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Crédit bancaire : l’étau se resserre sur les entreprises et les ménages

22. Mai 2026 um 16:00

L’État va pomper 12 milliards de dinars dans le système bancaire tunisien pour financer son déficit. Ce que cela signifie concrètement pour les entreprises et les ménages, l’IACE le dit sans détour dans sa note « Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie » : le financement du secteur privé sera sévèrement contraint. Les banques, prises entre les demandes de l’État et un portefeuille de créances classées à 14,5 %, approchent d’un point de tension.

Pour financer un déficit budgétaire qui devrait atteindre 16 milliards de dinars en 2026, l’État tunisien devra lever 12 milliards de dinars sur le marché intérieur, faute d’accès suffisant aux financements extérieurs. Cette ponction sur le système bancaire exige une croissance de la masse monétaire au sens large de 8,3 %. Or, ce niveau correspond exactement au plafond de liquidités nécessaires pour financer l’ensemble des transactions de l’économie sur la base d’une croissance nominale du PIB de 8 %. La conséquence logique est mathématique : il ne reste pratiquement rien pour financer le secteur privé, c’est-à-dire les investissements des entreprises et les crédits des ménages.

L’IACE constate déjà les premiers signaux de ce resserrement. Le ratio crédits sur dépôts est tombé à 60 % pour certaines banques, soit bien en dessous du plafond réglementaire de 120 %. Ce qui traduit non pas une abondance de ressources, mais une frilosité à prêter dans un contexte de risque accru. En parallèle, les opérations d’Open Market de la Banque centrale ont baissé de 23 % et les opérations de refinancement à long terme ont reculé de 15 % sur les quatre premiers mois de 2026. Un signe que l’institution aurait pu faire davantage pour soutenir la liquidité du système.

Un portefeuille de créances préoccupant

La situation est rendue plus délicate encore par l’état du portefeuille de créances classées des banques tunisiennes, qui atteint actuellement 14,5 %. Soit plus du double de l’objectif de 7 % fixé par la Banque centrale de Tunisie. Ce niveau élevé de créances douteuses immobilise des provisions et réduit la capacité des banques à prendre de nouveaux risques. Et ce, au moment précis où l’économie a le plus besoin de financements.

Les banques affichent par ailleurs un ratio de solvabilité de 14,4 % fin 2024 pour un minimum exigé de 10 %. Et un ratio de fonds propres de base Tier 1 de 11,7 % pour un minimum de 7 %. Ce qui constitue un matelas de sécurité, mais que l’IACE juge insuffisant face à l’ampleur des risques à venir.

Ce que l’IACE recommande aux banques et à la BCT

Pour desserrer l’étau, l’IACE formule plusieurs recommandations précises à l’intention de la Banque centrale et du système bancaire. La première consiste à adopter un plan de report des échéances pour les entreprises mises en difficulté par la crise. A l’image de la flexibilité accordée lors de la pandémie de Covid-19.

La deuxième recommandation porte sur l’autorisation de financements exceptionnels de moyen terme, sur sept ans maximum dont deux ans de grâce et sans provisionnement obligatoire, pour couvrir les besoins de trésorerie urgents des entreprises dont les fonds de roulement ont gonflé sous l’effet inflationniste de la crise.

Ces créances exceptionnelles seraient admissibles en garantie pour les opérations de refinancement sur le marché monétaire.

Enfin, l’IACE préconise de renforcer les fonds propres bancaires en limitant la distribution de dividendes et d’accorder un refinancement à taux bonifié pour des secteurs stratégiques comme la construction et l’habitat, afin de relancer une activité porteuse d’emplois.

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Écart d’inflation avec l’Europe : la compétitivité tunisienne en danger

22. Mai 2026 um 14:00

Entre 6 % et 7 % d’inflation projetée d’ici la fin de l’année 2026 : c’est la fourchette qu’anticipe l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE)  dans sa note Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie. La guerre en Iran réveille un spectre que les Tunisiens croyaient derrière eux, avec des prix du pétrole qui ont retrouvé les niveaux de 2022. Le bouclier des subventions étatiques tient encore, mais jusqu’à quand ?

En 2022, la guerre en Ukraine avait provoqué une flambée inflationniste mondiale. En Tunisie, les prix avaient grimpé à plus de 10 %. Tandis qu’en Europe l’inflation progressait d’environ six points au-dessus de son niveau habituel.

Quatre ans plus tard, le scénario se reproduit avec une étrange familiarité : le prix du baril de pétrole est remonté à 100 dollars, exactement au niveau de 2022. La perturbation des routes maritimes via le détroit d’Ormuz renchérit les coûts de transport et d’assurance. Et les céréales, dont les prix suivent partiellement l’évolution du pétrole à travers le coût des engrais azotés à base de gaz naturel, commencent elles aussi à se renchérir.

La bonne nouvelle, selon l’IACE, est que le choc devrait rester plus modéré qu’en 2022. L’Europe a développé entretemps une meilleure gestion de ses ressources énergétiques et accéléré le développement des renouvelables. Ce qui amortit partiellement le choc. Néanmoins, l’inflation européenne est déjà remonté à 2,8 % en mars 2026. Soit environ un point au-dessus des prévisions initiales, illustrant la contagion inévitable du choc iranien.

