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La nationalité tunisienne n’est pas accordée à un enfant étranger du fait de sa naissance en Tunisie

28. Mai 2026 um 13:18

Dans sa publication Facebook que nous traduisons ici de l’arabe, l’auteur, avocat de son état, aborde le débat actuel concernant le nombre élevé de naissances en Tunisie d’enfants de migrants illégaux et leur prétendu droit, du fait de leur naissance en Tunisie, à la nationalité tunisienne.

Nafaâ Laâribi *

Face à la polémique actuelle concernant le taux de natalité élevé en Tunisie chez les enfants de migrants illégaux, j’estime qu’il est de mon devoir, en tant que juriste, de rappeler certains faits juridiques relatifs à une question qui a manifestement suscité un vif intérêt sur les réseaux sociaux.

En effet, il est devenu très facile de propager l’ignorance et la désinformation depuis son smartphone et de diffuser des avis juridiques sur des points mineurs sans même lire un seul texte… Que Dieu nous guide et nous éclaire !

L’état civil est une chose et la nationalité en est une autre

Mesdames et Messieurs, soyons clairs : le droit tunisien ne repose pas sur le principe «quiconque né en Tunisie est Tunisien». Absolument pas ! Naître en Tunisie ne suffit pas. L’enregistrement à l’état civil est une chose, la nationalité en est une autre… Ce sont deux textes juridiques distincts par leur objet, leur contenu et leur contexte !

L’enregistrement des naissances est une procédure légale et administrative qui atteste qu’un enfant est né à une date et un lieu précis. C’est une obligation pour tout nouveau-né, quelle que soit la nationalité de ses parents.

Cependant, la nationalité tunisienne n’est pas accordée du seul fait qu’un enfant soit né dans un hôpital tunisien ou enregistré dans une commune tunisienne.
Le Code de la nationalité tunisienne définit précisément cette question, et on peut la résumer en trois points.

Premièrement : un enfant est Tunisien s’il est né d’un père Tunisien ou d’une mère Tunisienne.

Ici, le critère est la filiation, et non le lieu de naissance. Cela signifie qu’un enfant est tunisien même s’il est né hors de Tunisie, dès lors que l’un de ses parents est tunisien.

Deuxièmement : un enfant est Tunisien s’il est né en Tunisie et si son père et son grand-père paternel y sont également nés. Il ne s’agit pas d’une règle générale, mais d’une condition spécifique et restrictive : l’enfant doit être né en Tunisie, le père doit être né en Tunisie et le grand-père paternel doit également être né en Tunisie.

Troisièmement : un enfant est Tunisien s’il est né en Tunisie de parents apatrides, à condition que les deux parents aient résidé en Tunisie pendant au moins cinq ans.

Il est important de préciser ici que le terme «apatride» ne signifie pas «étranger» ou «migrant en situation irrégulière», mais désigne une personne qui ne possède la nationalité d’aucun pays.

J’aimerais développer ce point : depuis son adhésion aux Nations Unies, la Tunisie a pris des engagements internationaux, notamment celui de réduire le nombre d’apatrides. Les apatrides appartiennent à des groupes ethniques, tribaux et claniques présents partout dans le monde, y compris en Afrique. Cela s’explique par le fait qu’il s’agit de groupes ethniques nomades aux frontières terrestres limitées. Un exemple frappant est celui des Touaregs. Présents en Libye, au Niger, au Mali et en Algérie, ils ont acquis la nationalité de ces pays malgré leur mode de vie nomade, ce qui atténue les problèmes liés à l’apatridie. Je ferme ici la parenthèse !

Quatrièmement : un enfant né en Tunisie de parents inconnus est considéré comme Tunisien. Mais il s’agit là d’une mesure visant à protéger les enfants de filiation inconnue et non d’une autorisation automatique d’octroyer la nationalité à tout enfant né sur le territoire tunisien (voir également les engagements de l’État tunisien en matière de protection des droits de l’enfant).

Cinquièmement : un enfant trouvé en Tunisie est présumé y être né jusqu’à preuve du contraire. Il s’agit également là d’une mesure légale visant à protéger l’enfant, et non d’une règle arbitraire d’attribution de la nationalité.

Un enfant né en Tunisie de parents étrangers n’acquiert pas automatiquement la nationalité tunisienne

Toutefois, un enfant né en Tunisie de parents étrangers connus et possédant la nationalité d’un autre pays n’acquiert pas automatiquement la nationalité tunisienne lors de son enregistrement à la naissance.

