien et de renforcer l’efficacité énergétique dans un secteur des transports particulièrement énergivore à l’heure où la facture des carburants pèse lourdement sur les finances publiques. Au premier semestre 2026, les subventions aux carburants ont atteint 2,427 milliards de dinars, représentant 69,62% du total des dépenses de subvention de l’État tunisien.

Le directeur de l’efficacité énergétique dans le secteur du transport à l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), Abdelhamid Gannouni, rappelle que le démarrage en trombe que connaît le secteur de la mobilité électrique est le fruit du renforcement progressif des mesures incitatives adoptées dans les dernières lois de finances. «Les voitures électriques bénéficient actuellement d’une exonération totale des droits de douane, qui ont été ramenés de 30% à 0%. La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) a été abaissée de 19 à 7%, tandis que la taxe de circulation a été réduite de 50%», a-t-il détaillé dans une vidéo publiée récemment par l’agence.

Éliminer deux angles morts pour débloquer le potentiel du secteur

À cela s’ajoute l’adoption d’un nouveau mode de calcul de la puissance fiscale. Auparavant pénalisées par les formules des moteurs thermiques, les voitures électriques sont désormais classées de manière juste, allant de 2 ou 3 chevaux fiscaux jusqu’à 7 CV pour les modèles de plus grande taille. Ces mesures ont provoqué une onde de choc positive sur les grilles des prix des concessionnaires. Une voiture électrique autrefois commercialisée aux alentours de 100.000 dinars s’affiche désormais à près de 58.000 dinars, soit une baisse spectaculaire de plus de 40%, avec des fourchettes tarifaires globales oscillant entre 45.000 et 65.000 dinars pour les citadines.

D’autre part, la levée des freins administratifs, notamment la sortie des voitures électriques du système restrictif des quotas, a permis d’inonder le marché d’une offre beaucoup plus riche et diversifiée. Le nombre de modèles proposés en Tunisie a ainsi grimpé d’une quinzaine il y a deux ans à plus de 60 modèles aujourd’hui.

Le principal frein à une croissance plus rapide du marché réside cependant dans le déficit d’infrastructures. Le déploiement des points de recharge se fait actuellement beaucoup plus rapidement que le virage vers l’électrique, car on a jusqu’ici mis la charrue avant les bœufs.

Le réseau national de bornes demeure embryonnaire et profondément inégalitaire. La grande majorité des stations fonctionnelles se concentre dans le Grand Tunis et les grandes villes situées sur le littoral.

À mesure que le parc grandit, la structuration d’un cadre réglementaire et technique régissant l’activité de recharge publique et privée devient une priorité absolue. Les données de l’ANME révèlent qu’environ 90% des recharges s’effectuent dans la sphère privée (à domicile ou sur le lieu de travail), tandis que 10% seulement se font dans des bornes publiques. Dans ce dernier segment, la recharge rapide en courant continu ne représente que 3% des opérations, démontrant que l’usage quotidien s’appuie d’abord sur une routine de recharge nocturne ou stationnaire.

L’autre obstacle qui empêche les ventes des véhicules électriques à passer à la vitesse supérieure concerne l’absence d’un service après-vente et le déficit de compétences spécialisées dans la maintenance. Passer du moteur thermique au bloc électrique exige une transformation radicale des compétences. La mécanique traditionnelle cède ici la place à la mécatronique de haute tension, à la gestion électronique avancée et à la manipulation de systèmes de stockage d’énergie complexes. Actuellement, en dehors des ateliers officiels de quelques concessionnaires pionniers, les mécaniciens indépendants et les centres d’entretien de quartier sont totalement dépourvus des formations et des outillages de sécurité requis. En cas de panne complexe ou de sinistre sur le circuit électrique du véhicule, le consommateur se retrouve face à un vide technique inquiétant.

Ce n’est qu’en éliminant ces angles morts qu’on pourrait faire des véhicules hybrides et électriques les rois de la route de demain. 

Walid KHEFIFI

 

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Santé mentale : pourquoi les Tunisiens vivent-ils sous une pression permanente ?

Von: farhat
12. Oktober 2026 um 09:27

Entre difficultés économiques, exigences professionnelles, responsabilités familiales et incertitudes face à l’avenir, le stress semble occuper une place grandissante dans le quotidien des Tunisiens. Ce qui pouvait autrefois être considéré comme une réaction passagère à une situation difficile tend, pour certaines personnes, à devenir un état presque permanent. Irritabilité, fatigue persistante, troubles du sommeil, difficultés de concentration ou encore tensions musculaires constituent autant de manifestations d’un mal-être qui peut progressivement affecter la qualité de vie. Derrière ces symptômes, souvent banalisés, se pose une véritable question de santé publique : dans quelle mesure les conditions de vie actuelles favorisent-elles l’installation d’un stress chronique au sein de la société tunisienne ?

