Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Ältere BeiträgeLeconomiste Maghrebin

Écart d’inflation avec l’Europe : la compétitivité tunisienne en danger

22. Mai 2026 um 14:00

Entre 6 % et 7 % d’inflation projetée d’ici la fin de l’année 2026 : c’est la fourchette qu’anticipe l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE)  dans sa note Reprise économique en période d’incertitude pour la Tunisie. La guerre en Iran réveille un spectre que les Tunisiens croyaient derrière eux, avec des prix du pétrole qui ont retrouvé les niveaux de 2022. Le bouclier des subventions étatiques tient encore, mais jusqu’à quand ?

En 2022, la guerre en Ukraine avait provoqué une flambée inflationniste mondiale. En Tunisie, les prix avaient grimpé à plus de 10 %. Tandis qu’en Europe l’inflation progressait d’environ six points au-dessus de son niveau habituel.

Quatre ans plus tard, le scénario se reproduit avec une étrange familiarité : le prix du baril de pétrole est remonté à 100 dollars, exactement au niveau de 2022. La perturbation des routes maritimes via le détroit d’Ormuz renchérit les coûts de transport et d’assurance. Et les céréales, dont les prix suivent partiellement l’évolution du pétrole à travers le coût des engrais azotés à base de gaz naturel, commencent elles aussi à se renchérir.

La bonne nouvelle, selon l’IACE, est que le choc devrait rester plus modéré qu’en 2022. L’Europe a développé entretemps une meilleure gestion de ses ressources énergétiques et accéléré le développement des renouvelables. Ce qui amortit partiellement le choc. Néanmoins, l’inflation européenne est déjà remonté à 2,8 % en mars 2026. Soit environ un point au-dessus des prévisions initiales, illustrant la contagion inévitable du choc iranien.

Un écart structurel qui inquiète

En 2024 et 2025, l’inflation avait reflué à 2,3 % dans l’Union européenne et à 5,3 % en Tunisie. Cet écart d’environ trois points n’est pas conjoncturel : il reflète des fragilités structurelles de l’économie tunisienne. L’IACE pointe une demande qui progresse plus vite que l’offre, notamment sous l’effet de la commande publique, et les imperfections de certains marchés dominés par des situations d’oligopole, comme dans les secteurs laitier ou sidérurgique. Ces acteurs en position dominante captent les hausses de prix sans répercuter les baisses. Ce qui entretient une inflation endémique que les chocs externes ne font qu’amplifier.

Cet écart structurel entre l’inflation tunisienne et européenne constitue par ailleurs un problème de compétitivité : si les prix augmentent plus vite en Tunisie que chez ses partenaires commerciaux, les exportateurs tunisiens voient leur avantage de coût progressivement s’éroder.

L’État comme dernier rempart, mais pour combien de temps ?

Pour l’instant, l’intervention de l’État via les mécanismes de subvention et le blocage des prix de certains produits maintient l’inflation à un niveau contenu, autour de 5 % au début de l’année. L’IACE estime que ces mesures permettront de plafonner l’inflation dans une fourchette comprise entre 6 % et 7 % d’ici la fin de l’année, sur la base d’un prix moyen du pétrole à 100 dollars le baril. Mais le rapport avertit que les effets complets de la crise iranienne ne se feront pleinement sentir que vers la fin de l’année 2026, lorsque les contrats d’approvisionnement en cours d’exécution arriveront à expiration et que les nouveaux niveaux de prix internationaux s’imposeront pleinement aux importateurs tunisiens. Le second semestre 2026 est la période à surveiller.

L’article Écart d’inflation avec l’Europe : la compétitivité tunisienne en danger est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

La Commission européenne abaisse ses prévisions de croissance pour 2026

22. Mai 2026 um 13:22

La Commission européenne a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026, pour cause de crise persistante autour du détroit d’Ormuz et de la flambée des prix de l’énergie. Bruxelles a annoncé que l’économie de l’Union européenne ne devrait progresser que de 1,1 % en 2026; contre 1,4 % anticipé lors des prévisions d’automne.

Selon la Commission, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, avec les perturbations du trafic énergétique dans le détroit d’Ormuz, ont profondément modifié les perspectives économiques du continent. Cette voie maritime stratégique demeure essentielle pour l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel. Ce qui expose directement l’Europe aux secousses énergétiques internationales.

La hausse des prix du pétrole alimente désormais une nouvelle poussée inflationniste. Bruxelles prévoit une inflation qui pourrait atteindre 3 % en 2026, bien au-dessus des estimations précédentes. Cette situation risque de compliquer davantage la tâche de la Banque centrale européenne (BCE), déjà confrontée à un ralentissement de l’activité économique et à une érosion du pouvoir d’achat des ménages.

Les derniers indicateurs économiques confirment cette dégradation. L’indice PMI de la zone euro, qui mesure l’activité des entreprises, est tombé à son niveau le plus faible depuis plus de deux ans et demi. Le secteur des services apparaît particulièrement touché par la hausse du coût de la vie et l’augmentation des dépenses énergétiques.

L’Europe traverse ainsi une nouvelle phase d’incertitude économique après les séquelles de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine. Plusieurs États membres, notamment la France, l’Italie et l’Allemagne, voient leurs perspectives de croissance revues à la baisse. Tandis que les déficits publics devraient continuer de se creuser.

Dans ce contexte, la Commission européenne appelle les gouvernements à privilégier des mesures de soutien ciblées plutôt qu’une relance budgétaire massive. Elle estime toutefois que les 27 sont mieux préparés qu’en 2022 pour affronter un choc énergétique. Et ce, grâce à la diversification progressive de leurs sources d’approvisionnement et à l’accélération des politiques de transition énergétique.

L’article La Commission européenne abaisse ses prévisions de croissance pour 2026 est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

❌
❌