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Bâtir une marque industrielle

30. September 2026 um 15:23

La Tunisie a des atouts pour devenir un hub électronique régional. Aymen Troudi, plant general manager de TIS Circuits, dessine les conditions nécessaires pour transformer ce potentiel en une marque industrielle crédible et attractive pour les investisseurs.

Dans la compétition pour les investissements industriels, le coût d’implantation ou la proximité géographique ne suffisent plus à faire la différence. Les groupes internationaux recherchent des écosystèmes capables de combiner compétences, infrastructures, fournisseurs, énergie, certifications et capacité d’accompagnement dans la durée. La Tunisie possède déjà plusieurs de ces briques. Son défi consiste désormais à les assembler pour construire une proposition de valeur lisible et différenciante. C’est tout l’enjeu du «Tunis Electronics Hub», une ambition portée par les acteurs du secteur autour d’Elentica. Créé en 2017, le cluster rassemble une partie importante de l’écosystème électronique tunisien et cherche aujourd’hui à structurer une dynamique commune. Pour Aymen Troudi, le concept de «Tunis Electronics Hub» est une ambition à la fois «pertinente» et «réaliste», mais sa concrétisation suppose une vision claire, des actions coordonnées et des investissements capables de renforcer l’ensemble de l’écosystème. La priorité est donc moins de proclamer l’existence d’un hub que d’en construire les attributs: développer les compétences, attirer des investissements à plus forte valeur ajoutée, renforcer les capacités industrielles et améliorer les conditions offertes aux investisseurs.

Construire une marque pays autour de l’électronique

L’enjeu dépasse la seule promotion d’une filière. Il s’agit aussi de faire évoluer la perception internationale de la Tunisie. Le pays ne peut plus se présenter uniquement comme une plateforme de production compétitive et proche de l’Europe. Pour gagner en attractivité, il doit démontrer sa capacité à accueillir des activités électroniques plus complexes, à accompagner leur développement et à monter davantage dans les chaînes de valeur technologiques. Construire une marque Tunisie dans l’électronique suppose ainsi de passer d’une addition d’avantages individuels à une promesse collective: celle d’un écosystème compétent, fiable et capable de créer davantage de valeur. C’est à cette condition que le «Tunis Electronics Hub» pourra devenir autre chose qu’un slogan: un véritable argument de compétitivité industrielle.

Le capital humain, premier pilier d’une marque pays crédible

Pour Aymen Troudi, l’un des principaux avantages du site tunisien réside dans ses compétences. Il insiste sur la qualité des profils disponibles et cite le cas d’investisseurs ayant constaté la difficulté de retrouver, dans certains pays concurrents, le même vivier de compétences dans l’électronique. Ce constat devrait faire évoluer la manière dont la Tunisie présente son offre industrielle. En communiquant principalement sur le coût de sa main-d’œuvre, le pays risque de réduire son positionnement à celui d’une plateforme de sous-traitance. Or, pour Troudi, l’opportunité réside aussi dans la capacité à attirer des projets à forte valeur ajoutée et à développer de nouvelles compétences technologiques. Mais le capital humain ne suffit pas. Pour devenir une véritable destination industrielle, la Tunisie doit proposer un écosystème complet associant formation, ingénierie, sous-traitance, logistique, certifications et disponibilité énergétique. À ces compétences s’ajoute un autre avantage: la proximité avec l’Europe. Dans un contexte de reconfiguration des chaînes d’approvisionnement et de volonté de réduire certaines dépendances vis-à-vis de l’Asie, Troudi considère la Tunisie comme étant bien positionnée pour bénéficier des dynamiques de reshoring et de rapprochement des capacités de production. La comparaison avec la Chine ne doit donc pas se limiter au coût de la main-d’œuvre. Troudi évoque un écart relativement limité sur certains profils opérationnels, qui peut être compensé par les avantages logistiques. Là où certains approvisionnements asiatiques peuvent nécessiter plusieurs semaines, la proximité avec les marchés européens permet de réduire fortement les délais. Le changement de récit devient alors essentiel: la Tunisie ne doit pas chercher à être la destination la moins chère, mais celle qui combine compétences, proximité, réactivité et capacité à exécuter des projets industriels complexes.

