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 Entre expansion et discipline : la nouvelle équation de la microfinance en Tunisie

29. Oktober 2026 um 06:03

Ces dernières années, la microfinance s’est affirmée comme un instrument incontournable de politique économique et sociale. Elle permet de combler les défaillances du système bancaire classique face aux populations non ou sous-bancarisées.

 

Née de l’intuition pionnière de l’octroi de financements aux micro-entrepreneurs exclus des circuits bancaires traditionnels, elle a évolué d’une approche purement associative vers une industrie financière à part entière. Le secteur combine désormais des objectifs d’impact social et impératifs de viabilité institutionnelle. Il joue un rôle catalyseur dans la réduction de la pauvreté, la formalisation de l’économie informelle et la promotion de l’entrepreneuriat, en particulier auprès des femmes et des jeunes.

 

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Cependant, cette expansion a mis en lumière des défis structurels majeurs, notamment en matière de protection de la clientèle et de transparence des coûts effectifs. Le régulateur, en l’occurrence l’Autorité de contrôle de la microfinance (ACM), est consciente que la pérennité du secteur ne peut reposer sur une croissance quantitative aveugle, mais exige une régulation prudentielle rigoureuse, une moralisation des tarifications et une maîtrise des risques de crédit. C’est précisément dans ce paradigme global que s’inscrit la trajectoire récente de la microfinance en Tunisie.

 

Croissance saine

L’analyse des divers rapports de l’ACM révèle une expansion continue et robuste du secteur de la microfinance. Au terme du premier trimestre 2026, le nombre de clients actifs s’est établi à 858 266 individus, générant un encours global de portefeuille de 3 039 millions de dinars (MDT). Cela représente une progression annuelle de 6,6 % en termes de nombre de clients et de 17,0 % en termes d’encours par rapport à la même période de l’année précédente. Cette surperformance de l’encours par rapport à la file active témoigne d’une augmentation significative de l’encours moyen par client, qui s’est élevé à 3 541 dinars tunisiens au 31 mars 2026, contre 3 226 D une année auparavant, traduisant une montée de la taille des projets financés.

 

L’analyse des divers rapports de l’ACM révèle une expansion continue et robuste du secteur de la microfinance. Au terme du premier trimestre 2026, le nombre de clients actifs s’est établi à 858 266 individus, générant un encours global de portefeuille de 3 039 millions de dinars (MDT).

 

La segmentation institutionnelle du marché met en évidence une hégémonie écrasante des Institutions de Microfinance sous forme de Sociétés Anonymes (IMF-SA). Au 31 mars 2026, les IMF-SA concentrent 91 % de l’encours total du secteur (2 756 millions de dinars) et encadrent 661 539 clients actifs (77,1 % du total). À l’inverse, les Associations de Microcrédits (AMC) voient leur poids relatif s’éroder, ne représentant plus que 9,3 % de l’encours global (282 MDT) et 247 846 clients. Cette polarisation confirme la transition du secteur vers un modèle capitalistique structuré, où la capacité de levée de fonds, la sophistication opérationnelle et le maillage agencier (249 agences pour les IMF-SA contre 6 agences pour les AMC hors réseau BTS) constituent des avantages concurrentiels décisifs.

Sur le plan de la qualité du portefeuille, les indicateurs témoignent d’une résilience remarquable et d’une maîtrise accrue du risque de crédit. Le Portefeuille à risque à 30 jours (PAR 30) des IMF-SA s’est établi à 2,60 % au 31 mars 2026, contre 3,50 % une année auparavant, marquant une amélioration nette de 90 points de base. Même en intégrant les créances radiées, le PAR 30 consolidé s’est amélioré pour s’établir à 2,99 % au 31 mars 2026, contre 3,79 % en mars 2025. Cette embellie de la qualité des actifs démontre l’efficacité des politiques de recouvrement, le renforcement du scoring du risque et une sélection plus rigoureuse des dossiers de financement par les institutions.

 

Même en intégrant les créances radiées, le PAR 30 consolidé s’est amélioré pour s’établir à 2,99 % au 31 mars 2026, contre 3,79 % en mars 2025.

 

Un tour de vis réglementaire

L’évolution la plus marquante de l’architecture financière tunisienne réside dans le renforcement spectaculaire de la discipline tarifaire. La publication au Journal Officiel de l’arrêté de la ministre des Finances du 26 décembre 2025 a instauré un cadre historique en fixant un plafond légal aux taux d’intérêt annuels et aux marges bénéficiaires excessives pour les microfinancements octroyés sur des ressources autres que budgétaires. En vertu de ce dispositif, tout crédit consenti à un Taux annuel effectif global (TAEG) dépassant le seuil moyen pratiqué par le secteur au semestre précédent est qualifié d’abusif, contraignant les IMF à restituer les sommes indûment perçues majorées des intérêts au taux légal commercial.

