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Tunisie | L’ingénierie, un impératif de souveraineté nationale

06. April 2026 um 08:30

À l’heure où la Tunisie peaufine son plan de développement 2026-2030, le pays se trouve à la croisée des chemins. Entre une machine économique grippée par des déséquilibres macroéconomiques persistants et une pression asphyxiante sur les finances publiques, un levier stratégique semble encore tragiquement sous-estimé : la valorisation de nos ressources humaines, et plus particulièrement de nos ingénieurs, souvent tentés par l’émigration pour trouver de meilleures opportunités personnelles et professionnelles : une hémorragie de capital gris et un naufrage économique annoncé ?

Abdelwaheb Ben Moussa *

Le constat est brutal, presque insoutenable pour une nation qui mise sur l’innovation et la montée en gamme industrielle. Chaque année, la Tunisie diplôme environ 8 000 ingénieurs, mais en voit s’envoler entre 6 000 et 6 500 vers d’autres cieux.

Ce n’est plus de la mobilité professionnelle, c’est une véritable hémorragie. En 2022, ce chiffre a même atteint le pic alarmant de 6 500 départs, selon l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT).

Cette fuite massive ne vide pas seulement nos bureaux d’études ; elle érode les fondements mêmes de notre souveraineté nationale.

Comment prétendre à une autonomie technologique, à une transition énergétique réussie ou à une cybersécurité digne de ce nom quand nos cerveaux les plus brillants vont construire l’avenir des économies du Nord ?

Chaque départ est une subvention déguisée que la Tunisie, malgré ses difficultés, offre aux nations les plus riches, perdant ainsi le bénéfice de décennies d’investissement dans l’éducation publique.

Défi énergétique : l’ingénierie comme bouclier

L’un des enjeux majeurs du plan 2026-2030 réside dans notre capacité à briser la dépendance aux énergies fossiles importées, qui grèvent structurellement notre budget. La transition vers les énergies renouvelables et l’hydrogène vert n’est pas une option esthétique, c’est une nécessité de survie. Cependant, installer des panneaux photovoltaïques ou des éoliennes ne suffit pas à créer de la souveraineté si nous restons de simples importateurs de technologies et de maintenance.

Le véritable défi est d’ordre intellectuel : maîtriser le mix énergétique, optimiser les réseaux intelligents (Smart Grids) et concevoir des solutions de stockage adaptées à notre climat. Sans une armée d’ingénieurs spécialisés, nous passerons d’une dépendance au gaz étranger à une dépendance technologique étrangère. L’ingénierie tunisienne doit être le fer de lance de cette «indépendance énergétique 2.0», capable de transformer nos contraintes climatiques en avantages compétitifs.

Un écosystème qui rejette ses talents

Pourquoi nos talents partent-ils ? La réponse est connue, mais les remèdes tardent. Des perspectives salariales dérisoires face à une inflation galopante, des structures économiques sclérosées et un manque criant de projets stimulants à l’échelle nationale. L’environnement productif tunisien actuel semble incapable d’absorber cette matière grise, créant un cercle vicieux où le manque d’innovation décourage l’investissement, lequel finit par pousser les talents à l’exil.

Plus grave encore, la déconnexion entre le monde académique et le secteur productif reste une plaie ouverte. Les collaborations sont fragmentaires, et la recherche appliquée, parent pauvre des politiques publiques, peine à devenir ce moteur de croissance tant espéré. Nos ingénieurs se retrouvent souvent confinés à des rôles de maintenance ou de gestion de processus obsolètes, loin des frontières technologiques où se joue la compétition mondiale.

Rétention des compétences ou résistance souveraine ?

Pour le plan 2026-2030, il ne s’agit plus de saupoudrer quelques incitations fiscales. Il faut un changement de paradigme radical. La rétention des talents et l’établissement de conditions attractives doivent être érigés en piliers de la sécurité nationale. Sans une masse critique d’ingénieurs installés durablement sur le territoire, la Tunisie restera condamnée à la dépendance et à la sous-traitance à faible valeur ajoutée.

Les réformes doivent être systémiques et s’articuler autour de trois axes majeurs :

Soutien massif à l’innovation et à la R&D : il est impératif de multiplier les fonds de capital-risque dédiés aux projets industriels innovants. La propriété intellectuelle doit devenir un indicateur de performance national ;

Facilitation des investissements de rupture : le cadre législatif doit être assoupli pour permettre une intégration rapide de l’IA et de la Green-Tech dans le tissu industriel et financier ;

Refonte du lien université-entreprise : le passage à une économie de la connaissance exige que les universités deviennent de véritables laboratoires pour les entreprises, avec des doctorats industriels généralisés.

Façonner notre propre destin

L’intégration des ingénieurs dans les grands chantiers nationaux — de la gestion du stress hydrique à la modernisation des services financiers — doit être le cœur battant du prochain plan quinquennal. Il ne s’agit pas d’un débat corporatiste, mais d’une question de survie économique.

