Normale Ansicht

Énergie en Tunisie : 400 entreprises concentrent 70% de la consommation industrielle

11. August 2026 um 18:33

Alors que la Tunisie cherche à réduire sa dépendance énergétique, une grande partie des économies possibles se trouve dans seulement 400 entreprises. L’exemple d’une cimenterie ayant investi 40 millions de dinars pour économiser 15 millions par an montre l’importance du potentiel encore disponible.

Sur près de 5000 établissements industriels recensés en Tunisie, 400 grandes entreprises absorbent environ 70% de la consommation énergétique du secteur. Ces données ont été communiquées, mardi 11 août 2026 à la TAP, par Mohamed Ali Safi, directeur de l’efficacité énergétique dans le secteur industriel à l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME).

Ces grands consommateurs dépassent chacun 800 tonnes équivalent pétrole par an. Selon le responsable, les programmes d’audit énergétique obligatoire et de cogénération menés auprès des entreprises concernées ont permis de réduire leur facture énergétique d’environ 30% et leur consommation d’énergie primaire de 35%.

Cette concentration signifie qu’une action ciblée sur seulement 8% des établissements pourrait produire des effets importants à l’échelle de l’industrie. L’enjeu concerne à la fois la maîtrise de la demande nationale, les coûts de production et la compétitivité des entreprises.

Une cimenterie économise 15 millions de dinars par an

L’ANME cite notamment un projet de récupération de chaleur résiduelle réalisé dans une cimenterie tunisienne. L’investissement, estimé à 40 millions de dinars, a permis d’économiser environ 15 millions de dinars par an et de réduire de 30% la consommation électrique de l’usine.

Le montant investi aurait ainsi été récupéré en moins de deux ans. Les études techniques évaluent à 80 mégawatts le potentiel cumulé de projets comparables dans l’ensemble du secteur cimentier.

La récupération de chaleur consiste à capter l’énergie thermique dégagée par les procédés industriels afin de la convertir notamment en électricité.

Des garanties pour financer les projets

Une convention avec la Société tunisienne de garantie prévoit un mécanisme couvrant 75% du principal des crédits, moyennant une commission ne dépassant pas 2%. Le dispositif vise principalement les PME confrontées aux difficultés de financement et de mobilisation de fonds propres.

Les équipements d’efficacité énergétique peuvent également bénéficier d’une TVA réduite à 7% et de droits de douane ramenés à 10%.

L’échéance du carbone européen

La Tunisie développe parallèlement une feuille de route industrielle de décarbonation. Une aide du Fonds de transition énergétique peut couvrir 70% du coût des études de comptabilité et d’empreinte carbone, dans la limite de 70.000 dinars. La plateforme numérique « DecarboTech » permet aussi aux entreprises de réaliser une première autoévaluation.

Ces mesures doivent notamment aider les exportateurs à répondre aux exigences du mécanisme carbone européen, entré dans sa phase définitive le 1er janvier 2026. Le ciment, les engrais, le fer, l’acier et l’aluminium figurent parmi les secteurs concernés.

Lire aussi:

L’article Énergie en Tunisie : 400 entreprises concentrent 70% de la consommation industrielle est apparu en premier sur webdo.

Tunisie | Inquiétude dans le secteur du marbre et du granit

08. August 2026 um 10:22

Les entreprises tunisiennes du secteur du marbre et du granit redoutent des redressements fiscaux rétroactifs portant sur une période allant jusqu’à 10 ans et exigent des éclaircissements urgents de l’administration fiscale. Le différend ne porte pas sur l’instauration d’un nouvel impôt, mais sur les modalités d’application d’une taxe prévue de longue date par la législation et, surtout, sur la possibilité d’en exiger le paiement au titre d’exercices antérieurs.

Dans une lettre adressée le 3 août 2026 au directeur général des impôts et signée par le président de la chambre professionnelle, Taoufik Ben Saâd, les industriels ont signalé des contrôles fiscaux susceptibles d’entraîner des redressements couvrant jusqu’à dix années en arrière. Ce droit de consommation trouve son fondement juridique dans la loi tunisienne n° 88-62 du 2 juin 1988. Le texte stipule que les produits figurant dans le tableau annexé sont soumis à cette taxe, qu’ils soient importés ou fabriqués localement. La réglementation a été modifiée et complétée à plusieurs reprises par la suite. La question soulevée par les opérateurs concerne donc le périmètre des produits visés, l’assiette de calcul, le moment de l’imposition et, surtout, la réclamation de sommes relatives à des années durant lesquelles, selon la catégorie de produits, la taxe n’avait pas été concrètement appliquée aux ventes des producteurs.

Pour les entreprises, un redressement portant sur plusieurs exercices aurait un impact particulièrement lourd, dans la mesure où la taxe n’avait pas été répercutée sur les prix pratiqués auprès des clients.

Les sommes réclamées devraient donc être directement absorbées par les bilans des entreprises, auxquelles pourraient s’ajouter des charges supplémentaires liées aux pénalités et aux intérêts de retard.

Les industriels redoutent par ailleurs une hausse du prix du marbre local ainsi qu’une perte de compétitivité face aux matériaux alternatifs utilisés dans la construction et les revêtements.

Ce litige concerne une filière fortement implantée dans les régions intérieures du pays. Une étude récente de l’Office de développement du Nord-Ouest sur la filière du marbre à Siliana, fondée sur des données de l’Institut national de la statistique, indique qu’en 2024, les exportations de la catégorie de marbre analysée ont atteint environ 3,68 millions de kilogrammes, pour une valeur de 5,87 millions de dinars (1,77 million d’euros).

La même étude met en évidence, parmi les problèmes structurels du secteur, la complexité des procédures d’ouverture de carrières, les délais d’obtention des autorisations ainsi que la nécessité de renforcer la formation, la transformation industrielle et les capacités d’exportation. Pour les professionnels du marbre et du granit, la priorité est désormais d’obtenir une position claire de l’administration fiscale définissant les modalités et la période d’application du droit de consommation, afin d’éviter — selon eux — que l’incertitude fiscale ne compromette les investissements et la continuité de la production des entreprises.

I. B.

L’article Tunisie | Inquiétude dans le secteur du marbre et du granit est apparu en premier sur Kapitalis.

Production nationale en recul, dépendance énergétique en hausse : la vulnérabilité de la Tunisie s’aggrave

18. Juni 2026 um 16:33

Production nationale en recul, dépendance énergétique en hausse, déficit commercial qui se creuse et facture pétrolière toujours plus exposée aux tensions géopolitiques : les chiffres révélés par le ministère de l’Industrie confirment que la vulnérabilité énergétique de la Tunisie continue de s’aggraver. Le ministère vient de publier son rapport sur la conjoncture énergétique à fin...

L’article Production nationale en recul, dépendance énergétique en hausse : la vulnérabilité de la Tunisie s’aggrave est apparu en premier sur Business News.

❌