Pour le premier semestre 2026, les seuils des taux effectifs globaux moyens ont induit une compression notable des coûts pour l’emprunteur, s’échelonnant dans une fourchette de 23,81 % à 28,58 %. Cette dynamique réglementaire s’inscrit dans la continuité des actions fortes menées par l’ACM, incluant la fixation en 2024 du taux nominal des microfinancements d’Amélioration des conditions de vie (ACV) à un maximum de 24 % (avec suppression de la commission d’étude) et l’émission d’injonctions ciblées à l’encontre d’institutions affichant des structures de charges disproportionnées ou des rendements de capitaux propres excessifs.

 

En vertu de ce dispositif, tout crédit consenti à un Taux annuel effectif global (TAEG) dépassant le seuil moyen pratiqué par le secteur au semestre précédent est qualifié d’abusif, contraignant les IMF à restituer les sommes indûment perçues majorées des intérêts au taux légal commercial.

 

Dans la même optique d’harmonisation et de protection, l’ACM a engagé une révision des taux d’intérêt de retard, visant à plafonner ces pénalités à un niveau n’excédant pas le taux d’intérêt nominal conventionnel majoré de deux points de pourcentage. Pour les professionnels du secteur, ces mesures redéfinissent l’équation économique de la microfinance. La rentabilité ne peut plus être le fruit de marges unitaires élevées sur des populations vulnérables, mais doit découler de l’efficience opérationnelle, de l’innovation digitale et de la productivité des portefeuilles.

 

Enjeux de stabilité systémique

L’analyse de l’endettement croisé constitue un angle mort stratégique souvent négligé dans l’évaluation de la microfinance. Au 31 mars 2026, environ 30,4 % des clients actifs (soit 261 094 individus) sont engagés auprès de plus d’une institution financière (IMF-SA, AMC, banques ou sociétés de leasing).

Plus spécifiquement, le segment des clients croisés entre les IMF-SA et le secteur bancaire/leasing s’élève à 168 452 clients, détenant un encours global considérable de 3 578 MDT auprès des banques et de 923 MDT auprès des IMF-SA. Cette imbrication croissante entre la microfinance et le système bancaire traditionnel témoigne d’un pont réussi vers l’inclusion financière formelle, de nombreux micro-entrepreneurs accédant progressivement aux services bancaires classiques.

Néanmoins, cette multi-exposition fait peser un risque de surendettement structurel si elle n’est pas strictement surveillée. Les données de l’ACM rassurent quant à la maîtrise globale de ce risque : le PAR 30 des clients croisés IMF-SA/banques s’est établi à un niveau contenu de 2,89% à mars 2026, tandis que l’encours sain de cette population auprès des banques atteint un niveau élevé de 81,8 %. De surcroît, le nombre de clients en retard de paiement de plus de 30 jours a reculé de près de 19,6 % sur un an. Ces chiffres confirment que le croisement des expositions, bien que réel, bénéficie d’une vigilance accrue des créanciers et d’une meilleure interconnexion des bases de données de risque.

 

Néanmoins, cette multi-exposition fait peser un risque de surendettement structurel si elle n’est pas strictement surveillée. Les données de l’ACM rassurent quant à la maîtrise globale de ce risque…

 

Impératifs stratégiques

La microfinance s’affirme aujourd’hui comme un levier puissant et résilient d’inclusion financière et de développement socioéconomique. Néanmoins, les mutations économiques actuelles et les défis à venir exigeront des institutions du secteur une agilité accrue pour maintenir leur équilibre et maximiser leur impact. Trois défis majeurs retiennent particulièrement l’attention :

Le premier est l’optimisation structurelle des coûts. Face à l’évolution des conditions macroéconomiques et à la baisse induite des taux d’intérêt nominaux, les institutions de microfinance doivent impérativement repenser leurs processus opérationnels. Il s’agit d’absorber cette contraction des marges par une digitalisation accrue, une rationalisation des charges administratives et une efficience renforcée, tout en veillant scrupuleusement à ne pas compromettre la viabilité opérationnelle ni la qualité des services de proximité offerts aux populations vulnérables.