La pression économique constitue incontestablement l’un des facteurs susceptibles d’alimenter ce phénomène. Pour de nombreux ménages, la gestion du budget familial représente une préoccupation quotidienne. Les dépenses alimentaires, les frais de transport, les charges liées au logement, à la santé ou encore à la scolarité des enfants imposent des arbitrages parfois difficiles. Cette nécessité de calculer constamment ses dépenses peut entretenir un sentiment d’insécurité financière, même chez des personnes disposant d’un revenu régulier. A cette dimension matérielle s’ajoute une charge mentale souvent invisible. Anticiper les dépenses, organiser la vie familiale, répondre aux obligations professionnelles et gérer les imprévus mobilisent une énergie psychologique considérable. Lorsque ces préoccupations s’accumulent sans véritables périodes de récupération, l’organisme peut rester dans un état d’alerte prolongé.

Quand les préoccupations quotidiennes deviennent une source d’épuisement

Le stress constitue, à l’origine, une réaction naturelle de l’organisme face à une difficulté ou à une menace. Il permet de mobiliser rapidement les ressources nécessaires pour faire face à une situation exigeante. Toutefois, lorsque cette réaction se prolonge dans le temps, elle peut perdre son caractère protecteur et devenir préjudiciable à la santé. Sur le plan physiologique, le stress active notamment des mécanismes hormonaux impliquant le cortisol et l’adrénaline. Si ces réactions sont utiles ponctuellement, leur sollicitation répétée peut perturber plusieurs fonctions de l’organisme. Des troubles digestifs, des maux de tête, des tensions musculaires, une fatigue persistante ou des difficultés d’endormissement peuvent ainsi apparaître ou s’aggraver.

Le monde professionnel représente également une source importante de pression. Entre objectifs à atteindre, exigences de productivité, instabilité de certains emplois et difficultés à concilier vie privée et vie professionnelle, les salariés peuvent éprouver le sentiment de ne jamais disposer de suffisamment de temps pour récupérer. Les personnes sans emploi ne sont pas épargnées. La recherche prolongée d’un travail, les incertitudes financières et le sentiment de ne pas pouvoir construire sereinement son avenir peuvent favoriser l’anxiété et la perte de confiance en soi. Chez les jeunes diplômés, notamment, le décalage entre les aspirations personnelles et les possibilités d’insertion professionnelle peut constituer une source supplémentaire de souffrance psychologique.

Les femmes peuvent, quant à elles, être confrontées à une accumulation de responsabilités lorsque l’activité professionnelle s’ajoute à une part importante des tâches domestiques et familiales. Cette charge mentale, parfois insuffisamment reconnue, peut contribuer à un épuisement progressif. Il serait néanmoins réducteur d’attribuer le stress uniquement aux difficultés économiques ou professionnelles. Les tensions relationnelles, les problèmes de santé, les responsabilités envers les proches et les événements personnels jouent également un rôle important. Chaque individu possède par ailleurs une sensibilité différente face aux situations stressantes, ce qui explique que leurs conséquences puissent varier considérablement d’une personne à l’autre.

Une souffrance psychologique encore trop souvent banalisée

L’une des principales difficultés réside dans la tendance à considérer le stress comme une composante inévitable de la vie moderne. Beaucoup de personnes finissent par s’habituer à vivre dans un état de tension permanent, sans nécessairement identifier les signaux envoyés par leur organisme. Le manque de sommeil, les réveils nocturnes, les palpitations, les douleurs musculaires ou les difficultés de concentration peuvent être attribués à une simple fatigue. Pourtant, lorsque ces manifestations deviennent fréquentes, elles méritent une attention particulière et, si nécessaire, une évaluation médicale.

Le stress chronique peut également favoriser ou aggraver certains problèmes de santé, notamment l’hypertension artérielle, les troubles anxieux et les symptômes dépressifs. Il peut aussi influencer les comportements quotidiens, en encourageant une alimentation déséquilibrée, une consommation excessive de stimulants ou une diminution de l’activité physique. Un autre obstacle concerne le regard porté sur la santé mentale. Malgré une évolution progressive des mentalités, consulter un psychologue ou un psychiatre peut encore susciter des réticences. Certaines personnes craignent d’être jugées, tandis que d’autres estiment devoir surmonter seules leurs difficultés.

Cette banalisation peut retarder la prise en charge et favoriser l’aggravation des symptômes. Or, reconnaître une souffrance psychologique ne signifie pas nécessairement souffrir d’un trouble psychiatrique. Il s’agit avant tout d’identifier une situation qui affecte le bien-être et qui peut nécessiter un accompagnement adapté. L’accès aux soins représente également un enjeu important. Le coût des consultations, la disponibilité des professionnels et les disparités territoriales peuvent compliquer le recours à un suivi psychologique régulier, particulièrement pour les personnes disposant de ressources limitées.

