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Disparition de Kamel Labidi, artisan de la réforme des médias tunisiens après 2011

17. Januar 2026 um 11:38

Le Syndicat national des journalistes tunisiens a annoncé samedi 17 janvier 2026 le décès du journaliste et militant des droits humains Kamel Labidi, figure majeure de la défense de la liberté de la presse et des droits de l’homme en Tunisie.

Kamel Labidi s’est éteint après une carrière professionnelle et militante marquée par son engagement indéfectible pour la liberté d’expression et l’indépendance des médias. Le défunt était titulaire d’une maîtrise en journalisme obtenue en 1975 à l’Institut de presse et des sciences de l’information, d’une maîtrise en littérature anglaise de la faculté des lettres et sciences humaines de Tunis en 1976, ainsi que d’un diplôme d’études approfondies en sciences de la communication de l’université Paris II.

Sa carrière journalistique a débuté en 1975 à l’Agence Tunis Afrique Presse ( TAP) , où il a connu de premières difficultés en raison de ses positions professionnelles. Il a été licencié entre 1978 et 1981 pour avoir refusé de participer à la campagne médiatique officielle contre l’Union générale tunisienne du travail, avant d’être définitivement écarté en 1994 en raison de ses prises de position indépendantes. Cette éviction s’est accompagnée d’une interdiction de collaborer avec plusieurs médias étrangers.

Son engagement pour les droits humains l’a conduit à diriger la section tunisienne d’Amnesty International entre 1995 et 1996. Il a ensuite poursuivi ses activités au niveau régional et international, occupant notamment les postes de coordinateur du programme d’éducation aux droits de l’homme au bureau régional d’Amnesty International à Beyrouth, de conseiller pour le réseau international d’échange d’informations sur la liberté d’expression, et de représentant puis conseiller du Comité pour la protection des journalistes pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Après la révolution du 14 janvier 2011, Kamel Labidi a été nommé président de l’Instance nationale de réforme de l’information et de la communication. Cette institution a publié un rapport de référence contenant une série de réformes fondamentales pour le secteur des médias. Il a également fondé par la suite l’organisation Vigilance pour les libertés.

Le défunt comptait parmi les voix les plus éminentes dans la défense de la liberté de la presse, d’expression et de la parole libre en Tunisie. Il a consacré sa vie professionnelle et militante à la lutte contre la censure et les restrictions imposées aux journalistes, à la défense de l’indépendance des médias et à l’établissement d’un journalisme responsable et professionnel fondé sur le droit d’accès à l’information et le respect de la déontologie. Il était convaincu que la liberté d’expression constitue un pilier fondamental de tout processus démocratique.

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Décès de Kamel Labidi, grand défenseur de la liberté de presse en Tunisie

17. Januar 2026 um 10:44

Kamel Labidi, journaliste et militant de la liberté de la presse et des droits humains en Tunisie et dans le monde arabe, est décédé ce samedi 17 janvier 2026.

Ancien journaliste à l’Agence Tunis Afrique Presse (Tap) qui a eût maille à partir, dans les années 1990, avec l’ancien président Ben Ali, suite à ses articles sur la dérive autoritaire du régime, notamment dans Le Monde diplomatique, Kamel Labidi s’est exilé et a travaillé avec de nombreux médias internationaux et organisations de défense de la liberté de la presse, notamment le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et l’International Freedom of Expression Exchange (Ifex).

Au lendemain de la révolution du 14 janvier 2011, dont on vient de célébrer le 15e anniversaire, c’est tout naturellement que l’enfant de Bouhjar a été nommé à la tête de l’Instance nationale pour la réforme de l’information et de la communication (Inric), qui mit en place le cadre réglementaire et institutionnel pour garantir la liberté, l’indépendance et l’intégrité des médias en Tunisie. L’Inric a notamment fait promulguer les décrets-lois 115 et 116 de 2011 et créer la Haute autorité indépendante pour la communication audio-visuel (Haica).

Ce dispositif a malheureusement été combattu par les lobbys politiques et d’intérêt avant d’être pratiquement enterré par le régime mis en place par le président Kaïs Saïed au lendemain de la proclamation de l’état d’exception le 25 juillet 2021.

Kamel Labidi, journaliste réputé pour son intégrité, son indépendance et sa grande humilité, était écœuré, ces dernières années, par la détérioration rapide de la situation des journalistes, de la presse et des médias en général en Tunisie et dans le monde arabe.

Il sera inhumé dans quelques jours au cimetière de son village natal à Bouhjar (Monastir). La date sera précisée ultérieurement.

Ridha Kéfi, le directeur de Kapitalis, qui avait connu le défunt et l’a côtoyé de près, témoigne : «J’avais beaucoup d’admiration pour la droiture morale, la rigueur intellectuelle et la rectitude politique de Kamel Labidi, qui était très attaché à son indépendance d’esprit. Aussi lorsqu’il m’a appelé pour le rejoindre au sein l’Inric, je n’ai pas hésité un seul instant. Et c’est ainsi que, pendant trois ans, contre vents et marées, et malgré les fortes résistances et même les attaques frontales dont nous étions alors les cibles, et souvent de la part de nos collègues journalistes, nous avions réussi à mettre en place un cadre réglementaire et institutionnel qui garantissait les conditions d’un exercice libre et responsable de l’information et de la communication en Tunisie. Malheureusement, tout cela a été perdu et la politique a réussi à reprendre la main et à détruire un secteur aujourd’hui sinistré et dans un bien pire état qu’il était dans les derniers jours du règne de Ben Ali. Ce sont ces regrets que Kamel  emportera avec lui dans sa tombe, et la moindre des reconnaissances qu’on lui doit, c’est de sauver son héritage et de réhabiliter la réforme de l’information dont il avait fait le combat de toute sa vie».

I. B.

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