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Entretien entre Mohamed Ali Nafti et Hanna Tetteh sur l’évolution de la situation en Libye

Von: farhat
05. Oktober 2026 um 19:17

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a reçu lundi, au siège du ministère, la représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies et Cheffe de la mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), Hanna Tetteh.
Selon un communiqué publié par le département des Affaires étrangères, cette rencontre a été l’occasion de prendre connaissance des progrès réalisés concernant l’initiative onusienne visant à faire avancer le processus politique en Libye.
Le ministre a souligné, à cette occasion, la disposition de la Tunisie à accueillir les différentes initiatives et concertations visant à parvenir à un règlement politique global fondé sur une appropriation pleinement libyenne, sans exclusion ni marginalisation d’aucune partie libyenne et sous le patronage des Nations Unies qui préserve la souveraineté de la Libye et son intégrité territoriale.
Nafti a, dans ce sens, réitéré l’engagement de la Tunisie à soutenir les efforts de la Mission onusienne en Libye, réaffirmant son attachement au principe de neutralité et à se tenir à une égale distance de toutes les parties libyennes, jusqu’à la réalisation de l’objectif auquel aspire le peuple libyen.
Il a, en outre, souligné l’importance du mécanisme de concertation tripartite entre les ministres des Affaires étrangères des trois pays voisins, la Tunisie, l’Algérie et l’Égypte, en tant que cadre pratique pour un dialogue constructif visant à unifier les visions dans le cadre d’une responsabilité partagée. L’objectif est de parvenir à une solution inter-libyenne globale et durable qui renforce les piliers de la sécurité et de la stabilité dans ce pays frère et dans la région, ajoute le communiqué.
Pour sa part, La responsable onusienne a salué la position de principe de la Tunisie à l’égard de l’initiative onusienne et les cadres de dialogue visant à renforcer le consensus entre les différentes parties libyennes.
Elle a passé en revue les derniers développements en Libye, l’état d’avancement de la mise en œuvre de la feuille de route onusienne et des concertations y afférentes.
Hanna Tetteh a affirmé l’engagement de la Mission onusienne à poursuivre la coordination avec la Tunisie et l’ensemble des partenaires régionaux et internationaux pour faire avancer le processus de mise en œuvre de la feuille de route de l’ONU.

 

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Quel rôle pour la Tunisie dans la gestion de la crise en Libye ?

05. Oktober 2026 um 09:20

La nouvelle dynamique diplomatique autour de la Libye place la Tunisie devant une question qui dépasse la seule politique étrangère : comment éviter qu’une évolution extérieure ne se transforme en vulnérabilité intérieure ? (Photo: Poste frontalier de Ras Jedir).

Abdelwaheb Ben Moussa *

Les États-Unis cherchent à rapprocher les autorités de l’Est et de l’Ouest libyens, à favoriser l’unification des institutions et à ouvrir la voie à des élections nationales. La Turquie, l’Égypte et les puissances européennes poursuivent parallèlement leurs propres objectifs. Cette recomposition peut contribuer à stabiliser la Libye. Elle peut aussi modifier les équilibres sécuritaires, économiques et diplomatiques autour de la Tunisie.

Il serait toutefois réducteur de considérer cette séquence comme une simple rivalité entre puissances. Le véritable enjeu pour Tunis est de savoir si elle dispose de suffisamment de marges de manœuvre pour tirer profit d’une éventuelle stabilisation libyenne, absorber ses effets négatifs et défendre ses intérêts lorsque les décisions se prennent ailleurs.

La souveraineté ne consiste pas à ne dépendre de personne. Elle consiste à disposer de suffisamment de ressources, de partenaires, de compétences et d’instruments pour que la dépendance ne devienne pas une vulnérabilité subie. C’est à cette aune qu’il faut apprécier la nouvelle stratégie américaine en Libye.

Ne pas confondre stabilisation et solution automatique

La première réaction devrait être pragmatique. Pourquoi la Tunisie rejetterait-elle une initiative susceptible de rapprocher les Libyens et de mettre fin à une division qui nourrit l’insécurité ? Après des années d’échec, toute avancée vers l’unification des institutions et l’organisation d’élections mérite d’être encouragée. Washington dispose de canaux de discussion et d’une capacité d’influence que Tunis ne possède pas.

