Normale Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.
Gestern — 12. Mai 2026Haupt-Feeds

Résilience

12. Mai 2026 um 12:26

Une note de la CIA contredit Donald Trump sur les capacités de l’Iran à résister au blocus américain. Selon un rapport révélé par le Washington Post, Téhéran a fait preuve de résilience sur le plan économique et a même conservé d’importantes capacités d’armement. Et ce, en dépit de plus de deux mois de bombardements intensifs.

 

C’est un rapport bien gênant pour le locataire de la Maison Blanche. Pour faire plier le régime des mollahs qui, en passant, fait montre d’une étonnante résistance, Donald Trump, qui tablait sur une guerre éclair, parie désormais sur l’asphyxie de l’économie en cherchant à priver Téhéran de la moindre goutte de pétrole. A cet effet, changeant encore une fois son fusil d’épaule, il vient d’imposer un blocus prolongé au détroit d’Ormuz, moins risqué selon les estimations du Pentagone qu’une reprise des frappes. Sauf qu’un récent rapport confidentiel de la CIA risque de brouiller de nouveau les cartes.

Une facture salée

En effet, le Pentagone évoquait mercredi une facture de 25 milliards de dollars après 60 jours de guerre. L’armée américaine devrait donc maintenir le blocus maritime au large du Golfe d’Oman pour empêcher l’accès aux ports iraniens et bloquer la sortie des navires quittant l’Iran. D’après l’amiral Brad Cooper, qui dirige les forces américaines au Moyen-Orient, 42 bateaux ont été interceptés depuis le cessez-le-feu du 8 avril et 41 tankers sont empêchés de quitter l’Iran actuellement. Et tans pis pour les hausses des prix du pétrole,  l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qualifiant la situation actuelle de « plus grande perturbation de l’approvisionnement de l’histoire du marché mondial du pétrole ».

Mais, plusieurs déclarations émanant de la Maison Blanche laissent penser que le blocage du détroit d’Ormuz va durer.

D’après le Wall Street Journal, le président américain aurait ordonné à ses conseillers de préparer le scénario d’un blocus prolongé qui déjà a fait plonger la monnaie iranienne et plombé le quotidien des habitants. Et ce, même si ses effets dépassaient l’Iran pour impacter lourdement le reste du monde. Ainsi, à l’évocation d’un blocus prolongé, le prix du baril de Brent a grimpé en flèche mercredi dernier jusqu’à 119 dollars. Soit son plus haut niveau depuis l’invasion de l’Ukraine.

Pourtant, le président américain continue d’afficher un optimisme béat sur une possible fin de guerre. Et ce, à moins de six mois des élections de mi-mandat.

Cinglant démenti

Sauf qu’un rapport confidentiel de la CIA, révélé par The Washington Post le 7 mai, vient de battre en brèche les affirmations de Donald Trump concernant l’Iran et ses capacités militaires. N’avait-il pas fanfaronné à la Maison Blanche, mercredi 6 mai, que « les missiles (iraniens) sont pour l’essentiel décimés, il doit leur en rester 18-19 % ? »

Or, d’après quatre sources ayant pu consulter ce document, remis cette semaine à des décideurs politiques, l’agence de renseignement estime que malgré le blocus du détroit d’Ormuz, l’Iran ferait preuve de résilience sur le plan économique et que le pays pourrait y survivre pendant trois mois, voire plus.

Le Washington Post cite une source anonyme selon laquelle la situation économique iranienne est « loin d’être aussi catastrophique » que certains le prétendent. Les champs pétroliers tournent au ralenti mais restent en activité afin de maintenir la production. Téhéran pourrait aussi stocker une partie de son pétrole à bord de tankers et acheminer du pétrole par voie terrestre et ferroviaire à travers l’Asie centrale, afin de limiter les effets du blocus.

Sur le plan militaire, le rapport de la CIA révèle que malgré des semaines de bombardements intensifs, l’Iran aurait conservé d’importantes capacités en matière de missiles balistiques. Avant-guerre, les renseignements américains estimaient à 2 500 le stock de missiles iraniens. Une partie a été utilisée pour mener des frappes de représailles contre les alliés des États-Unis dans le Golfe et contre des sites militaires américains.

D’autre part, et toujours selon la même source, il existe des preuves montrant que le régime a rouvert la quasi-totalité de ses installations de stockage souterraines et que de nouveaux missiles y sont assemblés. La production de missiles balistiques se serait même accélérée. Début avril, les renseignements américains estimaient que plus de la moitié des lanceurs de missiles iraniens étaient encore intacts et que l’Iran disposait de milliers de drones d’attaque. Son arsenal n’aurait donc pas été réduit à néant, contrairement à ce qu’affirme Donald Trump.

