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Gafsa | Appel à la mobilisation pour les détenus de la Flottille Soumoud

01. September 2026 um 23:07

Le bureau régional de la Commission de la Flottille Soumoud à Gafsa lance un appel à la mobilisation générale pour soutenir les membres de l’Instance et réitérer sa solidarité avec le peuple palestinien.

Un rassemblement est ainsi programmé pour ce jeudi 3 septembre 2026 à 10h, devant l’enseigne Carrefour à Gafsa, accusée de complicité financière dans les attaques contre le peuple palestinien, lit-on dans une note diffusée par la Commission ce mardi 1er septembre 2026.

Cette initiative intervient dans un climat d’inquiétude grandissante concernant l’état de santé de Wael Nawar qui poursuit sa grève de la faim pour le dix-septième jour consécutif dans sa cellule et de Ghassen Henchiri, qui souffre des séquelle de blessures reçues dans les geôles d’occupation et d’une privation de soins médicaux adéquats durant sa détention actuelle, ajoute encore la même source.

Les organisateurs invitent ainsi « les habitants de Gafsa, ainsi que l’ensemble des forces progressistes et des citoyens attachés aux libertés, à se rassembler en masse lors de cette action de protestation solidaire ».

Y. N.

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Tunisie | Rappel des horaires d’hiver des pharmacies

01. September 2026 um 20:58

Le Conseil national de l’ordre des pharmaciens de Tunisie a rappelé les horaires sous le régime de la double séance qui a repris ce mardi 1er septembre 2026.

Dans son communiqué le Cnop précise que ces horaires d’hiver sont fixés en coordination avec le ministère de la Santé (arrêté du 6 janvier 1990), et ce, comme suit :

Du lundi au vendredi :

  • Catégorie A (jour): De 8h30 à 13h et de 15h à 19h30;
  • Catégorie A de garde : De 8h30 à 19h30;
  • Catégorie B (nuit) : De 19h30 à 8h30.

Samedi

  • Catégorie A : De 8h30 – 13h;
  • Catégorie A de garde : De 8h30 à 19h30;
  • Catégorie B : De 19h30 à 8h30.

Dimanche et jours fériés :

  • Catégorie A de garde : De 8h30 – 19h30;
  • Catégorie B : De 19h30 – 8h30.

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Le FTDES avertit contre une crise globale en Tunisie

01. September 2026 um 13:04

Les interruptions répétées de la distribution d’eau et d’électricité, la hausse du coût de la vie et la détérioration des services publics risquent d’alimenter une crise sociale de plus en plus profonde en Tunisie, au point de menacer «la sécurité et la paix sociale».

C’est l’alerte lancée par le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), qui demande aux autorités de prendre des mesures urgentes pour répondre au malaise croissant de la population.

Dans un communiqué publié le 30 août 2026, l’ONG évoque une «crise sociale structurelle» qui ne peut plus être réduite à des urgences ponctuelles. Elle pointe du doigt les difficultés d’approvisionnement en eau potable et minérale, les coupures d’électricité, la perte de pouvoir d’achat, le chômage et la précarité économique, la dégradation des services publics ainsi que l’aggravation des problèmes environnementaux.

Le FTDES critique ce qu’il considère comme une réponse insuffisante des autorités et dénonce un fossé grandissant entre le discours officiel et les difficultés vécues au quotidien par les citoyens.

Parmi les revendications figurent la garantie de la continuité de la fourniture d’eau et d’électricité, des interventions pour contenir la hausse du coût de la vie et des mesures assurant la disponibilité des produits de base, notamment à la veille de la rentrée scolaire, période synonyme de nouvelles dépenses pour les familles.

Le FTDES réclame par ailleurs le respect des libertés publiques ainsi que la reprise du dialogue entre les institutions, les organisations sociales, la société civile et les citoyens.

Selon le Forum, le fait de continuer à différer des réponses concrètes pourrait entraîner une «dangereuse dérive sociale».

L’initiative incombe aux institutions de l’État, souligne l’organisation, et «en premier lieu à la présidence de la République».

Cette mise en garde intervient au terme d’un été particulièrement éprouvant pour le pays, marqué par des températures exceptionnellement élevées et des perturbations fréquentes des réseaux d’eau et d’électricité.

D’après l’Observatoire social tunisien du FTDES, 1 101 mouvements de protestation ont été recensés en juillet, contre 867 en juin. Pas moins de 678 mobilisations — soit 61,6 % du total — étaient liées aux problèmes d’accès à l’eau et aux coupures d’électricité.

