RN3 à Ben Arous : Une route recyclée ouverte au trafic
Le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Salah Zouari, a ouvert à la circulation, lundi 19 octobre 2026, un tronçon expérimental de la route nationale 3 (RN3), à Ben Arous, intégrant des matériaux issus des déchets de construction et de démolition. Long d’environ 1,2 kilomètre, ce chantier pilote du projet RE-MED doit permettre d’évaluer la résistance de ces matériaux en conditions réelles, sur un axe emprunté par près de 150 000 véhicules par jour. Le ministre a également annoncé son intention d’introduire, dans de futurs cahiers des charges routiers, une proportion minimale de matériaux recyclés.
Quatre sections pour mesurer la résistance de la chaussée
Le tronçon expérimental ne constitue pas une simple opération de réutilisation de gravats. Il doit fournir des données sur le comportement des matériaux recyclés sous l’effet du trafic et des conditions environnementales.
Selon les précisions communiquées par le Centre des techniques de la construction, le dispositif comprend quatre sections distinctes. L’une d’elles intègre des matériaux recyclés sur une épaisseur de 50 centimètres et une largeur de 7,5 mètres, sur une longueur de 400 mètres.
Des capteurs installés sur la chaussée permettront de suivre plusieurs paramètres, notamment l’humidité, les charges et la résistance de la structure routière. L’objectif est de confronter les performances attendues des matériaux à leur comportement effectif sous la circulation.
Le choix de cet axe, particulièrement fréquenté, donne à l’expérimentation une portée concrète. Les mesures doivent contribuer à déterminer dans quelle mesure les matériaux issus des déchets du bâtiment et des travaux publics peuvent être intégrés durablement aux infrastructures routières.
Du projet pilote à une évolution des marchés publics ?
L’ouverture de cette route marque une nouvelle étape pour le projet RE-MED, engagé en 2023 pour développer des solutions de valorisation des déchets de construction et de démolition dans les infrastructures routières du bassin méditerranéen.
Coordonné par le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), le projet associe des partenaires tunisiens, français, italiens et libanais. Il vise notamment à structurer des filières permettant de transformer ces déchets en ressources utilisables dans la construction routière.
L’enjeu dépasse ainsi les performances d’un seul tronçon. La réutilisation de matériaux issus du BTP pourrait contribuer à limiter le recours aux ressources naturelles et à réduire les quantités de déchets destinées à l’élimination. Sa généralisation dépend toutefois de la démonstration de leur fiabilité technique et de leur adaptation aux exigences des infrastructures.
Salah Zouari a annoncé son intention d’inscrire, dans de futurs cahiers des charges relatifs aux routes, une proportion minimale de 20 % ou 30 % de résidus de construction recyclés. Cette orientation pourrait donner un débouché plus régulier aux matériaux valorisés et encourager le développement d’une filière spécialisée.
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