Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Heute — 24. März 2026Haupt-Feeds

Indépendance et dépendance, l’indispensable débat

24. März 2026 um 10:37

Le débat sur l’indépendance de la Tunisie, soixante-dix ans après la signature du protocole de l’indépendance entre Tahar Ben Ammar, alors président du conseil de l’Etat beylical et Christian Pinau, ministre français des Affaires étrangères du gouvernement Guy Mollet, le 20 mars 1956, à 17h et 40 mn au Quai d’Orsay, tourne actuellement au pugilat. Entre ceux qui considèrent que la Tunisie avait totalement acquis son indépendance ce jour là et ceux qui semblent émettre des doutes, à ce sujet.

En tout cas, l’Etat tunisien, sous le gouvernement actuel, n’a pas fait preuve d’un grand enthousiasme pour fêter ce jour historique. Ni drapeaux, ni discours pour l’occasion; et encore moins des rassemblements ou des remises de décorations. Tout se passe comme si le 20 mars est un jour férié comme les autres, n’eut été les félicitations du Président de la République Française, Emanuel Macron à son homologue le Président de la République Tunisienne Kaïs Saïed.

Il faut dire, que par un curieux concours du hasard, le 20 mars est tombé le jour même de l’Aïd, où le peuple entier est en fête. Cela n’a pas empêché les citoyens tunisiens, fiers de cette indépendance, de le fêter à leur façon sur les réseaux sociaux. Tout en critiquant l’absence ou la timidité des instances gouvernementales, à ce propos. Mais en réalité, c’est encore un faux débat, qui s’installe même parmi les élites politiques. En dehors du Parti destourien Libre (PDL), qui a constamment fêté les anniversaires de la République, les autres partis, souvent bavards, gardent un silence suspect. L’UGTT elle-même qui était un pilier de cette indépendance a préféré se taire. Embourbée, il est vrai, dans ses conflits internes, surtout à l’approche de son congrès.

L’Indépendance dans la dépendance

Ce n’est pas un jeu de mots. C’est ce qu’annonce explicitement le protocole d’accord de l’Indépendance. D’ailleurs le mot le plus approprié est la fin du protectorat. Le texte original, écrit en français probablement par Alain Savary, secrétaire d’Etat aux Affaires marocaines et tunisiennes, et qui avait participé activement aux négociations avec la délégation tunisienne où figuraient, outre Tahar Ben Ammar, les deux grands dirigeants destouriens, Mongi Slim et Béhi Ladgham, stipule :

« La France reconnait solennellement l’indépendance de la Tunisie. Il en découle :

  1. Que le traité conclu entre la France et la Tunisie le 12 mai 1881 ne peut plus régir les rapports franco-tunisiens.
  2. […] ;
  3. L’exercice de la Tunisie de ses responsabilités en matière d’affaires extérieures, de sécurité et de défense ainsi que la constitution d’une armée nationale tunisienne.

…….

Dans le respect de leur souveraineté, la France et la Tunisie conviennent de définir ou compléter les modalités d’une interdépendance librement réalisée entre les deux pays, en organisant leur coopération dans les domaines où les intérêts sont communs, notamment, en matière de défense et de relations extérieures.

Les accords entre la France et la Tunisie établiront les modalités du concours que la France apportera à la Tunisie dans l’édification de l’armée nationale. »

En résumé ce texte, signé par Taher Ben Ammar, président tunisien du conseil, parle de l’indépendance dans l’interdépendance. A aucun moment la base militaire de Bizerte occupée par la France n’est mentionnée. La libération totale de tout le territoire tunisien et l’évacuation de l’armée française de Bizerte, faites dans le sang (La guerre de Bizerte) n’a été que le fait de Bourguiba, au détriment de la France et du Général De Gaulle (1961). C’est ce que le combattant suprême appelait, « La politique des étapes ». Cependant, l’indépendance de la Tunisie n’a jamais été totale, car aucun pays et aucun Etat au monde ne peuvent être totalement indépendants. Prétendre le contraire, c’est verser dans la démagogie pure et simple, surtout dans le monde actuel, où toutes les nations, tous les pays et tous les Etats sont économiquement, industriellement, technologiquement, financièrement et même militairement, interdépendants. Être souverain actuellement, c’est choisir avec qui, on est interdépendant, en tenant à servir l’intérêt national, qui est devenu très complexe et surtout très changeant.