Mais une stabilisation annoncée ne constitue pas encore une stabilité acquise. Un accord politique peut rester fragile, une coordination sécuritaire peut demeurer incomplète et une réunification institutionnelle peut ne pas produire d’autorité effective sur l’ensemble du territoire. Les effets réels d’un règlement se mesureront moins aux déclarations qu’à la capacité des institutions libyennes à contrôler les frontières, à garantir la circulation et à prévenir les crises locales.

La Tunisie n’a donc aucun intérêt à s’opposer par principe à l’initiative américaine. Elle doit la soutenir lorsqu’elle favorise un processus inclusif, libyo-libyen et placé dans un cadre multilatéral. Mais elle doit aussi se préparer à plusieurs scénarios, y compris celui d’une transition incomplète, d’une stabilisation partielle ou d’un nouvel équilibre dominé par des acteurs extérieurs.

La souveraineté tunisienne commence ici : ne pas confondre l’espoir d’une solution avec la disparition du risque.

La frontière, premier canal de transmission du risque

Pour la Tunisie, la Libye n’est pas un dossier diplomatique lointain. Elle constitue une réalité économique, sociale et sécuritaire quotidienne. Les régions du Sud vivent au rythme des échanges transfrontaliers, des mouvements de personnes et de l’activité du poste de Ras Jedir. Chaque fermeture, chaque tension locale et chaque changement dans le rapport de force libyen se répercute immédiatement sur les familles, les commerçants et les entreprises des deux côtés de la frontière.

On pourrait considérer Ras Jedir comme un problème bilatéral et administratif, distinct des grandes négociations géopolitiques. Ce serait une erreur. La frontière est précisément le point où les arrangements politiques libyens deviennent une réalité tunisienne. Si l’unification institutionnelle ne garantit pas une autorité stable sur les postes-frontières, une chaîne de commandement identifiable et des règles commerciales prévisibles, elle restera incomplète du point de vue tunisien.

La Tunisie doit donc traiter la frontière comme une infrastructure stratégique. Cela suppose de sécuriser les accès, moderniser les procédures douanières, améliorer la traçabilité des flux et maintenir des canaux permanents avec les autorités locales libyennes.

La lutte contre les trafics doit être renforcée, mais elle ne peut pas se traduire par une fermeture indiscriminée qui pénaliserait les populations et l’économie légale.

La maîtrise du risque ne consiste pas à supprimer les échanges. Elle consiste à rendre les échanges plus transparents, plus prévisibles et moins dépendants des rapports de force locaux.

Une éventuelle stabilisation de la Libye pourrait relancer les échanges et soutenir l’économie du Sud tunisien. Mais cette opportunité ne se concrétisera pas automatiquement. Si le commerce transfrontalier reste informel, concentré sur quelques points de passage et dépendant de décisions sécuritaires imprévisibles, la Tunisie continuera à subir les crises au lieu de bénéficier de la reprise.

Il faut donc construire des amortisseurs économiques : développer des plateformes logistiques, renforcer les entreprises locales, formaliser une partie des échanges et créer des mécanismes de soutien pour les opérateurs touchés par les fermetures temporaires. La diversification des débouchés est également indispensable. Les régions frontalières ne peuvent pas dépendre d’un seul passage, d’un seul marché ou d’une seule configuration politique à Tripoli.

La question n’est pas de réduire le lien avec la Libye. Elle est de faire en sorte que ce lien devienne une force économique organisée plutôt qu’une dépendance exposée à chaque tension.

La neutralité comme capacité de choix

Tunis a raison de préserver une position équilibrée à l’égard des différents acteurs libyens. Dans un pays encore divisé, choisir prématurément un camp réduirait sa marge de manœuvre et exposerait ses intérêts à un changement de rapport de force.

Mais la neutralité n’a de valeur que si elle permet de choisir. Une neutralité passive risque de transformer la Tunisie en simple observatrice d’un processus conduit par Washington, Ankara, Le Caire et les institutions internationales. Elle conserverait ses relations avec tout le monde, mais pèserait réellement sur personne.

La réponse ne consiste pas à multiplier les déclarations de souveraineté. Elle consiste à renforcer les instruments qui donnent un contenu à cette souveraineté : expertise sur les questions frontalières, capacité de négociation, coordination interinstitutionnelle, présence diplomatique régulière en Libye et propositions concrètes sur la sécurité et le commerce.

La Tunisie ne peut pas imposer une solution. Elle peut toutefois rendre certaines solutions plus crédibles et certaines dérives plus coûteuses. Sa proximité géographique, ses relations avec l’Ouest libyen et son expérience des échanges transfrontaliers lui donnent une utilité spécifique. Encore faut-il la convertir en influence.

