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Corruption à la CPG : Jusqu’à 12 ans de prison pour plus de 20 accusés

19. Juni 2026 um 11:54

La chambre pénale spécialisée dans les affaires de corruption financière auprès du tribunal de première instance de Tunis a rendu, ce vendredi 19 juin, son verdict dans une affaire liée à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG). Plus de vingt accusés ont été condamnés à des peines de prison allant de cinq à douze ans, assorties de sanctions financières.

Selon les informations rapportées par Mosaïque FM, les condamnations concernent notamment d’anciens responsables de la CPG, dont plusieurs anciens présidents-directeurs généraux de l’entreprise publique. Les prévenus étaient poursuivis pour exploitation de la fonction publique afin d’obtenir des avantages indus, préjudice causé à l’administration, violation de la réglementation en vigueur, participation à ces infractions ainsi que blanchiment d’argent.

Un dossier centré sur le transport du phosphate

Cette affaire s’inscrit dans le cadre d’enquêtes portant sur les conditions d’attribution et d’exécution de contrats liés au transport du phosphate entre 2013 et 2019. Les investigations ont visé plusieurs marchés conclus durant cette période ainsi que les relations entre certains responsables publics et des opérateurs privés du secteur.

Le dossier est devenu l’un des plus emblématiques des affaires de corruption ayant touché la filière phosphatière tunisienne, un secteur stratégique pour l’économie nationale et les exportations du pays.

Le rôle central de Lotfi Ali

Au cœur de ce dossier figure l’ancien député et homme d’affaires Lotfi Ali, ainsi que son frère Mouldi Ali. Selon les éléments de l’enquête, leurs sociétés de transport routier auraient bénéficié de contrats et d’avantages dans l’acheminement du phosphate entre 2013 et 2019, en lien avec plusieurs responsables de la CPG et de l’administration.

Les soupçons portent notamment sur des irrégularités dans l’attribution de marchés, des avantages indus et un recours controversé au transport routier, au détriment du transport ferroviaire, longtemps considéré comme l’option naturelle pour l’évacuation du phosphate.

L’affaire a pris une dimension nationale en raison des montants en jeu et de son impact sur la gouvernance d’une entreprise publique considérée comme l’un des piliers de l’économie tunisienne.

Le signalement de l’Observatoire Raqabah

Le dossier a également été nourri par les révélations de l’Observatoire Raqabah, qui avait déposé une plainte documentée en juillet 2024. L’organisation avait notamment pointé des soupçons de falsification de documents, de favoritisme et d’irrégularités autour d’un marché de transport portant sur 600.000 tonnes de phosphate depuis la mine de Meknassy.

Ce signalement avait contribué à remettre en lumière les conditions d’attribution de certains marchés liés à la CPG et à accélérer le traitement judiciaire d’un dossier devenu emblématique des soupçons de corruption dans le secteur du phosphate.

Les investigations qui ont suivi ont permis de rassembler de nouveaux éléments et d’élargir le périmètre des poursuites visant plusieurs responsables et opérateurs économiques.

Le précédent volet impliquant Slim Feriani

L’affaire examinée ce vendredi s’inscrit dans un dossier plus large ayant déjà donné lieu à plusieurs décisions judiciaires. En novembre 2025, l’ancien ministre de l’Industrie et des Mines Slim Feriani avait été condamné à quatre ans de prison dans un volet lié à la CPG.

Cette condamnation concernait notamment des soupçons d’irrégularités liés à des activités de transport du phosphate. D’autres prévenus, dont l’ancien député Lotfi Ali, avaient également été visés par des poursuites dans le cadre de cette affaire qui continue de connaître de nouveaux développements judiciaires.

Une affaire suivie depuis plusieurs années

Le verdict rendu ce vendredi constitue une nouvelle étape dans un dossier suivi de près depuis plusieurs années. Plusieurs volets judiciaires liés aux activités de la CPG et au transport du phosphate ont déjà donné lieu à des poursuites et à des condamnations au cours des derniers mois.

