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BCT : le gouverneur reconnaît que « survivre » ne suffit plus

25. September 2026 um 13:49

Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Fethi Zouhaier Nouri, demande de passer d’une logique de résistance aux crises à une logique de création de richesse. Il insiste sur la nécessité d’accélérer les projets et les investissements, surtout dans le phosphate et les énergies renouvelables.

Cette déclaration a eu lieu lors d’une rencontre avec le Directeur Pays de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, Ahmadou Moustapha Ndiaye, et le Directeur de la Société financière internationale (IFC) pour l’Afrique, Ary Naim. Des responsables de la BCT et une délégation de la Banque mondiale étaient également présents.

Nouri a rappelé que la Tunisie a respecté ses engagements et a su résister aux chocs climatiques et géopolitiques. Il a cependant estimé qu’il fallait maintenant changer d’approche. Il a évoqué les efforts faits pour maintenir un taux de change stable et un bon niveau de réserves en devises. Il a aussi jugé important de relancer l’investissement privé, un sujet suivi de près par la BCT. Il a salué la bonne coopération avec la Banque mondiale et son soutien constant, affirmant que la Tunisie possède un fort potentiel et de nombreux projets ambitieux, rapporte l’agence TAP.

Ahmadou Moustapha Ndiaye a de son côté affirmé l’engagement de la Banque mondiale à proposer des solutions complètes à ses pays membres, notamment pour développer les infrastructures et soutenir le secteur privé. Il a décrit le partenariat avec la Tunisie comme exemplaire, basé sur la réalisation de projets concrets et l’obtention de résultats.

Ary Naim a souligné le fort potentiel de la Tunisie et son souhait d’augmenter nettement les financements accordés au pays. Il a précisé que l’IFC prévoit de soutenir de grands projets d’infrastructure. Il a ajouté que l’institution veut aussi aider les entreprises tunisiennes à se développer à l’international, en facilitant leur accès au financement grâce à différents outils et mécanismes, selon la même source.

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BCT : Après la résilience, la Tunisie doit maintenant créer de la richesse

25. September 2026 um 11:45

Pendant plusieurs années, le mot « résilience » a largement résumé le discours économique tunisien. Résister aux chocs extérieurs, préserver les réserves en devises, maintenir la stabilité du taux de change, absorber les tensions géopolitiques et climatiques : l’objectif était d’abord de tenir. Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fethi Zouhaier Nouri, estime désormais qu’il faut changer de registre. « Il est temps de passer d’une logique de résilience à une logique de création de richesse », a-t-il déclaré vendredi.

La formule mérite attention, car elle dépasse le seul cadre monétaire. Elle pose en réalité la question de l’étape suivante pour l’économie tunisienne : que faire de la stabilité préservée si elle ne se transforme pas en davantage de production, d’investissement et d’emplois ?

Le temps des projets

Lors de sa rencontre avec les responsables de la Banque mondiale et de la Société financière internationale (IFC), le gouverneur a insisté sur l’urgence d’accélérer la réalisation des projets et des investissements. Deux secteurs ont été explicitement cités : le phosphate et les énergies renouvelables.

Ce choix n’est pas anodin. Le premier renvoie à une activité historiquement stratégique pour les exportations tunisiennes, mais dont la capacité productive reste en deçà de son potentiel. Le second touche directement à une autre vulnérabilité structurelle : la dépendance énergétique du pays. À Istanbul, quelques jours auparavant, Fethi Nouri avait rappelé que le déficit énergétique avait atteint près de 7 milliards de dinars à fin juin 2026, en hausse de 35 % sur un an.

La création de richesse ne relève donc pas seulement d’une ambition abstraite. Elle passe par des projets capables de produire davantage, d’exporter davantage et de réduire certaines dépendances.

L’investissement privé comme test

C’est ici que le message du gouverneur rejoint celui de la Banque mondiale et de l’IFC. La coopération avec ces institutions ne peut avoir d’impact économique durable que si elle débouche sur des projets concrets et sur une mobilisation accrue du secteur privé.

Ahmadou Moustapha Ndiaye a confirmé la volonté de la Banque mondiale de renforcer son accompagnement de la Tunisie, notamment dans les infrastructures et le développement du secteur privé. Ary Naim a, lui, fait état de l’objectif d’accroître sensiblement les financements de l’IFC en Tunisie et de soutenir l’internationalisation des entreprises tunisiennes.

Le message est donc relativement cohérent : la Tunisie dispose de projets et d’un potentiel, mais doit parvenir à transformer ce potentiel en réalisations.

De la stabilité à la croissance

Le véritable défi commence précisément là. La stabilité financière est une condition nécessaire, mais elle ne constitue pas à elle seule une stratégie de croissance. Le maintien des réserves ou du taux de change protège l’économie contre les chocs ; l’investissement productif doit ensuite permettre d’en sortir avec une capacité économique renforcée.

Le changement de vocabulaire employé par le gouverneur traduit ainsi une exigence nouvelle : ne plus mesurer seulement la capacité de la Tunisie à encaisser les crises, mais sa capacité à produire davantage de richesse après les avoir traversées.

La question n’est donc plus uniquement de savoir comment tenir. Elle est désormais de savoir combien de projets pourront effectivement démarrer, combien d’investissements seront réalisés et combien de valeur ajoutée ils permettront de créer.

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