La nouvelle architecture sécuritaire libyenne impliquera nécessairement des partenaires extérieurs. La Tunisie a besoin de coopération avec la Libye, l’Algérie, les institutions internationales et, sur certains dossiers, les États-Unis et la Turquie. Refuser cette coopération au nom d’une souveraineté abstraite serait irréaliste. Mais coopérer ne signifie pas accepter une architecture conçue ailleurs. Si les priorités sécuritaires sont définies principalement par Washington ou Ankara, Tunis pourrait se retrouver devant des décisions déjà prises concernant la surveillance des frontières, la présence étrangère, la lutte contre les trafics ou la gestion des migrations.

Il faut ici appliquer le même principe que dans les relations économiques : la diversification n’est pas le rejet d’un partenaire, mais la condition d’un partenariat plus équilibré. La Tunisie doit parler avec tous les acteurs qui comptent, éviter de dépendre d’un seul canal et faire en sorte que les engagements sécuritaires soient transparents, ciblés et compatibles avec ses intérêts propres.

La souveraineté moderne ne signifie pas l’autarcie. Elle signifie pouvoir choisir ses dépendances.

Le cadre régional : un instrument, pas un substitut à la stratégie tunisienne

La Tunisie ne dispose ni du poids militaire de la Turquie, ni de la profondeur stratégique de l’Égypte, ni des ressources diplomatiques des États-Unis. Elle peut toutefois compenser cette faiblesse relative par une diplomatie de coalition. Le mécanisme de concertation avec l’Algérie et l’Égypte doit devenir un instrument opérationnel, et non rester un cadre de déclarations générales.

Les divergences entre les trois pays sont réelles. L’Algérie regarde prioritairement vers sa profondeur sahélienne et ses impératifs de sécurité. L’Égypte est davantage attentive à l’Est libyen. La Tunisie est directement exposée à l’Ouest, à Ras Jedir et aux flux transfrontaliers. Cette différence de perspective ne condamne pas la concertation ; elle impose de lui donner un agenda limité et concret.

Sécurité des frontières, continuité des passages, lutte contre les trafics, échanges d’informations et soutien à un processus politique inclusif peuvent constituer ce socle commun. Tunis doit toutefois y défendre sa propre voix et ne pas se fondre dans une position régionale uniforme.

La Tunisie a souvent abordé le dossier libyen sous l’angle de la prévention : empêcher l’instabilité de franchir la frontière, limiter les effets économiques des crises et éviter de s’impliquer dans les rivalités libyennes. Cette prudence était compréhensible. Elle ne suffit plus dans une phase où de nouveaux équilibres sont en train de se former.

Certains objecteront que Tunis doit d’abord résoudre ses propres difficultés économiques et institutionnelles avant de prétendre jouer un rôle régional. Mais la question libyenne n’est pas un luxe diplomatique. Elle touche directement la sécurité, le commerce, l’emploi, les migrations et la stabilité des régions frontalières. Investir dans une politique libyenne plus structurée relève donc de la protection des intérêts fondamentaux du pays.

Tunis doit passer d’une diplomatie de réaction à une diplomatie d’initiative. Cela implique de proposer un agenda tunisien pour la frontière, de défendre une solution politique inclusive, de diversifier les partenariats et de faire de la stabilité de Ras Jedir un intérêt régional reconnu par tous.

La Tunisie n’a pas vocation à imposer une solution à la Libye. Elle a en revanche le devoir de ne pas laisser d’autres acteurs définir seuls un règlement qui touchera directement sa sécurité, son économie et sa cohésion sociale.

La neutralité peut rester le principe directeur de la politique tunisienne. Mais elle doit être une neutralité engagée, organisée et capable de produire des résultats. Dans la nouvelle séquence libyenne, la véritable faiblesse de la Tunisie ne serait pas de manquer de puissance. Ce serait de confondre la retenue avec l’effacement.

La souveraineté tunisienne ne se proclamera pas au moyen d’une rupture avec ses partenaires. Elle se construira par des frontières mieux administrées, des échanges mieux organisés, des alliances diversifiées et une capacité accrue à transformer la proximité géographique en influence politique et économique.

Face aux recompositions libyennes, Tunis ne doit ni choisir un protecteur ni prétendre pouvoir agir seule. Elle doit construire les marges de manœuvre qui lui permettront de dialoguer avec tous, de dépendre de plusieurs et de subir moins.

