À partir de 30 000 dinars, les commerçants de bijoux soumis à de nouvelles obligations
La Tunisie franchit une nouvelle étape dans la sécurisation de son système financier. Selon le dernier Jort publié le 27 janvier 2026, les règles du jeu pour les commerçants de bijoux et de métaux précieux sont redéfinies.
L’idée? Aligner le secteur sur les standards internationaux pour éviter que l’or et les pierres précieuses ne servent de passerelles au blanchiment d’argent ou au financement du terrorisme.
Ce qui change concrètement pour les professionnels
Désormais, dès qu’une transaction atteint ou dépasse 30 000 dinars, la vigilance devient la règle d’or. Les bijoutiers ne sont plus de simples commerçants, ils deviennent des acteurs clés de la prévention financière.
Voici leurs nouvelles obligations:
- Connaître son client: il ne suffit plus de vendre. Il faut identifier précisément l’acheteur, vérifier l’identité des bénéficiaires effectifs et comprendre l’origine des fonds.
- Anticiper les risques: les professionnels doivent documenter les risques potentiels et adapter leur niveau de vigilance (mesures renforcées pour les dossiers sensibles, simplifiées pour les transactions classiques).
- Une tolérance zéro: l’arrêté impose l’application immédiate des sanctions internationales (ONU) et nationales. Si un client figure sur une liste de gel des avoirs, la transaction est bloquée instantanément, sans préavis.
- Transparence totale avec les autorités: en cas de doute, une déclaration doit être faite à la Commission tunisienne des analyses financières (CTAF), dans le respect le plus strict du secret professionnel (le client ne doit jamais être informé du signalement).
Une organisation interne renforcée
Pour que ces mesures ne restent pas lettre morte, les bijouteries doivent se structurer comme de véritables institutions financières. Tous les registres de transactions doivent être conservés pendant 10 ans. De plus, chaque établissement doit désigner un responsable de la conformité. Enfin, le personnel doit être formé pour détecter les comportements suspects.
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