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Tunisie | Les partis politiques indésirables au «cadre de coordination»

06. September 2026 um 11:41

Othman Jallouli, secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) chargé du département de l’information et des publications, a déclaré vendredi 4 septembre à Diwan FM que le cadre de coordination — dont le lancement a été annoncé avec la participation de l’Ordre national des avocats et de la Ligue tunisienne des droits de l’homme — vise à rassembler le plus grand nombre possible d’organisations et d’acteurs de la société civile, ainsi que diverses forces vives du pays, afin que «le peuple tunisien puisse faire entendre sa voix», selon ses termes.

M. Jallouli a expliqué que la mise en place de cette structure de coordination intervient dans un contexte marqué par ce qu’il considère comme «l’incapacité du pouvoir politique à résoudre les problèmes accumulés», ajoutant que ces problèmes se sont aggravés et que les Tunisiens font face désormais à des difficultés qui perdurent depuis des décennies.

«Il y a un champ politique bloqué, incapable jusqu’à présent de rassembler les Tunisiens autour d’une position commune face à la situation actuelle», a estimé Othman Jallouli. C’est ce qui a incité les trois organisations à se mobiliser «pour rendre la parole aux Tunisiens», lesquels, a-t-il affirmé, «sont restés silencieux tout en subissant les conséquences de politiques défaillantes, tant anciennes que nouvelles».

«Lorsque les partis politiques et la politique elle-même sont absents, les Tunisiens ne peuvent rester de simples spectateurs d’une situation insoutenable», a encore souligné Othman Jallouli, précisant qu’ils «ont le droit d’exprimer leurs opinions et de défendre leur point de vue par tous les moyens pacifiques et civiques».
Les partis politiques ne sont pas les bienvenus au sein du cadre de coordination, a encore précisé le responsable syndical, ajoutant que les discussions en cours portent sur «l’adhésion de nombreux acteurs de la société civile, qui ont un avis sur diverses questions, qu’elles soient sectorielles ou d’intérêt général».

M. Jallouli a souligné que «le cadre de coordination n’a aucun lien avec l’expérience du Dialogue national» de 2015, expliquant que ce dernier «revêtait un caractère spécifique et relevait d’une expérience passée non transposable dans la phase actuelle». Le dirigeant syndicaliste a fait remarquer, à ce propos, qu’auparavant, «il y avait des responsables politiques au pouvoir et une opposition active, alors qu’actuellement, le pouvoir prend des décisions de manière unilatérale».

Le cadre de coordination en cours de constitution examine actuellement une série d’actions qui restent à définir et qui ont vocation à rassembler les forces vives du pays autour d’un projet de redressement national.

Il convient de noter que ce cadre de coordination, dont le lancement a été annoncé jeudi 3 septembre, vise à défendre les droits et les libertés, à promouvoir l’État de droit et les institutions, ainsi qu’à préserver l’indépendance de la société civile.

I. B.

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La Tunisie a besoin de 4 nouvelles centrales pour combler son déficit électrique

06. September 2026 um 08:18

Selon le secrétaire général adjoint de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Elyes Ben Ammar, la Tunisie aurait besoin de construire au moins quatre nouvelles centrales électriques afin de résorber le déficit enregistré durant les heures de pointe et éviter les coupures d’électricité intermittentes auxquelles la Société tunisienne d’électricité de gaz (Steg) est acculée depuis la mi-juillet en raison de la forte consommation induite par la climatisation en pleine canicule estivale.  (Photo: Centrale électrique de Sousse).

Habib Glenza

Le déficit de production au niveau des centrales relevant de la Steg atteindrait environ 2 000 mégawatts quotidiennement pendant les pics de consommation. Cette situation s’explique par plusieurs années de retard dans l’adaptation de la production à l’évolution de la demande et dans la réalisation de certains projets de centrales électriques, ainsi que la lenteur des procédures et des autorisations.

