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La Tunisie et sa diaspora | Remettre les pendules à l’heure

17. Juni 2026 um 10:51

Lorsqu’un enfant de la diaspora tunisienne choisit de ne pas porter le maillot national et jubile après avoir marqué deux fois contre la Tunisie, comme l’a fait l’international suédois d’origine tunisienne Yasin Ayari (photo), lundi dernier, en Coupe du Monde Fifa 2026, il est inutile de vouloir le blâmer, même si cela peut choquer. Le véritable enseignement est ailleurs : il est grand temps de remettre les pendules à l’heure et de moderniser la relation entre notre pays et sa diaspora. Les liens avec les nouvelles générations de Tunisiens de l’étranger ne peuvent plus être considérés comme acquis.

Hakim Tounsi *

Pendant longtemps, la Tunisie a su mettre en place des mesures innovantes et attractives pour maintenir le lien avec ses ressortissants à l’étranger. La FCR, notamment, a constitué en son temps une avancée importante et un signal fort adressé à la diaspora. Mais le monde a changé, notre diaspora aussi. Les recettes d’hier ne suffisent plus à répondre aux réalités et aux attentes d’aujourd’hui.

L’exemple récent d’un joueur binational tuniso-suédois ayant choisi de défendre les couleurs de la Suède et d’inscrire deux buts face à la Tunisie lors d’une Coupe du monde illustre parfaitement cette réalité.

Les enfants de la diaspora construisent, légitimement, leur parcours, leurs réussites et parfois même leur sentiment d’appartenance dans leurs pays de résidence. Leur attachement à la Tunisie ne peut donc être considéré comme acquis, ni se transmettre automatiquement de génération en génération.

Renforcer le lien avec sa diaspora

Depuis plusieurs années, j’alerte sur le risque de voir une partie des nouvelles générations de Tunisiens nés ou ayant grandi à l’étranger s’éloigner progressivement de leur pays d’origine si la Tunisie ne repense pas en profondeur sa manière d’entretenir et de renforcer le lien avec sa diaspora.

C’est précisément pour cette raison que je plaide depuis des années en faveur d’une relation moderne, équilibrée et mutuellement bénéfique entre la Tunisie et sa diaspora. Une relation fondée non seulement sur l’attachement au pays et les attentes légitimes de la nation, mais aussi sur le respect, la confiance, la reconnaissance des compétences, des aspirations et de la volonté de contribuer de nos compatriotes établis à l’étranger.

Si le patriotisme demeure un facteur important de cohésion, il ne peut à lui seul garantir la pérennité de ce lien. La relation entre la Tunisie et sa diaspora doit également reposer sur des intérêts partagés, des opportunités réciproques et un véritable partenariat gagnant-gagnant. C’est à cette condition que l’attachement au pays continuera de se transmettre et de se renforcer au fil des générations.

Cela suppose également de moderniser certaines politiques publiques qui concernent directement les Tunisiens de l’étranger : l’enseignement de la langue arabe, les conditions de mobilité entre la Tunisie et les pays de résidence, la simplification des démarches administratives, l’encouragement des jeunes générations à découvrir leur pays d’origine ainsi qu’une meilleure prise en compte de la contribution économique, sociale et culturelle de la diaspora dans les choix stratégiques de la nation.

Pour une logique de confiance et de partenariat

Il est également temps de passer d’une logique principalement fondée sur les contrôles et les contraintes à une logique d’incitation, de confiance et de partenariat. À titre d’exemple, plutôt que de multiplier les formalités et les justificatifs, la Tunisie pourrait imaginer de nouveaux mécanismes encourageant le rapatriement de devises, l’investissement productif et la création de valeur par les Tunisiens de l’étranger.

La FCR et la loi de 1972 ont, chacune à leur époque, constitué des outils innovants qui ont contribué à créer une dynamique économique et à renforcer les liens avec les Tunisiens établis à l’étranger.

L’enjeu aujourd’hui n’est pas de reproduire ces dispositifs à l’identique, mais de retrouver le même esprit d’innovation en concevant de nouveaux programmes adaptés aux réalités du XXIe siècle : avoirs fiscaux liés à l’investissement productif, encouragement de l’investissement dans les régions, développement de zones d’activités ouvertes aux initiatives de la diaspora, ou encore mécanismes favorisant les partenariats entre les compétences des Tunisiens du monde et les acteurs économiques locaux.

