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Tunisie | A l’approche du Mouled, le prix du zgougou s’envole

17. August 2026 um 11:42

La flambée des prix dont ne cessent de se plaindre les Tunisiens ne devrait pas épargner le fameux zgougou (graines de pin d’Alep) que l’on utilise pour la préparation l’«assidat zgougou», la crème traditionnelle servie lors de la célébration du Mouled, date d’anniversaire de la naissance du prophète Mohamed. Il en sera de même aussi pour les fruits secs utilisés pour garnir la fameuse crème.

A l’approche de cette fête, les marchés connaissent une hausse des prix de ces ingrédients et cela suscite déjà le mécontentement des citoyens, pour qui le coût de préparation de l’«assidat zgougou» représente désormais une lourde charge financière, en particulier pour les familles à revenus faibles ou moyens.

Des citoyens cités par Diwan FM ont affirmé que, face à hausse des prix des ingrédients, ils vont devoir réduire les quantités achetées ou rechercher des alternatives moins onéreuses, comme l’«assidat baidha» à base de farine, d’huile d’olive et de miel.

De son côté, Fathi Labyedh, responsable de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche à Zaghouan, a souligné que le zgougou constitue un produit majeur pour la région — tant sur le plan économique que social — et qu’il est lié à des coutumes et traditions ancrées de longue date, notamment lors de la célébration du Mouled. Sauf que le prix actuel de cet ingrédient avoisine les 50 dinars le kilogramme et pourrait même, selon les prévisions, dépasser les 60 dinars.

Il faut dire que la récolte de «zgougou» a été cette année assez moyenne en raison des incendies de forêts survenus dans certaines région tunisiennes.

La date du Mouled est prévue pour le mardi 25 août 2026 correspondant au 12 Rabii al-Awal de l’an 1448 de l’Hégire, selon le calendrier musulman.

I. B.

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Mouled : attention à la qualité du zgougou et des fruits secs

Von: tmps
17. August 2026 um 09:49

Le spécialiste en santé unique (Onehealth) et en toxicologie, et expert de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans le domaine de la sécurité alimentaire, Youssef Hamdouni, a mis en garde dimanche contre l’achat du zgougou (pin d’Alep) et des fruits secs à l’occasion de la célébration du Mouled (naissance du Prophète), auprès de points de vente non agréés, afin d’éviter les risques sanitaires liés à un mauvais stockage, notamment le risque de contamination par les aflatoxines.

Dans une déclaration à l’agence TAP, Hamdouni a expliqué que « les aflatoxines sont des toxines (mycotoxines) dangereuses produites par des moisissures de certaines espèces de champignons qui peuvent se développer dans de mauvaises conditions de stockage, en particulier dans des environnements chauds et humides », précisant que « l’exposition prolongée à ces toxines peut causer de graves lésions hépatiques, affaiblir le système immunitaire, et est également associée à un risque accru de cancer du foie à long terme ».

Il a souligné que le zgougou, qui fait l’objet d’une large consommation à cette occasion, peut être contaminé s’il est stocké dans des conditions inappropriées, tout en soulignant que « les analyses officielles régulières effectuées par les structures de contrôle sanitaire montrent que la plupart des échantillons de zgougou commercialisés par des voies légales et réglementées sont exempts d’aflatoxines et conformes aux normes ».

Il a précisé que le risque augmente principalement lors de l’achat de graines d’origine inconnue ou stockées pendant de longues périodes dans des conditions humides et insalubres, appelant les consommateurs à se procurer le zgougou et les fruits secs dans des commerces et des espaces ouverts au public soumis à des contrôles, en privilégiant les produits en conserve portant un étiquetage clair indiquant notamment la date de péremption.

Il a également recommandé de vérifier, avant l’achat, la salubrité des denrées alimentaires et l’absence de signes de pourriture, d’humidité, d’insectes et de leurs traces, ou de toute altération anormale.

En ce qui concerne la conservation à domicile, Hamdouni a conseillé de stocker le zgougou dans des endroits secs et frais, à l’abri de la chaleur, des rayons du soleil et de l’humidité.

Dans ce contexte, Hamdouni a appelé à adopter des pratiques saines lors de la manipulation et du stockage des denrées alimentaires à domicile, soulignant que la prévention commence par le choix d’une source d’achat fiable, le respect des conditions de conservation et le refus de consommer tout produit présentant des signes de pourriture, d’humidité ou d’altération.