Pis. « Téhéran garde des capacités importantes dans le domaine des missiles balistiques, malgré des semaines d’intenses bombardements de la part des États-Unis et d’Israël. De même qu’il conserve environ 75 % des stocks de lanceurs mobiles dont il disposait avant la guerre et quelque 70 % de ses réserves de missiles », conclut la note de la CIA. Sidérant.

L’article Résilience est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Ältere BeiträgeHaupt-Feeds

L’arsenal nucléaire israélien ?  Le secret de Polichinelle qui n’en est pas un

09. Mai 2026 um 11:40

Inédit. Des élus de l’aile gauche du Parti démocrate appellent l’administration Trump à mettre fin à son silence sur le programme  nucléaire israélien, suspecté d’exister depuis les années 60, mais jamais confirmé par l’Etat hébreu.

 

C’est une première au pays de l’Oncle Sam. Dans une lettre inédite adressée lundi 4 mai 2026 au secrétaire d’État américain, Marco Rubio, un groupe de 30 démocrates à la Chambre des représentants exige de l’administration Trump plus de « transparence » sur le programme nucléaire d’Israël.

En brisant un tabou partagé depuis longtemps aussi bien par les démocrates que par les républicains à Washington, les élus de l’aile gauche du Parti démocrate demandent également la « fin du silence » de Washington et une application des mêmes normes de surveillance qu’aux autres pays de la région.

Cette initiative inédite intervient sur fond de critiques croissantes envers Israël de la part des démocrates américains, qui se sont quasi unanimement opposés à la décision de Donald Trump de se joindre à la guerre menée par Israël contre l’Iran ;  sous prétexte que Téhéran chercherait à développer sa propre arme atomique par le biais d’un programme nucléaire civil de façade.

Le chef de la diplomatie américaine fera-t-il suite à cette requête ? Peu probable, vu que les gouvernements successifs aux États-Unis s’abstenaient de longue date de commenter la question du programme nucléaire de l’enfant chéri des Etats-Unis.

Faut-il y voir un tournant historique d’une partie de l’électorat américain qui exprime désormais sa lassitude du soutien aveugle et inconditionnel de Washington à l’Etat hébreu souvent au détriment des intérêts américains ?

Un silence complice

« Nous ne pouvons pas développer des politiques cohérentes de non-prolifération nucléaire au Moyen-Orient, y compris en ce qui concerne le programme nucléaire civil de l’Iran et les ambitions de nucléaire civil de l’Arabie saoudite, tout en maintenant une politique officielle de silence à propos des capacités en matière d’arme nucléaire d’un protagoniste central au conflit en cours », écrivent les élus démocrates, parmi lesquels Alexandria Ocasio-Cortez, figure emblématique de la gauche américaine.

« Les États-Unis reconnaissent ouvertement les programmes d’armes nucléaires du Royaume-Uni, de la France, de l’Inde, du Pakistan, de la Russie, de la Chine et de la Corée du Nord », ont-ils écrit. « Nous demandons qu’Israël soit soumis aux mêmes exigences que tout autre pays étranger et que le gouvernement américain parle ouvertement de ses capacités nucléaires potentielles, quelles qu’elles soient ».

Et de poursuivre : « Nous demandons à ce que vous exigiez qu’Israël se conforme aux mêmes normes de transparence que les États-Unis attendent de tout autre pays qui chercherait à développer ou conserver des capacités d’arme nucléaire ».

Enfin, les élus démocrates ont affirmé dans leur courrier que le Congrès « a la responsabilité constitutionnelle d’être pleinement informé de l’équilibre nucléaire au Moyen-Orient, du risque d’escalade de la part de l’ensemble des acteurs impliqués dans ce conflit, ainsi que des plans d’urgence de l’administration dans de tels scénarios. Nous ne pensons pas avoir reçu ces informations. »

Doctrine d’ambigüité délibérée

Rappelons à ce propos que pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux scientifiques juifs ont fui en masse l’Europe et les persécutions nazies. Parmi eux, certains ont participé au Projet Manhattan des Américains pour concevoir les premières bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, à la suite desquelles Ben Gourion, le premier président de l’Etat sioniste,  comprit l’avantage dissuasif d’un armement nucléaire contre un environnement régional hostile.

Et c’est grâce à l’aide de la France qu’Israël développa dans le secret total un ambitieux programme nucléaire ayant abouti à la possession de la bombe nucléaire

Ainsi, selon les experts militaires, Tel-Aviv disposerait aujourd’hui de 80 à 300 ogives nucléaires capables d’être transportées par les missiles balistiques Jéricho, des sous-marins avec missile de croisière et des avions.