Le second est le renforcement de la transparence et du partage d’informations. La maîtrise du risque de crédit demeure une condition sine qua non de la pérennité du secteur. Cela passe par la consolidation et la généralisation d’outils de partage d’informations performants, essentiellement à travers une centrale des risques centralisée et efficace. Cet instrument est indispensable pour neutraliser définitivement les poches de surendettement, en particulier sur les segments de clients multi-empruntés ou croisés, garantissant ainsi une saine gestion du risque et la protection de l’emprunteur.

Le troisième est l’orientation stratégique vers l’innovation inclusive. Pour maximiser son impact social, la microfinance doit orienter ses efforts vers des segments à fort potentiel de transformation, en ciblant de manière plus équitable et volontariste l’entrepreneuriat féminin et les régions intérieures. À cet égard, les dynamiques observées sont déjà encourageantes. L’entrepreneuriat des femmes représente 43 % des volumes décaissés, pour un montant moyen de 4 365 D au premier trimestre 2026. Poursuivre cette dynamique dans les zones intérieures permettra de stimuler l’économie locale et de résorber les disparités régionales.

C’est précisément à cette formule, conjuguant rigueur financière, maîtrise des risques et ciblage inclusif, que la microfinance consolidera son rôle de pont incontournable entre l’économie informelle et la sphère financière formelle, au service d’une croissance durable, partagée et inclusive.

 

… La microfinance consolidera son rôle de pont incontournable entre l’économie informelle et la sphère financière formelle, au service d’une croissance durable, partagée et inclusive.

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Empfangen — 23. Oktober 2026 ⏭ Leconomiste Maghrebin

ASTREE, un assureur qui rassure ses actionnaires

23. Oktober 2026 um 08:44

La Compagnie d’assurances et de réassurances – ASTREE – a annoncé ses chiffres d’activités jusqu’à fin septembre 2026.

 

Le chiffre d’affaires d’ASTREE s’est établi à 229,614 MDT au bout des neuf premiers mois de l’année, en amélioration de 5,1 % en glissement annuel. Sur le seul troisième trimestre, il s’est élevé à 53,795 MDT. La branche “Vie“ a enregistré des primes émises de 65,829 MDT, contre 59,897 MDT une année auparavant. En “Non-Vie“, c’est l’automobile qui représente le cœur de l’activité. Les primes ont totalisé 73,364 MDT, soit 6,2 % de plus que fin septembre 2025. La branche Incendie et Multirisques a généré 26,962 MDT. A noter que la branche Transport a affiché un repli de 21,5 % des primes à 9,021 MDT, expliqué que le gap laissé par une affaire importante en “Risques pétroliers“.

Les primes cédées ont reculé de 2,0 % à 46,316 MDT. Cette tendance est largement expliquée par la régression de l’activité Transport, fortement réassuré.

 

Une forte sinistralité

En matière de sinistralité, qui s’est établie à 37,1 % à fin septembre 2026, contre 31,9 % à la même période en 2025. Les charges de sinistres déclarés se sont élevées à 105,985 MDT. Selon le mangement de la compagnie, cette évolution est expliquée par la survenance de sinistres exceptionnels consécutifs aux inondations ayant affecté la Tunisie, impactant particulièrement les branches fortement réassurées. L’impact sur le résultat net serait négligeable. Hormis l’effet de ces évènements exceptionnels, la sinistralité de la compagnie est restée stable au terme du 3ème trimestre 2026.

Les produits des placements ont atteint 48,991 MDT, en hausse de 6,1%. L’amélioration provient essentiellement des revenus des actions et du portefeuille titres. Les chiffres sont rassurants quant à la profitabilité de l’ensemble de l’exercice. Conjugués à un excellent premier semestre, soldé par un bénéficie net de 31,282 MDT, nous pouvons confirmer que 2026 serait l’une des meilleures années de l’histoire de l’assureur.

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Empfangen — 22. Oktober 2026 ⏭ Leconomiste Maghrebin

BNA Bank : une collecte record et des fondamentaux solides

22. Oktober 2026 um 06:00

La Banque nationale agricole (BNA Bank) a révélé de bons indicateurs d’activité à fin septembre 2026.

La première banque publique a affiché une excellente collecte de dépôts, un produit net bancaire en progression et de solides fonds propres.

 

Accélération des dépôts

Le fait marquant du trimestre est sans doute la progression des dépôts de la clientèle qui ont atteint 15 819,124 MDT fin septembre 2026, soit une évolution de 2 077,709 MDT sur une année. Aucune autre banque n’a réalisé une telle performance sur la même période. Cette croissance est portée par les dépôts à vue, qui ont bondi de 20,7 %, à 4.901,814 MDT contre 4 061,400 MDT fin septembre 2025. Les dépôts d’épargne ont progressé de 8,1 %, à 5 032,065 MDT. L’encours de crédits montre un total de 15 597,545 MDT, contre 15 134,497 MDT un an auparavant. Cette croissance est nettement plus modérée que celle des dépôts, ce qui améliore son profil prudentiel.