Faire de la prévention une priorité de santé publique

Face à ces difficultés, la prévention du stress ne peut reposer uniquement sur la responsabilité individuelle. Certes, l’activité physique régulière, un sommeil suffisant, une alimentation équilibrée et des moments de détente contribuent à améliorer la capacité de l’organisme à faire face aux tensions quotidiennes. Les techniques de relaxation, les exercices respiratoires ou encore le maintien de relations sociales de qualité peuvent également jouer un rôle bénéfique. Cependant, ces mesures restent parfois insuffisantes lorsque les principales sources de stress sont directement liées aux conditions de vie. Il apparaît donc nécessaire d’intégrer davantage la santé mentale dans les politiques de prévention, mais également dans les environnements professionnels, scolaires et universitaires.

La sensibilisation pourrait notamment permettre de mieux distinguer le stress ponctuel, qui fait partie de l’existence, du stress chronique, susceptible d’entraîner des conséquences durables. Une meilleure information sur les symptômes et les possibilités de prise en charge contribuerait également à réduire les préjugés entourant les consultations psychologiques. Dans les entreprises, l’amélioration des conditions de travail, la prévention de l’épuisement professionnel et une organisation plus respectueuse des temps de repos constituent des pistes importantes. Dans les établissements scolaires, l’apprentissage de la gestion des émotions et la détection précoce des situations de détresse pourraient contribuer à renforcer la prévention dès le plus jeune âge.

En Tunisie, la question de la santé mentale mérite ainsi d’être abordée au-delà de sa seule dimension médicale. Elle renvoie aussi aux réalités économiques, aux rapports sociaux, aux conditions de travail et à la capacité des individus à envisager l’avenir avec sérénité. Si aucune donnée récente ne permet, à elle seule, d’affirmer que l’ensemble de la population tunisienne connaît une augmentation du stress chronique, la multiplication des facteurs de pression dans la vie quotidienne justifie néanmoins une attention accrue à cette problématique. Car derrière une fatigue que l’on considère parfois comme ordinaire peut se cacher une souffrance bien réelle. Et dans une société où les exigences matérielles et personnelles semblent laisser de moins en moins de place au repos, préserver la santé mentale ne devrait plus être perçu comme un luxe, mais comme une composante essentielle du bien-être individuel et collectif.

Leila SELMI

 

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Éducation et culture : le pari sur l’égalité des chances

Von: farhat
12. Oktober 2026 um 08:36

Par Ahmed NEMLAGHI

En plaçant l’éducation au rang des composantes de la sécurité nationale, le président de la République défend une vision dans laquelle l’école, la culture et la justice sociale sont étroitement liées. Son entretien, le 8 octobre à Carthage, avec la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, et Mohamed Ali Boughdiri, secrétaire général du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, remet au premier plan un chantier essentiel : faire du droit à l’éducation une réalité pour tous.

L’éducation ne saurait être réduite à la transmission des connaissances ni la culture cantonnée à une activité réservée à une partie de la société. C’est, en substance, le sens de l’orientation défendue par Kaïs Saïed, qui considère l’école comme un pilier de la construction nationale, de la cohésion sociale et de la préparation des générations futures. La rencontre tenue au palais de Carthage traduit cette approche : l’avenir du système éducatif se joue autant dans les programmes et les méthodes pédagogiques que dans les conditions matérielles d’apprentissage et l’accès à la culture.

En rappelant que l’éducation et l’enseignement font partie intégrante de la sécurité nationale, le chef de l’État leur attribue une portée qui dépasse le cadre scolaire. Il s’agit, dans cette perspective, de former des citoyens capables de comprendre leur environnement, d’exercer leur esprit critique et de participer à la vie collective.

Cette conception repose sur un principe : la solidité d’un pays dépend aussi de la qualité de son système éducatif, de la diffusion du savoir et de la capacité de chaque génération à acquérir les outils nécessaires à son émancipation. La sécurité nationale ne se limite donc pas à ses dimensions traditionnelles. Elle comporte également une dimension humaine, intellectuelle et sociale, dont l’éducation constitue un élément déterminant.

L’inscription du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement dans la Constitution s’inscrit dans cette orientation. Pour Kaïs Saïed, cette consécration institutionnelle traduit la place stratégique accordée à l’éducation dans le projet national. Reste toutefois à donner à cette ambition toute sa portée par des mécanismes de concertation, une vision cohérente et des réformes capables de répondre durablement aux difficultés du secteur.

 

La réussite comme corollaire de l’égalité des chances

L’un des axes majeurs rappelés par le président concerne l’instauration d’un système éducatif national garantissant l’égalité pour tous. Cette ambition renvoie à une question fondamentale : comment assurer à chaque enfant, indépendamment de son milieu social ou de son lieu de résidence, des possibilités comparables d’apprentissage et de réussite ?

