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Algérie : Avec ses Sukhoï au Niger, Alger change-t-elle de doctrine militaire ?

03. September 2026 um 10:06

Quatre chasseurs algériens Sukhoï Su-30 sur le tarmac de Niamey. L’image aurait été difficilement imaginable il y a encore quelques années, tant l’Algérie a longtemps érigé la non-intervention militaire à l’étranger en principe de sa politique de défense. Le déploiement décidé le 30 août au Niger pourrait ainsi constituer une étape importante dans l’évolution de la doctrine militaire algérienne.

Le ministère algérien de la Défense (MDN) a confirmé l’envoi de deux patrouilles, soit quatre Su-30, accompagnées d’un avion ravitailleur. La décision, prise sur instructions du président Abdelmadjid Tebboune et à la demande des autorités nigériennes, est officiellement présentée comme une « mission de soutien » à l’armée du Niger après la mutinerie qui a secoué Niamey. Les autorités nigériennes ont également confirmé l’arrivée des appareils.

Ce soutien n’est pas totalement isolé. Le 9 août, l’Algérie avait déjà offert à l’armée nigérienne quatre hélicoptères — deux Mi-24V et deux Mi-171 — ainsi que des munitions, des pièces de rechange et du matériel de soutien.

Mais avec l’envoi de chasseurs et de militaires algériens sur le territoire nigérien, Alger franchit un seuil différent.

Une doctrine longtemps restrictive

Depuis l’indépendance, l’Algérie s’est traditionnellement montrée extrêmement réticente à engager son armée hors de ses frontières. Cette position, étroitement liée à sa diplomatie fondée sur la souveraineté des États et la non-ingérence, a longtemps distingué Alger de plusieurs autres puissances régionales.

La révision constitutionnelle de 2020 a toutefois ouvert une possibilité qui n’existait pas dans les mêmes termes auparavant.

L’article 91 de la Constitution permet au président de la République de décider de l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire à l’étranger, mais après approbation à la majorité des deux tiers de chacune des deux chambres du Parlement.

C’est précisément ce cadre qui rend l’opération nigérienne particulièrement intéressante. Le déploiement a été annoncé par le ministère de la Défense, mais aucune approbation préalable des deux chambres n’a été rendue publique.

Le Monde relève ainsi que la séquence ouvre en Algérie un débat sur l’application de cette disposition constitutionnelle et sur la qualification exacte de la mission.

Il serait néanmoins prématuré de parler d’une intervention militaire algérienne au Niger. Aucune participation des Su-30 à des frappes ou à des opérations de combat n’a été annoncée. Alger parle explicitement d’une mission de soutien.

Le Niger devient stratégique pour Alger

L’évolution ne peut pas être dissociée de la détérioration de l’environnement sécuritaire au Sahel.

La mutinerie de Niamey a montré la fragilité persistante du régime d’Abdourahamane Tiani. Selon Reuters et Associated Press, les forces russes de l’Africa Corps ont directement participé aux opérations ayant permis aux loyalistes de reprendre le contrôle de la base militaire de l’aéroport.

Pour Alger, une nouvelle déstabilisation du Niger constituerait un risque majeur. Les deux pays partagent près de 1 000 kilomètres de frontière, tandis que le Niger occupe une place importante dans les équilibres sécuritaires du Sahara et dans plusieurs projets économiques régionaux.

Le rapprochement militaire engagé cet été montre donc qu’Alger ne se contente plus nécessairement d’observer les crises sahéliennes depuis son territoire.

La question est désormais de savoir si Niamey constitue une réponse exceptionnelle à une situation jugée urgente ou le premier exemple spectaculaire d’une doctrine militaire algérienne devenue plus interventionniste depuis la réforme constitutionnelle de 2020.

Pour les autres pays du Maghreb, dont la Tunisie, la distinction est loin d’être théorique. Si l’Algérie accepte désormais plus facilement de projeter directement ses forces pour défendre ses intérêts sécuritaires dans son voisinage, c’est une évolution importante de l’équilibre stratégique régional.