 

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Le « zgougou » se raréfie en Tunisie : Les incendies et le climat font grimper les prix

14. August 2026 um 12:06

Le « zgougou », nom tunisien donné aux graines du pin d’Alep, se fait plus rare sur le marché tunisien. La baisse de la production, liée notamment aux incendies ayant ravagé des superficies forestières, aux perturbations climatiques et à la diminution du nombre de personnes disposées à effectuer la récolte, contribue à maintenir les prix à des niveaux élevés.

Dans une déclaration à Jawhara FM, le membre du bureau exécutif de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP), Tarek Mekhzoumi, a confirmé un recul de la production de graines de pin d’Alep. Selon lui, les incendies qui ont touché d’importantes superficies forestières au cours de l’année écoulée ont directement affecté les zones productrices.

Une récolte particulièrement dépendante du climat

La campagne de récolte du « zgougou » s’étend généralement de décembre à avril. Or, les conditions météorologiques enregistrées durant la dernière saison, particulièrement dans le Nord-Ouest, ont réduit le nombre de jours durant lesquels les familles pouvaient travailler en forêt.

À cette contrainte climatique s’ajoute l’impact plus structurel du changement climatique sur les forêts de pin d’Alep. Les sécheresses, les épisodes météorologiques extrêmes et les incendies répétés fragilisent progressivement les écosystèmes forestiers et peuvent affecter la disponibilité du produit.

Les données disponibles montrent l’importance économique de cette ressource. En 2024, les forêts de pin d’Alep couvraient environ 360.000 hectares en Tunisie, soit près de la moitié de la superficie forestière nationale, même si seule une partie de ces espaces est effectivement exploitée chaque année.

Un métier pénible qui attire de moins en moins

La baisse de l’offre ne s’explique toutefois pas uniquement par les incendies. Tarek Mekhzoumi évoque également un désintérêt croissant des familles pour cette activité, particulièrement éprouvante.

La récolte et l’extraction des graines reposent encore largement sur des méthodes traditionnelles et nécessitent un important effort physique. Selon des déclarations rapportées par Diwan FM, l’extraction peut notamment s’effectuer dans des conditions de chaleur particulièrement difficiles, tandis que l’absence de mécanisation moderne complique davantage le travail.

Lire aussi : Kasserine : 2,48 millions de dollars pour restaurer les forêts de pin d’Alep

Cette pénibilité pose ainsi une question économique plus large : alors que la demande augmente, la main-d’œuvre disponible pour récolter le produit tend à se réduire.

Du produit forestier à un ingrédient de l’industrie agroalimentaire

Autre facteur expliquant la pression sur les prix : le « zgougou » n’est plus consommé uniquement comme ingrédient de la traditionnelle « assida zgougou », préparée notamment à l’occasion du Mouled.

Selon Mekhzoumi, le produit est désormais utilisé tout au long de l’année par l’industrie agroalimentaire, notamment dans la fabrication de yaourts, de pâtisseries et d’autres produits transformés. Cette diversification des usages a mécaniquement élargi la demande.

La filière s’est ainsi progressivement transformée : les familles qui récoltent le produit peuvent le vendre directement ou céder leur récolte à des grossistes, lesquels l’acheminent ensuite vers les commerces, les grandes surfaces et les entreprises de transformation.

Jusqu’à 50 dinars le kilo

Dans ce contexte de recul de l’offre et de progression de la demande, le prix du « zgougou » se situe actuellement entre 48 et 50 dinars le kilogramme, voire davantage selon les régions, d’après Tarek Mekhzoumi.

Une autre déclaration récente du même responsable situe également le prix autour de 50 dinars, avec des écarts pouvant atteindre environ 56 dinars selon la distance de transport et les coûts d’acheminement vers les autres gouvernorats.

Le phénomène n’est pas nouveau. En 2025, le prix du kilogramme oscillait déjà autour de 44 à 50 dinars dans certaines zones, tandis que la production était affectée par les incendies ayant touché notamment des forêts de Siliana.

Le « zgougou » tunisien se retrouve donc au croisement de plusieurs enjeux : changement climatique, protection des forêts, conditions de travail des récolteurs et transformation de la demande alimentaire. Une évolution qui pourrait continuer à peser sur les prix si la production forestière et les conditions de récolte ne parviennent pas à suivre l’augmentation de la demande.

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