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Un « plan d’évasion » de Khamenei pour la Russie ? 

08. Januar 2026 um 11:00

Selon The Times, le guide suprême iranien Khamenei envisagerait de partir en Russie en fonction de la tournure des événements dans son pays. Des « révélations » à prendre avec des pincettes.

Jamais le régime des Mollahs n’a eu à faire face, en même temps, à deux dangers imminents : la contestation de la rue et la menace d’une action militaire américaine contre Téhéran et Khamenei, similaire au coup d’Etat sans précédent à Caracas. Où le président Nicolas Maduro et son épouse furent arrêtés et exfiltrés vers les Etats-Unis pour y être jugés pour « narco-terrorisme ».

Un kidnapping opéré par les Américains au mépris, il va sans dire, du droit international et de la Charte des Nations Unies d’un dirigeant qui avait réussi à se maintenir au pouvoir en 2024 après une manipulation électorale massive mais qui a toujours été un allié précieux de la République islamique de l’Iran

Cette alliance entre Téhéran et Caracas s’explique par le fait que ces deux régimes autoritaires ont un ennemi commun, les Etats-Unis ; que leur économie est en lambeaux malgré d’énormes réserves en or noir ; et qu’enfin les deux capitales cherchent à contrecarrer les sanctions internationales et un ordre mondial dominé par l’hégémonie américaine.

Les Iraniens dans la rue

Faut-il rappeler à ce propos que ce qui se passe au Venezuela coïncide avec les manifestations de masse en Iran qui ont déjà fait au moins 27 morts, selon une ONG. Pour la première fois-les manifestants, auxquels se sont associés les commerçants du Grand bazar de Téhéran, poumon économique du pays- ont fermé boutique pour protester contre l’hyperinflation et le marasme économique.

Un simple mouvement contre la vie chère ? Depuis le début de la mobilisation le 28 décembre, les manifestants affichent de plus en plus des revendications politiques, bien au-delà de la simple question économique.

Ultimatum américain

C’est dans ce contexte explosif que Donald Trump a ouvertement menacé d’intervenir en Iran et assure que les États-Unis surveillent les manifestations « de très près ». Tout en menaçant de  frapper  l’Iran si ses autorités tiraient sur la foule.

« Nous regardons cela de très près. S’ils commencent à tuer des gens comme ils l’ont fait dans le passé, je pense qu’ils seront frappés très durement par les Etats-Unis », a déclaré le président américain dimanche 4 janvier à bord de son avion Air Force One au sujet des manifestations en Iran. Un ultimatum à prendre au sérieux d’autant plus qu’en juin 2025, l’aviation américaine avait bombardé des installations nucléaires iraniennes lors de la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran.

Khamenei en Russie ?

Et si les Américains, grisés par la folie des grandeurs et par leur exploit militaire, incontestable, à Caracas, songeaient à refaire le coup en ajoutant le Guide suprême iranien Ali Khamenei à leur trophée ?

Selon The Times, le plus ancien des quotidiens britanniques, le guide suprême de la République islamique d’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, aurait un « plan d’évasion » pour s’exiler en Russie si les manifestations dans le pays continuaient de s’intensifier.

« Khamenei, 86 ans, prévoit de fuir Téhéran avec un cercle restreint de 20 proches et membres de sa famille, s’il constate que l’armée et les forces de sécurité appelées à réprimer les troubles désertent, font défection ou refusent d’obéir aux ordres », écrit le journal britannique, dimanche 5 janvier, citant un rapport des services de renseignement. Ce groupe sélect comprendrait notamment son fils et héritier présomptif, Mojtaba.

Pourquoi Moscou qui rappelle l’exil doré de l’ex-président syrien Bachar al-Assad renversé en décembre 2024 ?

« Parce qu’il n’a pas d’autre choix », assure la même source qui ajoute que le guide suprême « admire Poutine, parce que la culture iranienne est plus proche de la culture russe ».

Toujours selon le quotidien britannique, l’exil de Khamenei et son clan serait assuré par le vaste réseau « d’actifs, de propriétés à l’étranger et d’argent liquide » du guide suprême, évalué à environ 95 milliards de dollars, d’après une enquête menée par l’agence Reuters en 2013.