Le mécontentement a également gagné le Parlement : 56 députés de l’Assemblée des représentants du peuple ont demandé la convocation d’une séance plénière extraordinaire durant la pause estivale, afin de discuter avec le gouvernement des interruptions de services essentiels, de la hausse des prix, de la perte de pouvoir d’achat et des difficultés d’approvisionnement en certains produits. Sur le plan politique, le président Kaïs Saïed a affirmé ces derniers jours que des enquêtes avaient établi que certaines coupures d’eau et d’électricité enregistrées dans le pays ne résultaient pas de pannes ordinaires, mais d’«actes prémédités» visant, selon lui, à attiser les tensions dans le pays.

Plus que les souffrances quotidiennes qu’ils endurent, c’est ce déni de la réalité de a part du pouvoir exécutif qui révolte désormais les Tunisiens, dont la parole critique s’est totalement relâchée sur les réseaux sociaux.

I. B.  

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Plus de 5 000 décès liés à la chaleur en Espagne, 0 en Tunisie !

01. September 2026 um 12:19

L’Espagne a annoncé un lourd bilan de décès causés par la chaleur entre le 1er juin et le 31 août 2026. C’est un record pour cette période depuis que l’Institut de santé Carlos III a commencé à collecter ces données en 2015. En Tunisie, le ministère de la Santé refuse toujours de communiquer sur le nombre de décès causés par la canicule sévissant depuis plusieurs semaines dans le pays, et ce, malgré les interpellations à ce propos de la part des professionnels de la santé opérant dans les hôpitaux publics.   

En Espagne, la chaleur a causé la mort de 2 025 personnes en juin, 937 en juillet et 2 149 en août, soit un total de 5 111 décès, selon les données de l’institut citées par l’AFP.

Le précédent record pour ces trois mois datait de 2022, année où 4 652 décès liés à la chaleur avaient été enregistrés.

Ces estimations reposent sur le système «MoMo» (surveillance de la mortalité), qui recense quotidiennement les décès en Espagne et calcule l’écart entre le nombre de décès réels et celui des décès attendus, sur la base de données historiques.

Le pays devrait connaître une nouvelle hausse des températures dans les prochains jours, alors que celles-ci étaient «inférieures aux normales saisonnières dans plusieurs régions ces derniers jours», selon l’agence météorologique nationale ; cette dernière a également averti que les températures pourraient dépasser les normales de quelque 10 degrés Celsius au cours du mois de septembre.

Les températures en Tunisie au cours des prochains jours seront tout aussi élevées et il est fort à parier, étant donné le manque de médecins, de personnel soignant, d’équipements et même de médicaments dans nos hôpitaux publics, que le nombre de morts causées par la canicule va continuer à augmenter. Est-ce que le ministère de la Santé va se résigner enfin à informer le public sur les dégâts causés par la canicule sur la santé publique, ou va-t-il poursuivre dans sa politique de déni qui consiste à n’annoncer que les bonnes nouvelles, si chère au ministre Mustapha Ferjani ?

I. B.

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Trois jours après, l’incendie de Bargou non encore maîtrisé

01. September 2026 um 11:30

La vitesse du vent a contribué, lundi soir 1er septembre 2026, à l’extension de l’incendie du mont Boulmane (zone de Mazata) ; les flammes ont atteint la localité d’Ain Boussaâdia, dans la délégation de Bargou, à la limite entre les gouvernorats de Siliana et de Kairouan, a indiqué le commissaire régional au développement agricole de Siliana, Jamel Ferchichi, cité par l’agence Tap.

Selon M. Ferchichi, plusieurs familles de la zone d’Ain Boussaâdia ont été évacuées par des bus de la Société régionale de transport de Siliana et hébergées au centre de stages et de villégiature de la région pour assurer leur sécurité, confirmant qu’aucune perte humaine n’a été enregistrée.

Le responsable a qualifié de «critique» la situation de l’incendie du mont Bargou, qui se poursuit ce mardi matin, 2 septembre, soulignant qu’elle nécessite une surveillance et une vigilance accrues.

Deux avions militaires sont intervenus à plusieurs reprises pour éteindre des foyers d’incendie difficiles d’accès par voie terrestre, a ajouté le responsable, en précisant que d’importants renforts — composés de camions de pompiers des services des forêts et de la Protection civile — sont arrivés depuis les gouvernorats de Zaghouan, Kairouan et Le Kef.

Jamel Ferchichi a indiqué que tous les membres du comité régional de prévention et de lutte contre les catastrophes et d’organisation des secours sont mobilisés sur place depuis plus de trois jours pour maîtriser l’incendie. Parallèlement, les équipes de terrain — incluant les agents des forêts, les unités de la protection civile, les services de la direction régionale de l’équipement et de l’habitat, ainsi que des habitants de Bargou et des bénévoles — poursuivent les opérations d’extinction du feu.

