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Tunisie : Le déficit énergétique atteint 10,48 milliards de dinars, les réserves en baisse

29. Oktober 2026 um 15:56

Le déficit commercial énergétique de la Tunisie a atteint 10,480 milliards de dinars, soit environ la moitié du déficit commercial global, tandis que les réserves en devises sont tombées à l’équivalent de 93 jours d’importation au 23 octobre 2026, contre 107 jours un an auparavant. Ces indicateurs ont été présentés jeudi 29 octobre par la ministre des Finances, Mechkat Salma Khaldi, lors d’une audition consacrée à l’exécution du budget de l’État pour l’année 2026.

Devant les commissions des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et du Conseil national des régions et des districts (CNRD), la ministre a estimé que les indicateurs économiques affichaient une stabilité relative, malgré les risques et les défis auxquels le pays reste confronté.

Les importations progressent plus vite que les exportations

Les échanges commerciaux illustrent les pressions qui pèsent sur les équilibres extérieurs. Selon les chiffres présentés par la ministre, les importations ont augmenté de 13,1%, contre une progression de 8,6% des exportations. Cet écart contribue à accentuer les tensions sur la balance commerciale et à accroître les besoins de financement extérieur, a souligné Mechkat Salma Khaldi.

Le déficit commercial énergétique constitue un autre point de vigilance. Il s’est établi à 10,480 milliards de dinars, représentant environ 50% du déficit commercial global, selon les données communiquées lors de l’audition.

La ministre a également évoqué les répercussions potentielles de la crise géopolitique au Moyen-Orient, notamment sur les échanges commerciaux et les prix de l’énergie.

Les recettes touristiques et les transferts en hausse

Les recettes touristiques ont progressé de 3,7%, tandis que les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger ont augmenté de 4,4%. Ces deux sources de devises contribuent au financement d’une partie du déficit extérieur, a indiqué la ministre. Leur évolution intervient dans un contexte marqué par la nécessité de préserver les équilibres financiers du pays.

Au 23 octobre 2026, les réserves en devises s’élevaient à 24,180 milliards de dinars, correspondant à 93 jours d’importation. À la même période de l’année précédente, elles couvraient 107 jours d’importation.

Le gouvernement veut intégrer progressivement le secteur informel

Lors de son intervention, la ministre des Finances a également insisté sur les effets de l’expansion du secteur informel. Selon elle, ce phénomène crée une concurrence déloyale pour les entreprises opérant dans le secteur formel, réduit les ressources de l’État et compromet l’égalité des chances entre les opérateurs économiques.

Elle a par ailleurs fait état de formes de collaboration entre certains acteurs du secteur formel et des activités informelles, estimant nécessaire de renforcer les mécanismes de contrôle et de suivi. Le gouvernement a élaboré un plan visant à intégrer progressivement les activités informelles dans le cadre légal, afin d’élargir l’assiette de l’activité économique formelle et de renforcer le respect des obligations fiscales et législatives.

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Lutte contre le blanchiment: ce que exige désormais le CMF

16. Oktober 2026 um 12:05

Le Conseil du Marché Financier (CMF) vient de publier  un guide pratique élargi pour renforcer la prévention du blanchiment d’argent, du financement du terrorisme et de la prolifération des armes. Destiné aux intermédiaires en bourse et aux sociétés de gestion de portefeuilles, ce document précise les mesures de vigilance et de contrôle attendues de ces professionnels.

Face aux risques de circulation de capitaux d’origine illicite, la prévention ne peut se limiter à un simple contrôle des transactions. Elle suppose également de connaître les clients, de retracer l’origine des fonds et de détecter les opérations inhabituelles. C’est dans cette optique que le CMF entend mettre à la disposition des professionnels un référentiel concret pour mieux appliquer les exigences légales et réglementaires en vigueur.

D’après communiqué, ce guide s’appuie notamment sur la loi organique n° 2015-26 du 7 août 2015, modifiée et complétée par la loi organique n° 2019-9 du 23 janvier 2019, ainsi que sur la législation relative au marché financier et le règlement du CMF du 23 janvier 2026.

Au cœur de cette démarche figure l’approche fondée sur les risques. Concrètement, les établissements concernés sont appelés à identifier et à évaluer les vulnérabilités liées à leurs clients, aux opérations réalisées, aux produits et services proposés, aux canaux de distribution et aux zones géographiques concernées. Cette cartographie doit évoluer au gré des risques, notamment lors du lancement de nouveaux produits ou services.

Encore faut-il que cette vigilance se traduise dans les pratiques quotidiennes. Le guide insiste ainsi sur la vérification de l’identité des clients et des bénéficiaires effectifs, ces personnes physiques qui détiennent ou contrôlent réellement une entité. Lorsque le risque est jugé élevé, les contrôles doivent être renforcés, notamment par la collecte d’informations supplémentaires et la vérification de l’origine des fonds et du patrimoine.

Par ailleurs, le CMF met l’accent sur la gouvernance interne. Le conseil d’administration, la direction générale, la fonction de conformité et l’audit interne doivent intervenir selon une répartition claire des responsabilités. La fonction de conformité doit, à cet égard, disposer de l’indépendance et des moyens nécessaires pour remplir ses missions.

La détection des opérations suspectes constitue un autre maillon essentiel du dispositif. Les transactions inhabituelles doivent être examinées au regard du profil du client et de son activité. Si les éléments recueillis font naître un soupçon, une déclaration peut être requise, dans le strict respect de la confidentialité et sans en informer le client ou un tiers. Le guide rappelle également les obligations relatives aux sanctions financières ciblées, notamment la vérification des listes applicables et le gel des avoirs concernés conformément à la législation en vigueur.

Enfin, le régulateur souligne que l’efficacité de ces mesures repose aussi sur la formation continue du personnel, la traçabilité des opérations et la réalisation d’audits internes indépendants. Il appelle les établissements concernés à revoir leurs procédures et à coopérer avec les autorités compétentes, dont la Commission tunisienne des analyses financières (CTAF).

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