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Société régionale de transport du Sahel: une situation financière lourdement fragilisée

08. Oktober 2026 um 09:29

La Société régionale de transport du Sahel (STS), l’une des 14 compagnies régionales placées sous la tutelle du ministère du Transport, a publié ses états financiers pour l’exercice 2021. La STS a enregistré une perte nette de -11,322 MDT, soit plus du double des -5,999 MDT affichés l’année d’avant. Cette dégradation de la performance s’inscrit dans un contexte marqué par les répercussions de la pandémie de Covid-19, notamment les confinements et les interdictions de circulation interurbaine.

La subvention publique a joué un rôle amortisseur important, totalisant 50,596 MDT. Le chiffre d’affaires généré par l’activité s’est élevé à 25,362 MDT, en hausse de 12,3% grâce à la hausse des tarifs des tickets décidée en juin 2021 et à la reprise graduelle de l’activité par rapport à 2020. Les produits d’exploitation ont fléchi de 4,1% pour s’établir à 78,347 MDT. Les charges d’exploitation de la société ont atteint 87,631 MDT, dont 48,829 MDT de charges de personnel.

Les capitaux propres sont profondément négatifs, à -59,807 MDT fin décembre 2021. Cette situation critique place l’entreprise sous le coup des dispositions légales de l’article 338 du Code des sociétés commerciales, nécessitant une décision de l’Assemblée générale extraordinaire pour statuer sur la poursuite ou non de l’activité. Les dettes envers les fournisseurs et les comptes rattachés s’élèvent à près de 33,789 MDT, auxquels s’ajoutent des passifs courants de l’ordre de 58,700 MDT comprenant notamment plus de 15,272 MDT d’arriérés dus à la Caisse nationale de sécurité sociale.

Sur les cinq années qui ont suivi ces chiffres, nous n’avons pas d’informations. C’est certainement la subvention de l’État qui maintient la société de transport en activité. L’amélioration de la flotte est en cours, ce qui devrait booster les revenus. Toutefois, une recapitalisation s’impose pour que la STS puisse jouer son rôle dans l’une des régions les plus industrialisées du pays.

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BTK Leasing émet un emprunt obligataire de 50 MDT

08. Oktober 2026 um 09:02

BTK Leasing compte émettre un emprunt obligataire, par appel public à l’épargne, BTK Leasing 2026-2.

Le conseil d’administration dispose d’une autorisation accordée par la dernière Assemblée générale ordinaire des actionnaires, tenue le 6 avril 2026, lui permettant d’émettre un montant total de 200 MDT d’emprunts obligataires, et ce, jusqu’à fin 2027.

La nouvelle opération porte sur 50 MDT. Deux catégories sont proposées aux actionnaires, ayant une valeur nominale de 100 TND:

– Catégorie A: une durée de 5 ans, un taux d’intérêt brut fixe à 8,65% l’an et un amortissement in fine. Cette catégorie cible la collecte de 30 MDT.

– Catégorie B: une durée de 5 ans, un taux d’intérêt brut fixe à 8,40% l’an et un amortissement constant. Cette catégorie cible la collecte de 20 MDT.

Les souscriptions à cet emprunt démarreront le 22 octobre 2026 et seront clôturées, au plus tard, le 30 novembre 2026.

L’ouverture des souscriptions à cet emprunt reste, cependant, tributaire de la publication par l’agence de notation Fitch Ratings sur son site de la notation définitive de l’emprunt. L’agence a attribué, en date du 9 septembre 2026, une notation provisoire à long terme «BB (EXP)(tun)» audit emprunt.

La BTK vise à financer son activité qui s’est inscrite sur une tendance haussière ces dernières années.

Le placement est une bonne opportunité qui s’offre aux investisseurs qui ont une aversion pour les risques. Il est émis par une institution financière ayant une signature fiable et qui est soutenue par une banque, la BTK.