Il convient de noter que dix familles du douar El Qasmia, situé à proximité immédiate de la montagne, ont été évacuées et hébergées dans un établissement scolaire de la ville de Bargou.

Par ailleurs, l’hôpital local a accueilli, dimanche, 18 personnes âgées de 10 mois à 89 ans, victimes de crises de panique provoquées par la reprise des flammes.

I. B.

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Phosphate | Trois jours de grève à la CPG

01. September 2026 um 11:01

Les agents et les cadres de la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) ont entamé, ce mardi 1er septembre 2026, une grève de trois jours, a indiqué Rim Helal, secrétaire générale de la Fédération générale des mines relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), citée par Diwan FM.

La grève concerne tous les services administratifs de la CPG, a-t-elle ajouté, en précisant qu’à 8 heures du matin, le taux de participation s’élevait à environ 95 %.

Il convient de rappeler que l’UGTT avait décidé d’observer une grève totale les 1er, 2 et 3 septembre 2026 sur tous les sites de travail de la CPG, à Gafsa, justifiant cette décision par l’absence de réponse aux revendications des agents et des cadres, notamment en termes d’augmentation salariale.

La CPG se porte mal depuis 2011 et sa production peine depuis à atteindre 4 millions de tonnes par an, contre 8 millions de tonnes en 2010. En revanche, ses dépenses ont explosé du fait des innombrables recrutements effectués au cours des quinze dernières années pour acheter la paix sociale dans le bassin minier, sans vraiment y arriver. La preuve : la grève de trois jours actuelle.  

I. B.

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Kairouan : 100 familles évacuées à Oueslatia après la propagation de l’incendie de Jebel Bargou

Von: tmps
01. September 2026 um 09:15

Quelques 100 familles ont été évacuées, lundi soir, du Djebel Ghitoun à Ksar Lemsa, dans la délégation d’Oueslatia (gouvernorat de Kairouan), à la suite de la propagation de l’incendie déclaré ce soir au jebel Bargou (gouvernorat de Siliana), a déclaré Nabil Hamdi, député de l’Assemblée des représentants du peuple pour la circonscription de Sbikha-Oueslatia-Aïn Djeloula.

Hamdi a expliqué, dans une déclaration à l’agence TAP, que le périmètre de l’incendie s’étendait vers 22 heures en raison de vents forts et de l’approche des flammes des zones résidentielles de la localité d’Echerfa. Cela a conduit la commission locale de lutte contre les catastrophes et d’organisation des secours d’Oueslatia, sous la supervision du délégué de la région, à prendre la décision d’évacuer les familles pour assurer leur sécurité.

Il a confirmé que l’hébergement des familles a été assuré au collège de Ksar Lemsa, en attendant la maîtrise de l’incendie et l’évaluation de la situation pour permettre le retour des habitants chez eux dans des conditions sûres.

Il a ajouté que la région connaît actuellement une situation d’alerte et de mobilisation pour faire face à la propagation de l’incendie et la limiter, afin de protéger les zones résidentielles et les citoyens.

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Siliana : l’incendie de Djebel Boulmane s’étend, plusieurs familles évacuées à Aïn Boussaâdia

Von: tmps
01. September 2026 um 09:05

Les vents forts ont favorisé, lundi soir, l’extension de l’incendie de Djebel Boulmane dans la zone de Mezata, jusqu’à atteindre la région de Aïn Boussaâdia, relevant de la délégation de Bargou dans le gouvernorat de Siliana, à la frontière du gouvernorat de Kairouan, a indiqué le commissaire régional au développement agricole de Siliana, Jamel Ferchichi.

Dans une déclaration à l’Agence TAP, Ferchichi a souligné que plusieurs familles de la région de Aïn Boussaâdia ont été évacuées et déplacées à bord de bus de la Société régionale de transport de Siliana, puis logées dans un centre de stage et de vacances de la région afin de garantir leur sécurité, précisant qu’aucun dégât humain n’a été enregistré.

Le responsable a qualifié l’incendie déclaré au Djebel Bargou de « critique », faisant remarquer que la situation nécessite plus de surveillance et de vigilance.

Dans le même contexte, il a souligné que deux avions militaires sont intervenus aujourd’hui à plusieurs reprises pour éteindre les foyers d’incendie difficiles d’accès par voie terrestre, renforcés par des camions d’extinction relevant des services des forêts et de la Protection civile, en provenance des gouvernorats de Zaghouan, Kairouan et du Kef.

