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L’Église sonne l’alarme : l’IA menace l’humanité

25. Mai 2026 um 15:30

Dans sa première encyclique, intitulée « Magnifica humanitas », le pape alerte sur l’impact d’une technologie considérée comme un défi anthropologique à l’humanité, s’inscrivant de plain-pied dans les débats en cours sur l’utilisation de l’IA.

Léon XIV a tenu à présenter le texte lui-même, soulignant l’importance du document qu’il a rendu public, lundi 25 mai, lors d’une conférence de presse. Pour la première fois, un pape est apparu, au Vatican, devant les journalistes pour présenter un document à la plus haute valeur magistérielle, l’encyclique Magnifica humanitas, ou « Magnifique humanité » en français, sur un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : l’intelligence artificielle (IA).

Publié lundi, ce premier grand écrit du pape américain avait été signé le 15 mai. La date, symbolique, en dit long sur la tradition dans laquelle Robert Prevost souhaite inscrire Magnifica humanitas et sur l’impact qu’il aimerait lui donner. En effet, le 15 mai 1891, soit cent trente-cinq ans plus tôt, le pape Léon XIII jetait les bases de la doctrine sociale de l’Eglise catholique dans une encyclique, Rerum novarum (« Des choses nouvelles »). A savoir, une réflexion pensée comme un guide pour les chrétiens face à la révolution industrielle en cours à l’époque.

Plus d’un siècle plus tard, Léon XIV, qui a choisi son nom en hommage à son prédécesseur, estime, à son tour, devoir offrir au monde une réflexion sur une révolution industrielle et cognitive d’ampleur, celle de l’IA.

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L’IA et l’ingénieur de demain

25. Mai 2026 um 07:51

Pour tirer pleinement profit de l’évolution rapide de l’Intelligence artificielle (IA), la Tunisie doit mettre en place un Observatoire national de l’IA, placé sous la tutelle de la plus haute autorité gouvernementale. Il aurait pour mission principale d’anticiper les mutations technologiques, d’accompagner les politiques publiques liées à l’IA, de promouvoir une approche innovante, éthique et durable au service du développement global et d’assurer la coordination et la synergie entre les différentes institutions et parties prenantes concernées. (Photo: Mohsen Gharsi, doyen des ingénieurs tunisiens).

Taoufik Halila & Mohamed Férid Herelli *

Dans le cadre du cycle es Samedis de l’Ingénieur, le doyen des ingénieurs, Mohsen Gharsi, a accueilli, le samedi 22 mai 2026 à la Maison des ingénieurs, Sofiene Hemissi, ministre des Technologies de l’information et de la communication, en présence d’une pléiade d’ingénieurs venus de toutes les régions de la Tunisie. Cet événement a offert un espace d’échange, de réflexion et de prospective sur les grands défis de notre époque.

L’intervenant, lui-même ingénieur de formation, a captivé l’auditoire par une allocution à la fois spontanée et inspirante. Il a mis en lumière les axes prioritaires pour préparer les jeunes générations aux défis majeurs de l’intelligence artificielle (IA), tout en soulignant l’importance de concilier innovation technologique, maîtrise des outils numériques et amélioration continue de la qualité des services publics. L’objectif : apporter des réponses concrètes aux préoccupations quotidiennes des citoyens et contribuer à un mieux-être collectif.

De son côté, le Doyen des ingénieurs a rappelé avec force que les nations qui n’investissent pas dès aujourd’hui dans l’intégration et la maîtrise des applications de l’IA risquent d’être rapidement dépassées par les mutations en cours et de rester en marge des grandes transformations technologiques et économiques mondiales.

Cette journée a également été marquée par une parfaite organisation de l’équipe de communication l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT) à travers des panels d’intervenants de très haut niveau, particulièrement enrichissants.

Un nouveau modèle d’ingénieur

Ainsi, le XXIe siècle marque une rupture comparable aux grandes révolutions industrielles qui ont transformé les civilisations humaines. Après la mécanisation, l’électricité et l’ère numérique, nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle phase dominée par l’IA, la robotique avancée, les méga données, les biotechnologies et les systèmes intelligents autonomes. Cette transformation n’est pas seulement technologique, elle est économique, sociale, culturelle, géopolitique et même philosophique.

Dans ce contexte, l’ingénieur devient une figure centrale de la société contemporaine. Pourtant, le profil classique de l’ingénieur spécialisé dans une seule discipline technique ne répond plus aux exigences du monde actuel. Les défis contemporains – changement climatique, crises énergétiques, cybersécurité, transition numérique, souveraineté technologique, sécurité alimentaire, santé mondiale – exigent un nouveau modèle d’ingénieur : créatif, multidisciplinaire, éthique et visionnaire.

En effet, l’enseignement supérieur scientifique se voit confier une mission résolument tournée vers l’avenir : préparer des générations capables non seulement d’utiliser les technologies intelligentes, mais surtout de concevoir une société durable, équitable et innovante.

L’université moderne doit devenir un laboratoire d’anticipation du futur et un moteur de transformation socio-économique.

L’IA : une mutation civilisationnelle

L’IA représente aujourd’hui l’un des bouleversements les plus profonds de l’histoire contemporaine. Son impact dépasse largement l’automatisation des tâches. Elle modifie les modes de production, les systèmes de communication, les structures du travail, les mécanismes de décision, les modèles économiques et les relations humaines.

L’IA possède une capacité unique : apprendre, analyser, prédire et parfois prendre des décisions autonomes à partir de quantités massives de données. Cette capacité transforme progressivement tous les secteurs de l’économie mondiale.

L’apparition de l’IA générative accélère encore cette révolution en touchant désormais la recherche scientifique, l’éducation, la médecine, la création artistique, l’ingénierie, la finance et les médias. Nous assistons à l’émergence d’une économie fondée sur la connaissance, les données et l’innovation permanente.