Si la Tunisie veut cesser d’être la pépinière gratuite du monde pour enfin redevenir un pôle de décision souverain, elle doit comprendre qu’investir massivement dans ses ingénieurs coûte infiniment moins cher que de subir leur absence. Car à force de former des talents pour les autres, nous finirons par n’être que les spectateurs de notre propre déclin, importateurs de solutions que nos propres enfants ont conçues ailleurs. Affirmer la place stratégique de l’ingénieur, c’est choisir, enfin, de piloter notre avenir plutôt que de le laisser s’exporter irrémédiablement.**

* Ingénieur en informatique, cadre d’une banque publique.

** Ce texte a été élaboré avec l’assistance d’un outil d’IA.

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Tunisie | Ouverture des concours d’entrée aux écoles d’ingénieurs

05. April 2026 um 10:46

Ouverture des concours nationaux d’entrée aux cycles de formation d’ingénieurs pour l’année universitaire 2026-2027. Au total, 3 238 places sont ouvertes, toutes spécialités confondues.

L’ouverture de ces concours ont été annoncée par un arrêté conjoint des ministres de l’Enseignement supérieur, de l’Agriculture et des Technologies de la communication, daté du 1er avril 2026 et publié au Jort du 3 avril.

Quatre concours sont prévus : Mathématiques-Physique (M-P), Physique-Chimie (P-C), Technologie (T) et Biologie-Géologie (B-G).

Les épreuves débuteront le lundi 1er juin 2026 et se poursuivront les jours suivants.

Les inscriptions se font exclusivement en ligne via la plateforme dédiée, avec une date limite fixée au 20 avril 2026.

Les étudiants inscrits dans une institution préparatoire publique pour l’année 2025-2026 devront obligatoirement passer les épreuves dans leur établissement.

Les autres candidats devront choisir deux centres d’examen lors de leur inscription, l’affectation finale relevant de la direction générale des études technologiques, selon les capacités d’accueil.

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L’Ordre des ingénieurs dénonce des pressions et des campagnes de dénigrement

19. Dezember 2025 um 12:34

L’Ordre des ingénieurs tunisiens alerte sur des pratiques jugées préoccupantes visant plusieurs professionnels à travers le pays. Il appelle à une meilleure protection morale et juridique des ingénieurs dans l’exercice de leurs fonctions.

Dans un communiqué publié ce vendredi, l’Ordre des ingénieurs tunisiens a exprimé sa vive inquiétude face à des situations de pression professionnelle, de diffamation et de mise en cause injustifiée touchant plusieurs ingénieurs dans différentes régions de la Tunisie.

Des situations jugées préoccupantes

L’Ordre indique avoir recensé des cas qualifiés d’alarmants dans plusieurs gouvernorats, où des ingénieurs se sont retrouvés confrontés à des interprétations erronées des faits ou à des tentatives de leur imputer des responsabilités qui ne correspondent ni à leurs missions techniques ni à leurs obligations légales. Ces pratiques, selon l’organisation, traduisent une méconnaissance des rôles réels des ingénieurs et des cadres juridiques encadrant leur activité.

L’Ordre des ingénieurs a fermement condamné toute forme de diffamation, de stigmatisation professionnelle ou de mise en cause sélective des responsabilités. Il a insisté sur la nécessité d’aborder les dossiers à caractère technique et scientifique avec rigueur, objectivité et compétence, en particulier dans le traitement médiatique de ces affaires.

Appel à une protection morale et juridique renforcée

Dans son communiqué, l’Ordre a appelé les autorités concernées à garantir une protection morale et juridique effective aux ingénieurs dans l’exercice de leurs fonctions.

Il a réaffirmé son engagement à défendre ses membres face à toute atteinte à leur réputation ou à toute pression jugée abusive, et à suivre de près les dossiers présentant des dérives professionnelles ou médiatiques.

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Tunisie : Plus de 45.000 ingénieurs ont quitté le pays, alerte le doyen de l’Ordre

08. Oktober 2025 um 10:35

Lors de la Journée de l’ingénieur célébrée à Zaghouan, le doyen de l’Ordre, Mohsen Gharssi, a dénoncé la dégradation des conditions matérielles et sociales des ingénieurs, révélant qu’un ingénieur sur trois a déjà quitté la Tunisie. Ce constat s’inscrit dans une tendance alarmante déjà observée depuis plusieurs années.

La fuite des compétences s’aggrave dans le secteur de l’ingénierie. Le doyen de l’Ordre des ingénieurs de Tunisie, Mohsen Gharssi, a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur du phénomène : plus de 45 000 ingénieurs tunisiens sur un total de 110 000 inscrits ont quitté le pays.

Selon lui, cette hémorragie résulte de la précarité professionnelle, de la stagnation salariale et du non-respect des engagements pris par les autorités envers la profession.