Toutefois, I ‘Etat sioniste conserve une posture délibérément ambiguë sur la question, en refusant de confirmer ou de démentir l’existence de son arsenal. Par conséquent, le pays n’a donc pas de doctrine d’emploi officielle, ne fait partie d’aucun traité de non-prolifération et refuse catégoriquement que ses installations nucléaires militaires soient contrôlées par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

La preuve ? En 1969, le président Richard Nixon, lors d’une rencontre avec la Première ministre Golda Meir, passe un accord secret qui reconnaît à Israël le droit de posséder la bombe nucléaire mais presse l’État hébreu de « ne pas faire d’introduction visible d’ogives nucléaires et de ne pas entreprendre d’essais nucléaires ». En contrepartie, les États-Unis s’engagent à lui livrer des armes conventionnelles. Cela afin de maintenir sa politique ambiguë sur la question nucléaire, et d’éviter une prolifération aux États voisins.

Rappelons enfin que la première révélation publique des capacités nucléaires d’Israël a été faite dans le Sunday Times du 5 octobre 1986, divulguant des informations transmises par Mordechai Vanunu, ancien technicien israélien de la centrale nucléaire de Dimona. En raison de la publication de secrets d’État, il écopa de 18 ans de prison pour trahison et espionnage.

Morale de l’histoire : On n’est jamais trahi que par les siens !

L’article L’arsenal nucléaire israélien ?  Le secret de Polichinelle qui n’en est pas un est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Washington et Téhéran à deux doigts d’un accord pour faire taire les canons ?

07. Mai 2026 um 11:24

Selon Axios, la Maison Blanche serait sur le point de conclure un accord visant à mettre fin à la guerre avec l’Iran. Et ce, suite à la décision du président américain Donald Trump de suspendre l’opération navale lancée trois jours plus tôt pour rouvrir le détroit d’Ormuz.

Enfin une lumière au bout du tunnel ? Sept semaines après l’offensive menée contre la République islamique d’Iran par la coalition américano-israélienne – une crise qui aura provoqué le blocage du détroit d’Ormuz et secoué en profondeur l’économie mondiale -, Washington et Téhéran seraient désormais proches d’un accord sur la base d’un mémorandum d’entente d’une page articulée sur 14 points.

Un spectaculaire revirement diplomatique, alors même que les deux belligérants semblaient enfermés dans une logique d’affrontement total. Par quel miracle le ciel s’est-il éclairci alors que les plus pessimistes pronostiquaient la continuité d’une guerre longue qui ajoutera du chaos au chaos ?

Revirement

Une chose est sûre : le président  américain Donald Trump, qui, de toute évidence navigue à vue sans aucune stratégie cohérente pour cette guerre asymétrique, en a assez de ce conflit qu’il pensait gagner en un temps et deux mouvements. Il cherche désormais à n’importe quel prix le moyen de sortir de ce bourbier ruineux, incertain et sans issue. Il en va de sa survie politique à six mois des midterms; alors que sa côte de popularité est au plus bas.

Et c’est dans cette perspective qu’il faut interpréter l’annonce surprise du milliardaire président républicain. En effet, dans un énième revirement spectaculaire, il décrète, mercredi 6 mai 2026, la suspension de l’opération « Projet Liberté » (Project Freedom), qui consistait à escorter militairement les navires marchands dans le détroit d’Ormuz. Cette décision intervient à peine un jour après le lancement de cette mission de sécurisation, le temps de voir si « un accord peut être finalisé et signé » avec l’Iran. Après ce qu’il a qualifié de « grands progrès » dans les négociations.

« Compte tenu de l’énorme succès militaire et des grands progrès accomplis en vue d’un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens, le “Projet Liberté“ sera suspendu pendant une courte période afin de voir si l’accord peut être finalisé et signé », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social. Tout en précisant que cette pause avait été décidée à « la demande du Pakistan et d’autres pays »; mais que le blocus américain des ports iraniens, entré en vigueur le 13 avril, sera maintenu.

Un accord équilibré

Mais quid de ce mémorandum surgi à la dernière minute ? Selon le scoop publié mercredi 6 mai par le célèbre site américain Axios, « les États-Unis et l’Iran seraient sur le point de conclure un mémorandum d’une page pour mettre fin à la guerre. Rien n’a encore été convenu, mais les parties n’avaient jamais été aussi proches d’un accord depuis le début de la guerre ».