* Ingénieur informaticien, cadre de banque publique.

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Un météore lumineux traverse le ciel de Tunisie et de Libye : ce que l’on sait du phénomène

05. Oktober 2026 um 07:21

Un spectaculaire phénomène lumineux a été observé dimanche 4 octobre au soir dans le ciel de plusieurs régions de Tunisie, notamment dans le Sud et les zones proches de la frontière libyenne, mais également dans plusieurs villes de l’ouest de la Libye. Des vidéos et témoignages diffusés sur les réseaux sociaux montrent un objet très lumineux traversant rapidement le ciel avant de disparaître. Le phénomène a également été observé au-dessus de Tripoli, où plusieurs habitants ont rapporté avoir entendu un bruit puissant après son passage.

En Tunisie, des habitants de plusieurs villes ont filmé un point ou une traînée lumineuse se déplaçant rapidement dans le ciel. Des publications sur les réseaux sociaux ont rapidement fait circuler les images, certains internautes évoquant un « météore », un « météorite » ou encore un éventuel débris spatial. Des contenus relayés en ligne indiquent que le phénomène a notamment été aperçu dans le Sud tunisien et dans les régions proches de la Libye.

Un phénomène observé des deux côtés de la frontière

Le phénomène a été particulièrement documenté en Libye. Des vidéos prises à Tripoli et dans plusieurs localités de l’ouest du pays montrent une boule ou une traînée lumineuse traversant le ciel. Des témoins ont également fait état d’un bruit ressemblant à une forte détonation. Selon des témoignages rapportés par le média libyen Al-Wasat, un habitant d’Aïn Zara a notamment décrit un objet enflammé se déplaçant presque horizontalement avant qu’un bruit d’explosion ne soit entendu.

L’information la plus importante est venue dans la soirée du Centre national libyen de télédétection et des sciences spatiales. Celui-ci a conclu que le corps observé était un météore, c’est-à-dire le phénomène lumineux produit lorsqu’un petit corps provenant de l’espace pénètre à très grande vitesse dans l’atmosphère terrestre. Le centre précise toutefois que, dans certains cas similaires, l’origine peut également être liée à des débris spatiaux rentrant dans l’atmosphère.

L’explication scientifique est un peu plus complexe que la simple idée d’un objet qui « brûle à cause du frottement ». Lorsqu’un petit corps rocheux ou métallique arrive dans l’atmosphère à plusieurs kilomètres par seconde, l’air situé devant lui est brutalement comprimé. Cette compression produit une onde de choc et porte les gaz atmosphériques à des températures extrêmement élevées. Une partie de cette énergie est ensuite transférée au corps, dont la surface commence à perdre progressivement de la matière : c’est le phénomène d’ablation.

Lire aussi : Un « objet lumineux » aperçu dans le ciel tunisien : la Société d’astronomie explique le phénomène

La lumière observée ne provient donc pas simplement d’une pierre qui prendrait feu comme un objet terrestre. Elle résulte notamment de l’interaction extrêmement énergétique entre le corps entrant et l’atmosphère, de l’échauffement des gaz et de la vaporisation de la matière du météoroïde. Les atomes excités présents autour de l’objet émettent alors de la lumière, ce qui produit la traînée lumineuse caractéristique.

Pourquoi un tel objet devient-il extrêmement lumineux ?

La terminologie scientifique permet d’ailleurs de distinguer plusieurs notions. Le météoroïde désigne le corps lorsqu’il se trouve encore dans l’espace. Lorsqu’il pénètre dans l’atmosphère et produit le phénomène lumineux, on parle de météore. S’il résiste suffisamment à la traversée de l’atmosphère et atteint le sol, le fragment qui subsiste est alors appelé météorite.

La luminosité exceptionnelle observée dimanche pourrait correspondre à ce que les astronomes appellent une boule de feu, soit un météore particulièrement brillant. Ces événements peuvent être visibles sur de très grandes distances et ne sont pas nécessairement associés à une pluie de météores : de tels bolides peuvent apparaître à n’importe quel moment de l’année.

Le bruit rapporté par plusieurs témoins libyens est également compatible avec un phénomène météorique suffisamment énergétique. Selon l’American Meteor Society, les boules de feu les plus brillantes peuvent générer des ondes sonores, notamment des bangs supersoniques, qui peuvent parvenir au sol après le flash lumineux. Le délai peut être important, car le son se propage beaucoup plus lentement que la lumière.

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