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Ridha Chkoundali : « Le détroit d’Ormuz, nouveau théâtre d’une guerre économique acharnée »

17. März 2026 um 12:02

Dans une analyse postée sur sa page fb, l’expert en économie,  Ridha Chkoundali met l’accent sur la manière dont  le détroit d’Ormuz a  transformé le conflit au Moyen-Orient en une guerre économique totale. 

Ridha Chkoundali part du constat que trois développements majeurs marquent l’escalade : l’attaque américaine sur l’île iranienne de Kharg; l’appel de Donald Trump à une coalition internationale pour sécuriser la navigation dans le détroit; et la menace d’invasion de l’île en échange d’une levée iranienne du blocus naval.

Ainsi, pour notre interlocuteur, ce détroit vital, par où transite une quantité cruciale du pétrole mondial, cristallise les tensions entre Téhéran et Washington. Les États-Unis, sous le slogan « America First », cherchent à l’ouvrir par la force pour préserver le marché énergétique global, les revenus des alliés du Golfe et leur propre économie. « Ce passage a transformé une guerre militaire en une guerre économique » souligne l’expert. 

Washington rêve d’une offensive éclair sans coûts pour ses alliés, mais qui freinerait les importations pétrolières chinoises en provenance d’Iran.

Sur quoi table Téhéran?

Or Téhéran, au contraire, mise sur l’usure. « Une guerre courte serait fatale pour l’Iran, perdant à coup sûr » argue M. Chkoundali.  En prolongeant le conflit et en le rendant économique, Téhéran compte sur la pression des pétromonarchies du Golfe, frappées de plein fouet par la flambée des prix, pour forcer le retrait des bases américaines. 

De ce fait, contrôler le détroit signifierait la victoire iranienne : expulsion des forces US; domination régionale incontestée; et fin de la protection des intérêts américains, délégués à Israël comme proxy hégémonique.

Enjeu pétrolier crucial

Jusqu’ici, les frappes US sur Kharg d’où partent 90 % des exportations pétrolières iraniennes ont épargné les infrastructures, limitant l’impact. En effet, le Brent n’a grimpé que de 3 dollars, à 103 dollars le baril. Toutefois, Ridha Chkoundali alerte : laisser l’Iran exporter vers Pékin en fermant le détroit ferait exploser les prix mondiaux, au détriment de l’Occident et du Golfe; sans bénéfice pour quiconque sauf la Chine. Après l’échec de la coalition trumpienne, « l’occupation totale de Kharg devient inévitable : c’est la carte maîtresse pour forcer Téhéran à céder ».

Risques d’embrasement et monde post-conflit

L’élargissement du conflit plane comme une ombre : l’attaque iranienne sur le port de Fujairah (Émirats) a fermé l’alternative au détroit. Un statu quo favorise Téhéran. Un débarquement US pourrait l’emporter; mais il pousserait la Chine à s’allier à l’Iran. Une chose est certaine, d’après Ridha Chkoundali, « la guerre s’étendra, redessinant la géostratégie mondiale ».

Cela nous amène à deux  scénarios possibles : une victoire US couronne Israël « maîtresse du nouveau Moyen-Orient, enterrant la cause palestinienne et forçant la normalisation arabe. Ou un triomphe iranien, boosté par Pékin, ravive la Palestine et fait voler en éclats le rêve israélien du Nil à l’Euphrate ». 

 En somme, le détroit d’Ormuz est une question de vie ou de mort. Qui en sera le vainqueur, qui sera le vaincu ? Les prix du pétrole, oscillant entre 101 et 103 dollars, traduisent une incertitude palpable pour l’économie mondiale. Wait and see…

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