Avec cette décision, la justice poursuit son examen d’affaires liées à la gestion de la filière phosphatière, dans un contexte où les autorités affichent leur volonté de renforcer la lutte contre la corruption et de préserver les intérêts des entreprises publiques stratégiques.

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CPG-GCT: un plan à 2,7 milliards de dinars pour redynamiser la filière phosphatière

19. Juni 2026 um 09:18

Longtemps considéré comme l’un des principaux pourvoyeurs de devises du pays, le secteur tunisien des phosphates cherche aujourd’hui à renouer avec sa dynamique d’antan. Face à des difficultés qui se sont accumulées au fil des années, la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et le Groupe chimique tunisien (GCT) travaillent à une stratégie de relance dont l’ambition est de porter la production de phosphate commercial à 9,4 millions de tonnes à l’horizon 2035.

Présentée devant la Commission des finances et du budget du Conseil national des régions et des districts, cette vision s’appuie sur un programme d’investissement estimé à près de 2,7 milliards de dinars. L’objectif est non seulement d’augmenter les volumes produits, mais aussi de remettre à niveau l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’extraction à la transformation industrielle.

À court terme, la production devrait atteindre 4,5 millions de tonnes en 2026 avant de franchir le seuil des 5 millions de tonnes en 2028. Pour y parvenir, les responsables du secteur doivent toutefois composer avec plusieurs contraintes persistantes. Les difficultés de transport continuent notamment de ralentir l’acheminement du minerai, tandis que la raréfaction des ressources hydriques complique les opérations de lavage du phosphate. La piste du recours aux eaux usées traitées figure désormais parmi les solutions envisagées afin de réduire la pression sur les ressources conventionnelles.

Sur le plan industriel, le Groupe chimique tunisien est lui aussi confronté à une situation délicate. La baisse des approvisionnements en phosphate, conjuguée à une crise de liquidité, a affecté le fonctionnement de plusieurs unités de production. À cela s’ajoutent le vieillissement des équipements et la multiplication des pannes techniques, qui limitent les capacités de transformation et pèsent sur la compétitivité du groupe.

Pour redresser la situation, les dirigeants misent sur une série de mesures destinées à restaurer progressivement les équilibres financiers. L’ouverture de nouvelles lignes de financement, le rééchelonnement des dettes et l’accélération des exportations figurent parmi les priorités immédiates. L’amélioration du transport du phosphate, tant par route que par voie ferrée, constitue également un enjeu majeur pour fluidifier l’activité.

La relance industrielle passe aussi par plusieurs projets structurants. Parmi eux, le projet “Mdhilla 2” est considéré comme un levier essentiel pour renforcer les capacités de transformation et améliorer la situation financière du GCT. Les responsables évoquent également la nécessité d’accélérer les projets de valorisation du phosphogypse, un sous-produit du phosphate dont l’exploitation pourrait ouvrir de nouvelles perspectives économiques tout en répondant à certaines préoccupations environnementales.

Lors des débats, les membres de la Commission ont insisté sur l’importance d’engager rapidement les réformes nécessaires pour préserver une filière jugée stratégique pour l’économie nationale. Les questions liées à l’environnement, notamment dans la région de Gabès, à la modernisation des équipements ou encore à l’augmentation de la valeur ajoutée des produits phosphatés ont occupé une place centrale dans les échanges.

Au-delà des chiffres et des objectifs de production, l’enjeu est désormais de restaurer la confiance des partenaires financiers et industriels tout en donnant au secteur les moyens de retrouver sa place sur les marchés internationaux. La réussite de cette relance dépendra autant des investissements annoncés que de la capacité des différents acteurs à lever les blocages structurels qui freinent depuis plusieurs années le développement de la filière phosphatière tunisienne.