Les nations les plus avancées investissent massivement dans l’IA, les semi-conducteurs, le calcul de haute performance, la cybersécurité, les technologies quantiques, la robotique et les biotechnologies. La compétition mondiale ne repose plus uniquement sur les ressources naturelles, mais sur le capital intellectuel, la recherche scientifique, la maîtrise des données et la capacité d’innovation.

Dans cette nouvelle donne, les universités et les centres de recherche deviennent des instruments stratégiques de souveraineté nationale.

De l’ingénieur technicien à l’ingénieur stratège

L’ingénieur du futur ne sera plus seulement un spécialiste des calculs techniques. Il devra devenir analyste de systèmes complexes, innovateur, gestionnaire de projets intelligents, entrepreneur, chercheur et médiateur entre technologie et société. Son rôle consistera à concevoir des solutions globales intégrant performance technologique, durabilité environnementale, impact social, sécurité numérique et responsabilité éthique. Ce qui exige des compétences fondamentales tournées vers le futur.

– L’ingénieur moderne devra maîtriser l’IA, la data science, la programmation avancée, le cloud computing, le cybersécurité, l’Internet des objets, la robotique, la simulation numérique et le calcul scientifique.

– Face à l’automatisation croissante, les qualités humaines prennent une importance stratégique : créativité, pensée critique, capacité d’adaptation, intelligence émotionnelle, leadership, travail collaboratif et communication scientifique. Les machines peuvent calculer rapidement, mais l’humain conserve la capacité d’interprétation, d’innovation et de jugement éthique.

– L’ingénieur du futur devra réfléchir aux conséquences humaines des technologies : protection des données personnelles, biais algorithmiques, surveillance numérique, dépendance technologique, exclusion sociale et responsabilité environnementale. La formation scientifique ne peut plus être séparée de la réflexion philosophique et éthique.

À ce propos, il y a lieu de rappeler, la recommandation de la Fédération internationale des organisations des travailleurs de la métallurgie (Fiom), qui a suggéré d’appliquer la règle (40-40-20) soit, sur 220 jours de travail par an, les ingénieurs actifs consacreraient 100 jours aux travaux pratiques en atelier ou sur chantier, 100 jours de travail au bureau, et 20 jours participation à des stages, séminaires de formation continue et recyclage pour actualiser leurs connaissances.

Transformer les modèles pédagogiques

Dans l’enseignement supérieur, le modèle traditionnel fondé sur les cours magistraux et la mémorisation devient insuffisant. Les écoles d’ingénieurs et les universités doivent évoluer vers l’apprentissage par projets, les laboratoires expérimentaux, les simulations numériques, l’enseignement hybride, les plateformes intelligentes et les environnements collaboratifs. L’étudiant doit devenir un acteur engagé à part entière de sa formation.

L’université du futur doit être connectée à l’écosystème économique : entreprises technologiques, centres de recherche, startups, industries innovantes et institutions publiques. Les établissements doivent encourager l’incubation de projets, les brevets, la recherche appliquée, les startups universitaires et l’entrepreneuriat scientifique.

La science moderne est universelle. Les universités et écoles d’ingénieurs doivent renforcer les partenariats internationaux, les doubles diplômes, la mobilité étudiante, les laboratoires collaboratifs et les réseaux scientifiques mondiaux. Les pays qui investissent dans la coopération scientifique augmentent leur capacité d’innovation.

 Comment devenir avant-gardiste dans le domaine scientifique ?

Être avant-gardiste signifie anticiper les mutations futures avant qu’elles ne deviennent dominantes.

Anticiper les métiers du futur : les établissements doivent identifier les professions émergentes : ingénieur en IA, architecte Cloud, spécialiste cyber sécurité, ingénieur biomédical, expert en énergie verte, data scientist, ingénieur robotique, spécialiste des villes intelligentes. Former aujourd’hui pour les besoins de demain constitue un enjeu stratégique majeur.

Introduire la culture de la recherche  finalisée dès les premières années : la recherche scientifique  finalisée ne doit plus être réservée aux doctorants. Les étudiants doivent participer tôt aux projets expérimentaux, compétitions technologiques, publications, conférences scientifiques et hackathons. Cette culture stimule l’innovation et l’autonomie intellectuelle.

Les grandes innovations naissent souvent de la rencontre entre plusieurs disciplines : IA et médecine, informatique et agriculture, robotique et environnement, data science et économie, ingénierie et sciences sociales… Le cloisonnement académique doit être dépassé.

Les secteurs prioritaires du futur sont l’IA et les technologies numériques, qui représentent le cœur de la transformation mondiale : IA générative, automatisation industrielle, vision par ordinateur, systèmes autonomes, analyse prédictive…

Aussi, la protection des infrastructures numériques devient-elle essentielle pour les États et les entreprises. Les besoins futurs concernent la cryptographie, la sécurité des données, l’intelligence défensive et la protection des réseaux critiques.

Le changement climatique impose, quant à lui, une transformation profonde des systèmes énergétiques : énergie solaire, hydrogène vert, réseaux intelligents, stockage énergétique, mobilité électrique…

L’IA révolutionne, également, la médecine grâce au diagnostic assisté, à la médecine personnalisée, à la bio-informatique, à la robotique médicale et à la génomique.

L’agriculture du futur utilisera drones, capteurs intelligents, IA climatique, irrigation intelligente et agriculture de précision.

Les usines intelligentes reposeront sur la robotique collaborative, la maintenance prédictive, l’automatisation avancée, la fabrication additive et les jumeaux numériques.

Défis socio-économiques pour les pays en développement

Les pays émergents font face à plusieurs difficultés : fuite des cerveaux, insuffisance des investissements scientifiques, fracture numérique, chômage des diplômés et dépendance technologique.

Cependant, l’IA offre aussi une opportunité historique de rattrapage technologique. Pour réussir cette transition, plusieurs priorités s’imposent : modernisation des universités, financement de la recherche, création de pôles technologiques, partenariat université-industrie et soutien aux startups innovantes.