Choisir nos dépendances

Comme la liberté, l’indépendance est toujours relative. Elle n’est jamais absolue. Mêmes les grandes puissances, comme les USA, la Russie ou la Chine sont dépendants des autres, parfois même de leurs pires adversaires. Tous les pays du monde dépendent du dollar, qui est totalement sous le contrôle des USA, d’où la tentative de s’en affranchir par les BRICS.

Être un pays souverain, c’est pouvoir choisir son interdépendance, dans le seul intérêt national. Faut-t-il encore définir ce qu’est l’intérêt national ! Car ce dernier bouge énormément, en fonction des circonstances nationales et internationales. C’est pouvoir choisir ses alliés stratégiques et économiques. Evidement les vrais choix ne sont nullement idéologiques ou religieux, bien que l’histoire et la géographie nous imposent d’appartenir à des ensembles religieux (la Tunisie est un pays dont la religion est l’Islam selon notre constitution), ethniques (arabe), géographiques (maghrébins, africains, méditerranéen) ou tout simplement économiques (Accord avec l’UE). Dans tous ces rapports avec ces mondes, on sacrifie une partie de notre souveraineté, dans l’intérêt de notre pays.

Il en ressort que plus nous développons nos relations, plus nous préservons notre souveraineté, aussi relative soit-t-elle. Car elle ne peut en aucun cas être un slogan de propagande ou un geste de fierté déplacée. C’est d’ailleurs, le rôle de notre MAE de trouver toujours les mots justes aux bons moments pour l’affirmer, sans arrogance et sans provoquer des réactions hostiles.

La guerre des mots actuellement en cours, entre l’Iran d’un côté, les USA et Israël de l’autre côté, illustre parfaitement, dans cette guerre d’un nouveau genre, la complexité du langage diplomatique, ainsi que ses limites traditionnelles. Trump, le Président de la plus grande puissance de tous les temps, en voulant souffler le chaud et le froid en même temps, bafoue toutes les règles, non pas seulement du droit international, mais aussi du code diplomatique.

La Tunisie, traditionnellement prudente dans ces circonstances, fait preuve d’un mutisme exagéré, au risque de perdre une certaine crédibilité acquise de longue date. Il est des questions sur lesquelles on ne peut pas se taire, car l’intérêt national exige qu’on soit à côté de nos amis, mais aussi du côté du droit et contre les agressions de pays souverains comme l’Iran. En condamnant, les attaques iraniennes aussi contre les pays frères et amis, la Tunisie a aussi défendu ses intérêts. La complexité de la situation au Moyen-Orient ne doit pas nous empêcher de prendre des positions courageuses, car il y va de nos relations futures et de notre crédibilité. C’est même une occasion en or d’affirmer notre présence et de préparer notre avenir dans un monde qui change trop rapidement.

C’est ainsi qu’on peut donner un sens à notre indépendance et qu’on pourrait prétendre un jour jouer un rôle plus grand.

Au moment où l’Union européenne, notre partenaire économique principal, bat de l’aile, et que les Etats européens, sont carrément abandonnés par leur allié stratégique les USA, et au moment où ce dernier tente une percée au Maghreb, une diplomatie tunisienne active pour essayer de replâtrer ce qui reste du Maghreb Arabe peut être un choix judicieux. Surtout que notre voisin algérien tente de s’adapter à la nouvelle situation dans la région et que la question du Sahara Occidental semble être en cours de résolution. Le rêve du Grand Maghreb uni, qui a bercé nos dirigeants lors des indépendances, peut servir à positionner notre pays; alors que que des grands changements s’annoncent dans la région. La souveraineté et l’indépendance, c’est aussi cela. Prendre rendez-vous avec l’Histoire !