Ferchichi a indiqué que tous les membres de la Commission régionale de lutte contre les catastrophes et d’organisation des secours sont mobilisés sur place depuis plus de trois jours pour maîtriser l’incendie, tandis que les équipes sur le terrain, notamment les agents des forêts, les unités de la Protection civile, les services de la direction régionale de l’équipement et de l’habitat, ainsi que des habitants de Bargou et des bénévoles, poursuivent les opérations d’extinction.

Dix familles du douar El Gouasmia, jouxtant la montagne, ont été évacuées dimanche et relogées dans l’un des établissements éducatifs de la ville de Bargou.

Dimanche soir, 18 personnes victimes de crises de panique en raison de la reprise du feu ont été transférées à l’hôpital local de Bargou.

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Tunisie | Pour le CRLDHT, l’Etat est garant de la vie des détenus

01. September 2026 um 07:55

Dans le communiqué reproduit ci-dessous, publié le 30 août 2026 à Paris, le Centre pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a évoqué les effets désastreux de la canicule, de la surpopulation, des coupures d’eau et d’électricité, qui ont provoqué des décès dans les prison. «L’État doit garantir la vie des personnes qu’il détient», affirme l’organisation de défense des droits humains.

Le CRLDHT tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à la situation extrêmement grave qui prévaut dans les prisons tunisiennes.

Depuis plusieurs mois, les décès de personnes détenues dans des circonstances suspectes ou insuffisamment élucidées se multiplient. À cette crise ancienne s’est ajoutée, durant l’été 2026, une succession de vagues de chaleur exceptionnelles, accompagnées dans plusieurs régions de coupures d’eau et d’électricité, alors que le système pénitentiaire connaît déjà une surpopulation massive, des infrastructures dégradées et des difficultés persistantes d’accès aux soins.

Dans son alerte du 24 juillet 2026, le CRLDHT avait averti que la combinaison de la canicule, du manque d’eau, des coupures d’électricité, du défaut d’aération et de la surpopulation faisait peser une menace directe sur la vie et l’intégrité physique des personnes détenues. Des familles ont depuis fait état de malaises, d’évanouissements, de retards dans l’accès aux soins et de cellules transformées en véritables étuves.

La canicule n’a pas créé la crise carcérale. Elle en a révélé la dangerosité.

Selon les données publiées par l’association Intersection, les prisons tunisiennes accueilleraient aujourd’hui plus de 33 000 détenus pour une capacité officielle d’environ 17 000 places, soit un taux d’occupation proche de 194 %. La population carcérale serait passée de 23 000 personnes en 2022 à plus de 33 000 en 2025. Dans certains établissements, la situation est encore plus critique : 251 % d’occupation à Kairouan, 210 % à Mornaguia, 209 % à Gabès et 200 % à Sfax.

Dans huit prisons, l’espace disponible ne dépasserait pas deux mètres carrés par détenu, tandis que les sanitaires, les douches, l’accès aux produits d’hygiène et aux soins sont largement insuffisants.

Dans de telles conditions, lorsque les températures approchent ou dépassent 45 à 50 °C, la chaleur devient un risque vital.

Des morts qui exigent des réponses

Le décès de Hamza Dridi, 33 ans, détenu à Borj El Amri, est particulièrement alarmant. Selon le témoignage de sa mère recueilli par Nawaat, il lui avait confié lors de sa dernière visite que l’eau avait été coupée pendant quatre jours consécutifs, l’empêchant, comme les autres détenus, de se laver ou de se rafraîchir malgré la chaleur extrême. Peu après cette conversation, il aurait été placé en cellule disciplinaire. Cinq jours plus tard, le 22 juillet, il décédait. Il n’avait pas encore été jugé et, selon sa famille, ne souffrait d’aucune pathologie connue. Le rapport d’autopsie n’avait pas encore été rendu public.

À la prison civile de Gabès, deux détenus sont également morts : Ali Bejaoui et Ali Ben El Tijani Ben Mohamed El Mansi. La LTDH a qualifié ces décès de «suspects». La famille de ce dernier affirme avoir constaté des contusions et une fracture au niveau du cou après la restitution du corps.

Surtout, la section de Gabès de la LTDH dit avoir recueilli des témoignages concordants faisant état de coupures récurrentes d’eau et d’électricité, de surpopulation extrême et d’épisodes d’étouffement parmi les détenus.

À Messadine, Salem Karmous, Franco-Tunisien, est décédé le 19 juillet. Son père affirme avoir constaté des traces de violence et d’agression sur son corps. Ici encore, seule une enquête indépendante peut déterminer les causes du décès et établir les responsabilités.