 

Un PNB en progression

Le produit net bancaire s’est établi à 858,465 MDT pour les neuf premiers mois de l’année, soit une hausse de 6,2% en glissement annuel. Les produits d’exploitation bancaire ont augmenté de 1,7%, à 1 883,173 MDT. Les intérêts encaissés ont montré une résilience, totalisant 1 138,723 MDT. Les charges d’exploitation bancaire ont reculé de 1,8%, à 1 024,708 MDT, soit une économie de 18,338 MDT.

Les revenus du portefeuille d’investissement affichent la plus forte progression de 11,5%, à 583,953 MDT, portés par les acquisitions de BTA. La banque publique dispose d’un portefeuille de 9 854,070 MDT.

 

Maîtrise des charges opératoires

Les charges opératoires ont atteint 320,116 MDT, en hausse de 5,3% par rapport à fin septembre 2025. Elles ont concerné les frais du personnel (+5,1% à 224,438 MDT) et les charges générales d’exploitation (+8,1% à 86,078 MDT). Le rythme de progression des charges reste inférieur à celui du PNB, ce qui devrait permettre une légère amélioration du coefficient d’exploitation.

La BNA Bank confirme son statut de leader du secteur. Son rôle est clé pour le financement de l’économie tunisienne, notamment le secteur agricole et les entreprises publiques. Ses capitaux propres apparaissant au bilan sont de 2 301,477 MDT, en progression de 10,7%. C’est rassurant quant à sa capacité d’apporter des concours à ces opérateurs économiques.

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Empfangen — 21. Oktober 2026 ⏭ Leconomiste Maghrebin

Magasin Général fait mieux que croître

21. Oktober 2026 um 06:01

La Société Magasin Général a publié ses indicateurs d’activité relatif au troisième trimestre 2026. Les chiffres ont confirmé la solide dynamique commerciale de l’enseigne de distribution bien que le pouvoir d’achat s’est effrité ces dernières années.

 

Le chiffre d’affaires trimestriel, hors taxes, du trimestre s’est établi à 354,443 MDT, contre 318,393 MDT sur la même période en 2025, soit une progression de 11,3 %. Sur les neuf premiers mois de l’année, les ventes, hors taxes, ont totalisé 945,318 MDT, en hausse de 8,8 % en glissement annuel. Il s’agit d’une performance d’autant plus notable qu’elle s’inscrit dans un réseau de distribution stable, composé de 04 points de vente, inchangé sur un an.

Le premier enseignement de ces chiffres est que la croissance de Magasin Général ne repose pas sur l’ouverture de nouvelles surfaces. La hausse du chiffre d’affaires provient d’une amélioration du trafic en magasin et d’un panier moyen plus élevé. Le troisième trimestre fait mieux que la moyenne des neuf mois, ce qui suggère une accélération de la dynamique commerciale au cours de l’été et du début de l’automne.

Cette accélération trimestrielle mérite d’être soulignée. Elle contraste avec un premier semestre plus modéré et pourrait traduire l’effet de la rentrée scolaire, période traditionnellement forte pour la grande distribution tunisienne, ainsi qu’une meilleure tenue de la consommation des ménages malgré un environnement inflationniste persistant.

 

La masse salariale sous contrôle

Le deuxième point saillant concerne la maîtrise des charges. Les charges de personnel du troisième trimestre ont atteint 25,377 MDT, en hausse de 8,0 % sur un an. À première vue, cette progression est significative. Mais rapportée au chiffre d’affaires, elle devient vertueuse. Le ratio masse salariale sur chiffre d’affaires (hors taxes) est passé de 7,38 % au troisième trimestre 2025 à 7,16 % au troisième trimestre 2026. Sur les neuf mois, le ratio s’établit à 8,18 %, contre 8,09 % un an plus tôt, soit une légère dégradation de 9 points de base.

Cette nuance est importante. L’enseigne de distribution parvient à faire croître son chiffre d’affaires plus vite que sa masse salariale sur le trimestre, ce qui est le signe d’une productivité en amélioration. En revanche, sur l’ensemble de l’année, la tendance reste fragile. La masse salariale progresse de 10,0 % sur neuf mois, soit un rythme supérieur à celui du chiffre d’affaires. L’effet du troisième trimestre est positif.

