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Tunisie : Avec 17% de la population, les séniors sont-ils un levier de croissance ?

07. Juni 2026 um 07:00

Ils constituent un vivier pour le tissu économique. Qu’il s’agisse du soutien qu’ils peuvent apporter aux entreprises ou du marché qu’ils constituent, ils sont à même d’être d’une grande utilité. Le tout est d’investir des efforts afin d’en profiter.

« La Tunisie est confrontée à une transformation démographique majeure qui redéfinit progressivement les enjeux sociaux et sanitaires du pays. Selon les résultats du dernier recensement relayés par Radio France Internationale (RFI), les personnes âgées de plus de 60 ans représentent désormais 17 % de la population tunisienne. En l’espace d’une décennie, leur nombre a triplé, faisant de la Tunisie le pays africain où le rythme du vieillissement démographique est le plus rapide », écrivions-nous mardi 2 juin 2026 dans ce même site.

Lire aussi : La Tunisie fait exception en Afrique : le pays vieillit à un rythme record

Une information qui ne peut se passer de commentaires. Nous l’avions nous-mêmes fait. Ce vieillissement pose de nombreuses questions au pays qui se doit d’évoluer en fonction de cette réalité indéniable. Beaucoup évoquent, à ce sujet, les soucis de santé publique que cela pose. Mais aussi les besoins de financement des retraites. D’autant plus que l’emploi ne connaît pas la croissance espérée. Et que nombre de jeunes notamment parmi ceux ayant de hauts revenus prennent le large. Pour aller travailler à l’étranger. Sollicités qu’ils sont pour leur niveau de connaissances et de compétences.

Ne faut-il pas cependant voir les choses autrement ? Dans la mesure où les séniors – c’est ainsi que l’on appelle les personnes de plus de 60 ans – sont un trésor pour l’économie. Beaucoup sont en bonne santé et peuvent et aider le monde du travail et constituer un réservoir pour la consommation des biens et services.

La formule est à trouver

Côté aide aux activités économiques, l’expérience professionnelle, mais aussi le réseau de connaissances, pour ne citer que ces deux aspects, peuvent être utiles au tissu économique. Mais comment en profiter ? Les avis divergent ici au sujet d’un emploi rémunéré pour les séniors. Il faudra pourtant trouver une formule qui ne nuise pas aux uns et aux autres. Surtout en matière d’emplois des jeunes. Et considérer que cela peut aggraver le chômage et l’état des caisses sociales.

Faut-il s’orienter vers le statut de “travailleur“ et donc une patente ? Ou carrément opter pour un certain cumul retraite-emploi rémunéré ? La formule est à trouver, du moins pour ceux qui accepteraient de prolonger leur vie professionnelle au détriment d’un repos et du rituel café-mosquée. Ou encore voyage, excursion et randonnée.

L’autre débat qui se doit d’être initié : comment profiter de ce public de séniors pour développer des activités qui leur sont propres ? On regrette, à ce propos, que nombre de nos entrepreneurs ne réfléchissent pas en termes de “séniors“. Contrairement à de nombreux autres pays, il n’existe pas en Tunisie, par exemple, de restaurants pour diabétiques. Pourtant, 1,4 million de personnes adultes (dont évidemment des séniors) sont atteintes de diabète. Et allez demander un substitut de sucre ou édulcorant dans un café, un salon de thé ou encore un restaurant ! Or les séniors peuplent ces lieux.

Des opportunités

Ils ont souvent du temps libre et de l’argent à dépenser du fait qu’ils n’ont plus d’enfants à charge. Y a-t-il, comme on le voit sous d’autres cieux, des rayons pour séniors dans nos supermarchés ? Ou carrément des boutiques, des agences de voyages, des hôtels ou des espaces de loisirs dédiés ? Le marketing nous apprend l’importance des niches ; comprenez des petits segments très spécifiques d’un marché.

On voit du reste naître dans notre pays une certaine conscience de l’importance d’asseoir une économie des séniors. Rappelons, à ce titre, la tenue il y a une année, le 15 mai 2025, du premier forum Silver Économie en Tunisie. Une rencontre qui a montré que les séniors peuvent constituer des opportunités à divers niveaux. Et pas seulement comme beaucoup peuvent le penser. Au niveau du marché de la santé et de l’autonomie des personnes âgées. Mais aussi de l’habitat, des loisirs, du tourisme, des services à la personne, des médias,… le tout est d’investir dans cette niche.