Les solutions conjoncturelles, notamment le recours au soutien de l’Algérie, ne suffisent pas à combler un écart de cette ampleur, estime le responsable syndical qui déplore, également, l’absence d’investissements significatifs dans le secteur énergétique depuis 2020 et avertit que l’été 2027 pourrait être encore plus difficile que celui de 2026 si le retard actuel n’est pas surmonté rapidement.

Les raisons des coupures de l’électricité

Les raisons des coupures de l’électricité en Tunisie sont multiples. L’une des raisons principales est la surcharge du réseau. Elle survient lorsque trop d’abonnés sont alimentés par un même circuit, ou quand la puissance demandée dépasse ce que le câble peut supporter. Chaque section de câble correspond à une capacité de courant maximale. Si un câble trop fin est utilisé pour alimenter un appareil puissant, il va chauffer excessivement jusqu’à fondre. 

Le réseau électrique tunisien a été conçu et réalisé, il y a plusieurs années, pour subvenir aux besoins d’environ 6 à 7 millions de citoyens. Aujourd’hui, la Tunisie compte environ 12 millions d’habitants et 15 millions voire plus pendant la saison estivale. Par conséquent, les câbles électriques vont chauffer jusqu’à fondre si le courant n’est pas immédiatement coupé. Tour cela peut conduire à un blackout                       

Confrontés à de sérieux problèmes techniques, les ingénieurs et agents de la Steg sont en train de faire un travail gigantesque pour pallier tous les problèmes et dangers liés aux surcharges du réseau électrique. Mais ils ne peuvent pas faire des miracles lorsque la demande outrepasse de beaucoup l’offre et que le réseau montre son insuffisance structurelle. Accuser certains d’entre eux de provoquer sciemment les coupures d’électricité pour susciter la colère de la population et la remonter contre le régime est pour le moins absurde et frappé du sceau de l’ingratitude.

Le solaire photovoltaïque s’impose aux opérateurs économiques  

Actuellement, la Tunisie n’a pas les moyens financiers nécessaires pour moderniser le réseau électrique ou encore créer de nouvelles centrales électriques ; elle doit donc réserver son réseau électrique, en priorité, aux besoins des abonnés des zones urbaines. Les hôpitaux, les hôtels, les écoles, les fermes agricoles, les industries lourdes, métallurgiques, manufacturières, agroalimentaires, les mines, les stations de carburants et de services, etc., doivent, sans tarder, opter pour l’énergie photovoltaïque avec stockage. Ce système autonome et fiable serait une bonne solution durable pour éviter les pertes humaines, matérielles et financières dues aux coupures électriques, notamment durant la saison estivale.

Aujourd’hui nombreux sont les pays dans le monde qui utilisent l’énergie photovoltaïque avec stockage même s’ils n’ont pas de problèmes de coupures d’électricité, et d’abord parce que l’énergie solaire est propre, ensuite parce qu’elle est gratuite dans un pays à fort ensoleillement comme la Tunisie. Certes, les équipements coûtent encore relativement cher à l’achat mais ils ne coûtent presque rien à la consommation, et puis ils constituent un investissement rentable à moyen et long terme.

On ne comprend pas d’ailleurs pourquoi ce secteur soit encore si peu développé en Tunisie, où l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (AMNE), créée pour promouvoir les énergies renouvelables, vient de fêter son 40e anniversaire. Qu’a fait cette agence en 40 ans ? Cette question est d’autant plus légitime que la part des énergies renouvelables ne dépasse guère 5 à 6 % du mix énergétique national qui reste très fortement dominé par les énergies non renouvelables.

Nous avons donc aujourd’hui un grand retard à rattraper, qui plus est, dans un contexte de déficits financiers aigus, de faible croissance allant de 1,5 à 2,5% par an et de baisse des investissements publics. Et nous n’avons à nous prendre qu’à nous-mêmes pour n’avoir pas pris le taureau du déficit énergétique par les cornes lorsqu’il a commencé à pointer du nez au début des années 2000, lorsque le taux de croissance annuelle du pays était de 5 à 6 %.

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