L’objectif n’est pas de faire un cadeau à la diaspora. L’objectif est de créer une dynamique gagnant-gagnant dans laquelle le pays bénéficie de davantage d’investissements, d’activité économique, d’emplois et de recettes, tandis que les Tunisiens de l’étranger trouvent un intérêt concret à renforcer leurs liens avec leur pays d’origine. Les grandes réussites économiques naissent souvent d’idées simples, audacieuses et adaptées à leur époque. La Tunisie a su faire preuve d’innovation hier ; elle doit retrouver cette capacité aujourd’hui.

En tant que Tunisiens engagés, nous mettons notre expérience et notre expertise au service de notre pays, convaincus que la valorisation des talents de la diaspora et la mise en place d’un véritable partenariat stratégique permettront de renforcer durablement les liens avec les Tunisiens du monde et de prévenir leur éloignement progressif.

Avec la précieuse contribution de mon ami Naoufel Zayadi, nous avons notamment formulé plusieurs propositions visant à réformer et moderniser l’enseignement de la langue arabe destiné aux enfants de la diaspora dans leurs pays d’accueil. À ce jour, ces propositions n’ont malheureusement donné lieu à aucune mise en œuvre concrète.

Les droits civiques des binationaux

Par ailleurs, je continue de considérer que la suppression de certains droits civiques des Tunisiens binationaux sous le mandat de Kaïs Saïed, notamment l’interdiction de se présenter aux élections locales, constitue une erreur qu’il conviendra de corriger. Une nation forte est une nation qui rassemble toutes ses compétences, où qu’elles se trouvent, plutôt qu’une nation qui les éloigne.

La question de la diaspora est un enjeu stratégique majeur pour la Tunisie. Elle mérite d’être appréhendée comme une richesse nationale à part entière, suivie, valorisée et intégrée dans la réflexion publique. C’est pourquoi j’appelle à davantage de réflexion, de concertation et de retenue avant toute promulgation de loi ou prise de décision susceptible d’affaiblir les liens avec nos compatriotes à l’étranger et, à terme, de porter atteinte aux intérêts supérieurs de notre pays.

* Economiste, fondateur et dirigeant du tour opérateur Otentic en France.

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Kaïs Saïed : la responsabilité au sein de l’État exige dévouement et sens du devoir

Von: tmps
17. Juni 2026 um 08:56

Le président de la République, Kaïs Saïed, a effectué, mardi, après-midi, une visite dans le gouvernorat de Kairouan, au cours de laquelle il a inspecté l’état d’avancement des travaux de réhabilitation des bassins des Aghlabides, placés sous la supervision de la direction générale du génie militaire.

Le chef de l’État s’est ensuite rendu aux remparts de la médina dont la restauration a été intégralement menée à terme après qu’une partie s’est effondrée et d’autres menaçaient ruine, cite un communiqué de la présidence de la République.

Dans une vidéo publiée via la page Facebook officielle de la présidence, le chef de l’Etat a salué les efforts déployés par la direction du génie militaire qui a achevé la restauration des bassins des Aghlabides et des remparts de la médina dans un temps record, tout en veillant scrupuleusement à préserver leur cachet architectural et historique.

Il s’est également félicité de la découverte de plusieurs vestiges archéologiques enfouis depuis des années, ce qui confère désormais au site un caractère original.

« Notre pays rayonne sur le monde. Que chacun sache que la Tunisie est un phare dans tous les domaines, et qu’elle le demeurera, fière et insoumise », a déclaré le président Saïed, dénonçant ce qu’il a qualifié d’« assassinat du patrimoine » de Kairouan, corollaire d’une expansion urbaine galopante qui se fait au détriment du domaine public.

Revenant sur le dossier des projets prévus pour le gouvernorat de Kairouan, le président de la République a mis l’accent sur l’impératif de lever au plus vite les obstacles freinant leur réalisation, fustigeant ceux qui dressent des blocages sous le faux prétexte de la lenteur des procédures pour se délier de leurs responsabilités.

« Quiconque détient une responsabilité au sein de l’Etat doit l’assumer comme un soldat au front », a-t-il encore martelé.