L’université du futur ne doit plus être uniquement un lieu d’enseignement. Elle doit devenir centre de production du savoir, incubateur d’innovation, laboratoire social, acteur du développement durable et moteur de compétitivité économique. La société de demain sera construite autour de la connaissance scientifique.

Vers une civilisation de l’intelligence augmentée

L’objectif n’est pas de remplacer l’humain par la machine, mais de construire une intelligence augmentée où l’IA assiste la créativité humaine, la technologie améliore la qualité de vie, la science sert le développement durable et l’innovation réduit les inégalités. Le défi majeur réside dans la capacité des systèmes éducatifs à préparer cette transition de manière responsable et inclusive.

L’IA constitue une révolution globale qui redéfinit profondément le rôle de l’ingénieur et la mission de l’enseignement supérieur. Les universités sont appelées à devenir des espaces d’anticipation stratégique capables de former des générations créatives, multidisciplinaires et éthiquement responsables.

L’ingénieur de demain devra maîtriser les technologies intelligentes tout en comprenant les enjeux humains, environnementaux et géopolitiques du monde contemporain. Être avant-gardiste signifie aujourd’hui investir dans la recherche, l’innovation, la coopération scientifique et le développement des compétences du futur.

Les sociétés qui réussiront seront celles qui placeront la science, l’éducation et l’intelligence collective au cœur de leur projet de développement. L’avenir ne dépendra pas uniquement des machines intelligentes, mais surtout de la capacité humaine à orienter la technologie vers le progrès de la civilisation.

Enfin, pour tirer pleinement profit de l’évolution rapide de l’IA, il apparaît indispensable de mettre en place un Observatoire national de l’IA, placé sous la tutelle de la plus haute autorité gouvernementale.

Cette structure aurait pour mission principale d’assurer la coordination et la synergie entre les différentes institutions et parties prenantes concernées, tout en veillant à l’élaboration d’une vision stratégique claire et prospective. Elle contribuerait également à anticiper les mutations technologiques, à accompagner les politiques publiques liées à l’IA et à promouvoir une approche innovante, éthique et durable au service du développement national.

* Conseillers du Doyen des Ingénieurs Tunisiens (OIT).

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La Tunisie classée 8e pays africain utilisant l’IA générative  

24. Mai 2026 um 13:23

La Tunisie arrive à la 8e place des pays africains où l’on utilise le plus l’IA générative au 1er trimestre 2026, selon un rapport intitulé «Global AI Diffusion – Q1 2026 Trends and Insights» publié le 1er mai 2026 par le géant technologique américain Microsoft.

Le rapport révèle que l’Afrique du Sud, la Namibie, la Libye et le Gabon occupent les 4 premières places africaines ex aequo en matière d’usage des outils d’intelligence artificielle (IA) générative tels que ChatGPT, Gemini, Claude ou Copilot au premier trimestre 202.

Le rapport mesure la diffusion de l’IA dans le monde en s’appuyant sur la proportion de personnes âgées de 15 à 64 ans ayant utilisé une solution d’IA générative (GenAI) entre le 1er janvier et le 31 mars 2026 à partir de données télémétriques agrégées et anonymisées de Microsoft.

Ces données sont ensuite ajustées pour tenir compte des différences en matière de parts de marché des systèmes d’exploitation et des appareils connectés, du taux de pénétration d’Internet et de la population nationale.

En Afrique du Sud, 23,1% de la population s’est servie de l’IA générative au 1er premier trimestre de l’année en cours. Le pays arc-en-ciel est suivi de la Namibie, 2e avec un taux d’utilisation de 15,1%, de la Libye et du Gabon, 3e (15%), de l’Egypte et le Botswana,5e (14,8%), du Sénégal, 7e (13,9%) et de la Tunisie, 8e (13,5%). L’Algérie se classe 9e (13,2%) et le Maroc 12e (11,7%).

Il convient aussi de préciser que, selon ce même rapport, les Emirats arabes unis sont le leader mondial de l’adoption de la GenAI avec 70,1% de leur population utilisant cette technologie, talonnés par Singapour 2e (63,4%), la Norvège 3e (48,6%), l’Irlande 4e (48,4%) et la France 5e (47,8%).

Voici, par ailleurs, leclassement des pays africains où l’on utilise le plus l’IA générative au 1er trimestre 2026 tel que publié par le journal économique panafricain Ecofin.

1-Afrique du Sud (23,1% de la population)

2-Namibie (15,1%)

3-Libye (15%)

  -Gabon (15%)

5-Egypte (14,8%)

  -Botswana (14,8%)

7-Sénégal (13,9%)

8- Tunisie (13,5%)

9-Algérie (13,2%)

10-Zambie (13,1 %)

    -Côte d’Ivoire, (13,1 %)

12-Maroc (11,7%)

13-Gambie (11,4%)

14-Angola (10,9%)

    -Madagascar (10,9%)

    -Malawi (10,9%)

    -Mozambique (10,9%)

18-Bénin (10,1%)

    -Burkina Faso (10,1%)

    -Ghana (10,1%)

    -Guinée (10,1%)

    -Guinée-Bissau (10,1%)

    -Liberia (10,1%)

    -Mali (10,1%)

    -Mauritanie (10,1%)

    -Niger (10,1%)

    -Nigeria (10,1%)

    -Sierra Leone (10,1%)

    -Togo (10,1%)

30-Lesotho (9,8%)

31-Kenya (8,7%)

    -Cameroun (8,7%)

    -Centrafrique (8,7%)

    -Tchad (8,7%)

    -Congo (8,7%)

    -RD Congo (8,7%)

37-Zimbabwe (8,5%)

38-Burundi (7,6%)

    -Erythrée (7,6%)

    -Ethiopie (7,6%)

    -Somalie (7,6%)

    -Soudan du Sud (7,6%)

    -Soudan (7,6%)

    -Tanzanie (7,6%)

    -Ouganda (7,6%)