Désinformation ?

De la science-fiction ? Une campagne de désinformation orchestrée par les services de renseignements britanniques visant à faire croire aux manifestants iraniens que leurs dirigeants sont prêts à prendre la poudre d’escampette. Et ce, afin de saper le moral du régime et booster celui de l’opposition ?

Un scénario que réfute Rex Brynen, professeur de science politique à l’Université McGill, en raison de la stature spirituelle de l’ayatollah Ali Khamenei et de l’importance du statut de martyre dans la tradition chiite.

« Khamenei préférerait mourir en héros chez lui que trouver refuge à l’étranger ». Et de conclure : «  Il y a des leaders qui s’enfuient et d’autres qui ne s’enfuient pas. Et je ne pense pas que celui-ci s’enfuirait ».

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Grisé par l’opération à Caracas, Trump menace à tout va

06. Januar 2026 um 10:59

Après l’arrestation de Nicolás Maduro au Venezuela le 3 janvier, Donald Trump menace les dirigeants de la Colombie, le Mexique ou encore Cuba du même sort. Il applique à la lettre la doctrine Monroe qui pourrait aboutir à un nouveau chaos doctrinal, diplomatique et politique en Amérique Latine. 

Cet homme n’est pas à une contradiction près. Alors que ce n’est un secret pour personne qu’il lorgne ouvertement le Prix Nobel de la Paix, une distinction qui semble lui échapper en dépit de sa lourde insistance, le 47e président des Etats-Unis, Donald Trump, démarre l’année 2026 en trombe par un coup d’État militaire ; n’hésitant pas à bombarder la capitale d’un pays souverain, le Venezuela, et à arrêter son président de manière humiliante devant les caméras, menottes aux mains, chaînes au pieds, bandeau sur les yeux. Comme un vulgaire bandit de grand chemin.

La doctrine Monroe actualisée

Ainsi, avec cette opération militaire à la canonnière, Donald Trump semble renouer avec une forme modernisée de la « doctrine Monroe », du nom du 5e président américain, James Monroe. Au XIXe siècle, ce dernier avait promu l’idée selon laquelle les Etats-Unis devaient maintenir un certain contrôle sur l’ensemble du continent américain. « Selon notre nouvelle stratégie de sécurité nationale, la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question », a fanfaronné l’actuel locataire de la Maison-Blanche dans son dernier discours après l’enlèvement spectaculaire de Nicolás Maduro.

L’hymne à la force brutale

Mais à quoi correspond cette glaçante mise en scène qui ressemble étrangement à la capture de Saddam Hussein en 2003 et son exhibition comme un trophée par les Américains ou encore l’enlèvement de l’ex-président Manuel Noriega au Panama en 1989 par les Etats-Unis ? Pour montrer au monde entier qu’aux yeux de l’administration américaine, la Chartes des nations unies n’est qu’un bout de papier, que le droit international est caduc et que désormais, c’est la loi du plus fort qui prévaut. Et que par la force brutale, rien n’empêche d’enlever un chef de l’Etat pour faire main basse sur les plus grandes réserves d’or noir du monde.

« Il devra faire gaffe à ses fesses »

Mais surtout, l’administration Trump adresse un message sans équivoque aux pays d’Amérique Latine qui osent s’opposer même verbalement au diktat américain, à l’instar de la Colombie, du Mexique et de Cuba. Lesquels ont fermement condamné l’intervention américaine.

Ainsi, le président de la Colombie Gustavo Petro- un dirigeant de gauche élu démocratiquement à la tête de ce pays vaste de 51 millions d’habitants-est désormais dans le viseur de Donald Trump qui a qualifié dimanche son homologue colombien d’« homme malade » qui « aime prendre de la cocaïne ».

« La Colombie est très malade aussi, dirigée par un homme malade, qui aime fabriquer de la cocaïne et la vendre aux Etats-Unis, et il ne va pas le faire très longtemps », a mis en garde le président américain. Avant de lui conseiller, avec le langage fleuri qui lui est coutumier « de faire gaffe à ses fesses ».