L’égalité devant l’éducation ne se résume pas à l’ouverture des portes de l’école. Elle suppose que les élèves disposent de conditions leur permettant de suivre leur scolarité, de développer leurs capacités et de poursuivre leurs études sans être pénalisés par leur situation familiale ou territoriale.

C’est dans ce contexte que prend tout son sens l’appel présidentiel à inculquer, dès la première année du primaire, les principes de liberté, d’émancipation et de justice sociale. L’école est appelée à transmettre des savoirs, mais également à former des citoyens conscients de leurs droits, de leurs responsabilités et de leur place dans la collectivité.

Cette orientation implique de dépasser une conception purement administrative de la démocratisation de l’enseignement. L’enjeu n’est pas seulement de permettre l’accès à l’école, mais de réunir les conditions d’une véritable égalité des chances tout au long du parcours scolaire.

 

Les conditions matérielles, un préalable à la réussite

Le président de la République a également insisté sur la nécessité d’assurer aux élèves le transport, la restauration, l’hébergement dans les internats, les vêtements et les fournitures scolaires, en coordination avec les structures concernées. Ces besoins concrets constituent un volet essentiel de la politique éducative.

Pour les familles confrontées à des difficultés économiques, le coût indirect de la scolarité peut représenter un obstacle important. Les déplacements, les repas et le matériel nécessaire à l’apprentissage pèsent sur les budgets domestiques et peuvent accentuer les inégalités entre élèves.

En mettant ces questions en avant, Kaïs Saïed associe la justice sociale à des réponses qui touchent directement la vie quotidienne des familles. L’objectif affiché est de faire en sorte que les conditions économiques ne déterminent pas, à elles seules, les possibilités de réussite d’un enfant.

Mais cette orientation appelle une mise en œuvre rigoureuse. La disponibilité du transport scolaire, la qualité de la restauration, la capacité d’accueil des internats et l’accès effectif aux fournitures doivent se traduire par des mesures concrètes, suivies et évaluées. C’est à cette échelle que l’ambition de l’égalité des chances pourra être appréciée.

 

La culture, un prolongement naturel de l’école

La place accordée aux clubs culturels dans les établissements scolaires constitue un autre volet significatif de cette vision. En appelant à leur création dans les différentes institutions éducatives, le chef de l’État souligne que l’éducation ne se limite pas aux enseignements dispensés en classe.

La pratique culturelle contribue à l’éveil intellectuel, à la créativité, à l’expression personnelle et à la découverte du patrimoine. Elle peut également favoriser la confiance en soi, le dialogue et le respect des différences. Théâtre, lecture, musique, arts plastiques ou activités patrimoniales offrent autant de possibilités de compléter les apprentissages scolaires.

Le rapprochement entre les secteurs de l’éducation et de la culture prend ici tout son sens. La présence de la ministre des Affaires culturelles à cette rencontre illustre l’importance d’une approche transversale dans laquelle les activités culturelles peuvent accompagner la formation des jeunes et élargir leur accès au savoir.

Pour produire des effets durables, cette ambition nécessite toutefois des moyens, des espaces adaptés, un encadrement compétent et une programmation accessible à tous les élèves. Les clubs culturels ne doivent pas rester une simple annonce, ils sont appelés à devenir des lieux vivants d’apprentissage et de participation.

 

De l’orientation politique aux résultats concrets

En revenant sur les précédentes tentatives de réforme du système éducatif, Kaïs Saïed a exprimé des réserves sur leur portée et leurs motivations. Cette appréciation traduit sa volonté affichée de rompre avec des réformes qu’il juge insuffisantes et de privilégier une transformation plus profonde du système national.

Toutefois, la réussite d’une politique éducative ne se mesure pas uniquement à ses principes ou à ses intentions. Elle dépend aussi de la continuité des décisions, de la mobilisation des ressources, de la coordination entre les institutions et de la capacité à associer les acteurs de terrain à la recherche de solutions.

L’enjeu est donc de faire converger les objectifs éducatifs, les politiques sociales et l’action culturelle autour d’une même exigence : offrir à chaque enfant les moyens d’apprendre, de s’épanouir et de construire son avenir.

La rencontre de Carthage remet ainsi en lumière les grandes lignes d’une vision qui lie souveraineté nationale, justice sociale et formation des générations futures. Sa portée dépendra désormais de la traduction de ces orientations en programmes accessibles, en services effectifs et en améliorations mesurables pour les élèves et leurs familles.

Faire de l’éducation un pilier de la sécurité nationale et de la culture un instrument d’émancipation constitue une ambition de long terme. Le véritable défi consiste à transformer ces principes en une égalité des chances vécue au quotidien, dans chaque école et pour chaque élève.

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