L’article Indépendance et dépendance, l’indispensable débat est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

La guerre des mythes, Imâmistes contre Evangélistes

12. März 2026 um 11:18

La guerre qui oppose l’Iran, aux deux armées des plus puissantes du monde, celle des USA et d’Israël – et qui est une mini guerre mondiale, jusqu’à aujourd’hui, pouvant déboucher sur une guerre nucléaire si elle n’est pas arrêtée à temps- cache une réalité beaucoup moins « terrestre » car elle oppose des croyances profondément enracinées dans les sociétés, américaine, israélienne, et iranienne. Lesquelles puisent leurs forces dans les mythes qui fondent ces civilisations. Celui du mythe iranien du douzième Imam qui vit encore dans le plérome des cieux. Celui qui régit la vie des chrétiens sionistes aux USA (plus de 40 millions, dont une élite qui contrôle le pouvoir suprême). Et enfin, celui qui est à la base du sionisme, qui consiste à édifier Erets Israël  (l’Israël de la Thora).

Des milliers d’analystes, à travers les médias, télévision, réseaux sociaux, radios, presse écrite ou électronique, tentent d’analyser les raisons de cette guerre destructrice, pour les belligérants, ainsi que pour leurs alliés et particulièrement pour l’Iran. Sans pour autant tenter d’aller au fond du problème, qui réside essentiellement dans la nature des croyances qui animent les chefs de ces pays en guerre.

Les intérêts au service des croyances

On invoque aussi bien le pétrole que le gaz, la possibilité que l’Iran tente d’acquérir l’arme nucléaire, ainsi que les missiles balistiques qui peuvent atteindre le sol américain, la stratégie américaine visant à encercler la Chine, futur ennemi principal et grande puissance nucléaire. Mais on invoque rarement les croyances religieuses qui animent les chefs d’Etat ou de gouvernements, croyances qui sont les responsables importants. Parce que tous les médias de tout genre ne veulent pas réveiller l’hydre de la guerre religieuse et confectionnent des discours seulement par souci de propagande.

Il est vrai que les opinions publiques, de tous les pays du monde, quelles que soient leurs religions, ont été formatées pour comprendre uniquement les recettes propagandistes qui constituent les discours de leurs dirigeants. Or, cela cache mal un fait certain. Ces différentes opinions publiques sont toutes, animées par la foi religieuse et que l’on est toujours avec celui qui partage notre propre foi. Ce qui explique le côté irrationnel par exemple des réactions des citoyens occidentaux, qui vont jusqu’à soutenir une agression caractérisée par une grande puissance et son allié Israël contre une nation indépendante et souveraine comme l’Iran, au mépris du droit international et des principes humanistes que les peuples occidentaux sont supposés avoir acquis. Le cas du génocide des Palestiniens à Gaza est un édifiant exemple significatif.

Cette réaction irrationnelle, au mépris même de leurs intérêts, économiques et sociaux, puisque ce sont ces pauvres citoyens eux-mêmes qui vont payer la facture, ne s’explique pas seulement par la puissance de la propagande, mais surtout par l’existence d’un fond religieux qui les anime. Trump lui-même et Netanyahu, certainement conseillés par leurs experts en communication, ne se privent pas d’exploiter ces fonds religieux pour légitimer la guerre. Alors que tout le monde sait qu’ils ont tous les deux engagé cette guerre et ordonné ce déluge de feu et de bombes pour de simples calculs électoraux. Sachant que tous les deux feront face dans quelques mois à des élections décisives et surtout à des procès qui risquent de les emmener en prison. L’affaire Epstein en plus. Tous les deux savent que l’exploitation de ce fond religieux est une carte gagnante et sûre.

Aux USA, l’existence de personnalités politiques dans l’entourage immédiat de Trump, dont son propre ministre de la guerre, qui appartiennent à cette secte des chrétiens évangélistes qui compte plus de 40 millions d’adeptes et qui a sérieusement infiltré les institutions de l’Etat américain, dont l’armé, la C.I.A, les grands médias, a été un facteur décisif dans le timing et le déclenchement de cette terrible guerre. Ce qui explique que jusqu’à maintenant, aucun objectif réel de la guerre n’ait été déclaré par Trump. D’ailleurs, chaque jour on annonce un objectif majeur, le matin, pour annoncer un autre le soir. Comme celui d’en finir avec le régime iranien, ou d’anéantir le complexe nucléaire, en Iran, car l’objectif réel est caché, celui de permettre l’établissement du grand Israël.

