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Vermeg : le groupe fondé en Tunisie attire le géant américain Advent et prépare une nouvelle expansion mondiale

03. November 2026 um 08:36

Le groupe Vermeg, fondé en Tunisie par l’entrepreneur Badreddine Ouali, s’apprête à changer d’actionnaire de référence. Le fonds d’investissement américain Advent International a signé un accord pour acquérir l’entreprise auprès de Charterhouse Capital Partners et de son fondateur. L’opération prévoit également la participation minoritaire d’une filiale de l’Abu Dhabi Investment Authority (ADIA), le fonds souverain d’Abou Dhabi.

Cette transaction ouvre une nouvelle étape pour Vermeg, devenu un acteur international des logiciels destinés aux institutions financières et aux compagnies d’assurance. Si l’accord est conclu comme prévu, le groupe bénéficiera de nouveaux moyens pour accélérer le développement de ses produits, renforcer ses capacités en intelligence artificielle et consolider sa présence sur les marchés internationaux. L’opération ne signifie toutefois pas le départ de Badreddine Ouali. Le fondateur conservera une participation au capital et restera impliqué dans les orientations stratégiques du groupe ainsi que dans les relations avec ses clients, en qualité de vice-président. Charterhouse, qui accompagne Vermeg depuis 2020, réalisera ainsi sa sortie de l’investissement. Mike Ettling, partenaire opérationnel d’Advent et dirigeant expérimenté du secteur technologique, prendra la présidence de Vermeg une fois la transaction finalisée.

Au-delà du changement d’actionnariat, l’enjeu porte sur les capacités de développement de Vermeg. Advent prévoit d’accompagner l’entreprise dans l’accélération de ses investissements technologiques, notamment dans ses solutions logicielles, l’intelligence artificielle et le renforcement des relations avec ses clients à l’échelle mondiale. Le groupe intervient sur deux marchés spécialisés. Le premier concerne les marchés de capitaux, avec des logiciels dédiés notamment au traitement des opérations financières après transaction et à la gestion des garanties. Ces solutions sont utilisées par des banques centrales, des chambres de compensation, des dépositaires de titres et d’autres institutions financières. Le second marché est celui de l’assurance-vie et de l’assurance santé. Vermeg y développe des logiciels permettant notamment aux assureurs de gérer leurs contrats et leurs opérations. Ses activités dans ce domaine sont particulièrement présentes en France et au Benelux. Ce positionnement dans des secteurs fortement réglementés constitue un élément important de son modèle économique. Les établissements financiers et les assureurs ont besoin de systèmes informatiques capables de gérer des opérations complexes, de répondre aux exigences réglementaires et d’assurer la continuité de leurs activités.

Fondée en 1993 par Badreddine Ouali, Vermeg illustre le parcours d’une entreprise technologique partie de Tunisie pour construire une présence sur plusieurs marchés internationaux. L’entrée d’Advent à son capital représente une nouvelle étape dans cette évolution. Le fonds américain, qui dispose de plus de 109 milliards de dollars d’actifs sous gestion au 30 juin 2026, possède une expérience importante dans les investissements internationaux, notamment dans les secteurs des technologies et des services financiers. Pour Vermeg, l’enjeu sera désormais de transformer ce nouvel appui financier et stratégique en croissance commerciale, en innovations technologiques et en renforcement de sa position sur les marchés où elle est déjà présente. La transaction devrait être finalisée au premier trimestre 2027, sous réserve des autorisations réglementaires et des conditions habituelles de clôture. Ni le prix d’acquisition ni la valorisation retenue pour Vermeg n’ont été dévoilés. 

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‘‘Je suis née à six ans’’ de Semia Setti ou quand l’enfance bascule

31. Oktober 2026 um 07:44

Publié en octobre 2026 aux éditions Arcadia Tunisie, le nouveau roman de Semia Setti est présenté au Salon national du livre de Tunis, actuellement en cours. Le stock disponible sur place est déjà épuisé. Les lecteurs devront patienter jusqu’à la semaine prochaine pour retrouver l’ouvrage dans les librairies tunisiennes. Derrière ce titre singulier se dessine un récit consacré aux blessures de l’enfance, à la séparation et à la reconstruction de soi.

Djamal Guettala

Comment peut-on naître à six ans ? La question n’a rien d’une énigme gratuite. Dès les premières pages de Je suis née à six ans, Semia Setti installe le lecteur dans une scène de séparation, au cœur d’un aéroport. Une femme s’apprête à partir, une enfant reste derrière elle. Des larmes, une main qui se détache, quelques pas vers la porte de l’avion : la scène avance sans effets inutiles, portée par la force des gestes et des silences.

Une phrase vient résumer le bouleversement : «Elle venait de prendre quatre-vingt ans en une conversation.» En quelques mots, l’autrice donne une mesure particulière à la douleur. Le temps de l’enfance semble soudain interrompu. Une conversation, une séparation, un événement dont on ignore encore les circonstances peuvent modifier durablement une existence.

La dernière parole échangée donne au roman son titre et sa résonance : «Dis-leur tout simplement que tu es née aujourd’hui ! Dis-leur : “Je suis née à six ans.”»

Une naissance après la rupture

Cette formule constitue l’une des clés de lecture du récit. Naître à six ans revient à distinguer une vie d’avant et une vie d’après. Une expérience vient bouleverser les repères, obligeant l’enfant à affronter une réalité qui dépasse son âge. La naissance évoquée par le titre prend ainsi une dimension symbolique : celle d’une existence qui doit se reconstruire après une rupture.

Semia Setti ne livre pas immédiatement toutes les réponses. Qui sont les deux personnages ? Que s’est-il passé avant cette scène ? Quelle histoire se cache derrière cette séparation ? L’ouverture laisse ces questions en suspens, sans enfermer le lecteur dans une interprétation prématurée.

L’écriture s’attarde sur des détails concrets : une manche humide, une main abandonnée, un regard vers le père, une démarche qui ralentit. La douleur passe par les corps plutôt que par de longues explications. L’aéroport, lieu de départ et de séparation, devient le théâtre d’un moment qui semble partager une existence en deux.

De Sam Bröcheler à Semia Setti

Le parcours littéraire de l’autrice comporte également un changement de signature. En août 2025, les éditions Arcadia Tunisie publiaient son premier roman, ‘‘Aimer n’a pas suffi’’, signé Sam Bröcheler (Semia Setti). Pour cette nouvelle publication, elle choisit cette fois de signer de son véritable nom, Semia Setti. Ce changement mérite d’être relevé dans son parcours d’écriture. Après une première publication sous une autre signature, l’autrice présente désormais son nouveau roman sous son nom. Une nouvelle étape éditoriale qui accompagne la parution de Je suis née à six ans, également publié chez Arcadia Tunisie.

Un livre attendu dans les librairies tunisiennes.

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