Déjà à la mi-novembre, il qualifiait sans aucune preuve son homologue colombien de « baron de la drogue qui encourage fortement la production massive de stupéfiants » dans son pays. « Petro, un dirigeant peu apprécié et très impopulaire (…) ferait mieux de fermer ces champs de la mort immédiatement, sinon les Etats-Unis les fermeront pour lui et cela ne se fera pas gentiment », lui a-t-il lancé. Sachant que dès les premiers jours de son second mandat, le républicain avait mis la pression sur Bogota pour la forcer à accepter le retour de migrants colombiens sur son sol.

Le Mexique sur la sellette

Concernant le Mexique, le milliardaire républicain a également affirmé sur Fox News que « quelque chose va devoir être fait avec le Mexique », estimant que « les cartels dirigent le pays ».

« Est-ce que je lancerais des frappes au Mexique pour mettre fin au trafic de drogue ? Ça ne me pose aucun problème », avait-il assuré mi-novembre en évoquant l’un des plus grands pays du monde, peuplé de 130 millions d’âmes et dirigé par une présidente élue massivement en 2024. Le Mexique est régulièrement injurié et déstabilisé par son voisin, mais à présent les menaces n’ont jamais été aussi précises.

Claudia Sheinbaum, une scientifique et femme politique de gauche a répliqué en affirmant avec un ton mesuré que son pays « soutient fermement que l’Amérique n’appartient à aucune doctrine ni à aucune puissance ». Tout en ajoutant que « le continent américain appartient aux peuples de chacun des pays qui le forment ».

« Cuba est prêt à tomber »

Enfin, le président Donald Trump a affirmé dimanche soir aux journalistes à bord d’Air Force One que Cuba était « prêt à tomber », après la capture samedi du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis. Soulignant qu’il serait difficile pour ce pays de « tenir le coup » sans les revenus issus du pétrole vénézuélien.

« Je ne pense pas que nous ayons besoin d’agir. Il semble que tout s’écroule », a-t-il ajouté tout en minimisant la nécessité d’une intervention militaire américaine sur l’île. Tiendra-t-il parole ? L’avenir nous le dira.

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La datcha de Poutine ciblée par des drones ukrainiens ?

30. Dezember 2025 um 11:45

La Russie a accusé lundi l’Ukraine d’avoir lancé pendant la nuit du lundi 91 drones contre le domicile du président russe Poutine dans la région de Novgorod. Des mensonges, rétorque le président ukrainien qui accuse à son tour  Moscou de « préparer le terrain » pour mener des frappes et de « saper » les efforts diplomatiques entre l’Ukraine et les Etats-Unis.

Faut-il prendre au sérieux les accusations en provenance de Moscou, selon lesquelles l’Ukraine aurait cherché à cibler directement la datcha de Vladimir Poutine ? Cela étant le président américain- dont la proximité avec son homologue russe n’est plus à prouver- ne doute pas un seul instant de l’authenticité de la version russe au point d’exprimer sa colère, « une très grande colère » contre le président Volodymyr Zelensky qu’il tient en piètre estime.

Trump « choqué »

En effet, Donald Trump est « furieux » de cette attaque présumée quelques heures plus tard, tandis qu’il accueillait le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou sur le perron de sa résidence de Mar-a-Lago. « Je n’aime pas ça, ce n’est pas bien », a-t-il lancé devant les journalistes. Tout en confirmant avoir appris l’information auprès de Vladimir Poutine, au téléphone.

Selon le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, le milliardaire républicain qui avait été informé par son homologue russe de cette « attaque terroriste à grande échelle »  a été « choqué par cette nouvelle, littéralement indigné ».

Selon ses dires, Donald Trump  a déclaré « qu’il n’aurait jamais pu imaginer des actes aussi insensés ». De même qu’il assuré que « cela influencera sans aucun doute l’approche américaine dans le cadre de la collaboration avec Zelensky ».