 

L’angle mort de l’analyse

Les achats de marchandises vendues se sont élevés à 296,423 MDT au troisième trimestre, en hausse de 11,0 %. Sur neuf mois, ils ont totalisé 795,655 MDT, également en progression de 8,6 %. Ces montants évoluent quasiment au même rythme que celui du chiffre d’affaires, ce qui laisse supposer une stabilité de la marge commerciale brute. C’est un point que les indicateurs d’activité ne permettent pas de confirmer avec certitude, faute de publication du taux de marge, mais l’alignement des progressions est plutôt rassurant.

Les états financiers permettront de mesurer l’impact de la pression sur les prix, des promotions et de la concurrence sur la rentabilité nette. Car en grande distribution, la croissance du chiffre d’affaires n’est pas une fin en soi. Elle doit se traduire en résultat.

 

De nouvelles parts de marché ?

Reste une question de fond. Est-ce Magasin Général est-il en train de gagner des parts de marché ou de simplement suivre l’inflation ? Le rythme de croissance affiché au troisième trimestre, dans un pays où l’inflation alimentaire reste élevée, pourrait en partie refléter la hausse des prix plutôt qu’une croissance en volume.

Les indicateurs publiés ne permettent pas de trancher. Néanmoins, ce que nous pouvons confirmer est que l’enseigne fait mieux que résister Elle croît, contrôle ses charges et préserve son réseau. Pour un distributeur, c’est déjà beaucoup. Pour l’actionnaire, la question du résultat reste cruciale.

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Empfangen — 19. Oktober 2026 ⏭ Leconomiste Maghrebin

Balance économique : croissance de 2,7 pour 2026 et 3,1 % pour 2027

19. Oktober 2026 um 06:00

La balance économique 2027 de la Tunisie a révélé les estimations du gouvernement pour le reste de l’année 2026 et les projections de 2027. Les tensions géopolitiques persistantes, des aléas climatiques ont laissé une empreinte sur les chiffres.

 

Selon les projections présentées, la croissance pour l’ensemble de l’année 2026 est attendue à 2,7 %, en deçà des estimations initiales de 3,3 %. Ce rythme, bien qu’illustrant la capacité de résistance du tissu productif national aux chocs externes et internes, demeure bridé par plusieurs contraintes. Parmi les principaux facteurs pesant sur l’activité figurent les difficultés chroniques de certains secteurs clés, principalement les industries extractives (phosphate) et du secteur énergétique, ainsi que les répercussions des vagues de chaleur estivales et du stress hydrique sur l’appareil productif.

 

Indicateurs macroéconomiques clés

Le taux d’investissement devrait s’établir à 15,5 % du PIB, contre 15,4 % en 2025 et une estimation initiale de 16 % pour l’année en cours. Bien qu’en légère amélioration, ce volume d’investissement reste insuffisant au regard du potentiel du pays. Un sursaut pour accélérer la réalisation des grands projets et dynamiser le climat des affaires s’impose.

 

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Le déficit courant devrait s’élargir pour atteindre 3,9 % du PIB, contre 2,5 % en 2025, grevé principalement par la lourde facture énergétique et la pression sur les échanges commerciaux. La consolidation des équilibres extérieurs demeure ainsi subordonnée au renforcement des capacités à l’export, à la diversification des marchés et à la transition énergétique.

Le taux d’inflation moyen devrait se stabiliser à 5,3 % sur l’ensemble de l’année, traduisant les efforts continus de maîtrise de la dynamique des prix, en dépit des tensions inflationnistes d’origine externe (cours de l’énergie) et interne (produits agricoles).

 

Et pour 2027 ?

Pour 2027, les estimations de croissance sont de 3,1 %. Cette hausse repose sur l’accélération de l’investissement (visant 16,4 % du PIB), la reprise des industries extractives (notamment le secteur du phosphate avec une prévision de production à 4,2 millions de tonnes), l’amélioration de la production énergétique (avec l’entrée en production de nouveaux champs), ainsi que la consolidation des secteurs des services et de l’exportation. Le déficit courant devrait légèrement s’améliorer pour s’établir à 3,7 % du PIB, tandis que le taux d’inflation est ciblé à la baisse pour s’établir autour de 5,2 %.

 

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Ces projections mettent en lumière la nécessité absolue de corriger les vulnérabilités structurelles qui pèsent sur la productivité et la compétitivité de l’économie tunisienne. Le grand défi pour la période à venir réside dans la capacité à accélérer les réformes économiques, à stimuler l’investissement productif et à renforcer la résilience face aux mutations climatiques et énergétiques. Il est temps de passer d’une logique simple de « résistance aux chocs » à une trajectoire de croissance créatrice de valeur et d’emplois.

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