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Le Canada se rebiffe contre le « grand frère » du Sud

26. Januar 2026 um 12:28

C’est une première dans la longue histoire du forum des riches à Davos. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, sort des rangs et reçoit une longue ovation debout après son discours qui a eu l’effet d’un coup de tonnerre. Une bombe lancée dans une Assemblée où les participants et les orateurs ont toujours eu pour principes de nourrir les illusions, entretenir les fictions et ne jamais appeler un chat un chat.

Dans son discours, largement commenté et diversement apprécié, il a donné un coup de pied dans la fourmilière en dénonçant « la fiction confortable d’un ordre international basé sur des règles ». Il n’a mentionné nommément ni les Etats-Unis ni Donald Trump, mais tout le monde sait que ce sont eux que le Premier ministre canadien visait.

Il les visait en mettant en garde contre « des puissances qui utilisent les droits de douane comme levier, les infrastructures financières comme instruments de coercition et les chaînes d’approvisionnement comme des vulnérabilités à exploiter ».

Mark Carney n’est pas le premier à faire le diagnostic de « la fin d’un monde basé sur des règles ». Mais il est le premier à appeler « les puissances moyennes », c’est-à-dire les pays européens, le Japon, la Corée entre autres, à s’unir et à rejeter la coercition. Car, explique-t-il, « quand les règles ne vous protègent plus, il faut vous protéger vous-mêmes ».

Il va sans dire que Donald Trump s’est senti visé, et avant même de quitter Davos, il a lancé une mise en garde au Premier ministre canadien en ces termes : « Le Canada vit grâce aux Etats-Unis. Souvenez-vous-en Mark, la prochaine fois que vous ferez vos déclarations. »

Le discours de Mark Carney traduit avant tout « un ras-le-bol » de la majorité des citoyens canadiens des menaces répétées de Donald Trump de faire de leur pays le 51e Etat, d’imposer arbitrairement des tarifs douaniers élevés pour leurs produits exportés, d’appeler leurs Premiers ministres « Gouverneurs », etc.

Les Canadiens sont même inquiets que l’imprévisible président américain ne les surprenne par une invasion subite de leur pays. Un article publié le 21 janvier par le journal canadien de référence, The Globe and Mail, a rassuré (ou inquiété encore plus ?) ses lecteurs en les informant des « préparatifs militaires » qu’est en train d’entreprendre le Canada pour se défendre contre une éventuelle invasion qu’engagerait son puissant voisin du sud.

En fait, dans son discours de Davos, le Premier ministre canadien ne semble inquiet que des conséquences économiques sur son pays du comportement erratique du président américain. L’histoire et la géographie ont fait que les Etats-Unis et le Canada entretiennent des relations économiques très étroites, mais pas au point que celui-ci « vive grâce » à ceux-là, comme tente de le faire croire la réaction coléreuse de Trump.

Mais, plus que le discours de Mark Carney à Davos, ce qui devrait rendre le président américain plus furieux encore, ce sont les sages décisions prises par le Canada de diversifier ses liens économiques en s’ouvrant sur le Brésil, le Mexique et, surtout, sur la Chine. Un pas qui s’apparente à la volonté du Premier ministre canadien d’affranchir son pays de « la coercition » et de le protéger en « l’absence de règles internationales protectrices ».

Le changement le plus spectaculaire concerne la nouvelle attitude du Canada envers la Chine. Il faut rappeler ici que lorsque l’ancien président Joe Biden a imposé un tarif de 100 % sur les véhicules électriques chinois, le Canada a suivi « le grand frère » en imposant le même tarif sur le même produit…

Le nouvel accord sino-canadien que viennent de signer Mak Carney et Xi Jinping permet l’entrée de 50 000 véhicules électriques chinois au tarif douanier de seulement 6,1 %. De même qu’il libère les produits agricoles canadiens du « chantage américain », ouvre le marché canadien aux panneaux solaires et aux turbines éoliennes made in China. En un mot, un pied de nez spectaculaire au « grand frère du sud », à côté duquel, autres temps autres mœurs, le Canada était dans pratiquement toutes ses guerres d’agression…

Reste à savoir si « les puissances moyennes », auxquelles s’adressait Mark Carney à Davos, auront la même audace que lui et suivront ses conseils de « se protéger elles-mêmes en l’absence de règles internationales protectrices » ?

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Les fauteurs de guerre en charge du « Conseil de la paix » à Gaza !