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Flambée des tarifs des musées : la Fi2T dénonce une décision “extrêmement préjudiciable”

La Fédération Interprofessionnelle du Tourisme Tunisien (Fi2T) est montée au créneau après la publication, le 31 mars 2026 au Journal Officiel, d’une décision actant la révision des droits d’entrée aux sites culturels relevant de l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle.

C’est une annonce qui a provoqué « stupéfaction » et incompréhension au sein des professionnels du secteur. La hausse brutale des tarifs d’entrée aux musées et sites archéologiques en Tunisie, annoncée le 31 mars pour une application à compter du 1er avril, a provoqué l’ire des agences de voyages spécialisées dans l’organisation des excursions et circuits impliquant des visites culturelles et pour cause.

 À titre d’exemple, le tarif d’accès au Musée national du Bardo a été majoré de 130 % pour les visiteurs étrangers, tandis que d’autres sites ont enregistré des augmentations avoisinant les 70 %.

La méthode pointée du doigt

Dans un communiqué, la Fi2T reconnaît sans détour la légitimité d’une réévaluation tarifaire; elle rappelle indéniablement que « la valorisation de notre patrimoine doit s’accompagner d’une mise à jour des prix ». L’organisation patronale souligne que les tarifs tunisiens restaient, jusqu’ici, « modestes comparés à ceux pratiqués dans d’autres pays ».

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Sur les réseaux sociaux, des photos publiées montrant clairement que la hausse a également pris de court les musées et sites relevant du ministère de la Culture n’ayant même pas eu le temps d’imprimer les nouveaux tarifs.

Mais au-delà du principe, c’est la méthode qui a fait réagir. « Là où le bât blesse, c’est la promptitude de la décision, l’application immédiate, sans préavis ni concertation avec la profession », déplore la Fédération.

Les conséquences pourraient être lourdes pour les agences de voyage spécialisées dans le tourisme réceptif. Car selon la même source, « les effets qui en découlent sont extrêmement préjudiciables » et pourraient engendrer « des pertes estimées à plusieurs milliers de dinars pour l’année en cours » pour certaines structures.

Tarifs déjà négociés

En cause : les engagements contractuels liant les agences tunisiennes à leurs partenaires internationaux. Les forfaits touristiques étant négociés et signés à l’année, toute modification tarifaire en cours d’exercice ne peut être répercutée ni sur les tour-opérateurs étrangers ni sur les clients finaux.

Résultat : « pour l’année 2026, cette augmentation tarifaire ne sera pas prise en charge par le tour-opérateur étranger et encore moins par le client final (…), c’est l’agence de voyage tunisienne qui supportera toute cette charge impromptue », précise encore la Fi2T.

Une situation jugée d’autant plus paradoxale que le tourisme culturel constitue un levier stratégique pour la destination Tunisie. Dans un ton particulièrement ironique, la Fi2T conclut : « Belle manière d’encourager les opérateurs du tourisme culturel !!! Quel gâchis ».

Face à cette décision unilatérale, la profession appelle implicitement à une meilleure concertation entre les pouvoirs publics et les acteurs du secteur, afin d’éviter que des mesures de valorisation du patrimoine ne se traduisent, à court terme, par un affaiblissement de la chaîne touristique.

D.T

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11 millions de touristes en Tunisie en 2025 ? Ce que disent les chiffres et comment les interpréter

La Tunisie a officiellement franchi le cap symbolique des 11 millions d’entrées de non-résidents sur son territoire au cours de l’année 2025. Mais étaient-ce vraiment tous des touristes ?

Aux différents postes frontières, au cours de l’année 2025, ce sont 11 326 711 visiteurs non résidents qui ont été comptabilisés, en progression de 10,4% par rapport à 2024. Des chiffres (encore provisoires) mais bien évidemment indiscutables puisqu’ils se basent sur les données officielles de la police aux frontières. Autre fait marquant, ils sont en conformité avec les objectifs annoncés par l’administration du Tourisme en début d’exercice.

Mais la question réside dans la lecture que l’on voudra bien donner à ce chiffre global qui catégorise la totalité de ces entrants sous l’appellation «touristes» ?