De l’attractivité à l’expérience investisseur

Une marque industrielle n’est crédible que si la promesse affichée se retrouve sur le terrain. Or, plusieurs fragilités continuent de limiter l’efficacité de l’écosystème. Troudi cite notamment la logistique, les certifications qui restent encore inégalement diffusées dans la filière et surtout la disponibilité énergétique. Pour un industriel, ces dimensions ne sont pas accessoires: elles déterminent directement la capacité d’un site à produire, livrer et se développer. Des compétences reconnues et une situation géographique avantageuse perdent en effet une partie de leur valeur si l’investisseur rencontre ensuite des difficultés pour acheminer ses équipements, répondre à certaines exigences de certification ou sécuriser ses besoins énergétiques. Troudi évoque d’ailleurs le cas d’investisseurs ayant hésité entre la Tunisie et le Maroc. Pour les convaincre, estime-t-il, la promotion ne suffit pas. Il faut être capable de les accueillir, de leur présenter concrètement l’écosystème et de transformer l’intérêt initial en décision d’investissement. Cette logique concerne également le ciblage des IDE. Pour notre interlocuteur, l’intérêt d’un investissement ne se mesure pas uniquement au capital injecté. Il réside aussi dans sa capacité à apporter de nouvelles technologies, à développer les compétences locales et à renforcer le tissu industriel existant. L’exemple de TIS Circuits, filiale du groupe ALL Circuits spécialisée dans la sous-traitance de cartes électroniques, l’illustre. L’entreprise envisage la construction d’une nouvelle usine 5.0, avec un investissement annoncé d’environ 15 millions d’euros. Le projet intervient au sein d’un groupe dont le capital compte des investisseurs chinois, notamment DBG Technology. Pour Troudi, cette présence constitue aussi une opportunité. Il souligne la puissance de l’écosystème industriel chinois, sa capacité d’investissement et les gains de compétitivité obtenus notamment sur les équipements. L’enjeu pour la Tunisie n’est donc pas d’opposer capitaux européens et chinois, mais de savoir tirer parti des différents réseaux industriels internationaux pour accélérer la montée en gamme de son propre écosystème.

Diaspora et spécialisation: élargir les relais de la marque Tunisie

La construction d’une marque industrielle peut également s’appuyer sur la diaspora tunisienne. Pour Troudi, les compétences établies à l’étranger constituent une ressource encore insuffisamment mobilisée. La première étape consiste à mieux les informer de ce qui existe en Tunisie, à valoriser leurs parcours et à créer des espaces d’échange réguliers. Au-delà des compétences, ces profils disposent de réseaux professionnels et d’une connaissance directe des marchés internationaux. Ils peuvent ainsi devenir des relais de la Tunisie auprès des entreprises et des investisseurs avec lesquels ils travaillent. Mais une marque industrielle forte suppose également une spécialisation technologique plus identifiable. La filière électronique cherche ainsi à élargir son positionnement vers des activités à plus forte valeur ajoutée. Les semi-conducteurs figurent parmi les pistes évoquées. Des compétences existent, notamment dans la conception et certaines activités de prototypage, mais le passage vers une production plus large supposerait de développer davantage les capacités industrielles. Le datacenter relève de la même logique de montée en gamme. Là encore, Troudi appelle à la prudence: le projet demeure une ambition et sa réalisation dépendra notamment de la capacité énergétique disponible. Ces exemples montrent que la construction d’une marque électronique tunisienne ne peut se limiter à la production existante. Elle suppose de faire émerger progressivement de nouvelles briques technologiques capables de différencier le pays.

