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Afrique : appel à intégrer le climat dans les politiques de prévention au travail

03. Juli 2026 um 10:59

Face à la multiplication des sécheresses, inondations et vagues de chaleur qui fragilisent le continent, le professeur béninois de médecine du travail, Dr Paul Ayelo, plaide pour une intégration urgente des enjeux climatiques dans les politiques de santé et sécurité au travail (SST) en Afrique. Il s’exprimait lors de la première édition du Forum africain des innovations en santé, sécurité et bien-être au travail (AFRISST), qui se tient à Ouagadougou au Burkina Faso les 2, 3 et 4 juillet.

D’emblée, le spécialiste de l’université d’Abomey-Calavi a remis en question la durabilité des modèles de prévention actuels, rapporte lefaso.net. « Je ne sais pas si la prévention est vraiment durable », a-t-il lancé, soulignant l’impérieuse nécessité de considérer le climat comme un déterminant majeur des risques professionnels. Pour lui, il n’est plus possible de concevoir un environnement de travail sain sans tenir compte des transformations profondes de l’écosystème.

Le Dr Ayelo a illustré son propos par des exemples concrets : stress hydrique menaçant les activités agro-pastorales, prolifération de maladies vectorielles (paludisme) liée à l’humidité, ou encore érosion côtière détruisant les  infrastructures et les zones habitées. Il a appelé à une évaluation rigoureuse des risques climatiques, à leur classement et à une planification stratégique de l’adaptation, en intégrant les notions de vulnérabilité, de résilience et de genre.

Toujours selon le site burkinabé, l’intervention du chercheur a suscité de vives réactions, à commencer par celle du Dr Sounkalo Djibo, consultant, qui a alerté sur la pénibilité de la chaleur en milieu industriel ; ou bien celle de la consultante Sylvie Rolande Zongo qui a lancé un cri du cœur sur la disparition d’espèces végétales utiles, plaidant pour une approche plus responsable des politiques de reboisement. De son côté, le Pr Cyriaque Paré, enseignant-chercheur à l’INSS, a mis en garde contre l’écart entre les discours et les actions concrètes des États africains.

In fine, le Dr Ayelo a insisté sur une idée-force : une prévention véritablement durable exige une refonte profonde des politiques publiques et privées. Dans un contexte africain particulièrement vulnérable, cette transformation est non seulement une exigence stratégique mais elle est aussi un impératif de survie.

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Yasmine Hammamet: l’ONAS dément un rejet d’eaux usées, un épisode qui rappelle les défis des villes côtières face aux pluies extrêmes

02. Juli 2026 um 09:12

Les images d’un écoulement observé sur la plage de Yasmine Hammamet, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont suscité de nombreuses interrogations sur une éventuelle pollution des eaux de baignade, en pleine saison estivale.

Face à la polémique, l’Office national de l’assainissement (ONAS) a tenu à clarifier l’origine de cet écoulement. Dans un communiqué publié par le ministère de l’Environnement, l’office affirme que les eaux visibles dans la vidéo ne proviennent pas du réseau d’assainissement, mais correspondent à des eaux pluviales évacuées par un exutoire naturel à la suite des récentes précipitations. Selon les vérifications effectuées par la direction régionale de l’ONAS à Nabeul, les installations d’assainissement desservant la zone touristique de Yasmine Hammamet fonctionnent normalement et aucune fuite ni défaillance n’a été constatée.

Au-delà de cette mise au point, l’épisode met en lumière une problématique à laquelle sont confrontées de nombreuses villes côtières. Lors de fortes pluies, les eaux de ruissellement peuvent entraîner vers la mer des sédiments, de la boue, des déchets ou des matières organiques, donnant parfois l’impression de rejets d’eaux usées alors qu’il s’agit de systèmes destinés à évacuer les eaux pluviales.

Dans son sixième rapport d’évaluation, le GIEC identifie le bassin méditerranéen comme une zone particulièrement vulnérable (“climate change hotspot”) aux impacts du changement climatique, avec une augmentation des risques de précipitations extrêmes et d’inondations soudaines, susceptibles de mettre sous pression les infrastructures urbaines.

La Tunisie, située sur le littoral méditerranéen, n’est d’ailleurs pas un cas isolé. En juin 2026, la commune française de Saint-Laurent-du-Var, près de Nice, a interdit temporairement la baignade sur plusieurs plages après de fortes pluies ayant provoqué un important ruissellement vers la mer. Quelques mois plus tôt, Antibes et Juan-les-Pins avaient également fermé plusieurs plages par mesure de précaution à la suite d’orages, le temps de réaliser des analyses de la qualité des eaux. En Italie, la ville balnéaire de Rimini a engagé depuis plusieurs années un vaste programme de modernisation de son réseau d’assainissement afin de limiter les débordements et les rejets vers le littoral lors des épisodes pluvieux.

Pour les destinations touristiques, ces situations dépassent la seule question technique. À l’heure des réseaux sociaux, une vidéo devenue virale peut rapidement alimenter les inquiétudes et affecter l’image d’une station balnéaire avant même que les autorités n’aient achevé leurs vérifications. Elles soulignent aussi l’importance d’investir dans des infrastructures adaptées aux phénomènes météorologiques extrêmes et de renforcer les dispositifs de surveillance de la qualité des eaux de baignade afin de préserver à la fois l’environnement et l’attractivité du littoral.

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