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Empfangen — 09. August 2026 Französischsprachig

Août 1945 : Hiroshima et Nagasaki ; août 2026 : Gaza et Cisjordanie

09. August 2026 um 06:00

Cela fait 81 ans jour pour jour, le 9 août 1945 à 11H02 qu’une bombe à base de plutonium fut lancée sur la ville japonaise de Nagasaki. Elle était plus meurtrière que la première, à base d’uranium, lancée trois jours plus tôt, le 6 août à 8H15, sur Hiroshima. Les deux bombes de destruction massive avaient massivement détruit les deux villes japonaises, provoqué la mort instantané de quelque 200 000 personnes et condamné plusieurs dizaines de milliers d’autres à une mort lente, précédée de souffrances insoutenables.

Jusqu’à ce jour, le débat n’est pas encore tranché entre ceux qui soutiennent la décision de Harry Truman d’autoriser un tel massacre à une échelle industrielle, pour « forcer le Japon à capituler sans conditions », et ceux qui s’y opposent, car « le Japon était déjà à genoux et prêt à capituler ».

 

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Quant à la question pourquoi l’armée américaine a lancé une bombe à base d’uranium sur Hiroshima et une autre à base de plutonium sur Nagasaki, nul besoin d’être devin pour le deviner. Les Américains voulaient tester, grandeur nature, les effets des deux genres de bombes sur les êtres humains et sur les constructions et les infrastructures des villes.

 

Vu les dévastations apocalyptiques et les souffrances horribles provoquées par les deux bombes de destruction massive américaines, après cinq ans de guerre et 60 millions de morts, dont 27 millions pour la seule Russie…

 

Vu les dévastations apocalyptiques et les souffrances horribles provoquées par les deux bombes de destruction massive américaines, après cinq ans de guerre et 60 millions de morts, dont 27 millions pour la seule Russie, on entendait répéter alors un peu partout : « Plus jamais ça ! ».

Plus jamais ça ? Observons aujourd’hui deux photographies d’Hiroshima en août 1945 et de Gaza en août 2026 mises côte à côte. Bien malin celui qui aura la perspicacité de distinguer l’enclave palestinienne de la ville japonaise.

81 ans après les drames d’Hiroshima et Nagasaki, le Japon a eu le temps de panser ses blessures, de construire une puissance économique et, non seulement de se réconcilier avec son agresseur, mais d’en devenir l’un de ses plus grands alliés…

78 ans après sa “Nakba“ en 1948, le peuple palestinien fait face aujourd’hui à un génocide à Gaza et à un nettoyage ethnique en Cisjordanie par Israël, aidé militairement et financièrement dans tous ses crimes innommables par les Etats-Unis d’Amérique.

 

 

Lire également: 73 ans après, la « Nakba » continue

 

Mais si l’Amérique ne semble avoir aucun problème à commettre des crimes de guerre à grande échelle (du Vietnam à l’Iran, en passant par l’Irak) et d’aider son allié israélien à en commettre, le monde entier continue d’observer passivement un génocide et un nettoyage ethnique dont est victime un peuple dépourvu du moindre moyen de se défendre.

Après la dévastation des deux villes japonaises en 1945, l’armée américaine avait interdit toute publication de photographies horribles de corps calcinés par le feu atomique. Il a fallu attendre 1952 pour que les Américains puissent voir la première photo d’un corps calciné à Nagasaki.

Depuis le 8 octobre 2023 jusqu’à ce jour, des films et de photos d’enfants brûlés, de quartiers bombardés, d’hôpitaux dévastés, de familles fouillant les décombres à mains nues, et de parents portant les corps de leurs enfants tués sous les décombres, défilent quotidiennement dans les médias et sur les réseaux sociaux.

 

Le plus terrifiant dans tout cela est que ces horreurs sont commises face à la passivité du monde qui laisse faire, et face à la jubilation d’un peuple israélien, psychiquement détraqué, qui demande encore plus de bombardements, plus de victimes, plus d’expulsions, plus d’expropriations.

 

D’autres scènes tout aussi insoutenables en Cisjordanie, montrant quotidiennement des colons hystériques molestant, tuant, expulsant des Palestiniens de leurs maisons et mettant le feu à leurs récoltes, défilent aussi dans les télévisions et les réseaux sociaux de la planète.

Le plus terrifiant dans tout cela est que ces horreurs sont commises face à la passivité du monde qui laisse faire, et face à la jubilation d’un peuple israélien, psychiquement détraqué, qui demande encore plus de bombardements, plus de victimes, plus d’expulsions, plus d’expropriations…

On reste pantois face à la passivité, à l’indifférence même, avec lesquelles le monde se comporte vis-à-vis de la déshumanisation systématique du peuple palestinien qui continue depuis 78 ans à résister, mains nues, à la machine de mort israélienne.

Dans un article publié le 7 août dans le site Counterpunch.com, le politologue américain, Henry Giroux, analyse l’horrible situation en ces termes : « Il ne s’agit pas simplement d’une problématique politique ; c’est l’une des plus grandes catastrophes morales et culturelles de notre époque. Nous ne nous sommes pas seulement habitués à vivre au milieu d’une violence sans précédent, nous avons été éduqués à composer avec elle. La cruauté ne nous apparaît plus comme une rupture éthique exigeant un jugement et une action. Elle a été absorbée par le rythme de la vie quotidienne, dépouillée de sa capacité à choquer, et transformée en un spectacle de plus qui rivalise pour capter notre attention déjà distraite. Comme le suggérait Susan Sontag dans son analyse de l’esthétique fasciste, la violence s’est esthétisée de plus en plus : organisée en spectacle, investie des plaisirs de la domination et détachée de la souffrance de ses victimes ».