Passer de l’ambition à l’exécution

Le Pacte pour la compétitivité à l’horizon 2030 doit fournir un cadre à cette transformation. Selon Troudi, il comprend 32 engagements, dont six portés par les acteurs privés de l’écosystème, avec un objectif de plus de 30 000 emplois à l’horizon 2030. Sa signature constitue une étape importante. Mais le véritable test sera désormais celui de l’exécution. Pour notre interlocuteur, la Tunisie doit mettre en place une gouvernance capable de tracer une trajectoire et de suivre sa mise en œuvre dans la durée. La dynamique engagée autour du Pacte doit se traduire par des actions visibles, aussi bien pour les industriels déjà implantés que pour les investisseurs qui observent le pays depuis l’étranger. Cette présence doit également s’étendre aux marchés internationaux. Troudi plaide pour une diplomatie économique plus active et une présence renforcée des industriels tunisiens dans les salons spécialisés afin de mieux promouvoir les compétences et les capacités de la filière. Au fond, la construction d’une marque tunisienne dans l’électronique repose sur quatre piliers: des compétences reconnues, des infrastructures fiables, des investissements à forte valeur ajoutée et une spécialisation technologique lisible. La Tunisie dispose déjà d’une partie de ces atouts. Son défi est désormais de les transformer en une proposition de valeur cohérente que l’investisseur peut immédiatement comprendre et surtout constater une fois sur le terrain. C’est à cette condition que le «Tunis Electronics Hub» pourra dépasser le stade de l’ambition, car une marque industrielle se construit moins par ce qu’un pays dit de lui-même que par les compétences qu’il développe, les technologies qu’il accueille, les investissements qu’il retient et l’expérience qu’il offre à ceux qui choisissent de s’y implanter.

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La Tunisie autrement, le reportage inédit de 50’ Inside

28. September 2026 um 15:11

Et si la Tunisie ne se résumait ni à ses plages ni aux formules « all inclusive » ? Dans un reportage diffusé samedi 26 septembre 2026 sur TF1, l’émission 50’ Inside dévoile une Tunisie comme vous ne l’avez jamais vue, loin des clichés classiques. Entre lagunes turquoises, villages berbères, expériences haut de gamme, gastronomie créative et paysages sauvages, on reconnaît une Tunisie plurielle, authentique et innovante, portée par une nouvelle génération d’entrepreneurs.

L’émission 50’ Inside sur TF1 a choisi de mettre la Tunisie à l’honneur dans un numéro spécial diffusé samedi 26 septembre 2026, à 18 heures sur la chaîne privée française.

Intitulé comme une invitation au voyage, ce reportage présente une Tunisie loin des stéréotypes liés au tourisme balnéaire classique. De Djerba à Zarzis, de Hammamet à Tunis, jusqu’aux paysages sauvages du nord, il met en lumière des expériences originales, des lieux préservés et des initiatives privées qui contribuent à renouveler l’image de la destination.

Cette mise en lumière doit beaucoup à Nour Jelassi, qui a participé à la réalisation du reportage. Après avoir commencé sa carrière par un stage à Canal+ à l’âge de 22 ans, elle a travaillé pendant dix ans dans le milieu audiovisuel et développé un vaste réseau professionnel. Grâce à sa connaissance du terrain et de nombreux acteurs du secteur, elle a contribué, avec la réalisatrice de TF1, à organiser ce voyage au cœur d’une Tunisie rarement montrée à la télévision.

Le reportage commence dans la lagune de Zarzis, à une dizaine de kilomètres de Djerba. Dans ses eaux turquoises, une famille de touristes suisses observe des dauphins, dont une mère accompagnée de son petit. Encore absente de la plupart des guides touristiques, cette lagune révèle le potentiel d’un tourisme plus discret, fondé sur la nature, l’authenticité et la découverte.

Des expériences hors des sentiers battus

Le reportage suit également Sophie Galaoui, créatrice de voyages personnalisés, qui fait découvrir à ses clients une Tunisie éloignée des circuits traditionnels. À Djerba, elle visite Djerbahood, un village transformé en musée à ciel ouvert grâce à plus de 150 œuvres murales réalisées par des artistes tunisiens et internationaux.

À Hammamet, une famille marseillaise choisit de séjourner dans une villa privée plutôt que dans un complexe hôtelier. Louée 280 euros la nuit, la villa offre trois chambres, une piscine privée et un cadre confortable pour six personnes. Les visiteurs profitent également d’activités nautiques accessibles, confirmant l’attrait de la Tunisie pour les touristes étrangers à la recherche d’un bon rapport qualité-prix.