19. Januar 2026 um 17:35

Donald Trump en fait une des principales réalisations de sa première année à la Maison Blanche : le 16 janvier, il a dévoilé la structure et la composition du « Conseil de la paix », l’organe chargé de superviser la reconstruction et la gouvernance de Gaza.

Les principaux membres de ce conseil sont l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, le gendre de Trump, Jared Kushner, le secrétaire d’État américain Marco Rubio, le promoteur immobilier Steve Witkoff, le dirigeant de fonds d’investissement Marc Rowan et quelques autres.

Les défenseurs de ce Conseil le présentent comme « une solution transitoire pragmatique ». Les critiques y voient « une administration coloniale » et déplorent le fait qu’un tel Conseil soit mis en place et géré par« la puissance qui a soutenu la guerre et financé la destruction de l’enclave palestinienne ».

Les Palestiniens et tous ceux qui soutiennent leur cause à travers le monde se posent la même question : suivant quelle logique les co-responsables de la dévastation de Gaza devraient-ils superviser sa reconstruction ?

On ne peut pas dire que les personnages qui composent ce Conseil aient la compétence politique et technique pour faire face au désastre gigantesque qu’est devenu la bande de Gaza. Pire encore, ils sont loin d’être neutres, comme ils l’ont prouvé tout au long de la guerre, en s’alignant derrière les génocidaires israéliens contre les victimes palestiniennes. Qu’on en juge.

Jared Kushner fait partie de ce Conseil pour une seule et simple raison : il est le mari de la fille de Donald Trump. De son implication dans l’imbroglio moyen-oriental, il ne cherche que deux choses : faire des affaires et accroître sa fortune d’une part, et servir scrupuleusement les intérêts d’Israël d’autre part. Il est derrière les moribonds « accords d’Abraham », et a joué un grand rôle dans le déplacement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Concernant Gaza, il a tout fait pour que les habitants palestiniens de l’enclave soient déplacés ailleurs pour en faire, lui et son beau-père, une « riviera »…

 

Lire aussi: Les Accords d’Abraham au cœur de la visite d’Al-Charaa à Washington

 

Steve Witkoff, un milliardaire new yorkais, a fait fortune dans l’immobilier. Bien qu’il soit sans la moindre expérience politique ou diplomatique, son ami Donald Trump lui a confié des missions dans des crises complexes au Moyen-Orient et en Ukraine dont il ignore tout de leurs complexités.

A ceux qui s’étonnent de le voir si actif dans des domaines qui ne sont pas les siens, il a répondu qu’il est… « en train de lire des livres et de regarder des documentaires sur le sujet ».

Le secrétaire d’Etat Marco Rubio est un néoconservateur et un défenseur zélé d’Israël, comme tous les politiciens américains dont les campagnes électorales sont financées par les milliardaires pro-israéliens et les lobbies sionistes aux Etats-Unis. Lors d’une visite à Jérusalem en 2025, il a refusé toute discussion sur un cessez-le-feu avant « l’anéantissement total de Hamas ». Il a même averti les alliés européens que « la reconnaissance d’un État palestinien compromettrait les chances de paix ».

Mais le personnage le plus problématique de ce Conseil est incontestablement l’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair. Le rôle de premier plan qu’il joua dans l’invasion de l’Irak en 2003, a fait de lui un criminel de guerre méprisé par une large partie de la population britannique et abhorré à travers le monde.

Les millions de morts et de blessés et les dizaines de millions de déplacés, dont il partage la responsabilité avec Georges W. Bush, ne semblent pas le perturber outre mesure. Aurait-il eu un brin de décence et un soupçon de remords, il se serait fait oublier dans un coin reculé de Grande Bretagne où il méditerait sur ses grands crimes. Mais sa voracité, sa cupidité et son désir pathologique de s’enrichir encore plus l’empêchent de disparaitre de la scène, bien qu’il ne puisse ignorer le mépris que lui témoignent les millions à travers la planète.

Mais le monde étant ce qu’il est, pourquoi s’étonner qu’un criminel de guerre soit chargé de gérer la terrifiante situation résultant d’une guerre génocidaire ?

Pourquoi s’étonner que le « Conseil de la Paix »soit composé d’individus dont le passé inclut le déclenchement de guerres, le profit tiré de l’instabilité régionale et la défense des objectifs militaires d’Israël ?

Pourquoi s’étonner enfin que ceux qui ont joué un rôle clé dans l’invasion de l’Irak, œuvrer pour un nettoyage ethnique à Gaza et appelé à l’éradication de toute résistance palestinienne se présentent aujourd’hui comme des artisans de la paix ?

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