46-Rwanda (7,2%)

I. B.

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Souveraineté énergétique et IA en Afrique du Nord

15. Mai 2026 um 10:51

Lors de son audition à l’Assemblée nationale française le 12 mai 2026, Arthur Mensch, cofondateur de la start-up Mistral AI, a posé un diagnostic sans appel pour l’Europe (Vidéo) : «Si l’Europe avec la France combine intelligence artificielle et capacité de production électrique, l’Europe et la France peuvent retrouver une part de marché soutenable et indépendante. Sinon, la France et le reste de l’Europe deviennent un État vassal des États-Unis». En Afrique du Nord (Tunisie, Algérie, Libye), cette sonnette d’alarme venue de l’Europe doit résonner avec une intensité particulière. Et si le réacteur nucléaire à sel fondu (MSR) était l’arme anti-vassalisation face aux Etats-Unis et à l’Europe ?

Naâmen Bouhamed *

Comprendre qu’aujourd’hui l’Europe dépense 1 000 milliards d’euros (1 trilliard) en services IA (cloud, SaaS, modèles, data centers), cela veut dire que cet argent, qui sort de l’économie européenne, est capté presque intégralement par les Gafam et hyperscalers américains dont il finance les centres de R&D (Californie, Texas, Boston).

Les hyperscalers sont Google, Amazon et Microsoft pour le cloud. Ces entreprises dominent 66 % du marché. Leur puissance vient de leur capacité à investir des centaines de milliards de dollars US dans des data centers et à capter l’électricité partout dans le monde.

Face à la menace de«vassalisation numérique»

L’Europe, l’Afrique du Nord ou toute autre région qui importe ces services sans produire sa propre énergie et ses propres modèles, solutions et data centers IA, devient de fait «un État vassal» des Gafam et donc des Etats-Unis.

Alors que la France et l’Europe tentent de freiner l’hégémonie des hyperscalers, la Tunisie, l’Algérie et la Libye disposent d’un atout que l’Europe perd : une capacité à construire ex-nihilo une infrastructure cloud et énergétique à très haute valeur ajouté dédiée à l’IA, potentiellement via la technologie de rupture que représente le nucléaire à sels fondus (MSR) et offrir une offre énergétique plus compétitive que l’Europe.

L’IA générative a aussi créé une nouvelle catégorie d’acteurs : les néoclouds (CoreWeave, Lambda, Nscale). Spécialisés dans les GPU (NVIDIA H100, B200), ils proposent de la puissance de calcul brute pour entraîner des modèles.

Pour l’Algérie et la Tunisie, c’est une opportunité : ces néoclouds sont plus flexibles que les hyperscalers et pourraient être attirés par une énergie abondante et plus compétitive qu’en Europe.

Eng. Karim Beguir, cofondateur d’InstaDeep en Tunisie et auteur de l’ouvrage ‘‘Le saut décisif’’ (AC Édition, Tunis, juillet 2025), partage ce constat. Pour lui, l’Afrique est à un moment charnière. Parlant de la Tunisie et de l’Afrique, il écrit : «Le potentiel est là. Il est temps de construire un avenir basé sur l’innovation, la résilience et l’indépendance technologique» .

Voici comment la Tunisie et l’Algérie peuvent transformer la menace de «vassalisation numérique» vis-à-vis des États-Unis en levier de puissance régionale.

L’IA est une guerre des watts donc de l’énergie

Arthur Mensch le rappelle lors de son audition à l’Assemblé française: les géants américains (OpenAI, Google et les autres ) «finissent de capter l’offre électrique européenne disponible». Une requête ChatGPT consomme 10 fois plus d’énergie qu’une recherche Google. D’ici 2030, l’IA représentera près de 4 % de l’électricitémondiale. Donc les Gafam achètent et captent aujourd’hui la totalité de la production électrique de l’Europe de demain.

La situation en 2026 se présente ainsi :

France/Europe : le nucléaire historique est contraint par la maintenance et la gestion des déchets ; les énergies renouvelables (solaire, éolienne…) sont intermittentes. Les data centers américains achètent directement l’électricité européenne aux producteurs, créant des pénuries pour les besoins locaux.

Algérie et Tunisie : le potentiel solaire est immense (3 000 heures de soleil par an) mais le stockage est défaillant et les infrastructures fragiles malgré les avancées technologiques.

Tunisie : il y a une dépendance gazière de l’Algérie et une production électrique sous tension estivale, alors que la production du mix énergétique solaire reste encore en sous-capacité (6 à 7% seulement).

Une opportunité unique s’offre à la Tunisie : l’IA nécessite une «base load» (puissance constante 24h/24). Le solaire seul ne suffit pas. Le gaz, soumis aux prix mondiaux, détruit la souveraineté. La solution est donc le nucléaire nouvelle génération à sels fondus (MSR).

La MSR comme option stratégique

Contrairement aux réacteurs à eau pressurisée (type français), le réacteur à sels fondus présente des avantages décisifs pour le contexte nord-africain et surtout pour la Tunisie.

1- Une sécurité inhérente : en cas de panne, le sel se refroidit et se solidifie, sans fusion du cœur (pas de risque du type Tchernobyl ou Fukushima). Idéal pour une première expérience nucléaire en région sismique modérée.

2- Une consommation d’eau quasi nulle : les réacteurs classiques mobilisent d’importantes ressources en eau pour le refroidissement. Le MSR utilise du gaz ou de l’air. Dans un Maghreb en stress hydrique, c’est un impératif politique et la solution la plus sécurisée.

3- Une valorisation des déchets : certains MSR peuvent consommer du thorium (dont l’Algérie possède des réserves) ou recycler leurs propres déchets, tel que le phosphogypse présent en Tunisie.