« Entre autres dispositions, poursuit le média américain, l’accord prévoit que l’Iran s’engage à instaurer un moratoire sur l’enrichissement d’uranium. En contrepartie, les États-Unis acceptent de lever leurs sanctions et de débloquer des milliards de dollars de fonds iraniens gelés. Enfin, les deux parties lèvent les restrictions relatives au transit dans le détroit d’Ormuz ».

Cela étant, les États-Unis souhaitent, selon la même source, inclure une clause prévoyant que toute violation par l’Iran des règles d’enrichissement prolongerait le moratoire : l’Iran serait alors autorisé à enrichir l’uranium jusqu’au faible niveau de 3,67 % après l’expiration de celui-ci.

De plus, Téhéran s’engagerait, dans le cadre du protocole d’accord, à ne jamais chercher à se doter de l’arme nucléaire ni à mener d’activités liées à son armement. Selon un responsable américain, les parties discutent d’une clause par laquelle l’Iran s’engagerait à ne pas exploiter d’installations nucléaires souterraines.

Enfin, l’Iran s’engagerait également à mettre en place un régime d’inspections renforcé, comprenant des inspections inopinées menées par des inspecteurs de l’ONU.

La voie diplomatique privilégiée ?

Peut-on évoquer une forme d’ouverture diplomatique vis-à-vis des dirigeants de la République islamique, qui avaient réagi à l’initiative du président américain en menaçant de frapper tout navire essayant de se frayer un passage dans ce détroit maritime stratégique ?

La marine du corps des Gardiens de la révolution islamique a déclaré pour sa part qu’« une fois les menaces émanant de l’agresseur neutralisées et les nouveaux protocoles mis en place, la sécurité et la stabilité du passage dans le détroit d’Ormuz seront garanties ». Une réponse que l’on peut apparenter à une discrète forme d’ouverture de la part du régime des mollahs. Laissant ainsi présager que l’impasse diplomatique avec Washington pourrait peut-être être dépassée.

Pour sa part, le golfeur de Mar-a-Lago a réagi aux révélations d’Axios à sa manière : « En supposant que l’Iran accepte de respecter ce qui a été convenu – ce qui est peut-être une hypothèse bien audacieuse –, la désormais légendaire opération « Epic Fury » prendra fin, et le blocus, d’une efficacité redoutable, permettra au détroit d’Ormuz d’être OUVERT À TOUS, y compris à l’Iran. S’ils refusent, les bombardements reprendront, et ils seront malheureusement d’une ampleur et d’une intensité bien supérieures à ce qu’ils étaient auparavant ».

Mais il faut savoir raison garder. In fine, ce document est destiné à servir de cadre pour des négociations plus approfondies, et les clauses du mémorandum sont conditionnées à un accord final. Ce qui laisse la porte ouverte à une reprise des hostilités à cause d’une simple étincelle.

Entre-temps, les pourparlers se poursuivent entre les envoyés de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, des amateurs. En face, les redoutables négociateurs iraniens, des vrais professionnels. Et dans cette partie d’échecs, les  médiateurs pakistanais font la navette entre les deux délégations qui refusent de se faire face. Pour combien de temps ?

L’article Washington et Téhéran à deux doigts d’un accord pour faire taire les canons ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Afrique – Blocage d’Ormuz : « Une question de vie ou de mort »

05. Mai 2026 um 12:22

En Afrique, le blocage du détroit d’Ormuz agit comme un accélérateur de crise en provoquant une flambée du coût des importations et l’aggravation de la pénurie d’engrais. Une démonstration brutale de la vulnérabilité du continent aux secousses géopolitiques mondiales.

Pendant que les médias scrutent les répercussions du blocage des détroits d’Ormuz et de Bab El-Mandeb sous l’angle géopolitique et militaire- le premier instauré aussi bien par les États-Unis et l’Iran dans le but de contrôler cette voie maritime stratégique et le second imposé par les houthistes yéménites alliés de l’Iran- une autre réalité passe inaperçue et dans l’indifférence générale : l’aggravation  de la crise alimentaire en Afrique.

Insécurité alimentaire

En effet, le transit quotidien moyen dans le détroit est passé, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, de 129 navires en février à seulement 4 le 7 mars. Soit une baisse de plus de 96 % par rapport au flux normal. Fin mars, le volume de trafic en tonnage avait reculé de 85 %.

Conséquences directes du ralentissement du flux de trafic maritime, les projections prévoient un effondrement potentiel des rendements céréaliers en Afrique de l’Ouest et dans la Corne de l’Afrique pour le second semestre 2026  pouvant atteindre 50 %.