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Prisons : L’OCTT appelle à des mesures urgentes face aux conditions de détention

03. September 2026 um 09:20

L’Organisation contre la torture en Tunisie (OCTT) a appelé à prendre une série de mesures urgentes pour améliorer les conditions de détention, notamment face à la surpopulation carcérale et aux épisodes de fortes chaleurs. Dans une déclaration publiée mercredi 2 septembre 2026, elle fait également état de récents signalements de décès de détenus, rapportés par des familles ou des avocats.

L’organisation indique que ces cas ont été signalés en prison ou dans des services d’urgence et les replace dans un contexte estival marqué par la canicule, le surpeuplement des cellules et un accès aux soins qu’elle juge limité. La déclaration ne fournit toutefois pas de bilan chiffré de ces décès ni d’éléments permettant d’en déterminer les circonstances ou les causes.

Réduire « immédiatement » la surpopulation

Parmi les mesures réclamées, l’OCTT appelle à agir immédiatement pour désengorger les établissements pénitentiaires.

Elle propose la libération des personnes détenues pour des délits mineurs, qu’elles soient en détention provisoire ou déjà condamnées, ainsi que celle des détenus âgés et des personnes souffrant de maladies chroniques.

L’organisation demande également la libération des « prisonniers d’opinion » et des personnes condamnées en vertu du décret-loi n°54 et du Code des télécommunications.

Elle plaide parallèlement pour une limitation du recours à l’emprisonnement et un développement des peines alternatives, notamment le travail d’intérêt général, les amendes et le bracelet électronique.

L’OCTT rappelle à ce titre sa position selon laquelle la détention doit rester l’exception et la liberté la règle, tout en insistant sur le respect de la présomption d’innocence.

Adapter les prisons aux fortes chaleurs

L’organisation demande également des mesures « urgentes et appropriées » pour faire face aux conséquences du changement climatique dans les établissements pénitentiaires.

Elle préconise notamment de réexaminer l’état des infrastructures et d’assurer leur entretien et leur maintenance afin de mieux faire face aux épisodes de chaleur extrême, comme l’a également relevé la TAP dans sa reprise de la déclaration.

L’OCTT insiste par ailleurs sur le droit des détenus aux soins de santé, estimant que la privation de liberté ne doit pas entraîner la privation de leurs autres droits.

Enfin, elle réclame que les organisations de défense des droits humains puissent accéder aux informations concernant les détenus et visiter les établissements pénitentiaires afin d’y exercer un contrôle indépendant. L’organisation considère ce droit de regard comme l’une des garanties fondamentales de prévention des violations.

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Huile d’olive tunisienne au Royaume-Uni : Des licences en hausse de 225%, mais 68% du quota reste inutilisé

03. September 2026 um 08:47

Les licences britanniques délivrées pour l’huile d’olive tunisienne ont plus que triplé en un an. Entre janvier et septembre 2026, elles ont porté sur près de 2446 tonnes, contre 753 tonnes durant la même période de 2025, alors que plus des deux tiers du contingent annuel accordé à la Tunisie restent encore inutilisés.

Selon les données officielles britanniques de suivi des contingents tarifaires, 2445,9 tonnes d’huile d’olive tunisienne ont fait l’objet de licences depuis le début de l’année 2026.

À la même période de 2025, ce volume s’élevait à 752,8 tonnes. La progression atteint ainsi environ 225% en un an.

5277 tonnes encore disponibles

Cette forte accélération ne signifie toutefois pas que le contingent accordé à la Tunisie est proche d’être épuisé.

Le Royaume-Uni prévoit pour 2026 un contingent tarifaire annuel de 7723 tonnes pour l’huile d’olive tunisienne concernée par le dispositif. Après l’allocation de septembre, 5277,1 tonnes restent disponibles.

À ce stade, seulement 31,7% du contingent annuel a donc fait l’objet de licences, tandis que 68,3% reste inutilisé.