Karim Beguir, dans ‘‘Le Saut décisif’’, insiste sur la nécessité pour l’Afrique d’investir massivement dans «deux piliers» : les capacités de calcul et l’exploitation des énergies renouvelables. Le nucléaire à sels fondus s’inscrit parfaitement dans cette vision, apportant la puissance stable et décarbonée dont la Tunisie et le continent africain ont besoin pour faire fonctionner leurs datacenters.

Un Plan d’action conjoint :

Phase 1 (2027-2030) :

– un partenariat avec des start-ups internationales spécialisées dans le développement d’une centrale à sels fondus tel que Terrestrial Energy (Etats-Unis), Seaborg (Danemark), ou China Natrium (Chine) qui offrent plusieurs options sur terre ou sur le littoral ;

– un co-financement tunisien et algérien pour un démonstrateur MSR de 50 MW dans le sud ou une zone frontalière (Tozeur ou Kasserine), là où l’eau et la densité de population ne sont pas des contraintes ;

– la création d’un centre de formation tuniso-algérien.

Phase 2 (2031-2035) : la Tunisie, via son réseau interconnecté avec l’Algérie, impulse une distribution nationale pour développer une base Africa Data Cities dans les régions de Sfax, Bizerte et El-Ghazala à Tunis, alimentée en très haute tension afin d’offrir une plateforme euro-africaine totalement sécurisée vis-à-vis des Etats-Unis, voire une connexion vers l’Italie et l’Europe pour la revente du surplus.

Ne pas refaire l’erreur européenne : Mensch souligne que si l’Europe importe ses services américains, elle subira un «déficit d’un trilliard d’euros» en recherche et développement. Pour la Tunisie et l’Algérie, le piège serait de se contenter d’être de simples «branchés du cloud américain» sans apporter aucune valeur ajoutée.

Stratégie de captation de la valeur : créer un modèle «Mistral» tunisien et algérien local et développer des langages (LLM) arabophone, francophone et anglophone, entraînés sur les serveurs alimentés par la centrale MSR tuniso-algérienne. Coût énergétique fixe = avantage compétitif face aux États-Unis.

Levier clé de la commande publique : comme le préconise Mensch, pour la France et l’Europe, utiliser les 50 % du PIB de l’État (marchés publics, santé, éducation…) pour imposer des clouds souverains.

L’Afrique du Nord doit adopter une position ferme : interdiction de stockage de données sensibles sur AWS/Azure Google et Microsoft; la Tunisie impose déjà aux administrations de migrer vers une infrastructure nationale garantissant une souveraineté totale.

Karim Beguir va plus loin en plaidant pour que «l’Afrique crée ses propres modèles d’IA, à son image, plutôt que d’importer ceux des autres». Selon lui, le continent ne doit pas se contenter d’être un consommateur de technologies venues d’ailleurs, mais doit devenir un acteur à part entière de la révolution en cours.

Le levier RH : Mensch note qu’aujourd’hui, avec les agents Claude, «les ingénieurs (humains) n’écrivent plus de lignes de code» , ce qui multiplie la productivité par 20.

La Tunisie, qui forme d’excellents ingénieurs — Karim Beguir lui-même tunisien, diplômé de l’École Polytechnique de Paris, en est l’illustration parfaite avec son parcours ayant mené sa startup IA tunisienne  InstaDeep jusqu’à un rachat par BioNTech valorisée à plusieurs centaines de millions de dollars — doit cesser de les envoyer en France ou au Canada. Gardons-les sur place pour auditer et réparer les infrastructures IA plutôt que pour coder des logiciels standards.

Géopolitique : le «Neutre numérique»

Face à la polarisation États-Unis-Chine (et l’Europe tentant de survivre), le tandem Algérie-Tunisie peut jouer la carte du «hub non-aligné».

Pour l’Europe (France, Italie) : proposer un «cloud refuge». Si les hyperscalers américains captent les data centers allemands ou polonais, les entreprises françaises pourraient délocaliser leurs calculs sensibles en Tunisie, alimentée par l’atome tuniso-algérien, sous juridiction mixte. C’est moins risqué que le Maroc ou l’Égypte (proches d’Israël et des États-Unis).

Rapport de force : si la Tunisie et l’Algérie contrôlent à la fois la puissance électrique (MSR-nucléaire) et le stockage physique (data centers), elles deviennent le point d’entrée obligé de l’IA en Afrique. Les Gafam devront payer un tribut ou accepter des clauses de souveraineté.

Karim Beguir estime que le potentiel économique de l’IA en Afrique pourrait atteindre 2,9 billions de dollars d’ici 2030. Mais pour y parvenir, le continent doit sortir des modèles économiques obsolètes axés sur la main-d’œuvre bon marché et les matières premières, et oser ce qu’il appelle «le saut décisif».

L’alliance entre MSR et IA souveraine est la clé de ce bond en avant.

Conclusion : le temps est compté

Mensch donne un horizon de 2 ans avant que le marché ne soit verrouillé par les Gafam et donc les Etats-Unis.

Pour le Maghreb, le calcul est simple : le soleil est intermittent, le gaz est politique, mais une centrale nucléaire à sel fondu est souveraine. Comme le rappelle Karim Beguir dans son ouvrage déjà cité : «L’avenir est là, et l’Afrique peut encore façonner son propre destin — si elle ose franchir le pas».

La Tunisie doit immédiatement lancer le chantier juridique du cloud souverain tuniso-algérien. Elle doit impulser avec l’Algérie et la Libye une dynamique sur le nucléaire civil et signer un accord de coopération technique pour un MSR avant fin 2027.

Si nos pays attendent que l’Europe ait construit sa réponse au défi américain, il sera trop tard.

Le réacteur nucléaire à sels fondus n’est pas une option énergétique : c’est le seul chemin pour que l’IA en Tunisie et en Algérie soit un outil d’émancipation pour toute l’Afrique, et non un simple pipeline de données vers la Silicon Valley et la mainmise des USA sur l’Europe et l’Afrique.

* Consultant International France-Tunisie.