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Pour une loi de finances de rupture

08. Oktober 2026 um 06:00

Avec l’approche du lancement de la saison du débat budgétaire, il est temps de changer d’approche. Depuis des années, les députés restent prisonniers de propositions symboliques ou qui ne mènent qu’à des économies de façade, alors que l’urgence est de remettre l’appareil productif en mouvement.

 

Et cette année, le challenge est encore plus difficile avec l’intention de ne pas augmenter la pression fiscale sur les PME. Comment donc financer l’État, avec tous ses engagements sociaux et son rôle clé, sans étouffer ceux qui produisent ? Certes, la réponse ne réside pas dans une hausse d’impôts, ni dans des coupes budgétaires, mais dans des articles de loi qui libèrent les flux financiers et qui corrigent les distorsions qui pénalisent la production locale. La loi de finances ne pourra pas tout apporter, mais elle constitue l’un des principaux moyens pour initier un tel mouvement.

 

Débloquer la circulation de la liquidité interne

Le problème en Tunisie ne réside pas dans un manque global d’épargne, mais dans sa mauvaise allocation et sa thésaurisation. Les banques regorgent de liquidités ou préfèrent des placements sans risque, tandis que les PME et les porteurs de projets s’asphyxient par manque de fonds de roulement.

La loi de finances peut introduire des dispositions fiscales modulées pour les établissements de crédit qui consacrent un pourcentage minimal de leurs crédits au financement direct de l’investissement productif, de l’innovation et de l’exportation à forte valeur ajoutée. De leur côté, les entreprises peuvent être incitées à réinvestir dans l’extension de l’outil de production et la modernisation technologique.

Celles qui n’ont pas une telle marge de manœuvre et qui se heurtent au mur des garanties réelles ont besoin de l’appui de l’État. Le renforcement des fonds de garantie publics permettrait aux banques de prêter plus facilement sans exiger des garanties disproportionnées.

 

Combattre les rentes et corriger les distorsions

L’économie tunisienne souffre de diverses distorsions, comme les barrières réglementaires lourdes, les régimes privilégiés ou d’autorisations qui protègent des situations de rente, et une concurrence déloyale de l’informel. Libérer la production locale demande un grand nettoyage législatif.

Il faut impérativement rationaliser la fiscalité des intrants industriels. Les entreprises locales subissent des taxes douanières ou fiscales lourdes sur l’importation de leurs matières premières ou de leurs équipements semi-finis, rendant l’importation de produits finis concurrents une solution optimale pour les consommateurs. Il s’agit d’aligner la fiscalité pour que produire localement soit moins coûteux et plus simple qu’importer.

La loi de finances doit aussi intégrer des mesures d’incitation à la régularisation tout en renforçant la traçabilité des flux pour assainir le marché.

 

Optimiser la dépense et l’investissement public productif

L’État ne peut pas se désengager de ses rôles sociaux, mais il doit cesser d’allouer des ressources à des dépenses improductives pour les rediriger vers des effets de levier économiques.

La loi de finances doit lever les verrous juridiques qui pénalisent l’investissement privé, national et international. En même temps, chaque soutien de l’État, allégement fiscal ou subvention accordée à une entreprise ou à un secteur doit être assorti d’objectifs mesurables en termes de création d’emplois, d’intégration locale ou d’exportation. Il est temps de mettre fin aux aides aveugles. L’argent public ne doit profiter qu’à ceux qui génèrent de la croissance organique.

Enfin, les économies réalisées doivent être redirigées vers la formation professionnelle ciblée, en adéquation directe avec les besoins des secteurs porteurs, ce qui garantit aux PME un accès à une main-d’œuvre qualifiée, réduisant ainsi les coûts de formation et de productivité.

L’État va présenter une version qui combine des mesures ciblées et qui préserve les équilibres macroéconomiques. Les députés doivent, par des propositions, transformer le projet qu’ils auront en un instrument de libération des énergies productives. Pour un député, la valeur d’une proposition ne se mesure pas au nombre de bénéficiaires potentiels annoncés, mais à la chaîne de causalité économique qu’elle déclenche. C’est cette logique qui doit guider chaque article soumis à l’examen parlementaire.

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