 

…La cruauté ne nous apparaît plus comme une rupture éthique exigeant un jugement et une action. Elle a été absorbée par le rythme de la vie quotidienne, dépouillée de sa capacité à choquer, et transformée en un spectacle de plus qui rivalise pour capter notre attention déjà distraite…

 

Les jours, les semaines et les mois à venir sont d’une importance vitale non seulement pour le peuple palestinien, mais pour l’écrasante majorité de l’humanité. Il s’agit de l’issue, encore incertaine, du combat qui se déroule actuellement sur plusieurs fronts entre ceux qui considèrent que le seul droit est celui de la force, et ceux qui estiment au contraire que la seule force est celle du droit. Suivez mon regard…

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Empfangen — 02. August 2026 Französischsprachig

Calvaire de Gaza et de Cisjordanie : une lueur d’espoir à l’horizon ?

02. August 2026 um 21:59

La huitième visite de Netanyahu à Washington le 28 juillet a mis à nu la tension qui empoisonne sa relation avec le président américain. Celui-ci ne l’a pas accueilli comme les sept fois précédentes par l’entrée principale avec fanfare, caméras et journalistes. C’est la première fois de sa vie politique que Netanyahu se trouve contraint de subir l’humiliation de devoir emprunter une porte latérale pour entrer à la Maison Blanche.

Toutefois, cela n’affecte en rien l’influence que continue d’exercer l’Etat minuscule d’Israël sur la plus grande puissance du monde, concernant en particulier la question palestinienne.

Au fil des ans, les gouvernements successifs israéliens ont forcé les présidents successifs américains de soutenir sans discuter toutes les politiques criminelles menées contre le peuple palestinien, de la colonisation rampante – qui continue depuis des décennies – au génocide de Gaza – qui continue lui aussi du 8 octobre 2023 jusqu’à ce jour.

Juste deux jours après avoir reçu Netanyahu, Trump a publié le 30 juillet sur son réseau Truth Social qu’« un accord a été conclu, prévoyant le désarmement complet du Hamas et un retrait israélien de la bande de Gaza ».

Il n’est pas exagéré de dire que personne, y compris dans le cercle de ses collaborateurs, n’accorde plus la moindre importance à ce qu’écrit le président américain qui, en une seule journée, a réussi à publier jusqu’à 60 textes sur son réseau !

Alors que Trump annonce un énième accord sur Gaza, la tragédie se poursuit dans l’enclave palestinienne. Les soldats, les avions et les drones israéliens continuent de tuer les Palestiniens à leur guise, en violation du cessez-le-feu conclu en octobre 2025.

Le plus terrifiant est que l’acharnement d’Israël, la complaisance des médias occidentaux avec le régime génocidaire et la lâcheté des élites gouvernantes ont concouru à banaliser les horreurs que subissent les survivants de Gaza depuis près de trois ans.

Les survivants sont actuellement entassés dans un campement de tentes le long d’une étroite bande de terre bordant la Méditerranée. Le reste du territoire est toujours convoité par Jared Kushner, le gendre avide de Trump, et ses amis investisseurs pour en faire leur « Riviera »…

 

Lire aussi: Gaza, « Riviera du Moyen-Orient » : Tony Blair au four et au moulin

 

Mais le drame des Palestiniens ne se limite pas à Gaza. La Cisjordanie occupée est devenue elle aussi une zone de massacres. Les colons israéliens fanatisés, soutenus par l’armée, ont intensifié leurs attaques contre les habitations, les récoltes et les élevages des Palestiniens.

Les meurtres et les passages à tabac ont atteint un tel niveau qu’António Guterres, le secrétaire général des Nations unies, après un long silence, a finalement exprimé son « inquiétude » et rappelé au monde que « les colonies israéliennes en Cisjordanie constituent une violation flagrante du droit international ».

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme a publié, il y a quelques jours, des chiffres qui reflètent la réalité horrifiante qui sévit en Cisjordanie : « Les violations commises par les colons ont atteint un niveau record, avec 460 incidents violents par mois. Plus de 2 200 Palestiniens ont été contraints de quitter leurs foyers ces derniers mois, victimes d’intimidation et de violence continues ».

Il va sans dire que les horreurs commises par Israël de 1967 à ce jour contre le peuple palestinien n’auraient jamais eu lieu sans la complicité et les soutiens multiformes des administrations américaines successives, de celle de Lyndon Johnson jusqu’à celle de Donald Trump.

La question que beaucoup d’observateurs se posent est : jusqu’à quand ça va continuer ? Jusqu’à quand Israël va-t-il continuer de bénéficier du soutien aveugle de Washington et de la complicité de Londres, Berlin, Rome et Paris ?

D’aucuns voient une lueur d’espoir dans le changement notable qui se produit dans l’opinion publique américaine, surtout parmi la jeunesse, dégoutée et horrifiée par le génocide perpétré à Gaza.

Dans un article publié il y a quelques jours sur son site, Seymour Hersch écrit : « Au fil des décennies, la question des colonies illégales et des massacres des Palestiniens n’a jamais constitué un enjeu bipartisan pour les présidents américains ni pour la plupart des membres du Congrès. Mais les élections de cet automne pourraient bien amener à la Chambre des représentants une nouvelle génération de démocrates, susceptibles d’exiger que les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie soient traités avec humanité ».

Un petit changement qui, s’il se réalisait, serait sans doute suivi par d’autres plus radicaux. Des changements qui ne manqueraient pas de traverser l’Atlantique et de gagner l’Europe. Car, comme le souligne l’unique vérité que Trump a dite depuis son entrée à la Maison Blanche : « le monde entier déteste Israël ».

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