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Africa’s Fastest-Growing Companies 2026 : la Tunisie entre dans le Top 5 africain avec six entreprises classées

15. Mai 2026 um 09:59

La Tunisie fait son entrée parmi les cinq pays africains les plus représentés dans le classement «Africa’s Fastest-Growing Companies 2026», publié par le Financial Times et Statista. Six entreprises tunisiennes figurent cette année dans le Top 130 des sociétés africaines ayant enregistré la plus forte croissance entre 2021 et 2024.  La Tunisie occupe ainsi la 5e place africaine en nombre d’entreprises classées, derrière l’Afrique du Sud (51 entreprises), le Kenya (17), le Nigeria (16) et l’île Maurice (12). Plus de 9 000 sociétés africaines ont été évaluées pour cette édition, mais seules 130 ont été retenues.

Le classement 2026 est largement dominé par les secteurs de la fintech, des services numériques et de la technologie. Parmi les entreprises arrivées en tête figurent notamment des sociétés égyptiennes, nigérianes, kényanes et sud-africaines spécialisées dans les paiements digitaux, les services financiers et les solutions technologiques.

Le Top 10 comprend notamment:

  1. Thndr (Égypte) – fintech
  2. Entreprise technologique sud-africaine
  3. Société kényane de services numériques
  4. Entreprise nigériane de fintech
  5. Groupe africain de services financiers
  6. Société technologique panafricaine
  7. Heirs Life Assurance (Nigeria)
  8. Entreprise spécialisée dans les paiements digitaux
  9. Société de services numériques
  10. Entreprise opérant dans les technologies financières

 

Six entreprises tunisiennes distinguées

Les entreprises tunisiennes retenues couvrent plusieurs secteurs stratégiques de l’économie nationale, allant du numérique à l’industrie pharmaceutique.

Les six sociétés tunisiennes classées sont :

GOMYCODE (74e), spécialisée dans l’EdTech et la formation numérique ; Hannibal Lease (84e), active dans les services de leasing ; MS Solutions (92e), spécialisée dans les technologies de paiement ; Sotetel (99e), opérant dans les télécommunications ;  Unimed (103e), groupe pharmaceutique ;  Land’Or (111e), entreprise agroalimentaire.

Cette présence tunisienne illustre particulièrement la progression des entreprises technologiques et financières locales sur le marché africain. Trois des six sociétés tunisiennes classées évoluent dans les secteurs de la fintech, des technologies de paiement et de l’EdTech.

Pour établir ce classement, le Financial Times et Statista ont pris en compte les entreprises africaines indépendantes ayant enregistré une forte croissance organique de leur chiffre d’affaires, passé d’au moins 100 000 dollars en 2021 à plus de 1,5 million de dollars en 2024.

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Baromètre EY 2025 : la fonction RH face au défi des compétences

25. Dezember 2025 um 09:30

Ressources Humaines - RH - EmploiLe baromètre EY du capital humain en Tunisie 2025 dévoilé vendredi 12 décembre à l’occasion de la 12ème édition des HR Awards, organisée par l’Arforghe et la KAS, brosse le portrait d’une fonction RH qui évolue sans avoir atteint les niveaux ambitionnés pour être plus efficiente et plus performante.

Si les pratiques administratives se digitalisent progressivement — 67 % des entreprises ont automatisé certains processus — la fonction demeure largement cantonnée à un rôle opérationnel classique qui reste limité à la planification annuelle des effectifs, les formations réactives et une gestion de courts termes.

La situation qui révèle une tension profonde estime Ernest and Young. Les RH perçoivent clairement l’accélération des mutations du travail, mais n’arrivent pas encore à concevoir une vision stratégique capable d’anticiper les compétences, les métiers et les modèles organisationnels de demain.

Résultat : la fonction reste souvent en retrait des décisions structurantes, alors même que le capital humain devient le principal levier de compétitivité.

L’IA, catalyseur d’un changement de posture

Dans pareil contexte, l’intelligence artificielle devient un accélérateur potentiel de maturité RH. Elle permettrait de transformer en profondeur la manière de gérer les talents par l’automatisation des tâches répétitives à faible valeur ajoutée, l’optimisation du recrutement grâce à l’analyse de données et la personnalisation des parcours de formation et de carrière via l’anticipation des besoins en compétences.

Mais l’IA est jusqu’à présent un outil, elle ne crée de valeur que si elle est intégrée dans une vision RH claire, alignée sur les priorités business. Sans gouvernance ni cap, elle risque de rester un instrument technologique isolé, incapable de faire évoluer le rôle des RH vers celui de véritable partenaire stratégique.

« Les responsables RH identifient les transformations à l’œuvre, mais peinent encore à construire une vision stratégique capable d’anticiper les compétences et les métiers de demain. »

Préserver l’emploi en le réinventant et en l’adaptant

Les chiffres sont sans appel : 70 % des employeurs déclarent un besoin urgent de nouvelles compétences, et le déficit mondial de talents pourrait atteindre 85 millions de personnes d’ici 2030. Cette tension sur les compétences redéfinit le débat autour de l’IA.

L’enjeu n’est pas la disparition de l’emploi, mais sa transformation. Les algorithmes absorbent les tâches standardisées ; les femmes et les hommes se recentrent sur ce qui fait la valeur durable du travail : créativité, intelligence émotionnelle, leadership, capacité à donner du sens et à fédérer.

Préserver l’emploi, dans ce contexte, signifie investir massivement dans la montée en compétences, encourager la mobilité interne et installer une logique d’apprentissage continu. La RH devient alors l’architecte des trajectoires professionnelles, plutôt que la simple gestionnaire des effectifs.

Dans son ouvrage 21 leçons pour le 21ème siècle Noah Harari parle de machines qui remplacerait la force physique, mécanique, de l’homme. Avec l’Intelligence Artificielle (IA), c’est la force cognitive qui est également remplacée.

Pour lui, échapper aux algorithmes artificiels serait difficile, dans la mesure où il suffit aux ingénieurs de comprendre et copier les propres comportements des hommes, qui sont eux-mêmes considérés par la science comme des algorithmes biochimiques.