Crime de lèse-majesté

En effet, au lendemain de la rencontre bilatérale entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump en Floride, et alors que les deux parties étaient en plein pourparlers pour mettre fin au conflit, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déguerpi une bombe médiatique en accusant Kiev, lundi 29 décembre, d’avoir lancé pendant la nuit une attaque de drones contre la résidence de Vladimir Poutine dans la région de Novgorod. Tout en prévenant que l’offensive ukrainienne mènerait Moscou à « réexaminer » sa position dans les négociations en cours.

« Le régime de Kiev a lancé une attaque terroriste utilisant 91 drones contre la résidence d’État du président Poutine située dans la région de Novgorod, au nord-ouest de la Russie ». C’est ce qu’a déclaré  le chef de la diplomatie russe. Ajoutant que tous les drones avaient été « détruits » par la défense russe, et qu’ « aucun blessé ni dégât causé par les débris des drones n’a été signalé ».

« De tels actes irresponsables ne resteront pas impunis », a-t-il encore assuré sur un ton menaçant. Annonçant que des « frappes de représailles » étaient d’ores et déjà envisagées. Cela dit, la Russie ne compte pas se « retirer du processus de négociations avec les États-Unis », mais sa « position » sera « réexaminée » face à la « politique de terrorisme d’État » qu’aurait adoptée Kiev, a poursuivi le diplomate russe.

Kiev : « invention pure et simple »

Une accusation aussitôt « catégoriquement démentie » par Kiev qui soupçonne Moscou de chercher un « prétexte » pour poursuivre la guerre.

Ainsi, le  président Volodymyr Zelensky aura qualifié cette accusation de « mensonge ». Une « invention pure et simple » visant à « justifier de nouvelles attaques contre l’Ukraine, y compris Kiev ». Mais aussi à « saper » les efforts diplomatiques entre l’Ukraine et les États-Unis.

« De plus, les Russes ont déjà pris pour cible Kiev dans le passé, notamment le bâtiment du Conseil des ministres », a-t-il argué. Tout en appelant dans un autre message à « contrer les tentatives russes de faire dérailler la diplomatie ». « Les Russes diffusent de fausses informations pour justifier leurs frappes en Ukraine et la prolongation de ce conflit », a-t-il martelé.

« La Russie récidive, utilisant des déclarations dangereuses pour saper tous les résultats de nos efforts diplomatiques communs avec l’équipe du président Trump », a ajouté le président ukrainien. .Sachant que ces déclarations interviennent au lendemain de la rencontre entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky en Floride. Une réunion à l’issue de laquelle le président américain s’était montré optimiste sur une fin prochaine du conflit.

Parallèlement, Vladimir Poutine et Donald Trump se sont entretenus ce 29 décembre par téléphone pour échanger sur les avancées des pourparlers après la rencontre dimanche les présidents américain et ukrainien. Un entretien que la Maison Blanche a qualifié de « positif ».

Pour sa part, le chef de la diplomatie ukrainienne Andriï Sybiga, a fustigé à son tour des « manipulations russes » servant seulement à « créer un prétexte et une fausse justification pour de nouvelles attaques » contre l’Ukraine; mais aussi à « entraver le processus de paix ». Il a également assuré que Kiev « ne frappe que des cibles militaires légitimes sur le territoire russes  », balayant toute « fausse équivalence entre l’agresseur et le pays qui se défend ».

De toute évidence, la fin de ce conflit, le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, n’est pas pour cette année qui s’achève Ni pour le lendemain.

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Paris-Alger/Conflit mémoriel : excuses et réparations

26. Dezember 2025 um 13:07

Le Parlement algérien vient d’adopter une loi criminalisant la colonisation française en Algérie et réclamant à l’ancienne puissance coloniale des « excuses officielles ». Et ce, au moment où Paris et Alger sont confrontés à une crise diplomatique majeure.

On peut tourner la page d’une histoire qui a duré cent trente ans, mais on ne peut pas effacer l’Histoire. Par un geste à forte portée symbolique, le Parlement algérien a adopté mercredi 24 décembre à l’unanimité une loi criminalisant la colonisation française et réclamant à la France « des excuses officielles ». Tout en pointant « la responsabilité juridique du passé colonial de l’État français en Algérie et des tragédies qu’il a engendrées ».