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Phosphates : Omar Bouzouada prend les commandes de la CPG et du GCT

02. Juni 2026 um 09:51

Les autorités ont procédé à un changement à la tête des deux principales entreprises publiques du secteur des phosphates. Omar Bouzouada a été nommé président-directeur général de la Compagnie des phosphates de Gafsa et du Groupe chimique tunisien, selon des décrets publiés au Journal officiel de la République tunisienne.

Un changement de gouvernance est intervenu au sein des deux principales entreprises publiques du secteur des phosphates en Tunisie. Selon le Journal officiel de la République tunisienne (JORT) du 1er juin 2026, Omar Bouzouada a été nommé président-directeur général de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et du Groupe chimique tunisien (GCT).

Cette nomination est prévue par le décret n°2026-79 du 1er juin 2026.

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Fin de fonctions pour les dirigeants sortants

Dans le même cadre, le décret n°2026-80 met fin aux fonctions d’Abdelkader Amaidi en qualité de directeur général de la Compagnie des phosphates de Gafsa.

Par ailleurs, le décret n°2026-81 du 1er juin 2026 met également fin aux fonctions de Hédi Youssef en tant que directeur général du Groupe chimique tunisien.

Un secteur stratégique pour l’économie tunisienne

La CPG et le GCT constituent les principaux acteurs de la filière phosphatière tunisienne, un secteur considéré comme stratégique pour l’économie nationale en raison de son poids dans les exportations et les recettes en devises.

La nomination d’un dirigeant unique à la tête des deux groupes intervient dans un contexte marqué par les enjeux liés à la production, à la transformation et à la valorisation du phosphate tunisien.

La Compagnie des phosphates de Gafsa fait face depuis plusieurs années à une baisse de sa production en raison de mouvements sociaux récurrents, de difficultés logistiques et d’un sous-investissement dans les infrastructures.

Le Groupe chimique tunisien, de son côté, est confronté à des coûts de production élevés, à des contraintes environnementales et à une perte de compétitivité qui affectent ses performances à l’exportation.

Qui est Omar Bouzouada ?

Omar Bouzouada est diplômé de l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Tunis (ENIT) en 1991 avec une spécialisation en Génie électrique. Il a directement intégré le ministère de l’Industrie en tant que Directeur des industries du cuir et de la chaussure, avant de mettre le cap sur les industries chimiques au sein de la Direction générale des industries manufacturières.

Il est ensuite nommé Directeur général de l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII) en 2019, axant principalement son travail sur les politiques de transition digitale, la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, et l’attractivité des Investissements Directs étrangers (IDE).

A la tête de la CPG et du GCT, Omar Bouzouada aura notamment pour mission principale d’accroître le rythme de production de phosphate à Gafsa et de moderniser les infrastructures de transformation chimique.

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CPG : Des députés dénoncent une crise « catastrophique »

03. April 2026 um 13:40

Des députés de la région de Gafsa tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Dans une correspondance adressée le 1er avril au président de la Commission de l’industrie, du commerce, des ressources naturelles, de l’énergie et de l’environnement, les élus Mohamed Ali, Mohamed Majdi, Nejib Akrimi et Nouri Jridi réclament la tenue urgente d’une séance d’audition consacrée à la situation de la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG).

Une « situation catastrophique », selon les termes employés par les signataires, qui rappellent que l’entreprise a longtemps constitué une véritable locomotive de l’économie nationale. Dans une déclaration médiatique, le député Mohamed Ali affirme avoir multiplié les mises en garde face à la dégradation continue du secteur, sans réponse structurelle à la hauteur des enjeux.

Une crise structurelle qui s’enlise

Le cas de la CPG ne relève plus d’une simple conjoncture défavorable. Depuis plus d’une décennie, la production de phosphate en Tunisie enregistre une chute significative par rapport aux niveaux d’avant 2011. Alors que le pays figurait parmi les principaux exportateurs mondiaux, la production oscille aujourd’hui à des niveaux bien inférieurs à son potentiel, souvent en deçà de 4 à 5 millions de tonnes annuelles, contre plus de 8 millions auparavant.