Pour ceux qui sont encore perplexes, la conclusion est simple : un acte de naissance atteste la naissance… la nationalité est déterminée par la loi. Lorsque l’État enregistre la naissance d’un enfant étranger, il ne lui «octroie» pas la citoyenneté, mais remplit une obligation administrative, légale et humanitaire, au même titre qu’un décès, un mariage ou tout autre changement d’état civil.

Par conséquent, avant de crier au scandale, consultons d’abord la loi. C’est la loi, et non Facebook, qui définit qui est Tunisien et qui ne l’est pas !

Traduit de l’arabe.

* Avocat.

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Le nouveau Parti populaire des Cafards secoue l’Inde

28. Mai 2026 um 08:46

Dans un article intitulé «Les demandes explosives du nouveau Parti populaire des Cafards secouent l’Inde», publié le 22 mai 2026, Eurasia Review raconte la naissance virale du Cockroach Janta Party (CJP), littéralement Parti populaire des cafards, un mouvement de jeunes chômeurs indiens qui, en cinq jours, a fédéré quinze millions de personnes sur Instagram après qu’un juge de la Cour suprême a comparé les diplômés sans emploi à des cafards.

Ce mouvement, qui défie l’establishment indien, revendique la fin des privilèges judiciaires, le vote sécurisé, des quotas féminins, des médias libres, et l’interdiction des défections politiques.

Ce qui aurait pu rester une tempête médiatique éphémère est devenu un révélateur : la «voix des paresseux et des chômeurs» est en réalité celle d’une génération qui a étudié, respecté les règles et vu le système les trahir. Avec plus de 70 % de ses membres âgés de 19 à 25 ans, le CJP est moins une blague qu’un verdict social.

Cette colère ne surgit pas du vide. Elle prolonge, en les incarnant, les trois dimensions d’une crise latente. La première était sociale et énergétique : la flambée du gaz de cuisson chassant les ouvriers pauvres des usines. La deuxième, agricole et climatique : El Niño et la pénurie d’engrais menaçant les récoltes et les prix alimentaires. La troisième, technologique et matérielle : l’automatisation par l’IA et la dépendance aux composants chinois fragilisant l’emploi qualifié et l’appareil productif.

Ces fractures se rejoignent dans le quotidien des 20‑24 ans, dont le taux de chômage a oscillé autour de 44‑45 % en 2025.

La croissance indienne, célébrée pour son PIB à 6,8 %, n’a pas créé d’emplois pour eux. L’éducation, censée être l’ascenseur social, ne protège plus : 6,5 % des diplômés du secondaire et du supérieur sont sans travail, et les femmes diplômées frôlent les 40‑44 % de chômage dans certains États. La corruption des examens (scandale NEET) ajoute l’insulte à la blessure : les places promises par le mérite sont volées avant même l’épreuve. Abhijeet Dipke, le fondateur du CJP installé à Boston, incarne la fuite des cerveaux que ces chiffres résument.

Ce mouvement relie cette révolte à l’état de la démocratie indienne : un pays classé 157e sur 180 pour la liberté de la presse, où les médias préfèrent commenter les projections de PIB que donner la parole aux familles qui vendent leurs terres pour payer des cours préparatoires. Le mouvement Cafard ne comble pas seulement un vide politique ; il rend audible ce qu’une partie de l’écosystème médiatique et institutionnel s’efforce d’étouffer.

L’émergence du CJP signale que la gestion à vue ne suffit plus : les crises se muent en une contestation structurée, portée par une génération qui a appris à survivre à tout — comme le cafard qu’on leur a jeté au visage. Les quinze millions d’abonnés Instagram ne sont peut-être pas une révolution. Mais ils sont la preuve que la société indienne, minée par les inégalités et le manque d’opportunités, a désormais trouvé un nom, un emblème et un volume qui ne peut plus être ignoré.

Si nous évoquons ici ce sujet c’est parce que la ressemblance entre la situation générale en Inde ressemble à plusieurs égards à celle qui prévaut en Tunisie, et notamment en ce qui concerne les horizons bouchés devant les jeunes qui n’ont qu’une seule idée en tête : partir le plus loin possible d’un pays où ils se sentent négligés et où même le rêve n’est plus permis.

