❌

Normale Ansicht

Location-vente en Tunisie : 1000 logements par an face à un besoin de 200 000

13. Oktober 2026 um 16:23

Au rythme prévu de 1 000 logements par an, il faudrait 200 ans pour couvrir la demande nationale. C’est ce que relève la Chambre des promoteurs immobiliers, qui propose quatre réformes.

Le projet gouvernemental de location-vente de logements, salué dans son principe pour raviver un mécanisme ayant fait ses preuves dans les années 1970, se heurte à des lacunes légales et opérationnelles majeures. Lesquelles risquent de paralyser son efficacité. C’est le constat de Hechmi Miliani, trésorier de la Chambre nationale des promoteurs immobiliers, dans une déclaration au journal L’Économiste Maghrébin. Il estime que le dispositif actuel ne permettra pas de résoudre la crise structurelle du logement sans une révision législative approfondie, menée en concertation avec les professionnels du secteur.

Pour M. Miliani, le principal frein est l’attribution exclusive du programme à la SNIT et à la SPROLS, qui font déjà face à d’importantes difficultés internes. Le besoin national est estimé à 200 000 logements, mais ces structures prévoient une capacité de production limitée à 1 000 unités par an, soit 5 000 logements sur cinq ans. Selon son calcul, il faudrait donc 200 ans pour absorber la demande actuelle, au point que les candidats, leurs enfants et leurs petits-enfants n’en bénéficieraient pas de leur vivant. Il déplore aussi la démarche du ministère de l’Équipement, qui consiste à réaliser une phase d’essai étalée jusqu’en 2027-2028, et plaide au contraire pour l’adoption immédiate d’une vision stratégique globale.

La Chambre propose d’abord d’ouvrir le programme aux promoteurs privés, sous réserve d’appliquer le même cahier des charges que le secteur public. Cela permettrait de produire de 25 000 à 30 000 logements par an et d’atteindre 90 000 unités en trois ans. Elle suggère ensuite de segmenter l’offre en trois standings, social, intermédiaire et amélioré, afin d’adapter les logements aux différents niveaux de revenus, du SMIG à des salaires de 5 000 dinars. Et ce, tout en garantissant des implantations géographiques adaptées aux attentes de la classe moyenne.

Lire aussi — Immobilier tunisien : Hechmi Miliani démonte le mythe des 800 000 logements invendus

 

Sa troisième proposition consiste à accorder aux ménages de la classe moyenne un prêt direct, au taux préférentiel de 3 % et plafonné à 400 000 dinars. Il serait financé par le fonds FOPROLOS, qui accumule 380 millions de dinars par an grâce aux contributions patronales. M. Miliani rappelle que le coût du crédit bancaire constitue le principal obstacle à l’accès à la propriété : un emprunt de 200 000 dinars coûte au final 484 000 dinars au souscripteur.

Enfin, la Chambre préconise la création d’une interface financière intermédiaire entre les promoteurs et les citoyens pour assurer le recouvrement des loyers. Elle éviterait aux entreprises publiques comme la SNIT de dépêcher des agents pour collecter directement des mensualités de 400 dinars.

Pour étayer son diagnostic sur la crise du secteur, le trésorier détaille l’envolée des coûts de production enregistrée depuis 2010. Le coût de revient du mètre carré bâti est passé de 150 dinars en 2010 à 350 dinars aujourd’hui. Cette augmentation s’explique par le renchérissement des matériaux et de la main-d’œuvre : le sac de ciment est passé de 6,5 à 17 dinars, le prix du fer a été multiplié par cinq ou six, la journée d’un ouvrier qualifié est passée de 25 à 80 dinars, et celle d’un ouvrier non qualifié de 10 dinars à une fourchette de 30 à 35 dinars. Sur le plan foncier, il est désormais impossible de trouver du terrain à bâtir à moins de 2 000 dinars le mètre carré.

Pour appuyer ses mises en garde contre les risques d’échec réglementaire, M. Miliani rappelle l’expérience du programme « Premier Logement », déployé entre 2018 et 2025. Sur l’enveloppe de 200 milliards de millimes allouée par l’État, seuls 65 milliards ont été consommés, et 135 milliards ont été réintégrés au budget public. Le programme s’est soldé par la vente de seulement 2 000 à 2 500 logements en sept ans, en raison de conditions d’emprunt inadaptées aux revenus réels des citoyens.

 

Lire également — Le mécanisme du crédit « Premier logement » n’a pas connu le succès escompté (N. Snoussi)

 

Le trésorier précise que le secteur privé ne redoute aucune concurrence de la part du projet public de location-vente. Les bénéficiaires visés par des loyers publics de l’ordre de 180 dinars par mois constituent, selon lui, un segment de clientèle totalement distinct de celui desservi par les promoteurs privés.

L’article Location-vente en Tunisie : 1000 logements par an face à un besoin de 200 000 est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

La moitié des Tunisiens ne sont pas propriétaires de leur logement

08. Oktober 2026 um 07:31

Environ 45 % des Tunisiens ne sont pas propriétaires de leur logement et l’acquisition d’un logement est devenue un « rêve impossible » pour eux, en raison de la forte hausse des prix de l’immobilier ces dernières années, le prix du logement le moins cher dans le pays oscillant actuellement entre 350 000 et 400 000 dinars.

C’est ce qu’a déclaré le trésorier de la Chambre des promoteurs immobiliers, Hachemi Meliani, lors de son intervention mercredi 7 octobre 2026 dans l’émission ‘‘Houna Tounes’’ sur Diwan FM, estimant que le ralentissement du rythme des ventes immobilières contribue à la hausse des loyers, une situation qu’il a qualifiée de « socialement néfaste ».

La formule de location-accession est une bonne idée et une solution au problème du logement, mais elle doit être revue et ses mécanismes de mise en œuvre améliorés afin de la rendre plus attractive et en faciliter l’adoption et la mise en œuvre par les candidats à l’achat d’un logement, a expliqué le professionnel de l’immobilier, ajoutant que l’annonce par des entreprises publiques de la construction de 1 200 logements ne saurait résoudre la crise du logement dans le pays, car la demande du marché est autrement plus importante et les promoteurs privés sont prêts à construire des logements selon les mêmes conditions que celles appliquées par les organismes publics.

Selon lui, ses collègues sont capables de fournir entre 25 000 et 30 000 logements par an, à condition que les conditions et le cadre appropriés soient réunis.

Il a également appelé à revoir certains aspects législatifs régissant le secteur, expliquant que le promoteur immobilier ne peut actuellement percevoir les loyers directement auprès des citoyens ; il a ainsi proposé l’adoption d’un autre mécanisme, tel que le recours aux banques, afin de permettre aux promoteurs de recouvrer leurs créances et de financer de nouveaux projets de logements.

Par ailleurs, M. Meliani a révélé qu’entre 5 000 et 6 000 biens immobiliers restent invendus en Tunisie, signalant la présence de quelque 3 372 promoteurs immobiliers dans le pays, dont seuls 700 sont réellement actifs. Les autres, on l’imagine, survivent en tirant le diable par la queue.

I. B.

L’article La moitié des Tunisiens ne sont pas propriétaires de leur logement est apparu en premier sur Kapitalis.

❌