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Budget 2027: quels projets passeront vraiment?

20. August 2026 um 09:07

Le gouvernement prépare un budget 2027 qui veut faire davantage de place à l’investissement. Mais le signal le plus intéressant du Conseil ministériel tenu mercredi à La Kasbah n’est pas la liste des secteurs prioritaires. Il se trouve dans la méthode annoncée. En effet, les projets devront être sélectionnés en fonction de leur maturité, de leur faisabilité financière et de leur impact socioéconomique. 

Pour les entreprises et les investisseurs, c’est un point à suivre. Car entre une priorité inscrite dans un document de politique publique et un projet effectivement financé, l’écart peut être important. Le gouvernement semble vouloir réduire cet écart en privilégiant les projets suffisamment préparés pour passer rapidement à l’exécution. Cette orientation concerne d’abord l’investissement public, mais elle peut aussi avoir un effet sur l’investissement privé. Les infrastructures, l’énergie, l’eau ou encore la transformation numérique constituent en effet des conditions nécessaires au développement de nombreuses activités. La question sera donc moins de savoir quels secteurs sont déclarés prioritaires que de voir quels projets seront effectivement retenus et à quel rythme ils seront réalisés. L’énergie constitue l’un des dossiers où cet enjeu est particulièrement visible. En outre, la volatilité des prix des hydrocarbures expose directement les équilibres extérieurs et les coûts de l’économie. Qui plus est, l’accélération de la transition énergétique et le renforcement de la production nationale apparaissent ainsi comme des choix qui dépassent la seule politique énergétique. Ils touchent aussi la compétitivité des entreprises et la prévisibilité de leurs coûts. Même logique pour l’eau et l’agriculture. Le gouvernement veut renforcer la souveraineté alimentaire et hydrique. Pour les acteurs économiques, l’enjeu est très concret: sécuriser les ressources nécessaires à la production et réduire l’exposition aux aléas extérieurs. Les résultats dépendront toutefois des projets qui seront retenus et des moyens qui leur seront consacrés. Le numérique et l’intelligence artificielle figurent également parmi les orientations du prochain budget. Là encore, la question centrale sera celle du passage de l’intention à l’exécution. La dépêche ne précise ni les enveloppes prévues ni les applications ciblées. Il est donc encore trop tôt pour mesurer l’impact de cette priorité sur les entreprises, notamment sur leur accès aux infrastructures numériques ou aux dispositifs d’accompagnement. Le même principe vaut pour les entreprises publiques. Leur réforme et la modernisation de leur gouvernance restent parmi les sujets annoncés. Pour le secteur privé, leur évolution peut avoir des conséquences sur la qualité de certains services, les relations avec les fournisseurs et, plus largement, sur le fonctionnement de plusieurs marchés. Mais les modalités de cette réforme ne sont pas encore précisées. 

Ces choix arrivent dans une économie qui a enregistré une croissance de 2,4% au premier semestre 2026. La reprise agricole, les industries mécaniques et électriques, le tourisme et les investissements directs étrangers ont contribué à cette progression. Le taux de chômage a également reculé à 14,9%, contre 15,3% un an auparavant. Ces chiffres donnent au gouvernement un contexte un peu plus favorable pour préparer 2027. Ils ne signifient pas pour autant que les marges de manœuvre sont larges. L’économie reste exposée au ralentissement mondial, aux tensions géopolitiques et aux fluctuations des prix de l’énergie. C’est pourquoi le projet de budget sera surtout jugé sur ses arbitrages. Les orientations sont désormais posées. Reste à savoir combien de projets pourront être financés, dans quels secteurs et selon quel calendrier.

Pour les entreprises, c’est cette deuxième étape qui sera déterminante. Le projet de loi de finances permettra de voir si les priorités annoncées se traduisent par de nouvelles opportunités d’investissement, des projets publics effectivement lancés ou des moyens supplémentaires accordés aux secteurs considérés comme stratégiques.

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Le Budget 2027 présenté en Conseil des ministres

19. August 2026 um 22:18

Un Conseil ministériel consacré au projet de budget 2027 s’est tenu mercredi 19 août au Palais du gouvernement à La Kasbah. Le compte rendu officiel, publié sur la page Facebook de la présidence du gouvernement, est soigné, rassurant, presque serein.

La croissance atteint 2,4 % au premier semestre 2026, portée par les céréales, l’huile d’olive, le tourisme et les industries mécaniques et électriques. Le chômage recule légèrement, de 15,3 % à 14,9 %. L’inflation est « maîtrisée ». Les réserves en devises sont « satisfaisantes ». Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, salue la « résilience » de l’économie nationale. Tout va bien, donc.

Sauf que ces chiffres méritent d’être lus avec prudence. Une croissance de 2,4 % dans un pays où le chômage dépasse encore 15 % et où la pression démographique reste forte, c’est insuffisant. Une baisse du chômage de 0,4 point en un an, c’est cosmétique. Et une croissance tirée par l’agriculture et le tourisme – deux secteurs structurellement volatils, tributaires de la météo pour l’un et de la conjoncture internationale pour l’autre – c’est une croissance fragile, pas une transformation économique.

Les priorités affichées pour le budget 2027 sont connues : amélioration du climat des affaires, relance de l’investissement, souveraineté alimentaire et hydrique, transition énergétique et numérique, intelligence artificielle. Des mots qui figurent, presque mot pour mot, dans les budgets précédents. La question n’est pas de savoir si ces orientations sont pertinentes – elles le sont. Elle est de savoir pourquoi elles ne se traduisent pas encore en résultats tangibles pour les citoyens.

La réforme des entreprises publiques, évoquée une nouvelle fois, illustre parfaitement cette impasse. Ce chantier est inscrit à l’agenda depuis des années. Les entreprises publiques déficitaires continuent d’absorber des ressources que l’État peine à dégager. La « modernisation de leur gouvernance » promise à chaque loi de finances n’a pas encore produit de rupture visible.

La cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a conclu la réunion en appelant à « accélérer la finalisation du projet de budget » en hiérarchisant les projets selon leur maturité et leur impact socio-économique. Un appel à la rigueur qui aurait plus de portée s’il s’accompagnait d’une évaluation publique et transparente des budgets précédents — et de ce qui, concrètement, n’a pas fonctionné.

Dans ce cas, le budget 2027 sera de toute évidence présenté comme une feuille de route ambitieuse. Mais tant que les mêmes priorités reviennent sans bilan, les mêmes doutes reviennent aussi.

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