Crimes imprescriptibles

Ainsi, la nouvelle loi liste les crimes, jugés imprescriptibles, de la colonisation française : essais nucléaires, exécutions extrajudiciaires, pratique de la torture physique et psychologique à large échelle, ou encore pillage systématique des richesses. Par conséquent, ladite loi stipule qu’ « une indemnisation complète et équitable pour tous les dommages matériels et moraux engendrés par la colonisation française est un droit inaliénable pour l’État et le peuple algériens ».

D’autre part, le document détaille les « crimes commis par la France » et demande notamment la restitution des archives et des biens algériens transférés en France durant la période coloniale et le partage avec Alger des cartes précises des essais nucléaires français réalisés en Algérie entre 1960 et 1966. Selon le texte, l’État algérien s’emploiera à réclamer à la France qu’elle décontamine les sites des essais nucléaires. Sachant qu’entre 1960 et 1966, la France aura procédé à 17 essais sur plusieurs sites dans le Sahara algérien.

À cela s’ajoute la revendication de la récupération des dépouilles de « certaines figures de la résistance populaire, pour une inhumation sur le sol algérien ».

Enfin, le texte qualifie de « haute trahison » la « collaboration des harkis et prévoit de punir toute personne faisant l’apologie ou justifiant la colonisation.

Toutefois, « juridiquement, cette loi n’a aucune portée internationale et ne peut donc obliger la France ». Mais « elle marque un moment de rupture dans le rapport mémoriel avec l’ancienne puissance coloniale », estime pour sa part Hosni Kitouni, chercheur en histoire de la période coloniale à l’université britannique d’Exeter.

Un lourd tribut

Au-delà de la charge symbolique de cette loi, il y a lieu de signaler que les historiens sont unanimes à estimer que la conquête de l’Algérie, à partir de 1830, a été marquée par des violences extrêmes concrétisées par des tueries massives et des déportations à grande échelle. À titre d’exemple, rien que la sanglante guerre d’indépendance (1954-1962) aura fait 1,5 million de martyrs selon l’Algérie, 500.000 dont 400.000 Algériens, selon les historiens français.

À signaler que ce vote « historique », qui soulève les affres de la colonisation française en Algérie, intervient au moment où les relations en dents de scie entre les deux capitales ont connu une poussée de fièvre à la suite de la reconnaissance à l’été 2024 par la France de la marocanité du Sahara occidental; en passant par la condamnation et l’incarcération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, finalement gracié à la faveur d’une intervention allemande.

Un pas en avant, deux pas en arrière

Pourtant, les relations souvent tumultueuses entre Paris et Alger auraient pu prétendre à un certain apaisement relatif au passé mémoriel commun fait à la fois de proximité et de répulsion, quand Emmanuel Macron, alors candidat à la présidentielle française, qualifia en 2017 la colonisation de l’Algérie de « crime contre l’humanité ». Ajoutant que « cela fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes ». Paroles, paroles…

Car, une fois à l’Elysée, le chef de l’État français s’engagea à des « actes symboliques » pour tenter de réconcilier les deux pays, mais en excluant cette fois des « excuses ». Par la suite, par une bourde monumentale, il avait provoqué l’ire d’Alger en s’interrogeant, selon le journal Le Monde, sur « l’existence d’une nation algérienne avant la colonisation ». Impardonnable.

Quai d’Orsay : « Une initiative hostile »

C’est « une initiative manifestement hostile, à la fois à la volonté de reprise du dialogue franco-algérien, et à un travail serein sur les enjeux mémoriels ». Ainsi a déploré, mercredi 24 décembre, le ministère français des Affaires étrangères.

Le porte-parole du Quai d’Orsay a souligné pour sa part que la France n’avait « pas vocation à commenter la politique intérieure algérienne ». Tout en déclarant qu’elle ne pouvait que déplorer une telle initiative, relevant « l’ampleur du travail engagé par le président Emmanuel Macron s’agissant de la mémoire de la colonisation au travers d’une commission mixte d’historiens français et algériens ».

De toute évidence, le passé colonial traumatisant continue de planer sur les deux rives de la Méditerranée. Aussi faudra-t-il donner du temps au temps pour que les plaies finissent enfin par se cicatriser.

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