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Tunisie : La BERD relève la croissance à 2,4%, la facture énergétique bondit de 31,6%

24. September 2026 um 12:06

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) revoit à la hausse sa prévision de croissance pour la Tunisie en 2026, à 2,4%, contre une précédente estimation de 2,1%. L’institution table également sur une progression de 2,3% en 2027, portée notamment par l’amélioration de la production agricole. Mais cette amélioration intervient dans un contexte marqué par une forte hausse de la facture énergétique.

Une croissance soutenue par l’agriculture

Dans ses nouvelles Perspectives économiques régionales publiées jeudi 24 septembre, la BERD estime que l’économie tunisienne devrait bénéficier en 2026 d’une meilleure performance du secteur agricole.

Cette amélioration contribue à relever la prévision de croissance à 2,4%, avant un ralentissement à 2,3% en 2027. La BERD souligne toutefois que plusieurs branches industrielles restent confrontées à des difficultés, notamment les secteurs des produits chimiques et du textile.

La progression attendue reste ainsi dépendante de la capacité de plusieurs secteurs à consolider leur activité, alors que les performances économiques demeurent contrastées.

La facture énergétique augmente fortement

L’un des principaux points de vigilance relevés par la BERD concerne l’évolution des importations énergétiques.

Entre janvier et juillet 2026, la facture des importations énergétiques de la Tunisie a augmenté de 31,6%. Cette progression intervient alors que le pays reste fortement exposé aux variations des prix et des besoins d’importation d’énergie.

Pour les finances publiques, cette hausse constitue un facteur de pression supplémentaire. L’augmentation du coût des importations énergétiques peut notamment peser sur les équilibres budgétaires et extérieurs, en fonction de l’évolution des prix internationaux et de la consommation intérieure.

Un contraste entre activité et vulnérabilités

La nouvelle projection de la BERD dessine ainsi une situation à deux faces pour l’économie tunisienne. D’un côté, l’amélioration de la production agricole permet à l’institution de relever ses anticipations de croissance pour 2026. De l’autre, la progression de la facture énergétique rappelle la vulnérabilité du pays à ses besoins d’importation.

Cette évolution intervient alors que les performances de plusieurs activités industrielles restent plus faibles. La dynamique de croissance tunisienne demeure donc soutenue par certains secteurs, sans que les pressions pesant sur les comptes énergétiques et les finances publiques disparaissent.

La BERD prévoit pour l’ensemble de la région du Sud et de l’Est de la Méditerranée une croissance moins dynamique, sur fond de tensions régionales et de conditions économiques toujours incertaines.

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Pétrole à plus de 100 dollars : La Tunisie face à un nouveau risque énergétique

15. September 2026 um 11:53

Le retour du Brent au-dessus de 100 dollars intervient à un moment particulièrement sensible pour la Tunisie. Alors que les tensions au Moyen-Orient perturbent les perspectives d’approvisionnement, la facture énergétique tunisienne s’est déjà fortement alourdie en 2026.

Un marché pétrolier sous tension

Le Brent évoluait autour de 107 dollars le baril mardi 15 septembre, après de nouvelles attaques visant des infrastructures énergétiques saoudiennes et la mise hors service du pipeline Est-Ouest, une voie stratégique permettant à l’Arabie saoudite d’acheminer une partie de son pétrole sans passer par le détroit d’Ormuz. Selon Reuters, ces perturbations font peser un risque sur une partie significative de l’offre mondiale.

Pour la Tunisie, l’enjeu ne réside donc pas seulement dans la hausse ponctuelle du prix du brut. Si les perturbations devaient durer, le renchérissement du pétrole pourrait progressivement se transmettre à la facture d’importation, au transport et aux coûts de production.

Une facture énergétique déjà sous pression

Les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique montrent que la situation est déjà tendue. Durant les huit premiers mois de 2026, les importations tunisiennes de produits énergétiques ont augmenté de 28,5%. Le déficit de la balance énergétique a atteint 8,93 milliards de dinars, contre 7,15 milliards sur la même période de 2025.