C’est ainsi que les IA peuvent désormais faire preuve “d’intuition » et prédire les comportements d’autrui. Mais il y a plus. Les IA se connectent plus facilement et sont régulièrement mises à jour. Cela leur offre un avantage sur les humains”.

« Sans gouvernance ni alignement stratégique, l’intelligence artificielle reste un outil isolé, incapable de transformer durablement la fonction RH. »

Les risques à ne pas sous-estimer

L’étude EY met toutefois en garde contre plusieurs dérives potentielles dont l’usage des biais algorithmiques dans le recrutement, susceptibles de renforcer les inégalités existantes, la tentation d’une surveillance excessive des collaborateurs au nom de la performance, la perte de confiance lorsque les décisions RH apparaissent déshumanisées,

Ces risques sonnent comme un signal d’alarme : l’IA n’est jamais neutre. Elle reflète les choix, les valeurs et les biais de ceux qui la conçoivent et l’utilisent. D’où la nécessité de garde-fous éthiques, juridiques et managériaux, et du maintien d’une gouvernance humaine sur toutes les décisions sensibles.

Œuvrer pour une fonction RH stratégique et responsable

Pour 89 % des dirigeants interrogés par EY, une fonction RH stratégique sera déterminante pour le succès des entreprises dans les cinq prochaines années. Cette ambition suppose un changement de posture clair pour formaliser une stratégie RH alignée sur la vision de la direction générale, passer à une organisation centrée sur les compétences plutôt que sur les postes, développer une culture inclusive et diversifiée, encore insuffisamment concrétisée en Tunisie et assumer un rôle de leader technologique, capable d’orchestrer l’intégration de l’IA avec discernement et responsabilité.

« Les algorithmes absorbent les tâches standardisées, tandis que l’humain se recentre sur la créativité et le leadership. »

Quand l’atout RH vacille

Les enquêtes de l’ITCEQ ont longtemps identifié les ressources humaines comme un pilier majeur du climat des affaires en Tunisie, perçu positivement par les chefs d’entreprise.

Mais le constat de 2022 marque un tournant préoccupant : l’indice RH chute à 68,7/100, son plus bas niveau depuis sa création. Ce recul traduit une fragilisation de la fonction RH, qui peine à maintenir son rôle d’atout stratégique dans un environnement de plus en plus exigeant.

Une alerte qui appelle la transition

Ce déclin n’est pas anodin : il signale que les pratiques RH, encore trop centrées sur l’opérationnel, ne suffisent plus à répondre aux attentes des talents et aux mutations du marché. La fonction RH doit donc amorcer une transition profonde, passant d’un rôle administratif à une autorité stratégique du capital humain. C’est là que l’intelligence artificielle entre en scène.

« Sans garde-fous éthiques, l’IA peut renforcer les inégalités existantes et fragiliser la confiance des collaborateurs. »

 L’IA, levier de redressement

L’intégration de l’IA peut contribuer à inverser la tendance baissière des hautes compétences en Tunisie en en automatisant les tâches répétitives, en redonnant du temps aux équipes pour l’accompagnement humain et en anticipant les besoins en compétences grâce à l’analyse prédictive. L’IA peut être une opportunité pour repositionner la fonction RH comme pilier stratégique du climat des affaires, capable de regagner son indice de confiance et de redevenir un moteur de croissance.

Le déclin mesuré par l’ITCEQ agit comme un signal d’alarme : sans transformation, la fonction RH risque de perdre son statut d’atout majeur. Mais en embrassant l’IA avec discernement, elle peut redevenir un levier central de compétitivité et de stabilité, en Tunisie comme ailleurs. La transition vers une RH augmentée par l’intelligence artificielle est donc moins une option qu’une nécessité stratégique.

Pour Ernest and Young, la révolution de l’intelligence artificielle n’oppose pas l’homme à la machine. Elle interroge la capacité des organisations à créer une complémentarité féconde entre efficacité technologique et intelligence humaine.

Amel Belhadj Ali

CHIFFRES CLES

  • 67 % : La digitalisation progresse, mais reste majoritairement administrative. Elle ne s’accompagne pas encore d’un repositionnement stratégique de la fonction RH.
  • 70 % : La pénurie de compétences devient structurelle. Elle impose une refonte des politiques de formation et de mobilité interne.
  • 85 millions : Ce déficit mondial accentue la concurrence entre économies pour attirer et retenir les talents.
  • 89 % : Les dirigeants placent la RH au cœur de la performance future, soulignant l’urgence du changement de posture.
  • 68,7/100 : La baisse de l’indice RH traduit une perte de confiance dans la capacité actuelle des RH à soutenir le climat des affaires.

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TRIBUNE : L’intelligence artificielle, l’allié stratégique de l’entrepreneur

Von: hechmi
24. Dezember 2025 um 14:09

Longtemps considérée comme une technologie totalement réservée aux grandes organisations, l’intelligence artificielle (IA) se présente aujourd’hui comme un véritable levier d’innovation pour les entrepreneurs. Cet outil, quoique soulevant de nouveaux défis à la fois éthiques et humains, semble transformer en profondeur l’aventure entrepreneuriale.

L’IA a échappé de la sphère des géants de la technologie et s’est imposée depuis quelques années comme un outil stratégique au service des entrepreneurs. En peu de temps, elle a fortement modifié la manière de concevoir, de gérer et de développer une entreprise. De la génération d’idées à la mise en marché du produit et/ou service, l’IA s’immisce dans toutes les étapes du processus entrepreneurial, permettant un gain de temps, une minimisation du risque et beaucoup plus de perspicacité.

De visu, l’impact de l’IA se situe au niveau de la phase de création. Les entrepreneurs font désormais recours à des outils tels que ChatGPT, Gemini ou encore Notion AI pour tester la viabilité de leurs idées, comprendre les aspects de leurs projets, simuler et concevoir des business plans, etc.