Ces chrétiens évangélistes sont des inconditionnels d’Israël, pour des raisons théologique et eschatologique. Ce sont aussi des prosélytes évangélistes qui œuvrent, pour l’accomplissement d’une prophétie, citée dans l’apocalypse de Jean, qui annonce la parousie du Christ, à condition d’établir le grand Israël (Erets) sur le territoire qui aurait été fixé par la Thorah, dont la Cisjordanie et Jérusalem. Le retour du Christ sur terre aura lieu après la reconstruction du Temple de Jérusalem, après une grande bataille citée dans l’Apocalypse de Jean connue sous le nom de la bataille d’Armageddon et connue aussi sous le nom de la bataille de la fin des temps. Certains évangélistes croient fermement que cette bataille du temps se déroule actuellement, dont des hauts responsables dans l’entourage du Président Trump. Cela pourrait-t-il aller jusqu’à l’utilisation de l’arme nucléaire. Personne pour le moment ne peut affirmer le contraire.

Dans le camp d’en Face, celui des Mollahs iraniens, la même prophétie, quoique sous une forme plus proche de la mythologie persane, incluse dans le dogme chiite duodécimain, annonce que l’Imam Jaafar el Sadok, qui vit encore dans les cieux, alors qu’il est mort il y a quelques siècles (329 de l’hégire) n’est pas mort en réalité mais qu’il est dans la grande « occultation » et qu’il reviendra pour rétablir la justice sur terre. Dans la théologie chiite la justice signifie le règne absolu de l’imâmisme sur terre et pas seulement en Iran. Les Ayatollahs, Khomeini, Khameini Ali et Khameini Moujtaba (l’actuel) ne sont que ses représentants sur terre. Et ce, en vertu du principe de la wilaya du Fatih, qui signifie le règne du jurisconsulte, une fatwa de l’Imam Khomeini lui-même.

C’est toujours le même mythe du retour du Messie que l’on retrouve d’ailleurs dans le judaïsme mais aussi dans l’Islam sunnite ou de temps en temps l’on a assisté à l’apparition de faux prophètes annonçant qu’ils sont le « mehdi el muntadhar » (le bien guidé attendu), comme au Soudan ou au Nigeria. Sauf que maintenant les adeptes de cette mythologie religieuse sont au pouvoir à la tête d’Etats puissants, voire même nucléaires.

Les mythes au service des intérêts sordides

Les enjeux économiques et bassement matériels de cette guerre, ne sont plus un secret pour personne. Et l’on va même jusqu’à les nommer, comme le fait souvent le président américain lui-même, comme le contrôle des sources d’énergie au Venezuela, en Iran, ou des terres rares, comme en Ukraine. Le mérite de Trump est d’avoir rompu avec l’hypocrisie de ses prédécesseurs qui invoquaient, l’instauration de la démocratie et les droits de l’Homme pour légitimer leurs guerres. Puisqu’il a déclaré, après avoir échappé à un attentat lors de sa campagne électorale, que Dieu l’a choisi pour accomplir un objectif très clair : rendre les USA plus puissants que jamais. Il est bien sûr très peu probable qu’il croit à cette prophétie de l’Apocalypse, car le dossier Epstein et d’autres dossiers prouvent qu’il ne croit qu’au dollar, le Dieu de tout le monde d’ailleurs. Mais il n’hésitera pas une seconde à utiliser cette mythologie pour justifier sa guerre actuelle et celles à venir, pour rester au pouvoir.

D’où la nécessité pour lui de se déclarer victorieux, même s’il perd cette guerre, qui à l’évidence va se prolonger longtemps et risque de dégénérer en guerre régionale totale. Les Chinois et les Russes feront tout pour permettre à l’Iran de résister le plus longtemps possible. Et ce, pour pousser l’Amérique à s’enliser dans une guerre qui finira par l’affaiblir.

Mais réveiller l’hydre religieux, qui sommeille dans chacun de nous, peut avoir des conséquences imprévisibles et catastrophiques.

L’article La guerre des mythes, Imâmistes contre Evangélistes est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

❌
❌