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Tunisie : l’hémorragie des cerveaux coûte des milliards!

13. Mai 2026 um 15:19

La Tunisie fait face à une accélération inquiétante de la fuite de ses compétences. Médecins et ingénieurs quittent le pays par milliers, dans un mouvement qui prend désormais l’allure d’une véritable hémorragie nationale.

Selon les chiffres de Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT), environ 6 500 ingénieurs ont quitté la Tunisie en 2024. En 2025, le rythme s’est encore intensifié, atteignant près de 20 départs par jour, soit plus de 7 000 ingénieurs sur une seule année. Les projections pour 2026 dépassent déjà les 8 000 départs annuels si cette dynamique se poursuit.

Le constat est vertigineux : plus de 46 000 ingénieurs tunisiens auraient quitté le pays au cours des dix dernières années, sur un total estimé à 105 000 inscrits à l’Ordre. Autrement dit, une part considérable des compétences techniques du pays s’est progressivement installée à l’étranger.

Le secteur médical traverse une crise tout aussi alarmante. D’après les données relayées par le Conseil national de l’Ordre des médecins, près de 1 300 médecins ont quitté la Tunisie en 2024, principalement vers la France, l’Allemagne et les pays du Golfe. En 2025, les départs dépasseraient les 1 400 médecins, dans un contexte marqué par l’essoufflement de l’hôpital public et la dégradation des conditions de travail.

Lire aussi: La fuite des cerveaux en Tunisie : un diagnostic connu, des réponses encore incomplètes

Pour 2026, les estimations évoquent déjà près de 1 600 départs. Depuis 2021, plus de 6 000 médecins tunisiens auraient quitté le pays, selon plusieurs représentants du secteur.

Derrière ces chiffres, c’est toute la question de l’avenir économique et sanitaire de la Tunisie qui est posée. Car à mesure que les talents s’en vont, le pays voit s’éroder une partie essentielle de son capital humain, formé pendant des années par l’université publique tunisienne.

Une perte économique chiffrée en milliards de dinars !

Sur le plan strictement économique, cette fuite des compétences représente également une perte financière considérable pour la Tunisie. Chaque ingénieur formé dans le système public coûte à l’État plusieurs dizaines de milliers de dinars, tandis que la formation d’un médecin peut dépasser les 100 000 dinars sur l’ensemble de son cursus universitaire et hospitalier. En appliquant ces ordres de grandeur aux flux de départs enregistrés, le manque à gagner devient particulièrement lourd : pour les ingénieurs, les 46 000 départs sur la dernière décennie représenteraient une perte de formation estimée entre 1,4 et 2,7 milliards de dinars, tandis que pour les médecins (plus de 6 000 départs depuis 2021), le coût total avoisinerait les 900 millions de dinars.

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À cela s’ajoutent les pertes indirectes liées aux impôts non perçus, aux cotisations sociales et à la valeur ajoutée que ces professionnels auraient générée sur le marché national, renforçant encore l’impact structurel de cette hémorragie de compétences sur la capacité du pays à produire de la richesse, à innover et à maintenir la qualité de ses services publics essentiels.

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