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La retenue du dragon

24. Februar 2026 um 09:33

Les tensions sino-taïwanaises relèvent-elles d’une stratégie de pression graduelle visant à obtenir une victoire politique sans guerre ouverte, plutôt que d’un prélude inévitable à l’invasion ?

Face à cette interrogation cruciale, il convient d’analyser les logiques possibles de cette posture de retenue chinoise, qui intrique les observateurs et le grand public.

 

La dimension stratégique : la « victoire sans combat »

La pensée stratégique chinoise est souvent reliée à l’Art de la guerre de Sun Tzu, qui valorise la supériorité stratégique obtenue sans affrontement direct.

Dans cette lecture, la pression militaire (exercices autour de l’île, démonstrations navales, cyberstratégie) pourrait relever d’une stratégie de dissuasion psychologique dont l’objectif serait d’user politiquement Taïwan, d’influencer son électorat et d’envoyer un message géopolitique aux États-Unis où une invasion serait coûteuse, risquée et contraire à une approche privilégiant le long terme.

Cette vision est cohérente avec la doctrine dite de la « zone grise » : pression constante sans franchir le seuil de guerre ouverte.

 

La dissuasion américaine : un coût stratégique prohibitif

La présence militaire américaine en Asie-Pacifique, notamment via ses alliances régionales (Japon, Corée du Sud, Philippines) élève considérablement le coût d’une invasion. En effet, une opération amphibie contre Taïwan serait militairement complexe, économiquement dévastatrice, susceptible de provoquer des sanctions massives…

 

L’interdépendance économique sino-taïwanaise

La Chine continentale reste le premier partenaire commercial de Taïwan où les chaînes de valeur sont profondément intégrées. Sans le moindre doute, un conflit détruirait les flux commerciaux bilatéraux, les investissements croisés, et une part significative des exportations technologiques asiatiques.

 

Les semi-conducteurs : un verrou stratégique

Taïwan abrite Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), acteur central de la production mondiale de puces avancées. Même si NVIDIA est une entreprise américaine, ses puces avancées sont majoritairement fabriquées par TSMC.

Pour la Chine, les semi-conducteurs avancés sont essentiels à son développement en IA, et une invasion risquerait de détruire ou bloquer l’accès à ces capacités, provocant une série de sanctions occidentales sévères. Autrement dit : détruire Taïwan, c’est potentiellement se priver d’un maillon clé de la modernisation.

Le détroit de Taïwan : artère du commerce mondial

Le détroit constitue l’un des passages maritimes les plus stratégiques du monde et une guerre dans cette zone perturberait : les flux énergétiques vers le Japon et la Corée du Sud, une partie des chaînes d’approvisionnement mondiales où le commerce chinois lui-même, fortement dépendant des exportations. Dans ce scénario, la Chine, puissance commerciale globale, aurait beaucoup à perdre d’un choc systémique.

 

Les facteurs culturels et philosophiques

Certains analystes mobilisent, le taoïsme, valorisant l’équilibre et l’évitement du conflit direct, la tradition stratégique chinoise du temps long, la notion « d’unification historique » comme processus graduel plutôt que rupture brutale… Pourtant, ces arguments culturels doivent être maniés avec prudence : la géopolitique contemporaine repose d’abord sur des rapports de force.

Autres éléments dissuasifs

Entre autres, risque d’échec militaire (terrain montagneux, défense préparée), effet politique interne imprévisible, possibilité d’isolement international, coût économique massif dans un contexte de ralentissement structurel…

Mais jusqu’à quand le précepte/rituel de Sun Tzu « gagner sans combattre » pourra-t-il résister ?

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Starlink est à nos portes …

19. Februar 2026 um 16:45

En toute simplicité, Starlink c’est la promesse d’un internet venu des étoiles pour guérir nos déserts numériques. Ce projet n’est plus une fiction, il est officiellement annoncé sur le site de SpaceX avec une arrivée prévue pour 2026, et se trouve actuellement en cours d’étude par les autorités compétentes qui en évaluent le cadre légal. L’impact sur le quotidien des Tunisiens s’annonce comme un véritable choc des extrêmes.

D’un côté, l’espoir est immense, surtout, pour une famille isolée dans les hauteurs de Thala ou un agriculteur du Sud, Starlink offre enfin une égalité de chances, transformant chaque foyer oublié en un centre connecté au monde, sans attendre le déploiement d’une fibre.

De l’autre, la réalité économique risque de freiner brutalement cet enthousiasme : avec des prix de kit d’installation et des frais d’abonnement qui s’annoncent, a priori, quasi-élevés, le service pourrait s’apparenter à un luxe inaccessible pour une fraction des ménages, creusant potentiellement une nouvelle fracture sociale entre une élite connectée à l’espace et une population restée au sol.
Par ailleurs, face à la présence éventuelle d’un géant privé dans notre ciel, la perplexité est légitime : peut-on confier notre autonomie numérique à une constellation étrangère sans craindre pour nos données et pour l’avenir de nos propres opérateurs historiques ?

Pour dissiper ces inquiétudes, des garde-fous rigoureux pourraient être instaurés, tels que l’obligation de stockage local des données, une contribution financière aux fonds nationaux de télécommunications, et une négociation ultra-active visant le réajustement des tarifs proposés…

C’est à ce prix seulement que nous pourrons réguler cette lumière orbitale, en veillant à ce qu’elle éclaire nos foyers sans fragiliser notre autonomie.

 

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Note :

Propulsé par SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, Starlink révolutionne la connectivité mondiale grâce à une constellation de satellites circulant en orbite terrestre basse ; cette proximité unique avec le sol permet de réduire considérablement la distance parcourue par les signaux, offrant ainsi une latence ultra-faible et une réactivité instantanée, jusque-là impossibles avec le satellite traditionnel.

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