Tunis, capitale de la nouvelle scène touristique

À Tunis, le reportage s’intéresse à une nouvelle génération d’entrepreneurs qui ambitionne de repositionner la capitale sur la carte des destinations méditerranéennes en vogue. Hédi Dhaoui, jeune homme d’affaires, développe des lieux hybrides associant restauration, hôtellerie, gastronomie et loisirs.

Dans son restaurant familial à Gammarth, il invite le chef français Clotaire Poirier, finaliste de Top Chef 2024, à imaginer un dîner gastronomique à partir de produits tunisiens. Boutargue, oursins, langouste, calamars, sardines, crevettes et figues de Barbarie composent un menu en sept temps, proposé à 240 dinars par personne.

Même une coupure d’électricité, survenue pendant les préparatifs, ne parvient pas à perturber l’événement. Après plusieurs heures d’incertitude et grâce à un système D, le dîner se déroule finalement avec succès.

Enfin, le reportage emmène les téléspectateurs dans le nord de la Tunisie, notamment aux îles Cani, près de Bizerte. Falaises, criques isolées, eaux turquoises et paysages sauvages offrent un contraste saisissant avec les stations balnéaires traditionnelles.

À travers ces différentes étapes, 50’ Inside dévoile une Tunisie plurielle, vivante et en pleine transformation. Une destination qui mise désormais sur son patrimoine, sa gastronomie, sa nature, sa culture et son hospitalité pour attirer des visiteurs en quête d’expériences nouvelles, une Tunisie comme on ne l’avait encore jamais vue, loin du schéma classique.

Bienvenue en Tunisie 

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Souveraineté partagée et haute technologie : le grand virage de l’attractivité tunisienne

24. September 2026 um 16:39

30 % de hausse des investissements étrangers en un an, un premier partenaire commercial déjà en place, des compétences jugées stratégiques par les industriels français : la Tunisie affiche des arguments qui dépassent la seule logique de coûts. C’est ce qu’ont défendu les intervenants d’une table ronde organisée le 24 septembre 2026 à Tunis, à l’occasion de l’inauguration du site tunisien du groupe marocain Intelcia. Au menu des échanges : la montée en gamme industrielle du pays et la mutation du secteur de la relation client sous l’effet de l’intelligence artificielle.

Président de la Tunisia Investment Authority (TIA) et directeur général de la FIPA, l’agence tunisienne de promotion de l’investissement extérieur, Jalel Tebib a détaillé la trajectoire récente des investissements directs étrangers dans le pays. Après une progression de 30 % en 2025 par rapport à 2024, les sept premiers mois de l’année 2026 affichent une hausse d’environ 12 %, portant le montant des investissements directs étrangers à deux milliards de dinars. La TIA table sur 4 milliards de dinars d’ici la fin de l’année 2026, puis sur 6 milliards de dinars à l’horizon 2027-2028. Depuis 2020, les taux de croissance annuelle de ces flux se sont maintenus, indique encore Jalel Tebib, dans une fourchette comprise entre 12 % et 30 %.

Côté français, la France a représenté en 2025 environ un tiers des flux d’investissements directs étrangers entrant en Tunisie, pour un montant compris entre 245 et 260 millions d’euros, rappelle Philippe Garcia, directeur de la zone Afrique du Nord à Business France. Ce qui en fait le premier investisseur étranger du pays. Environ 1 700 entreprises à capitaux français y sont implantées, générant des emplois majoritairement qualifiés. Sur le plan commercial, la France reste le troisième fournisseur de la Tunisie, derrière la Chine, mais son premier client : 23 % des exportations tunisiennes sont destinées au marché français.

De la délocalisation au partenariat industriel

Pour Philippe Garcia, cette relation économique s’inscrit désormais dans une logique différente de celle qui prévalait il y a 15 ou 20 ans. À l’idée de délocalisation, ancien « épouvantail » dixit l’intéressé, il oppose celle de « souveraineté économique industrielle partagée », pour décrire une approche qu’il présente comme partenariale plutôt que prédatrice, fondée sur la proximité géographique, culturelle et historique entre les deux pays.