L’IA intervient de la génération d’idées à la mise sur le marché, modifiant les pratiques entrepreneuriales.

 

Dans sa quête d’innovation, l’entrepreneur trouve dans l’IA le véritable sparring partner intellectuel ; elle aide à structurer une réflexion, à explorer des scénarios de marché ou à repérer les besoins non ou mal satisfaits.

Au-delà de la créativité, l’IA constitue un puissant accélérateur de prise de décisions. Elle permet d’assurer l’efficacité des analyses stratégiques en offrant une lecture instantanée des tendances et des comportements à la fois des consommateurs et des concurrents. Ce que le flair des entrepreneurs devinait autrefois, les algorithmes le détectent et le traitent en quelques secondes.

Les outils d’IA permettent d’analyser des idées, de simuler des scénarios et d’évaluer la viabilité des projets.

 

En Tunisie, l’intelligence artificielle commence à prendre de la place dans les pratiques entrepreneuriales. Elle est devenue pour bon nombres de startups locales, œuvrant dans les domaines de la santé, de la fintech ou de l’éducation, le meilleur outil de différenciation sur un marché palpablement compétitif.

Les incubateurs et espaces d’innovation invitent les entrepreneurs à intégrer des solutions d’automatisation et de data intelligence dès la conception de leur entreprise. Toutefois, le niveau d’adoption de l’IA dans les activités entrepreneuriales reste relativement faible, et ce, à cause des coûts parfois élevés des outils, du manque de formation technique et, surtout, des réticences culturelles face à la technologie.

Grâce à l’analyse rapide des données, l’IA améliore l’efficacité des décisions entrepreneuriales.

 

Les apports considérables de l’IA ne doivent pas occulter ses limites. L’entrepreneur, considéré comme l’acteur de changement favorable pour l’économie et la société, risque de se trouver dans l’obligation de déléguer à la machine des décisions qui relèvent de la vision et de l’intuition.

En effet, l’ère de l’entrepreneur augmenté renvoie à un repositionnement de l’humain dans l’entreprise. L’IA offre à l’entrepreneur les moyens et les outils nécessaires afin de mieux comprendre son environnement pour pouvoir innover plus intelligemment, agir plus vite, et, dans une autre approche, devenir proactif.

Un nouvel équilibre doit s’installer ; une alliance subtile homme/machine mérite d’être stratégiquement annoncée. L’avenir de l’entrepreneuriat sera aussi bien humain qu’artificiel.

Sarhan ABDENNADHER
Maître-assistant HDR en Sciences de Gestion,
FDS, Université de Sfax, Tunisie.

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L’UVT dévoile le Plan d’action 2025 pour l’intégration de l’IA dans l’enseignement supérieur tunisien

Von: hechmi
23. Dezember 2025 um 09:00

Une feuille de route nationale pour l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans l’enseignement supérieur et la recherche scientifique a été dévoilée par l’Université virtuelle de Tunis (UVT), marquant une étape stratégique pour le secteur académique tunisien.

Sur sa page Facebook officielle, l’UVT a annoncé la mise à disposition de l’ensemble des documents officiels élaborés à l’issue de consultations élargies avec toutes les parties prenantes. Parmi ces documents figurent les orientations stratégiques ainsi que le Plan d’action 2025 pour l’intégration de l’IA, désormais accessibles au public.

Deux publications majeures accompagnent cette annonce : une étude prospective sur l’intégration de l’IA dans l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, disponible via le lien suivant : https://lnkd.in/dvq_tKnb, ainsi que le Plan d’action 2025 détaillé, accessible à l’adresse : https://lnkd.in/dsqM7JCu.

Cette initiative fait suite à la tenue, le 4 décembre 2025, d’une journée consacrée au thème « La stratégie de l’IA dans l’enseignement supérieur, en action », dont un compte rendu détaillé est disponible via le lien : https://lnkd.in/dqgbTHqh.

Créée en 2002, l’Université virtuelle de Tunis a pour mission de soutenir le développement de l’enseignement supérieur en Tunisie à travers la promotion de l’enseignement à distance, l’intégration des technologies de l’information et de la communication (TIC), ainsi que la conception de programmes en ligne innovants destinés aux étudiants et aux enseignants.

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Tunisie : la Cour des comptes intègre l’intelligence artificielle pour moderniser ses activités

Von: walid
22. Dezember 2025 um 12:50

La Cour des comptes a lancé, en partenariat avec l’Union européenne et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), un programme ambitieux d’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans ses activités.

Un colloque scientifique, tenu les 18 et 19 décembre, a marqué l’aboutissement de ce programme. Il a été consacré à la présentation et à la discussion des résultats des travaux menés, aboutissant à des recommandations pratiques pour la future stratégie de l’institution en matière d’IA.

Placé sous le thème « L’intelligence artificielle à la Cour des comptes : opportunités et défis », ce programme vise à moderniser le fonctionnement institutionnel et à ouvrir un débat professionnel sur les usages de l’IA, tout en tenant compte des impératifs de gouvernance, d’éthique et de protection des données.

Sur sa page Facebook, la Cour des comptes précise que ce processus s’est déroulé sur plusieurs semaines. Il a débuté par des journées de sensibilisation, du 24 au 28 novembre 2025, à l’intention de tous les membres de la Cour, présentant les bases de l’IA et ses perspectives d’application. Des groupes de discussion (focus groups) se sont ensuite tenus du 1er au 5 décembre 2025 pour examiner les opportunités et les défis dans ses principales missions, tels que le contrôle, la gouvernance et la justice, et pour formuler des propositions concrètes.

À travers cette initiative, la Cour des comptes réaffirme son engagement à déployer l’intelligence artificielle selon une vision équilibrée, fondée sur l’efficacité, la transparence et les principes de bonne gouvernance, dans le but d’améliorer sa performance et de s’adapter à l’évolution du service public.

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