I. B.      

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Le all inclusive accélère le déclin du tourisme tunisien

28. Mai 2026 um 08:06

D’après Walid Tritar, président de la Fédération interprofessionnelle du tourisme (Fi2t), le «all inclusive» n’est plus un choix mais plutôt une nécessité imposée par le marché ! Quel marché ? Dites, plutôt, imposé par les tours opérateurs étrangers qui poussent nos hôteliers à davantage de concessions. Ces derniers répondent à toutes les exigences des TO qu’ils justifient avec des arguments oiseux, tout en fermant les yeux sur le bradage des prix, le mal chronique dont souffre le tourisme tunisien !

Habib Glenza, à Lödz

On comprend maintenant pourquoi 177 hôtels ont été obligés de fermer en 2025, ce qui représente environ 60 000 lits (25% de la capacité d’hébergement) comme il a été révélé par le directeur général de l’ONTT Mohamed Mehdi Haloui. 

Ces fermetures sont dues à des difficultés financières, ce qui revient à dire que les hôteliers ne gagnent pas suffisamment d’argent et ne rentrent pas dans leurs frais… mais au lieu de changer de méthode, ils trouvent encore le moyen d’ajouter au séjour à bas prix, le all inclusive et le bradage des prix.

Laissons parler les chiffres 

    Le bilan de l’activité touristique est nettement en deçà des résultats de nos concurrents directes au sud de la Méditerranée : Maroc, Egypte et Turquie.

    Les recettes, en devises, de l’exercice touristique 2024/2025 :

    – Turquie : 65,2 milliards de dollars pour 62 millions de touristes ;

    – Egypte : 14 milliards de dollars pour 15,7 millions de touristes ;

    – Maroc :  14 milliards de dollars pour 19,8 millions de touristes ;

    – Tunisie : 2,5 milliards de dollars pour 11 millions de touristes.

    Une simple analyse des recettes rapportées au nombre de touristes hébergés, nous donne les résultats suivants :

    – Turquie : 1 500 dollars par touriste (environ 4 900 dinars) ;

    – Egypte : 892 dollars par touriste (environ 2 900 dinars) ;

    – Maroc : 710 dollars par touriste (environ 2 300 dinars) ;

    – Tunisie : 227 dollars par touriste (environ 740 dinars).

    Il résulte donc de l’analyse de ces chiffres que le touriste qui se rend en Turquie dépense 7 fois plus que celui qui visite la Tunisie, l touriste qui se rend en Egypte dépense 4 fois plus que celui qui visite la Tunisie et le touriste qui se rend au Maroc dépense 3 fois plus que celui qui visite la Tunisie. Et dire qu’il fut un temps, dans les années 1980 et 1990, où notre pays était leader en Afrique du Nord en termes d’entrées et de recettes ! C’était avant l’adoption de la panacée du all inclusive

    Monsieur Tritar, voilà à quoi nous mène votre politique, qui défend le all inclusive comme étant une nécessité et non un choix, vers davantage de difficultés financières pour l’ensemble du secteur touristique tunisien. N’oubliez jamais que des banques de développement touristiques ont fait faillite, dont la BNDT et la BDET, en raison des difficultés de remboursement des crédits accordés aux hôteliers !

    Continuez à justifier et à pratiquer le all inclusive et, peut-être, d’autres gratuités, et vous allez accélérer la mort du tourisme tunisien, qui est déjà moribond, en dépit des déclarations d’autosatisfaction des responsables du secteur qui ne trompent plus personne.

    Comment redresser un tourisme tunisien moribond ?

    Mes conseils de professionnel du secteur pour un redressement réel de la situation actuelle du notre tourisme avant qu’il ne coule :

    1 – relevez le taux annuel d’occupation qui se trouve sous la barre des 45% en recourant à des formules plus fructueuses que le all inclusive ;

    2 – améliorez les services rendus, en particulier dans les hôtels 4 et 5 étoiles ;

    3 – luttez contre le bradage des prix ;

    4 – choisissez sans plus tarder un programme de formation continue pertinente ;

    5 – mettez en œuvre un programme de formation de base, en particulier dans le secteur de la buanderie qui laisse beaucoup à désirer. 

    A propos de buanderie, ce sous-secteur ne bénéficie d’aucune attention ni de la part des hôteliers, ni de celle de l’ONTT (absence de formation à l’Iseth de Sidi Dhrif et aux Centre régionaux de formation relevant de l’ONTT).

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