Ces morts s’inscrivent dans une série plus large. L’OMCT avait déjà documenté treize morts suspectes entre mai 2025 et avril 2026, sans compter celles survenues pendant la canicule.

Fin août, un détenu est également décédé à la prison civile de Gafsa, tandis que deux détenus de Mahdia ont dû être transférés en réanimation dans un contexte de chaleur extrême et de conditions de détention dégradées.

Le 29 août, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins a lancé une nouvelle alerte : elle fait état d’une augmentation sans précédent des décès et des hospitalisations liés aux coups de chaleur, ainsi que de décès de détenus dans plusieurs services d’urgence. Elle souligne en outre que le ministère de la Santé recueille des données sur les décès, les coups de chaleur et les capacités des services de réanimation, mais qu’aucun bilan officiel détaillé n’a encore été rendu public.

Une autre information grave a circulé le 28 août concernant cinq décès dans les prisons du Grand Tunis. Bassem Trifi, président de la LTDH, a indiqué, en citant des sources judiciaires saisies des dossiers, que cinq décès avaient été enregistrés la veille, sans compter d’autres régions.

Le périmètre exact de ces décès et leurs causes doivent encore être établis. Mais c’est précisément pour cette raison que le silence des autorités n’est plus acceptable.

L’État ne peut détenir quelqu’un sans garantir sa vie

Une personne détenue dépend entièrement de l’administration pour l’eau, l’électricité, l’aération, l’alimentation, les médicaments, les soins et le transfert vers un hôpital. Elle ne peut pas quitter sa cellule parce qu’il fait trop chaud ni chercher elle-même de quoi se protéger.

L’État qui prive une personne de liberté assume donc envers elle une obligation particulière de protection.

La peine prononcée par un tribunal est la privation de liberté. Elle ne comprend ni la privation d’eau, ni la chaleur insupportable, ni les violences, ni la négligence médicale, ni l’exposition à un risque mortel évitable.

Le détenu conserve pleinement son droit à la vie, à l’intégrité physique, à l’eau, aux soins, à la dignité et à la protection contre les traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Ouvrir les prisons au contrôle indépendant

    L’administration pénitentiaire affirme disposer de groupes électrogènes, de citernes de secours et de dispositifs permettant d’assurer la continuité de l’approvisionnement en eau et en électricité. Elle affirme également que les détenus sont pris en charge médicalement et transférés vers les hôpitaux lorsque leur état l’exige. Ces affirmations doivent pouvoir être vérifiées.

    Or, au moment même où les décès et les alertes se multiplient, la LTDH rencontre des obstacles pour visiter les établissements pénitentiaires. Une délégation a notamment été empêchée d’accéder à la prison de Messadine le 21 juillet, alors qu’un mémorandum d’entente signé en 2015 avec le ministère de la Justice avait précisément institué un mécanisme de visites indépendantes.

    Si les autorités affirment que les conditions sont conformes au droit, elles doivent ouvrir les prisons au contrôle indépendant.

    Le CRLDHT demande :

    1- la publication immédiate d’un bilan national exhaustif des décès en détention depuis le 1er juillet 2026, établissement par établissement ;

    2- la clarification immédiate des cinq décès signalés fin août dans les prisons du Grand Tunis, avec identification des personnes concernées et des circonstances exactes ;

    3- l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur tous les décès suspects, notamment ceux de Hamza Dridi, Ali Bejaoui, Ali Ben El Tijani Ben Mohamed El Mansi et Salem Karmous.

    4- la communication aux familles des conclusions médico-légales et des rapports d’autopsie, ainsi que l’accès aux dossiers médicaux.

    5- la publication par le ministère de la Santé des données relatives à la canicule : décès, hospitalisations, admissions en réanimation et transferts de détenus.

    6- des mesures d’urgence dans toutes les prisons : accès permanent à l’eau potable, électricité, ventilation, soins médicaux et protection particulière des personnes âgées, malades ou vulnérables ;

    – des inspections indépendantes et inopinées des établissements pénitentiaires ;

    7- la levée immédiate des entraves aux visites de la LTDH et le respect du mémorandum de 2015 ;

    8- l’identification des responsabilités administratives, politiques ou pénales chaque fois qu’une faute, une négligence ou une violence ayant contribué à un décès est établie ;

    9- des mesures urgentes contre la surpopulation carcérale, notamment par un réexamen de la détention provisoire et le développement des alternatives à l’incarcération.

    Les familles ont droit à la vérité.

    Les détenus ont droit à la dignité.

    Et, avant toute chose, ils ont droit à la vie.

    Paris, le 30 août 2026

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