Construire des projets industriels communs dans des secteurs comme la santé ou l’agroalimentaire, sur le modèle de grands groupes binationaux existant ailleurs en Europe : c’est la piste de réflexion que Philippe Garcia dit avoir mise sur la table avec ses partenaires tunisiens. Un chantier qu’il présente comme un sujet de travail et non comme une annonce arrêtée. L’inauguration récente d’un deuxième site industriel d’une PME française, Eurostat Industrie, spécialisée dans les équipements à forte valeur ajoutée pour l’aéronautique et l’automobile, illustre selon lui cette dynamique. La Tunisie participe aujourd’hui, estime-t-il, de la souveraineté économique française, et réciproquement, une articulation qu’il présente comme un moyen pour les entreprises françaises et européennes de gagner en compétitivité face à la concurrence asiatique, avec l’appui de bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux.

Des secteurs à forte valeur ajoutée, de l’aéronautique à l’automobile

Cette montée en gamme, Jalel Tebib l’illustre par plusieurs exemples industriels. Dans l’aéronautique, la Tunisie accueille un site pilote unique d’Airbus, aux côtés d’activités liées à la fabrication d’éléments d’appareils Airbus et à la maintenance de moteurs pour l’aviation d’affaires. S’y ajoutent un grand équipementier automobile américain coté en bourse, réalisant depuis Tunis environ 20 % de son activité mondiale de fourniture de tableaux de bord, et un centre de recherche et développement automobile français employant plus de 200 ingénieurs. Des réussites sectorielles qui témoignent, selon lui, d’une capacité à répliquer ce modèle dans d’autres filières.

Qualité et mobilité de la main-d’œuvre, flexibilité, enthousiasme des équipes locales : Philippe Garcia y voit les facteurs déterminants dans la décision des entreprises françaises de s’implanter en Tunisie. Le climat des affaires, difficile à mesurer par la seule lecture de rapports internationaux, se juge, souligne-t-il, avant tout sur le terrain, à travers l’évolution observable des investissements et de l’activité des entreprises françaises déjà présentes.

Simplicité des procédures d’implantation, infrastructures de télécommunications aux standards internationaux sur l’ensemble du territoire, présence de zones industrielles et de parcs d’excellence : Jalel Tebib énumère les conditions qui rendent le pays attractif. Mais c’est aux compétences humaines qu’il accorde le rôle déterminant, résultats d’investissements soutenus dans l’éducation et l’enseignement supérieur. Pays francophone, la Tunisie compte aussi, relève-t-il, plusieurs entreprises opérant dans de multiples langues, dont l’italien, l’allemand ou l’espagnol.

L’intelligence artificielle rebat les cartes de la relation client

Le secteur de la relation client traverse une transformation profonde sous l’effet de l’intelligence artificielle, décrit Youssef El Aoufir, directeur général adjoint et cofondateur du groupe Intelcia. Le modèle historique, construit autour de la prestation humaine appuyée par des outils de téléphonie et de gestion multicanal, cède progressivement la place à un modèle hybride, puis à un niveau émergent dans lequel l’intelligence artificielle traite une part croissante des interactions, l’intervention humaine se concentrant sur les cas les plus complexes ou à forte composante émotionnelle.

Cette évolution technologique s’accompagne d’une transformation des modèles économiques du secteur : la facturation au temps humain tend à être complétée par des modèles combinant temps humain et temps de traitement technologique, avec une dimension de paiement à la performance. Le groupe s’appuie sur une plateforme d’orchestration interne permettant de construire des parcours clients articulant intelligence artificielle et intervention humaine, interconnectée à des systèmes existants ainsi qu’à des modèles de langage. Engagée depuis sept à huit ans selon Youssef El Aoufir, cette transition s’est accélérée au cours des derniers mois.

Conformité réglementaire, gouvernance de l’intelligence artificielle, souveraineté et protection des données pour des clients soumis à des contraintes différentes selon leur pays d’origine : autant d’exigences que le dirigeant place au cœur de cette transformation, aux côtés de l’accompagnement des collaborateurs, formés à superviser les outils d’intelligence artificielle et à monter en compétences sur le traitement des cas complexes.

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