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 Aziz Mebarek | «Le private equity en Afrique est loin de la maturité »  

24. Mai 2026 um 12:29

AfricInvest, fondé en 1994 par les Tunisiens Aziz Mebarek et Ziad Oueslati, pionniers du private equity africain, gère aujourd’hui 22 fonds, compte 170 investissements dans 25 pays africains et pèse plus de 2 milliards de dollars d’actifs.

Dans un entretien avec l’Agence Ecofin, réalisé en marge de la conférence annuelle de l’African Private Equity and Venture Capital Association (Avca), dont il est cofondateur, Aziz Mebarek, ingénieur des ponts et chaussées qui a contribué à structurer toute une classe d’actifs sur le continent, pose un diagnostic sans complaisance : 30 ans après la création de l’industrie, les capitaux privés déployés en Afrique restent à 5 milliards de dollars, contre 125 milliards en Europe et au Royaume-Uni pour une population plus de deux fois supérieure. «Cela part de zéro. Ce n’est pas mal, mais cela reste très insuffisant au regard du potentiel du continent et de ce qui se fait ailleurs», explique-t-il, ajoutant que l’écart est l’ordre de grandeur de l’effort à accomplir.

«Nous sommes loin de la maturité, et loin d’avoir réduit la dépendance vis-à-vis des investisseurs historiques. Pour moi, l’élan sera pris quand plus de 50 % des capitaux levés viendront de l’épargne africaine. Il faudra plusieurs années, plusieurs décennies pour y arriver. Mais une prise de conscience s’installe sur la nécessité de regarder cette classe d’actifs depuis le continent», explique encore Aziz Mebarek.

I. B.

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Un salon africain dédié aux services à forte valeur ajoutée

20. Mai 2026 um 14:10

Le Tunisia Africa Business Council (TABC) et le Tunisia Consortium for African Development (Tucad) annoncent officiellement le lancement du salon African Technology & Expertise Expo (Atex), qui se tiendra les 6, 7 et 8 avril 2027 au Palais des Congrès de Tunis.

Cette nouvelle initiative panafricaine ambitionne de devenir l’exposition africaine de référence dédiée aux services, à l’expertise, aux technologies et aux solutions à forte valeur ajoutée au service du développement et de la transformation économique du continent africain.

Dans un contexte marqué par l’accélération des grands projets structurants en Afrique dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, du numérique, de l’industrie, de la santé, de l’eau, des télécommunications, de la finance et de la modernisation des administrations, le continent fait face à un besoin croissant en expertise qualifiée, en innovation, en ingénierie et en solutions technologiques capables d’accompagner durablement sa transformation économique et sociale.

Atex se positionne comme une plateforme stratégique panafricaine visant à connecter les sociétés de services, les entreprises technologiques, les sociétés d’ingénierie, les bureaux de conseil, les experts, les investisseurs, les bailleurs de fonds, les institutions publiques ainsi que les opérateurs économiques africains et internationaux autour des grands projets de développement du continent africain.

Atex assurera également la promotion du savoir-faire tunisien et africain dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les infrastructures, l’éducation, la santé, le tourisme, l’industrie, l’agriculture, les technologies de l’information et de la communication, l’énergie, les services financiers, l’ingénierie et les solutions intelligentes au service du développement du continent.

Cette première édition sera organisée avec le soutien d’un ensemble de partenaires nationaux et internationaux, d’institutions publiques et privées, d’organisations panafricaines, d’acteurs économiques, technologiques et financiers ainsi que de plusieurs structures engagées dans le développement de la coopération

économique et technologique entre la Tunisie et le continent africain.

À travers cette initiative, le TABC et Tucad réaffirment leur engagement en faveur du renforcement de la coopération, du développement des chaînes de valeur africaines et du positionnement de la Tunisie comme hub régional de services, d’expertise et de technologies vers l’Afrique.

L’ambition d’Atex : faire émerger une nouvelle génération de coopération Sud-Sud, fondée sur le transfert de compétences, la co-construction, la co-production, le co-développement, et faire naître les champions africains qui relèveront les grands défis du continent et porteront durablement sa transformation.

Communiqué.

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La Tunisie à la traîne de nombreux pays africains

13. Mai 2026 um 10:00

La Tunisie, jadis en tête des pays africains en termes de dynamisme économique, est aujourd’hui nettement en dessous des pays les plus dynamiques du continent en matière de croissance économique et d’investissement. Des données chiffrées, collectées par l’économiste Salah Dargouth, brossent un tableau inquiétant de cette chute vertigineuse.

Latif Belhedi

Avec une croissance économique moyenne allant 1,5 et 2,5% au cours des dix dernières années, la Tunisie se trouve largement distancée par les champions du continent, à savoir l’Ethiopie et le Rwanda (~7%), l’Ouganda (~6-7%), le Bénin, la Côte d’Ivoire et la Tanzanie (~6 %) et le Kenya  (~5 %).

Ceci explique en partie cela : la Tunisie est également largement distancée par ces mêmes pays en termes de part de l’investissement dans le PIB : ~13-14 %, contre ~40 % pour la Tanzanie, ~25-26 % pour le Bénin, ~25 % pour le Rwanda, ~23-24 % pour la Côte d’Ivoire, ~22-24 % pour l’Ouganda, ~20-21 % pour l’Ethiopie et ~17-18 % pour le Kenya.

Autrement dit, notre pays investit aujourd’hui proportionnellement beaucoup moins que le Rwanda, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Kenya l’Ouganda et surtout la Tanzanie.

«Le contraste devient encore plus frappant lorsqu’on regarde l’évolution historique», explique Salah Dargouth qui précise : «Dans les années 1990-2010, la Tunisie investissait souvent entre 23 % et 26 % du PIB. En 2010, le taux dépassait encore 26 %. En 2024, il est tombé autour de 13-14 %, soit presque la moitié des décennies 1990-2010. Or, dans la plupart des expériences internationales, un taux d’investissement inférieur à 15% du PIB est généralement insuffisant pour soutenir durablement une forte croissance. De même, les pays qui connaissent des transformations économiques rapides maintiennent souvent des taux supérieurs à 25%. Les “miracles économiques” asiatiques dont bien sûr la Chine ont souvent dépassé 30-35%.»

«Avec une croissance du PIB de 4-5% et un taux d’investissement de 20-30%, le Maroc est aussi un cas intéressant de croissance relativement soutenue et d’investissement élevé en Afrique du Nord», fait également remarquer l’ancien expert de la Banque Mondiale. Il ajoute : «Le Maroc se distingue par un taux d’investissement parmi les plus élevés d’Afrique ; de grands projets d’infrastructure (TGV, ports, autoroutes, énergie solaire, dessalement) ; une industrialisation rapide (automobile, aéronautique, phosphates) ; une forte montée des exportations industrielles ; sans oublier les préparatifs massifs pour la Coupe du Monde 2030.»

Or, enchaîne M. Darghouth : «En comparaison, la Tunisie souffre depuis plusieurs années d’une économie en dormance et d’une croissance lente; d’un faible investissement public et privé ; d’une résistance à attirer les IDE ; d’une administration étouffante et sclérosée ; d’une diabolisation du secteur privé ; et d’une instabilité réglementaire et financière.»

La conclusion est sans appel : «Le contraste entre les deux pays est particulièrement visible dans les infrastructures, la dynamique industrielle et le développement technologique.» 

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