Selon La FAO, l’absence d’engrais azotés réduira les rendements du maïs de plus de 40 %. Alors que selon le Programme alimentaire mondial (PAM), la conséquence humanitaire la plus directe de cette crise est l’exposition de 45 millions de personnes supplémentaires à une insécurité alimentaire aiguë, avec des conséquences en cascade : famine localisée dans des zones déjà fragiles (Sahel, Somalie, Soudan) et déstabilisation politique accélérée dans des États déjà sous pression.

Notons à cet égard que l’Iran utilise désormais le détroit d’Ormuz comme un corridor à péage sélectif, avec un droit de veto, facturant 2 millions de dollars par navire, payables en yuans. Résultat : une hiérarchisation délibérée des marchandises autorisées.

En effet, le pétrole transite et génère des revenus aux Gardiens de la révolution, mais non les engrais. Aucun navire transportant ces derniers n’a en effet reçu d’autorisation. Cette différence de traitement est stratégiquement importante, car elle signifie qu’une désescalade militaire partielle ne restaurera pas automatiquement les flux d’engrais. Sachant qu’environ 30 à 35 % du commerce mondial d’engrais par voie maritime transitent par ce détroit, dont environ un tiers de l’urée mondiale.

Risque de famine

Si ce double blocus se prolongeait, a prévenu le SG de l’Organisation des Nations Unies, Antonio Guterres, lors d’un débat de haut niveau du Conseil de sécurité consacré aux voies navigables maritimes, cela risquerait « de  déclencher une crise alimentaire mondiale, plongeant des millions de personnes, en particulier en Afrique et en Asie du Sud, dans la faim et la pauvreté ». C’est dire qu’il y a urgence.

« Ce fardeau pèse particulièrement sur les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement », a ajouté le patron de l’ONU. Tout en rappelant que « plus de 20.000 marins et 2.000 navires commerciaux se retrouvent pris au piège dans un contexte de risques et de restrictions à la navigation ».

Une pénurie sélective

« L’Afrique et l’Asie risquent de crever de faim au sens propre », alerte pour sa part Gilles Kepel, le célèbre islamologue et spécialiste du Moyen-Orient. Il était invité la semaine écoulée à débattre des conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l’Afrique et l’Asie, dont les économies sont largement affectées par le blocus naval des Américains dans ce nœud stratégique du commerce international au large des côtes iraniennes.

« Le pétrole n’est pas en situation de pénurie en Europe : l’Amérique en produit énormément et il y a du pétrole russe qui n’est pas livré. Il est cher mais il y en a. La pénurie, c’est l’Afrique et l’Asie qui en souffrent pour les enjeux alimentaires. En Europe, c’est d’avantage de l’inflation », ajoute-t-il.

Et d’expliquer : «  Ce qui s’est manifesté, c’est une nouvelle manière de faire la guerre face à l’immense pouvoir de la guerre électronique avec l’IA déployée par les États-Unis et Israël. On a eu une espèce de guerre des pauvres menée en face avec des milliers de drones, des engins à quelques dizaines de milliers de d’euros, qui ont détruit des infrastructures, des datacenters, le grand centre de liquéfaction de gaz naturel du Qatar. L’Asie est dans un état d’inquiétude extrême car il n’y a plus d’engrais. Elle est dans une très mauvaise posture avec l’Afrique ».

Combien de temps cette situation peut-elle encore durer ? « En Iran, le système est pris en otage par les Gardiens de la Révolution, qui sont engagés dans une course contre les Américains. Ils espèrent tenir le plus longtemps possible, quitte à ce que la société souffre énormément. En espérant que Trump soit obligé de lâcher, puisque les sondages ne sont pas bons aux États-Unis » ». Ainsi précise l’auteur de « Le bouleversement du monde, du 7 octobre au retour de Donald Trump ».

Electrochoc

Au bout du compte, à quelque chose malheur est bon. La crise pourrait bien faire office d’électrochoc. La guerre au Moyen-Orient rappelle avec force que l’Afrique doit bâtir sa souveraineté agroalimentaire. À l’horizon 2050, avec 2,5 milliards d’habitants, le continent a les moyens de s’imposer comme une puissance agricole durable du XXIe siècle. Mais pour y parvenir,  il faudra investir massivement, intégrer les marchés à l’échelle régionale. Et, surtout, afficher une volonté politique sans faille. En attendant, il faut apprendre à gérer ses dépendances et encaisser les chocs extérieurs sans plier. Cela s’appelle résilience.

L’article Afrique – Blocage d’Ormuz : « Une question de vie ou de mort » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

❌
❌