L’énergie représente ainsi environ la moitié du déficit commercial tunisien, qui s’est établi à 17,85 milliards de dinars à fin août. Cette progression intervient alors même que les exportations ont augmenté de 8%, tandis que les importations globales ont progressé de 11,6%.

Autrement dit, une nouvelle flambée durable des hydrocarbures arriverait dans une balance extérieure déjà fragilisée.

Un écart important avec les prévisions budgétaires

Le risque concerne également les finances publiques. La Loi de finances 2026 a été construite sur une hypothèse de Brent à 63,3 dollars le baril, très loin des niveaux actuellement observés.

Cet écart ne signifie pas mécaniquement que le prix à la pompe augmentera dans les mêmes proportions. Il dépend notamment de la politique de compensation, du taux de change, des mécanismes de fixation des prix et de la durée du choc. Mais plus le pétrole reste élevé, plus la pression sur les subventions et sur les équilibres budgétaires devient importante.

Le risque est également inflationniste. L’inflation tunisienne a déjà atteint 5,4% en août 2026. Une hausse durable des carburants ou des coûts de transport pourrait alimenter indirectement les prix d’autres biens et services.

La Tunisie n’est donc pas seulement exposée au niveau du baril, mais surtout à la persistance du choc. Une poussée temporaire peut rester absorbable. En revanche, un pétrole durablement installé au-dessus de 100 dollars compliquerait davantage la facture énergétique, le déficit commercial et les finances publiques.

Dans un pays où le déficit énergétique atteint déjà près de 9 milliards de dinars en huit mois, une nouvelle envolée prolongée des cours constituerait ainsi un risque supplémentaire pour les équilibres économiques de 2026.

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S&P et Fitch maintiennent inchangée la notation de la Tunisie à «B-»

12. September 2026 um 13:10

S&P et Fitch maintiennent inchangée la notation de la Tunisie à « B- », tout en lui conservant une perspective «stable», le pays étant soutenu par les fonds des bailleurs de fonds et les prêts des banques centrales. Il est également importateur d’énergie et subit les répercussions de la guerre.

Le soutien à la notation provient de facteurs extérieurs à l’économie elle-même. La Tunisie a remboursé une obligation en euros de 700 millions d’euros en juillet grâce à des prêts de sa propre banque centrale. Le pays est par ailleurs importateur d’énergie et subit les conséquences de la guerre au Moyen-Orient : une facture énergétique alourdie par la fermeture du détroit d’Ormuz, ce qui creuse les déficits courants et fait grimper les dépenses de subvention à un rythme que le gouvernement ne parvient pas à compenser.

Selon Fitch, la guerre affecte la Tunisie par un canal unique : le prix des carburants importés. Le déficit budgétaire devrait se creuser pour atteindre 6,4 % du PIB cette année — contre une médiane de 3,3 % pour les États notés «B-» —, les subventions aux carburants représentant à elles seules 0,8 point de pourcentage de cette hausse. Fitch prévoit que le déficit s’aggraverait encore de 1,4 point de pourcentage si le cours du brut se maintenait à 87 dollars le baril jusqu’en 2028. Le déficit du compte courant s’élargit à 3,9 % du PIB avant de repasser sous la barre des 2,5 % en 2027-2028, sous l’hypothèse d’une baisse des prix du pétrole.

Concernant les sources de financement : la Tunisie a remboursé en juillet son euro-obligation de 700 millions d’euros grâce à des prêts de la Banque centrale ; le volume de ces prêts devrait atteindre 11 milliards de dinars en 2026, contre 7 milliards en 2024. Les sorties nettes de financement extérieur devraient refluer à 1,4 % du PIB, après avoir atteint un niveau record de 3,6 % en 2024, et les réserves couvriront 3,3 mois de paiements extérieurs cette année pour atteindre 3,7 mois d’ici 2028 — un niveau qui reste toutefois inférieur à la médiane de 4,1 mois observée pour la catégorie «B».

I. B.

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