La comparaison avec 2025 montre néanmoins une évolution importante. Sur l’ensemble de l’année dernière, les licences délivrées avaient porté sur environ 1573 tonnes. En neuf mois seulement, le volume enregistré en 2026 dépasse donc déjà de plus de 870 tonnes celui de toute l’année 2025.

Une nouvelle fenêtre ouverte en septembre

La Rural Payments Agency britannique a publié le 26 août un nouvel avis aux importateurs concernant le contingent n°05.4032 réservé à l’huile d’olive tunisienne.

Les demandes peuvent être déposées jusqu’au 7 septembre 2026 à 17 heures. Le dispositif permet l’importation à droit nul des catégories d’huile d’olive couvertes par les codes douaniers prévus par les autorités britanniques.

L’enjeu est d’autant plus important que la Tunisie connaît une campagne d’exportation exceptionnelle. À fin juillet, ses exportations d’huile d’olive avaient atteint 368.000 tonnes, en hausse de 55,3% sur un an, selon les données de l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI).

Le marché britannique présente ainsi une situation contrastée : l’utilisation du contingent préférentiel accélère fortement en 2026, mais une large majorité du volume accessible à droit nul reste encore disponible.

Une précision est toutefois essentielle : les données britanniques correspondent aux quantités couvertes par des licences délivrées et non nécessairement aux volumes effectivement importés au Royaume-Uni.

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Énergie : La Tunisie au cœur du nouvel axe nord-africain de l’Allemagne

03. September 2026 um 08:42

La tournée du ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul en Tunisie puis en Algérie met en lumière les ambitions énergétiques de Berlin en Afrique du Nord. Alors que l’Allemagne cherche notamment à diversifier ses approvisionnements en gaz auprès de l’Algérie, la Tunisie apparaît comme un autre maillon stratégique des futures connexions énergétiques avec l’Europe.

Le déplacement de Wadephul à Alger, effectué après son passage à Tunis, a surtout mis en évidence la volonté allemande de sécuriser de nouvelles sources de gaz.

Selon EnergyNews, le ministre allemand a présenté l’Algérie comme un « partenaire fiable » et exprimé l’espoir que ce pays puisse couvrir une partie des besoins gaziers de l’Allemagne.

Cette perspective s’appuie notamment sur l’accord conclu entre Sonatrach et le groupe énergétique allemand VNG. Celui-ci prévoit une extension des livraisons de gaz algérien vers l’Allemagne à partir du 1er janvier 2027.

Mais dans cette stratégie régionale, la Tunisie occupe une position qui dépasse largement la question du gaz.

La Tunisie reliée au réseau énergétique européen

Avant la visite de Wadephul à Tunis, le ministère allemand des Affaires étrangères avait explicitement indiqué que les discussions porteraient notamment sur le « raccordement de la Tunisie au réseau énergétique européen » ainsi que sur le développement des énergies renouvelables.

Cette orientation éclaire sous un autre angle les accords de coopération annoncés lors de la visite et déjà évoqués par Webdo. Plus de 100 millions d’euros d’accords et de projets ont notamment été annoncés, avec la transition énergétique et environnementale parmi les domaines concernés.

La Tunisie ne doit donc pas être présentée comme un nouveau fournisseur de gaz de l’Allemagne. Son importance réside notamment dans sa position géographique, son potentiel de production d’énergies renouvelables et les infrastructures destinées à renforcer ses connexions avec le marché énergétique européen.

De l’électricité à l’hydrogène

L’un des projets structurants est ELMED, l’interconnexion électrique sous-marine entre la Tunisie et l’Italie. Cette liaison entre le Cap Bon et la Sicile doit permettre des échanges d’électricité dans les deux sens entre les deux rives de la Méditerranée.

Mais l’enjeu à plus long terme concerne surtout l’hydrogène. Le SoutH2 Corridor est destiné à établir une voie d’acheminement de l’hydrogène vers l’Europe centrale. Dans la nomenclature européenne des infrastructures prioritaires, son axe principal est présenté comme reliant la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne.

