Énergie et IA : les deux forces qui redéfinissent l’économie mondiale
Avant le coût d’envoi des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale en Thaïlande, à partir du lundi 12 octobre, la patronne du FMI a mis l’économie mondiale dans son contexte. Pour Kristalina Georgieva, l’économie mondiale est tirée dans deux directions opposées : un choc négatif sur l’offre d’énergie et un choc positif sur la demande lié à l’IA. L’impact combiné de ces deux forces est très inégal à travers les régions.
A quelques jours de la publication de la nouvelle version des « Perspectives de l’économie mondiale », les premières conclusions sont là. Les plus grands coups portés à la croissance en 2026 ont touché les économies ravagées par les conflits en cours. Un impact plus modeste sur la croissance est observé dans les pays dépendants des importations d’énergie et manquant d’espace budgétaire suffisant pour amortir les chocs. Mais nous verrons aussi une croissance plus élevée dans quelques zones, grâce à l’IA.
L’IA, nouveau moteur de croissance
L’IA est devenue un moteur clé de la croissance. L’investissement mondial en ces technologies rapporté au PIB dépassera probablement les montants investis dans les réseaux électriques ou de télécommunications. Pour le FMI, le matériel d’IA et les produits technologiques connexes représentent désormais plus de 10 % du commerce mondial de biens, et cette part augmente.
La croissance du commerce lié à l’IA est observée dans les économies intégrées à sa chaîne de valeur, comme les États-Unis, la Chine et l’Inde en tant qu’importateurs nets de matériel d’IA. Ces pays sont en train de construire l’infrastructure pour devenir des fournisseurs clés d’IA. Pourtant, si cela fait avancer ces économies, la majorité des autres se retrouvent à la marge, augmentant le risque du creusement des inégalités économiques à travers le monde.
L’énergie au cœur de la crise
L’IA accroît aussi la demande d’énergie, dont le coût ne cesse d’augmenter. Si l’on ajoute ceux des engrais, des aliments et des intrants industriels clés, la sécurité alimentaire est mise en péril. L’inflation est poussée à la hausse, la croissance à la baisse.
Le choc des prix de l’énergie a été important mais contenu grâce à l’efficacité énergétique, à la diversification des sources de combustible, aux libérations de réserves, à l’agilité des chaînes d’approvisionnement et à aux mécanismes organiques de l’offre et de la demande. Néanmoins, malgré une reprise fragile des flux sortant du Golfe, les prix du pétrole restent autour de 100 dollars le baril, reflétant les risques et les coûts de transport élevés.
En outre, l’approvisionnement en gaz naturel du Golfe reste perturbé. Les pressions sur les prix pourraient s’accentuer à mesure que les pays reconstituent leurs réserves et que la demande augmente avec l’approche de la saison froide dans l’hémisphère Nord.
Des prix de l’énergie plus élevés poussent à la hausse l’inflation, les taux directeurs et les courbes de rendement de référence. Après avoir fortement augmenté cette année, les rendements souverains à 10 ans des États-Unis, de l’Allemagne et du Japon sont aujourd’hui à leurs plus hauts niveaux depuis respectivement au moins deux décennies.
Les politiques budgétaires, urgence de redressement
Le troisième facteur majeur qui affecte l’économie mondiale aujourd’hui est celui des déficits budgétaires excessifs. La dette publique mondiale est proche de ses plus hauts niveaux depuis l’après-Seconde Guerre mondiale et devrait bientôt dépasser 100 % du PIB.
Pour de nombreuses économies de marché émergentes, les effets de la hausse des rendements de base sur les coûts de financement sont encore partiellement compensés, pour l’instant, par des primes de risque resserrés.
Pour les pays fortement endettés de la zone euro, la situation est plus difficile, les écarts de rendement par rapport aux Bunds allemands continuant de se creuser, non seulement pour la France et l’Italie, mais aussi pour l’Irlande, le Portugal et d’autres pays qui avaient réussi à réduire leur dette et leurs déficits après la crise de la zone euro.
L’IA entre dans ce mélange de deux manières. Premièrement, l’émission croissante d’obligations privées à long terme, par les sociétés opérant dans ce secteur, entre en concurrence pour l’épargne. Deuxièmement, une partie de la hausse des rendements de base pourrait refléter l’anticipation d’une croissance plus rapide à l’avenir. Masi est-ce qu’est faisable avec les problèmes budgétaires actuels ?
En rassemblant tout cela, le message du FMI qui sera adressé aux décideurs économiques du monde la semaine prochaine est simple : le monde ne peut pas continuer à retarder les mesures politiques nécessaires.
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