Supervisant, mardi à Zaghouan, la célébration de la Journée de l’ingénieur aux côtés du gouverneur Karim Barnaji, Gharssi a rappelé que l’accord conclu en février 2021 entre le gouvernement et l’Ordre — portant sur l’extension de la prime spécifique aux ingénieurs du secteur public — n’a toujours pas été appliqué.

Un phénomène ancien qui s’amplifie

Le constat dressé par Mohsen Gharssi confirme une tendance préoccupante déjà signalée plus tôt dans l’année. En mars 2025, l’ancien doyen Kamel Sahnoun déclarait devant la Commission parlementaire de l’éducation et de la recherche scientifique que sur 90 000 ingénieurs inscrits, 39 000 avaient déjà quitté le pays.

Le rythme était alors estimé à près de 20 départs par jour, un chiffre vertigineux qui traduisait déjà la gravité de la situation.

À l’époque, le coût de la formation des ingénieurs en Tunisie avait été évalué à 650 millions de dinars par an, un investissement colossal souvent perdu au profit d’autres pays. En octobre 2025, le nombre de départs dépasse désormais les 45 000, confirmant que la crise ne faiblit pas.

Les causes structurelles persistent

Les raisons évoquées restent les mêmes : faibles salaires, manque de perspectives, projets bloqués par la bureaucratie et absence d’un environnement propice à l’innovation. De nombreux ingénieurs, notamment dans les secteurs public et industriel, dénoncent la marginalisation de leur rôle et l’absence de politiques d’encouragement à la recherche et à l’entrepreneuriat technologique.

Mohsen Gharssi a rappelé que l’ingénieur tunisien reste un pilier du développement, mais que sans reconnaissance institutionnelle ni amélioration de ses conditions de vie, la fuite des talents continuera à priver le pays de ses meilleures compétences.

Placée sous le thème « L’ingénieur, levier du développement durable et de l’économie circulaire », la Journée de l’ingénieur a souligné l’importance de cette profession dans la transition écologique et industrielle du pays.

Une fuite des cerveaux coûteuse et alarmante

Selon les estimations, près d’un ingénieur sur deux formé en Tunisie exerce désormais à l’étranger. Le phénomène, déjà qualifié de drain de compétences par plusieurs organisations professionnelles, menace directement la compétitivité du pays dans les domaines de l’énergie, du numérique et de l’industrie.

Les spécialistes estiment que chaque départ représente non seulement une perte de compétences, mais aussi un manque à gagner pour l’économie nationale, affaiblie par le déséquilibre croissant entre formation et rétention des talents.

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45 ingénieurs tunisiens licenciés : le cas STRATIS Worldwide soulève des questions éthiques

30. September 2025 um 20:28

Le 22 septembre 2025, 45 ingénieurs tunisiens ont été licenciés par e-mail, sans préavis ni versement des salaires en retard. STRATIS Worldwide, filiale française installée à Sfax, reste injoignable, tandis que les victimes dénoncent un traitement brutal et soulèvent des questions sur l’éthique des pratiques en entreprise.

Le 22 septembre 2025 restera une date noire pour 45 ingénieurs tunisiens de Sfax. Ces professionnels ont appris, par un simple e-mail, que leur employeur, STRATIS Worldwide, filiale française récemment implantée dans la ville, mettait fin à leurs contrats. Aucun préavis, aucun versement des salaires impayés depuis août, et aucune explication accompagnant cette décision brutale.

Les victimes ont relayé leur désarroi sur les réseaux sociaux sous le hashtag #صرخة_من_صفاقس : “45 rêves se sont effondrés en une nuit… Nous avons donné notre temps, notre santé et notre engagement, et ce que nous avons récolté fut un abandon total.” Selon elles, leurs compétences ont été exploitées comme des « mains d’œuvre bon marché » et leurs droits fondamentaux bafoués.

Amin Khcharem, l’un des ingénieurs licenciés, est intervenu sur les ondes de Diwan FM pour détailler la situation : “Le lendemain du licenciement, l’entreprise a été fermée. Nos salaires n’ont pas été versés. Lors de la confrontation avec l’avocat de STRATIS et le bureau d’emploi de Sfax, l’avocat a déclaré qu’ils ne pouvaient rien faire contre STRATIS.” Ces propos renforcent le sentiment d’impunité et d’abandon auquel les salariés ont été confrontés.

À ce jour, STRATIS Worldwide reste injoignable, ce qui accentue les interrogations sur la responsabilité de la filiale française. L’affaire a été reprise par Diwan FM, donnant la parole aux victimes et exposant l’impact sur leurs familles.

Cette situation illustre un paradoxe pour la Tunisie : le pays cherche à attirer l’investissement étranger et à développer le secteur technologique, mais ses professionnels restent parfois vulnérables face à des pratiques jugées abusives. Elle soulève également la question de la responsabilité sociale des entreprises étrangères et de la protection juridique des salariés locaux.

Les ingénieurs appellent désormais à la mobilisation des médias, des organisations de défense des droits et des autorités tunisiennes pour obtenir justice et garantir le respect de leurs droits.

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