Juillet 2025, le président Saïed avait donné le coup d’envoi du projet de restauration des bassins des Aghlabides, supervisé par la direction générale du génie militaire en partenariat avec l’Institut national du patrimoine dans la perspective de réhabiliter ce monument historique et de renforcer l’attractivité touristique de Kairouan.

Le chantier couvre l’ensemble du site, qui s’étend sur environ 14 hectares. Il comprend la restauration en profondeur des bassins, l’installation d’un système hydraulique moderne garantissant le renouvellement permanent des eaux, la création d’espaces verts irrigués par un système de goutte-à-goutte alimenté directement depuis les bassins, ainsi que la réfection intégrale de l’enceinte du site.

Classés sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, les bassins des Aghlabides devraient retrouver leur vocation historique, culturel et touristique pour devenir un espace public ouvert répondant aux standards d’un parc moderne destiné aux familles et aux visiteurs tunisiens et étrangers.

Le projet est financé en partie par le don saoudien accordé à la construction de l’hôpital universitaire Roi-Salmane-ben-Abdelaziz de Kairouan, à l’aménagement de la mosquée Oqba Ibn Nafaa et de la médina, ainsi qu’à la restauration des bassins des Aghlabides.

Au cours de cette visite, le président a rencontré des citoyens et pris connaissance de leurs préoccupations, soulignant que « le travail se poursuit sans relâche pour répondre aux attentes du peuple tunisien, dans tous les secteurs et tous les domaines ».

Il s’est également rendu à la mosquée Oqba Ibn Nafaa dans le cadre de cette visite qui coïncide avec la célébration du Nouvel An de l’hégire.

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Kairouan : Saïed aux Bassins des Aghlabides, entre restauration du patrimoine et attentes citoyennes

17. Juni 2026 um 07:33

Le président de la République, Kaïs Saïed, a effectué mardi 16 juin une visite à Kairouan où il a inspecté l’avancement des travaux de réaménagement des Bassins des Aghlabides, conduits sous la supervision de la direction générale du génie militaire.

Le chef de l’État s’est également rendu aux remparts de la médina de Kairouan, dont les travaux de restauration ont été entièrement achevés après l’effondrement d’une partie de l’ouvrage et la dégradation de plusieurs autres sections qui menaçaient de s’écrouler.

Le génie militaire mis à l’honneur

Lors de cette visite, Kaïs Saïed a salué le travail réalisé par les équipes du génie militaire, estimant que plusieurs chantiers ont été menés dans des délais particulièrement rapides.

Le président a souligné que les travaux engagés aux Bassins des Aghlabides ont permis non seulement de réhabiliter ce monument emblématique, mais aussi de révéler des éléments du patrimoine restés longtemps enfouis.

Évoquant l’avancement du projet, il a indiqué que « de nombreux vestiges » qui étaient restés cachés pendant des années ont été mis au jour lors des opérations en cours, sans fournir davantage de précisions sur la nature exacte de ces découvertes.

Lire aussi: Tunisie : Les bassins des Aghlabides bientôt transformés en parc écologique et historique

Préserver l’identité historique de Kairouan

Au cours de ses échanges, le chef de l’État a insisté sur l’importance historique et civilisationnelle de Kairouan, qui s’apprête à entrer dans sa quatorzième centaine d’années d’existence.

Il a également évoqué la nécessité de préserver le caractère architectural et urbanistique de la ville, estimant que les futurs aménagements doivent respecter l’identité historique de l’ancienne capitale aghlabide.

Kaïs Saïed a par ailleurs appelé à accélérer la réalisation des projets publics et à lever les obstacles administratifs susceptibles d’en retarder l’exécution, estimant que les responsables concernés doivent pleinement assumer leurs responsabilités.

Rencontre avec les habitants

Comme lors de plusieurs de ses déplacements à l’intérieur du pays, le président de la République a rencontré des citoyens venus lui faire part de leurs préoccupations.

Selon la Présidence, il a réaffirmé que l’action de l’État se poursuivait « sans interruption » afin de répondre aux attentes des Tunisiens dans l’ensemble des secteurs et des régions.

Les Bassins des Aghlabides, construits au IXe siècle, figurent parmi les monuments les plus emblématiques de Kairouan et constituent l’un des plus remarquables témoignages du génie hydraulique de l’époque. Leur réhabilitation s’inscrit dans un programme plus large de valorisation du patrimoine historique de la ville.

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