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 Crise mondiale : le FMI et la Banque mondiale sous pression

13. April 2026 um 12:03

Les plus hauts responsables économiques du monde se réunissent à Washington pour participer aux réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM). Lesquelles se tiendront du 13 au 18 avril. Ces réunions se déroulent cette année sous l’ombre pesante de la guerre au Moyen-Orient, qui a provoqué un choc majeur pour l’économie mondiale.

De hauts responsables du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale ont récemment annoncé qu’ils revoyaient à la baisse leurs prévisions de croissance mondiale. De même qu’ils révisaient à la hausse leurs estimations d’inflation en raison de la guerre américano-israélienne contre l’Iran. Tout en avertissant que les marchés émergents et les pays en développement seraient les plus durement touchés par la hausse des prix de l’énergie et les perturbations des chaînes d’approvisionnement.

En effet, les estimations de référence de la Banque mondiale prévoient que la croissance des marchés émergents et des économies en développement devrait atteindre 3,65 % cette année; contre 4 % prévus en octobre 2025. Toutefois, un ralentissement supplémentaire à 2,6 % n’est pas exclu si le conflit se prolonge. L’inflation dans ces pays devrait désormais atteindre 4,9 % en 2026; contre 3 % dans les estimations précédentes. Elle pourrait grimper jusqu’à 6,7 % dans le pire des scénarios.

Le FMI a averti que 45 millions de personnes supplémentaires risquent de souffrir d’insécurité alimentaire aiguë si la guerre se poursuit et continue de perturber les livraisons d’engrais en provenance du détroit d’Ormuz.

L’institution de Bretton Woods a indiqué s’attendre à être sollicitée pour répondre à des demandes d’aide d’urgence immédiate de 20 à 50 milliards de dollars en faveur des pays à faible revenu et importateurs d’énergie. La Banque mondiale a quant à elle déclaré pouvoir mobiliser environ 25 milliards de dollars via ses instruments de réponse aux crises dans l’immédiat et jusqu’à 70 milliards de dollars en six mois si nécessaire.

Lire aussi : Le FMI revoit à la baisse la croissance mondiale

Toutefois, les économistes exhortent les gouvernements à n’utiliser que des mesures ciblées et temporaires pour atténuer les problèmes que la hausse des prix du carburant cause à leurs citoyens. Car des mesures plus larges pourraient encore aggraver l’inflation. « Le leadership est essentiel et nous avons déjà traversé des crises », a déclaré Ajay Banga, président de la Banque mondiale, à Reuters. « Mais celle-ci est un choc pour le système », poursuit-il.

Les pays sont désormais appelés à trouver un équilibre difficile. A savoir : maîtriser l’inflation tout en surveillant la croissance et le défi à long terme que représente la création d’emplois suffisants pour les 1,2 milliard de personnes qui atteindront l’âge de travailler dans les pays en développement d’ici 2035.

Il n’existe aucun consensus au monde sur quoi que ce soit

Le FMI et la Banque mondiale sont également confrontés à un contexte mondial très différent, marqué par de fortes tensions entre les États-Unis et la Chine — les deux plus grandes économies mondiales — et par les difficultés rencontrées par le G20 pour coordonner une réponse commune. Les États-Unis assurent actuellement la présidence tournante du G20, qui comprend également la Russie et la Chine; mais en ont exclu un autre membre : l’Afrique du Sud.

« Vous essayez de fonctionner par consensus et actuellement il n’y a de consensus dans le monde sur rien », a déclaré Josh Lipsky, responsable des affaires économiques internationales au Conseil atlantique. « C’est un message aux créanciers. Ils ne doivent pas abandonner les pays en difficulté. Ces derniers bénéficieront du soutien des banques multilatérales de développement et des institutions financières internationales. Le choc actuel n’est pas comparable à la pandémie; nous pouvons le gérer », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, Till Svenstrup, ancien haut fonctionnaire du département du Trésor américain et actuellement au Center for Global Development, a déclaré que de nombreuses économies émergentes et en développement sont entrées dans cette crise dans un état pire qu’il y a quelques années. Et ce, avec des réserves plus faibles, une dette plus vulnérable et des réserves de change plus faibles. « Nous avons besoin que cette crise serve de catalyseur pour que les actionnaires du FMI revoient sérieusement la manière dont le Fonds soutient les pays vulnérables, en reconnaissant que nous assisterons à d’autres chocs mondiaux », a-t-il déclaré. « Nous ne pouvons pas leur demander de sacrifier leur croissance et leur développement pour reconstituer leurs réserves ».

Martin Samuelsen, ancien stratège en chef du FMI et aujourd’hui membre de l’Atlantic Council, partage cet avis. Il estime que le FMI devrait collaborer avec les pays donateurs pour accélérer la restructuration de la dette des emprunteurs et les sortir du cycle de l’endettement. Il souligne que les nouveaux prêts devraient être conditionnés à une feuille de route crédible en matière de réduction de la dette.

De son côté, Eric Pelowski, vice-président de la Fondation Rockefeller, a affirmé que les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure devront payer deux fois plus d’argent au titre du service de la dette en 2025 qu’avant la pandémie. Ce qui réduira les financements alloués à l’éducation, à la santé et à d’autres programmes sociaux essentiels. La moitié de ces pays sont désormais en situation de crise de la dette ou au bord de celle-ci; contre un quart il y a quelques années.

« La guerre au Moyen-Orient menace toute reprise intervenue depuis la pandémie de la Covid-19 ou la guerre en Ukraine. De même qu’elle maintient des pays qui luttent déjà pour éviter la faillite, prisonniers d’un cercle vicieux de dette, de croissance et d’investissement à long terme », a-t-il conclu.

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