Cette infrastructure s’inscrit parallèlement dans une coopération politique plus large associant cinq pays. L’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne ont signé en janvier 2025 une déclaration commune en faveur du développement de ce corridor.

L’Algérie comme la Tunisie ambitionnent ainsi de développer leur production d’hydrogène renouvelable destiné notamment au marché européen.

Côté tunisien, cette architecture comprend également un futur hydrogénoduc entre la Tunisie et l’Italie. Le projet, développé sous l’appellation North Africa Hydrogen Backbone (NAHB), figure dans la liste européenne des projets d’intérêt mutuel sous la dénomination « North Africa Hydrogen Corridor ». Répertorié sous le numéro 10.12, il est explicitement intégré au SoutH2 Corridor.

Une architecture énergétique commence ainsi à se dessiner autour de la Méditerranée centrale : l’Algérie conserve un rôle majeur comme fournisseur de gaz tout en développant son potentiel dans l’hydrogène ; la Tunisie ambitionne elle aussi de produire de l’hydrogène renouvelable tout en renforçant sa fonction de connexion énergétique avec l’Europe.

Les rôles des deux pays ne sont donc pas strictement séparés. Ils sont différents mais de plus en plus imbriqués dans une stratégie reliant les ressources énergétiques d’Afrique du Nord aux marchés européens.

La tournée de Johann Wadephul ne signifie donc pas que Berlin cherche du gaz tunisien. Elle confirme en revanche l’intérêt de l’Allemagne pour une architecture énergétique nord-africaine dans laquelle la Tunisie et l’Algérie occupent toutes deux une place stratégique.

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Tunisie-Allemagne : Plus de 100 millions d’euros d’accords et projets annoncés

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Tunisie-Libye : Saïed appelle à lever les obstacles à la circulation aux postes-frontières

03. September 2026 um 05:50

Le président de la République, Kaïs Saïed, a appelé à intensifier la concertation avec la Libye afin de lever les obstacles et de faciliter la circulation des personnes et des marchandises dans les deux sens aux différents postes-frontières entre les deux pays.

Cette question a été abordée lors d’un entretien téléphonique, mercredi 2 septembre dans l’après-midi, avec le président du Conseil présidentiel libyen, Mohamed Al-Menfi, selon un communiqué de la Présidence de la République publié dans la nuit de mercredi à jeudi.

Faciliter la circulation des personnes et des marchandises

L’entretien a porté sur les relations entre les deux pays et sur la nécessité de faire face aux différents défis à travers une coopération et une concertation accrues.

Kaïs Saïed a particulièrement insisté sur l’accélération du rythme des consultations dans l’objectif de « lever tous les obstacles » et de faciliter la circulation des personnes et des marchandises dans les deux sens au niveau des différents postes-frontières.

Cette question revêt une importance particulière pour les régions du Sud tunisien, où les échanges avec la Libye représentent une composante importante de l’activité économique.

Elle intervient également dans un contexte marqué par des préoccupations exprimées ces derniers jours à Ben Guerdane autour de la situation économique et des conditions du commerce transfrontalier.

Lundi 31 août, une marche organisée à l’appel de structures syndicales locales et régionales avait notamment mis en avant les difficultés économiques rencontrées dans la région ainsi que les restrictions qui, selon les organisateurs, affectent les échanges commerciaux à travers Ras Jedir.

La Tunisie réaffirme sa position sur la Libye

Au-delà de la question des frontières, le chef de l’État a réaffirmé la position de la Tunisie en faveur de l’unité de la Libye.

Kaïs Saïed a également renouvelé son attachement à une solution « libyo-libyenne », considérant que les Libyens disposent des capacités nécessaires pour parvenir eux-mêmes aux solutions qu’ils acceptent et qui permettent d’assurer la sécurité, la stabilité, le développement et la prospérité de leur pays.

La Tunisie et la Libye disposent de deux principaux passages frontaliers terrestres, Ras Jedir et Dhehiba-Wazen, qui jouent un rôle important aussi bien dans les déplacements entre les deux pays que dans leurs échanges commerciaux.

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