Un écart structurel qui inquiète

En 2024 et 2025, l’inflation avait reflué à 2,3 % dans l’Union européenne et à 5,3 % en Tunisie. Cet écart d’environ trois points n’est pas conjoncturel : il reflète des fragilités structurelles de l’économie tunisienne. L’IACE pointe une demande qui progresse plus vite que l’offre, notamment sous l’effet de la commande publique, et les imperfections de certains marchés dominés par des situations d’oligopole, comme dans les secteurs laitier ou sidérurgique. Ces acteurs en position dominante captent les hausses de prix sans répercuter les baisses. Ce qui entretient une inflation endémique que les chocs externes ne font qu’amplifier.

Cet écart structurel entre l’inflation tunisienne et européenne constitue par ailleurs un problème de compétitivité : si les prix augmentent plus vite en Tunisie que chez ses partenaires commerciaux, les exportateurs tunisiens voient leur avantage de coût progressivement s’éroder.

L’État comme dernier rempart, mais pour combien de temps ?

Pour l’instant, l’intervention de l’État via les mécanismes de subvention et le blocage des prix de certains produits maintient l’inflation à un niveau contenu, autour de 5 % au début de l’année. L’IACE estime que ces mesures permettront de plafonner l’inflation dans une fourchette comprise entre 6 % et 7 % d’ici la fin de l’année, sur la base d’un prix moyen du pétrole à 100 dollars le baril. Mais le rapport avertit que les effets complets de la crise iranienne ne se feront pleinement sentir que vers la fin de l’année 2026, lorsque les contrats d’approvisionnement en cours d’exécution arriveront à expiration et que les nouveaux niveaux de prix internationaux s’imposeront pleinement aux importateurs tunisiens. Le second semestre 2026 est la période à surveiller.

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2026, pire que 2022 ? La Tunisie a-t-elle encore une marge ?

22. Mai 2026 um 10:42

Une note intitulée Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie, a été publiée au printemps 2026 par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE). Son diagnostic est sans appel : guerre en Iran, guerre commerciale américaine, ralentissement européen — la Tunisie subit un triple choc simultané qui menace de ramener sa croissance à 1 % seulement en 2026. Soit à peine de quoi absorber sa croissance démographique.

Depuis février 2022, le monde traverse une ère de turbulences structurelles sans équivalent récent. L’invasion de l’Ukraine avait d’abord ébranlé les marchés de l’énergie et des céréales à l’échelle planétaire. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en novembre 2024, avec sa politique tarifaire erratique, avait ajouté une couche d’incertitude commerciale inédite. Puis la guerre en Iran, déclenchée fin février 2026, est venue frapper un système mondial déjà sous tension.

Pour la Tunisie, petite économie ouverte dépendante de ses importations d’hydrocarbures et de céréales, la confluence de ces trois chocs représente un défi d’une ampleur comparable à celui de 2022, mais dans un contexte de marges de manœuvre encore plus étroites.

L’IACE souligne que ce contexte n’est pas qu’une succession de crises conjoncturelles. Il traduit une rupture profonde avec l’ordre économique mondial qui prévalait sous l’égide de l’OMC. Les grandes puissances ont toutes renoué avec le protectionnisme industriel : l’Inflation Reduction Act aux États-Unis; les plans de souveraineté industrielle en Europe; les subventions massives aux entreprises publiques chinoises. Le monde se fragmente en deux blocs, le camp occidental d’un côté, les BRICS+ de l’autre, et la Tunisie doit apprendre à naviguer entre les deux.

Une économie déjà fragilisée avant le choc

La croissance tunisienne connaît un ralentissement continu depuis 2011, aggravé successivement par la pandémie de Covid-19 à partir de 2020, puis par les répercussions de la guerre en Ukraine en 2022 et 2023. Un timide rebond s’était amorcé en 2024 avec 1,6 % de croissance, grâce notamment à de bonnes conditions climatiques qui avaient propulsé la valeur ajoutée agricole de 9 %, puis de 10 % en 2025, contribuant à hauteur d’un point de PIB. Ce sursaut agricole avait permis d’atteindre 2,5 % de croissance en 2025. Mais les institutions internationales, qui anticipaient 2,1 % pour 2026 avant la crise iranienne, devront réviser significativement leurs projections.

La note de l’IACE redoute une stagnation aux alentours de 1 % par an en 2026 et 2027. Trois mécanismes expliquent cette contraction. Tout d’abord la flambée des prix internationaux du pétrole et des céréales pèse directement sur les finances publiques et le pouvoir d’achat. Ensuite, les perturbations des routes maritimes renchérissent les coûts logistiques. Enfin le ralentissement de la croissance européenne pénalise les exportateurs tunisiens qui dépendent massivement de ce marché.

Adapter la stratégie à la nouvelle donne

Face à cette nouvelle donne géopolitique, l’IACE préconise que la Tunisie adopte une stratégie de diversification de ses partenariats commerciaux et politiques.

Concrètement, cela signifie maintenir la coopération historique avec les institutions occidentales comme la Banque mondiale et le FMI. Et ce, tout en exploitant la position géographique du pays pour exporter vers l’Europe de l’énergie solaire et de l’hydrogène vert. En parallèle, la Tunisie devrait renforcer ses partenariats techniques avec des puissances émergentes comme la Turquie et la Corée du Sud. De même qu’il est nécessaire qu’elle s’ouvre davantage à la coopération avec la Chine, via des instruments financiers dédiés aux infrastructures.

Dans un monde fragmenté, la neutralité active et la diversification des alliances constituent la meilleure couverture de risque pour un petit pays ouvert.

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