La réponse est naturellement non puisqu’il inclut à la fois TRE, commerçants transfrontaliers, visiteurs d’un jour et même opportunistes circonstanciels.

Et en l’absence d’outils de mesure tels que le compte satellite du tourisme ou autre, on ne peut que se baser sur la nationalité des passeports des visiteurs qui reste pour le moment le seul référent, aux côtés des 29.370 millions de nuitées enregistrées.

Européens: une part de marché de 28%

Les visiteurs en provenance du continent européen ont été 3,2 millions à entrer en Tunisie au cours de l’année écoulée, en hausse de 7,3% par rapport à 2024. Et comme on se plait encore à utiliser l’année 2019 comme référence de la dernière bonne saison avant Covid, là aussi, la progression est indiscutable puisqu’elle est de près de 15%.

Par nationalités, l’écart entre le premier et le second marché est énorme, confirmant que l’hexagone demeure -et de très loin- le premier marché émetteur.

Les Anglais, surfant sur les nouvelles connectivités aériennes, voient leur nombre augmenter d’année en année.

Allemands, Tchèques, Belges et Scandinaves ont pour leur part enregistré des reculs dans leurs réalisations de l’année écoulée.

Top 20 des Européens en Tunisie:

1- Français: 1,143 million (+5,7%)

2- Anglais: 447 576 (+36,6%)

3- Polonais: 325 126 (-0,2%)

4- Allemands: 318 953 (-3,9%)

5- Italiens: 160 738 (+10,4%)

6- Tchèques: 127 677 (-8,9%)

7- Belges: 103 073 (-2%)

8- Roumains: 63 891 (+3,5%)

9- Portugais: 57 261 (+15,4%)

10-Suisses: 56 550 (+11%)

11- Serbes: 38 543 (+20,1%)

12- Russes: 35 460 (+150,9%)

13- Bulgares: 34 602 (+12,9%)

14- Slovaques: 34 228 (-3,1%)

15- Néerlandais: 33 353 (+3%)

16-Espagnols: 31 574 (-1,8%)

17-Ukrainiens: 28 589 (+13,2%)

18-Scandinaves: 23 596 (-6,2%)

19-Hongrois: 23 233 (+10%)

20- Autrichiens: 22 424 (+3,8%)

Tunisiens de l’étranger: une situation ambigüe

Les arrivées de TRE ont progressé de 5% par rapport à l’année 2025 à 1,4 million d’entrées. Si ce chiffre demeure à peu près au même niveau que 2019, c’est la part de marché qui interpelle puisqu’elle est passée durant cette période de 15 à 12,4%. Pour certains observateurs, il ne s’agit pas d’une baisse concrète mais tout simplement due à l’utilisation d’un deuxième passeport pour entrer dans le pays, ce qui crée un trouble dans l’analyse des chiffres.

Maghrébins: 56,8% de part de marché

Les arrivées de visiteurs en provenance des pays du Maghreb continuent de se situer en pôle position avec 6,4 millions d’entrées, soit exactement le double de tous les Européens réunis. L’Algérie arrive en tête avec un record cette année de plus de 4 millions de visiteurs, en hausse de 14,6% (grâce notamment à l’allocation touristique de 750 Euro octroyée par leur gouvernement), suivi par les Libyens qui ont été 2,1 millions, en hausse de plus de 10%.

A noter par ailleurs que 53 172 ressortissants marocains ont été recensés au cours de l’année et 29 841 Mauritaniens.

Moyen Orient: tout juste 64.000 visiteurs

Avec moins de 65.000 visiteurs, le tourisme en provenance du Moyen Orient reste marginal. Avec des réalisations encore très modestes, Saoudiens (14 237), Egyptiens (10 685) et Irakiens (10 505) forment le trio de tête par nationalités.

Long courrier et Afrique: combien étaient-ils ?

Il est surprenant de constater que malgré l’existence d’une ligne aérienne directe Tunis-Montréal, le nombre de Canadiens ayant visité la Tunisie, même s’il est en progression, est équivalent à celui des Américains.

Concernant le profil des visiteurs subsahariens, les chiffres officiels ne les publient pas dans le détail.

-Etats-uniens: 38 717 (+5%)

-Canadiens: 38 183 (+11,3%)

-Chinois: 27 797 (+19,2%)

-Subsahariens divers: 58 954 (+2,9%)

©Destination Tunisie

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