Plusieurs facteurs expliquent cette dégradation : mouvements sociaux récurrents dans le bassin minier, blocages logistiques, sous-investissement chronique, vieillissement des infrastructures et gouvernance jugée défaillante. À cela s’ajoutent des difficultés de transport vers les unités de transformation du Groupe Chimique Tunisien, aggravant les pertes sur toute la chaîne de valeur.

Un manque à gagner lourd pour l’État

La crise de la CPG pèse directement sur les équilibres macroéconomiques. Le phosphate et ses dérivés représentaient historiquement une source majeure de devises pour la Tunisie. Leur recul contribue à creuser le déficit commercial et à réduire les recettes publiques.

Lire aussi : Tunisie : 100 millions de dollars de prêts pour importer du gaz et moderniser le transport du phosphate

À l’échelle régionale, l’impact est tout aussi critique. Le bassin minier de Gafsa dépend largement de l’activité de la CPG, tant en termes d’emploi direct qu’indirect. La contraction de la production accentue les tensions sociales dans une zone déjà fragilisée par le chômage et le manque d’alternatives économiques.

Des propositions pour relancer la machine

Face à cette situation, les députés proposent une série de mesures visant à redresser la barre. Parmi les pistes évoquées : rétablir un climat social apaisé, moderniser les équipements, revoir les modes de gouvernance et, surtout, retrouver un rythme de production soutenu.

Ils évoquent également l’ouverture sur les marchés internationaux, y compris par des mécanismes d’importation complémentaires pour honorer les engagements commerciaux et préserver les parts de marché de la Tunisie.

Un enjeu national

Au-delà du débat parlementaire attendu, le dossier de la CPG reste un test pour la capacité des autorités à gérer une entreprise stratégique dans un contexte économique contraint. La relance du phosphate ne dépend pas uniquement de solutions techniques, mais d’une approche globale intégrant dialogue social, vision industrielle et stabilité politique.

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Phosphate : Des prêts sans impact réel, reconnaît la CPG

27. März 2026 um 14:46

Le directeur général de la Compagnie des phosphates de Gafsa, Abdelkader Amidi, a reconnu que plusieurs prêts contractés au cours des dernières années n’ont pas été traduits en réalisations tangibles sur le terrain.

Auditionné jeudi par la commission des finances et du budget à l’Assemblée des représentants du peuple, dans le cadre de l’examen d’un projet de loi relatif à un accord de financement destiné à moderniser les lignes ferroviaires de transport du phosphate, le responsable a dressé un constat préoccupant de la situation de l’entreprise.

Difficultés structurelles persistantes

Il a évoqué des difficultés structurelles persistantes, aussi bien au niveau de la production que du transport. Selon lui, l’absence d’un programme clair et intégré pour le renouvellement du parc de wagons dédiés au phosphate constitue un frein majeur. Cette défaillance impacte directement le rythme d’acheminement et engendre des perturbations logistiques récurrentes.

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Sur le plan de la production, Abdelkader Amidi a indiqué que le volume extrait a atteint environ 3,9 millions de tonnes en 2025. Toutefois, le manque d’investissement dans l’outil de production limite les capacités d’augmentation des cadences d’extraction et d’amélioration de la productivité.

Insuffisances du réseau de transport

Face aux insuffisances du réseau de transport, l’entreprise se voit parfois contrainte de recourir à des solutions privées pour acheminer le phosphate vers les unités de lavage. Une situation présentée comme transitoire, dans l’attente de l’achèvement du projet de la laverie d’Oum El Khcheb, dont la réalisation a connu des retards et des difficultés d’exécution.

Le directeur général a néanmoins assuré que les efforts se poursuivent pour lever les obstacles et accélérer la mise en œuvre de ce projet stratégique.

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