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Le cercle vicieux du déficit énergétique est à briser

14. August 2026 um 08:23

Le déficit énergétique en Tunisie a atteint un niveau critique et son coût exorbitant hypothèque effectivement les finances du pays. La facture des sept premiers mois de 2026 montre un trou de 7 946 MDT, soit environ 4,3x le déficit de juillet 2016. Ce seul poste représente 53% du déficit commercial total du pays. Derrière, il y le coût des subventions énergétiques qui devrait être à des sommets.

Cette énorme facture énergétique, couplée à la dégradation des services de base, crée un cercle vicieux. L’État, contraint de financer les subventions énergétiques pour ne pas aggraver le problème de l’inflation, manque de moyens pour investir dans des secteurs clés comme l’éducation, la santé ou les infrastructures. Ses ressources propres ne suffisent pas pour couvrir les besoins grandissants sur ces services.

Il faut impérativement accélérer la transition énergétique. À moyen terme, le gouvernement a fixé l’objectif de 35% d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici à 2030, et 80% d’ici à 2050. S’il faut accorder de nouveaux avantages financiers et fiscaux aux investisseurs privés, il est temps de le faire, car le statu quo coûte encore plus cher. Les changements climatiques s’intensifient chaque année et la consommation de l’électricité va encore grimper. Même si les prix de l’énergie baissent, il y aura un effet volume capable d’absorber tout gain possible.

La question des subventions, délicate sur tous les fronts, est centrale. D’un côté, elles protègent les plus vulnérables; de l’autre, leur poids est devenu insoutenable. Une réduction brutale risquerait de provoquer une flambée des prix. Le gouvernement est en permanence à la recherche d’un équilibre entre soutien social et rigueur budgétaire. Peut-être qu’il est temps de réviser le système, même partiellement, et d’orienter l’argent épargné vers les secteurs qui touchent aussi les citoyens, essentiellement la santé. Nos ressources sont limitées et sans des arbitrages courageux, aucun service public ne pourra s’améliorer rapidement.

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La Tunisie à l’épreuve de la volatilité des cours des produits agricoles

14. August 2026 um 06:03

Alors que la majorité des Tunisiens sont en congé, les tensions géopolitiques et les phénomènes naturels mettent de la pression sur les marchés mondiaux. A la rentrée, il y a bien un risque de mauvaises surprises.

En fait, les prix alimentaires mondiaux sont à leur plus haut niveau depuis plus de 42 mois. Et ce, sous l’effet des vagues de chaleur estivales et des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.

 

Pression sur les céréales

La référence est l’indice des prix des produits alimentaires de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’indice, qui suit les variations mensuelles d’un panier de produits alimentaires échangés sur le marché international, est passé à 131,1 points en juillet. C’est un pic depuis janvier 2023, après une hausse des prix des céréales, du sucre et des huiles végétales. Ce trio est particulièrement critique pour la Tunisie.

La FAO a cité les vagues de chaleur comme facteur affectant les rendements du blé dans plusieurs pays producteurs clés. Les prix du sucre ont été tirés vers le haut par les dommages causés par le système météorologique El Niño qui se développe rapidement.

Les prix des céréales ont augmenté de 3,4 % sur un mois, incluant une hausse de 5,8 % du coût du blé mondial. Les perturbations persistantes des flux d’exportation de la mer Noire et les dommages causés aux infrastructures d’exportation, après l’intensification des attaques entre la Russie et l’Ukraine, ont fait monter les cours.

Les prix du maïs mondial ont augmenté de 3,6 %. Cela s’explique par les inquiétudes concernant le temps chaud et sec aux États-Unis. La vague de chaleur meurtrière qui a balayé l’Europe en juin, exacerbée par les émissions de carbone, aurait forcé les céréaliers à détruire 9 millions de tonnes de cultures telles que le blé, l’orge, le maïs et l’avoine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le sucre et les huiles végétales suivent le pas

Pour leur part, les prix du sucre ont bondi de 5,6 % en juillet. Une tendance attribuée aux craintes météorologiques et aux nouvelles règles au Brésil augmentant la quantité d’éthanol pouvant être ajoutée à l’essence. Ce qui a entraîné une demande accrue de la part des fermenteries.

Les prix des huiles végétales ont augmenté de 2 %. Une hausse que le rapport attribue à une demande soutenue du secteur du biodiesel en Indonésie et à la hausse des prix du pétrole brut. La guerre en Iran a également fait monter les prix alimentaires ces derniers mois. Sachant qu’environ un tiers de la production d’engrais transite par le détroit d’Ormuz. Les prix de la viande ont chuté de 2,8 % en juillet.

 

Œuvrer pour des solutions durables

Cette situation risque d’alourdir la pression sur la balance commerciale dans les mois à venir. Depuis sept ans, les crises exogènes s’enchaînent sans répit. À court terme, nous n’avons d’autre choix que de subir. A moyen et long terme, il nous faudra impérativement trouver des solutions du côté de la production nationale. C’est un enjeu de souveraineté qui, au même titre que la santé, l’éducation ou les transports, doit se situer au cœur de l’action publique.

Certes, les idées et les programmes ne manquent pas, mais leur mise en œuvre exige des financements conséquents. Surtout si nous voulons poser les bases d’une politique agricole durable. Toutefois, les capitaux ne manquent pas. Le secteur privé local peut y contribuer, à condition que les portes lui soient ouvertes. L’exemple du secteur photovoltaïque montre d’ailleurs ce qu’une telle politique peut produire.

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